Tous les articles par alain deroubaix

Les Flammes de pierre de Jean Christophe Rufin. Gallimard. 💛💛💛💛

Jean Christophe Rufin a plus d’un tour littéraire dans son sac. Voici un académicien bien éclectique.
Eclectique comme ces différents métiers ou passions : Médecin, diplomate, écrivain, alpiniste.
On sait que Jean Christophe Rufin vit partiellement à Saint Nicolas de Véroce au pied du Mont Blanc. On sait qu’il entretient une belle amitié montagnarde avec Sylvain Tesson.
Mais de la à nous partager sa passion de la montagne , il y a un pas.
Et ce pas est franchi de façon magistrale.
Quel plaisir de retrouver dans Les flammes de pierre , un peu de Frison-Roche, Rebuffat ou encore Samivel.
Quel plaisir que ce respect et cette humilité devant l’Alpe, devant la montagne.
J’ai lu sur quelques critiques de Babelio que certains d’entre vous n’aviez pas été convaincu et que le livre n’était qu’une bluette entre Rémy et Laure.
Je ne suis évidemment pas de cet avis.
Remy et Laure sont des archétypes d’une relation à la montagne.
Ce roman est une ode à la montagne. Remy et Laure ne sont que des protagonistes qui mettent en valeur la montagne.
Vivant à la montagne je suis peut être plus touché par ce que représente la montagne.
C’est ce que j’ai ressenti dans ce roman. La montagne est un révélateur de nos capacités , de nos failles , de notre ailleurs, de la mort.
La montagne est un cœur qui bat qui accueille les hommes en quête d’authenticité.
Authenticité qui amènera Laure au refuge de la Charpoua et Rémy a délaissé la frime des vêtements fluo et des lunettes haut de gamme.
Authenticité qui fera que chacun ira sur le chemin de l’autre avant de se lover en montagne.

 » Rien ne s’opposait à cette vie des lieux privés de vie. La montagne était telle qu’en elle-même, depuis toujours et à jamais. Seul dans cette tourmente, un minuscule cube de bois, qu’éclairaient à peine des bougies tremblantes, veillait. En lui, deux cœurs, livrés à l’amour et à la contemplation des éléments, étaient les témoins de ces colères surnaturelles.
Nul n’aurait pu dire ce qu’ils faisaient là ni pourquoi la montagne leur apportait tant de bonheur  » ( page 342 )

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Jean-Christophe Rufin, né le 28 juin 19521 à Bourges dans le Cher, est un médecinécrivain et diplomate français.

Il a été élu en 2008 à l’Académie française, dont il devient alors le plus jeune membre. Ancien président d’Action contre la faim de 2002 à 2006, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

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En Juin 2022, l’Aiguille Verte , les Drus, Les Flammes de Pierre. Photo Alain Deroubaix

Le Grand Monde de Pierre Lemaitre. Calmann Levy. 💛💛💛💛

C’est toujours avec un plaisir certain que l’on ouvre un livre de Pierre Lemaitre et Le Grand Monde ne déroge pas à cette règle. Après la trilogie Les enfants du désastre qui a couvert la France de 1914 à l’Exode de1940 , nous nous trouvons devant une nouvelle trilogie commençant en 1948 à Beyrouth, au cœur de la famille Pelletier.
Tout commence par un pèlerinage annuel fêtant l’entreprise de savonnerie Pelletier dont Louis et Angèle sont les propriétaires. Ce pèlerinage est sacré et les quatre enfants se doivent d’être présent , quitte à ce que jean le patriarche paye le voyage à certains de ses enfants vivant en France.
Ces enfants sont au nombre de 4 : Jean dit Bouboule, François, Etienne et Hélène.
Jean est marié à Geneviève.
Comme à son habitude Pierre Lemaitre a le chic pour nous faire entrer de plein pied dans une famille et de nous faire découvrir peu à peu les failles de chacune et chacun.
Je resterai volontairement évasif sur les événements du livre car c’est un plaisir de s’immerger par soi même dans les affres et espoirs de la famille Pelletier.
La quatrième de couverture est restée elle même évasive et énigmatique .
Néanmoins quelques jalons pour vous mettre l’eau à la bouche.:
Avec Pierre Lemaitre il y a toujours quelques meurtres , du popu et de la bourgeoisie, et puis un scandale.
Dans la trilogie Les enfants du désastre, le scandale portait sur la construction des Monuments aux morts après la Première guerre mondiale.
Dans Le grand Monde il s’agit du Scandale des Piastres en Indochine entre 1948 et 1954.
Avec Pierre Lemaitre il y a toujours de l’amour mais aussi beaucoup de coups fourrés.
Avec Pierre Lemaitre la lecture est toujours addictive et jubilatoire.
Jubilatoire quand au détour d’une page le lien prend forme avec Les enfants du désastre mais Chut ! A vous de découvrir.

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Pierre Lemaitre passe sa jeunesse entre Aubervilliers et Drancy auprès de parents employés1, qu’il situe politiquement « à gauche »2,3.

Psychologue de formation et autodidacte en littérature4, il effectue une grande partie de sa carrière dans la formation professionnelle des adultes, leur enseignant la communication, la culture générale ou animant des cycles d’enseignement de la littérature à destination de bibliothécaires.

Il se consacre ensuite à l’écriture en tant que romancier et scénariste, vivant de sa plume à partir de 20061. Il assure chaque mois la rubrique Classiques et Cie dans Le Magazine littéraire jusqu’au changement de nom de ce magazine. De 2011 à 2013, il est administrateur de la Société des gens de lettres5.

L’Afrique Noire, un rêve français de Philippe San Marco. Editions Gaussen. 💛💛💛

Avec L’Afrique Noire, un rêve françaisPhilippe San Marco s’est lancé dans un récit documentaire de haut vol concernant la colonisation française entre 1890 et 1950.
Pour ce documentaire Philippe San Marco avait un allié de poids : son grand père Paul Vazeilles qui apparait d’ailleurs dans le sous-titre du livre : Dans les pas de Paul Vazeilles, broussard de grande brousse.
Ce livre document va donc suivre le parcours de Paul Vazeilles au travers de ses 15 affectations.
Chaque affectation permettra à Philippe San Marco de nous interroger sur les grands points de la colonisation : assimilation , indigénat, races inférieures, esclavage et captif, santé, éducation ,islam et catholicisme.
Tout cela donne un livre dense, touffu , pas toujours simple à suivre.
Néanmoins les réflexions mises sur la table permettent de comprendre le monde d’aujourd’hui au travers de cette colonisation.
Philippe San Marco ne m’a pas toujours convaincu dans ces explications mais il a le mérite d’amener à la réflexion.
On sent dans ce document une défense de son grand père et plus largement une défense de ce qu’à apporté la colonisation au vu des théories actuelles qui la dénonce maintenant.
Il est aussi intéressant et édifiant de lire les textes de Clémenceau ou Jaurès concernant la colonisation. Des phrases qu’il serait impossible d’écrire de nos jours.
En synthèse un livre ardu ouvrant à une réflexion intéressante.

Philippe Sanmarco, né le 16 février 1947 à Ebolowa, est un homme politique français. Il est un ancien député socialiste des Bouches-du-Rhône il est conseiller municipal de Marseille jusqu’en 2014. De 2008 à 2014, il est adjoint PS au maire Jean-Claude Gaudin pour contrer Jean-Noël Guérini candidat à Marseille

Jours de sable d’Aimée de Jongh. Dargaud💛💛💛💛

Quel magnifique roman graphique que Jours de sable.
Tout concourt à la réussite de ce roman : le sujet, la réflexion, le coup de crayon, le choix des couleurs.
Qui se souvient du Dust Bowl des années 1930 au États Unis ?
Pourtant nous avons quelques réminiscences : les raisins de la colère de Steinbeck ou encore la photographie devenue icône de Migrant Mother.
Dans ces années 30, on ne parlait pas de réchauffement climatique mais c’est bien un épisode naturo climatique qui va précipiter le Dust Bowl.
En 1930, le centre des États Unis entre Oklahoma, Kansas, Texas et Nouveau Mexique est une grande plaine herbeuses propice à l’élevage de bovins.
Donc, çà broute, ça rumine à qui mieux mieux.
Ce qui devait arriver arriva : diminution des pâturages et une periode exceptionnelle de soleil et de sécheresse. Pendant plusieurs années il n’y aura plus de pluie. Les pâturages auront été remplacé par 7ne terre sableuse.
Le vent fera le reste : le Dust Bowl est né. Bienvenue dans le monde des tempêtes de poussière et de sable..
Dans les sphères du gouvernement fédéral, on souhaite venir en aide aux agriculteurs du Dust Bowl.
L’une des idées provient de la Fatm Sécurité Administration : engager des photoreporters pour témoigner de la situation dramatique grâce à la puissance d’évocation de la photo.
Aimée de Jongh, autrice néerlandaise va mettre en scène John Clark, jeune photo reporter de 22 ans.
Voici celui ci parti dans le Dust Bowl afin de photographier des moments et des personnages bien précis :
Tempête de poussière
Enfants affamés
Enfants orphelins
Famille sur le départ
Paysages et maisons recouverts de poussière
Maisons abandonnées etc…
John Clark va accomplir sa tâche mais cela est il nécessaire. L’important est il dans la photographie.
Pour John Clark il aura fallu un voyage pour qu’il se rende compte que la photographie peut être l’art de la tromperie.
 » S il me fallait décrire mon séjour dans le Dust Bowl je parlerais de la douleur cinglante quand le vent poussiéreux fouettant ma peau. Je dirais à quel point on a l’impression de suffoquer à chaque inspiration, à cause de la poussière. Je raconterais comment s’érode peu à peu l’âme humaine après des jours de sable. Rien de tout cela ne peut être capté par un appareil »
Aimée de Jongh n’a pas un appareil mais son dessin est d’une évocation magistrale. On ressent cette poussière qui envahit tout. On ressent le courage incroyable de ces familles, de ces enfants. Et quand à la fin du roman graphique les vrais photos apparaissent elles sont le prolongement évident de cette histoire et l’on reste marqué du sceau du sable et de la poussière

Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l’âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d’édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd’hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d’animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d’animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc’ en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l’ont fait connaître. 

En 2014, Aimée s’est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l’international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l’écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L’obsolescence programmée de nos sentiments.

En 2020, elle publie un nouveau roman graphique en solo chez Dargaud, Jours de sable, qui est salué par la critique et qui remporte notamment le Prix des Libraires de BD.

Boro, Est-Ouest de Franck & Vautrin. Fayard Grasset. 💛💛💛

Boro nous avait quitté il y a 12 ans alors qu’il participait à la naissance de l’État d’Israël. 12 ans d’absence et le voilà de retour.
En 12 ans le monde a changé tout comme Boro qui tête haute à passé la cinquantaine.
Le monde litteraire de Boro a changé aussi. Les sept premières aventures de Boro reporter photographe ont été écrites à quatre mains : celles de Jean Vautrin et de Dan Franck.
Malheureusement Jean Vautrin s’en est allé rejoindre un paradis littéraire et laissé seul, Dan Franck pour reprendre les aventures.
D’ailleurs celui- ci fait part de son Vautrin blues au début de l’ouvrage en quelques pages émouvantes.
Pour le lecteur il va de soi que la lecture de ce nouvel opus est différent du fait de sa construction linéaire.
Nous avions l’habitude  » d’un toi – à moi  » d’un chapitre à l’autre entre Franck & Vautrin. Nous n’avons plus ce plaisir ludique.
Reste une aventure de Boro tout aussi convaincante que les précédentes.
Boro arpente avec son Leica les différents endroits chauds du globe.
Nous le retrouvons donc en Argentine où une photo prise pourrait permettre l’arrestation d’un haut dignitaire nazi. Nous sommes au début des années 60. Années marquées par la guerre d’Algérie, la construction du mur de Berlin ,la guerre Froide et le rideau de fer.
Boro sera confronté à tous ces dangers auxquels il prendra part.
Comment sauver une jeune pianiste allemande bientôt prise au piège de ka RDA et du Mur.
Nous retrouverons l’agence Alpha Press, la bande des Hongrois et Marika sa cousine à l’amour dévastateur.
Boro veillit bien et appareil en bandoulière, stick au vent, celui- ci reste d’un magnétisme absolu pour les femmes.
Un joli moment d’aventure dans ces années 1960 marquées par les barbelés de la guerre froide et le début de la décolonisation.
La fin de l’aventure fait espérer un prochain tome.
La préface de Dan Franck laisse entrevoir un nouvel écrivain pour la suite.
Tout est possible avec ce Boro
Attendons sereinement.

De la trempe d’un Robert Capa, Blèmia Borowicz dit « Boro » est un juif hongrois bien décidé à se faire une place au sein de l’univers du reportage photographique dans le Paris des années 1930. Les hasards de l’existence et un culot hors du commun vont finalement l’amener à parcourir la planète tout entière muni de sa canne et de son Leica.

Son destin, qui ne cesse de croiser celui des personnalités les plus célèbres de son temps, serait-il d’ores et déjà tracé ? C’est en tout cas ce que laisse entendre la prophétie délivrée par trois mystérieuses gitanes un soir de novembre 1931 :

« Même si tu es malheureux, tu ne seras jamais à plaindre. Si l’amour vient à passer, saisis-le, mais prends bien garde à ne pas t’endormir au rendez-vous de l’Histoire […]. Plus tard, tu seras l’œil qui surveille le monde. Tu iras regarder les hommes jusqu’au fond de leur nuit. Méfie-toi alors de ne pas mourir d’une balle en plein front […]. En vieillissant tu choisiras tes chemins. Ils te feront sillonner le monde et tu approcheras les grands de ton époque. Mais défie-toi de vouloir gouverner : tu irais à ta perte. »

La Maligredi de Gioacchino Criaco. Métailié💛💛💛💛

Voici un roman emplit de soleil,de vent, de garrigue, de pierre, de tragique et de destinée humaine. Gioacchino Criaco connaît bien cette région car il s’agit de la sienne : La Calabre.
L’Italie du Sud pauvre et écrasée de soleil.
Nous sommes à Africo, en bordure de mer et au pied de l’Aspromonte. le bleu de la mer Ionienne répond à la pierre éclatante de lumière. le vent codifié la vie.  » le vent ne détruit pas la vie, il la déplace seulement d’un lieu à l’autre « . Et ce vent est zéphyr, libeccio ou bruschiu
Un danger d’éboulement à fait que l’État ( les autorités) à déporté les habitants d’Africo sur la côte malsaine et marécageuse.
C’est un jeune garçon, au début du roman qui va nous raconter son village. Un village abandonné, pauvre où les trains ne s’arrêtent pas. Ils ralentissent juste pour que les collégiens puissent les prendre au vol.
Ce jeune garçon s’appelle Nicolino. Il vit avec sa mère et sa fratrie dans une  » rughe »: 2 bâtiments dessinant deux fers à cheval carré, sabot contre sabot : seize logements pour seize familles qu’elles soient d’une personne ou de dix – chaque logement avait deux pièces, une petite cuisine et une toilette. ( page 24)
Dans ses rughes il y a peu d’hommes, car ils ont émigrés pour l’Allemagne afin de trouver un emploi.
Ce sont les mères qui gèrent le village.
Nicolino à deux grands copains Antonio et Filippo avec lesquels il fait les 400 coups.
Nous allons suivre l’adolescence et le début de la vie d’adulte de ces trois copains. Une adolescence entre fêtes, rites religieux, solidarité, désagrégation sociale, le tout chapeauté par les mafias qui sont à l’affût.
Gioacchino Criaco implante son roman dans la deuxième partie du 20ème siècle. Des petites touches, des événements permettent de situer les années, mais sans plus.
Là n’est pas l’essentiel.
L’essentiel est dans ce creuset calabrais où la lutte des classes, les mafias régissent la vie de chacun.
Cela sent bon le cinéma italien des années 1970 -1990,le cinéma des Frères Taviani, le cinéma engagé d’Ettore Scola et Luigi Comencini.
La Maligredi est un roman social, une épopée entre mythe et tragédie. Les côtes calabraises bordées de la Mer Ionienne reçoivent toujours les embruns mythologiques grecs.
A la fin de cette lecture il me reste des bruits de trains, des bruits de luttes sociales, des bruits de pistolets mais aussi le bêtement des brebis et le ressac de la mer.
Il me reste les odeurs de fausse sauce, de pâtes aux pommes de terre, de cyste de garrigue et surtout l’odeur du jasmin que ramassait les mammas. Une odeur douce et suave à l’exact opposé de ce travail ingrat que le ramassage du jasmin.
Un livre remarquable .
Il existe toujours des lieux de lutte, de souffrance de tragédie , mais aussi des lieux d’espoirs où le vent soufflent sans se lasser.

Il naît à Africo dans la région de la Calabre en 1965. Il étudie le droit à Bologne et exerce comme avocat à Milan pendant une vingtaine d’années, avant de revenir s’installer à Africo dans le but de devenir écrivain.
Il publie en 2008 un premier roman policier Les Âmes noires (it) (Anime nere). L’art dont il fait preuve pour décrire la beauté et la noirceur de sa Calabre natale et la manière dont il décrit les turpitudes et les méfaits de la mafia calabraise lui vaut de recevoir pour ce premier roman un excellent accueil critique en Italie. Après cette première réussie, Criaco poursuit sa carrière de romancier, signant également des nouvelles et des articles pour la presse italienne. Il écrit notamment les romans policiers American taste (American Taste) et La Soie et le Fusil (Il Saltozoppo).
En 2014, le réalisateur Francesco Munzi adapte le roman Les Âmes noires au cinéma sous le même titre éponyme. Comme le livre, le film est un succès. Il est sélectionné en compétition officielle à la Mostra de Venise 2014, où il est lauréat du prix Pasinetti, et remporte aussi neuf David di Donatello et trois Ruban d’Argent en Italie.
Son frère, Pietro Criaco (it), est un mafieux italien, membre de la ‘Ndrangheta de la famille Cordi.

Les chiens de Pasvik d’Olivier Truc. Métailié Noir. 💛💛

Les chiens de Pasvik est la quatrième enquête de la police des rennes. Depuis 2012 Olivier Truc nous emmène dans le Grand Nord auprès de la police des rennes.
Dans cette aventure nous retrouvons Klemet à Kirkenes au nord de la Norvège aux confins des frontières norvégiennes, finlandaises et russes.
Des frontières , mais à quoi peuvent elles servir pour des rennes dont le territoire est sans frontières.
Des rennes de Piera traversent la frontière est se retrouvent en Russie.
C’est l’incident qui met en branle les gardes frontières , le FSB, la police des rennes et les chiens de Pasvik.
Ce branle bas de combat mettra à jour les trafics mafieux, les douaniers véreux ou encore les éleveurs nostalgiques de leurs traditions sami.
Là se trouve la limite de ce polar nordique : beaucoup de personnages, beaucoup de problèmes superposés.
L’intrication de ces bouts de territoires dépeint sur le roman.
Dans ce blanc nordique , on n’a du mal à savoir si l’on est en Norvège en Finlande ou en Russie.
Pareil pour l’intrigue qui s’étale tel le manteau neigeux. Beaucoup de langueur comme si Olivier Truc avait du mal a faire exister ces personnages.
Il faut attendre au moins 200 pages pour être happé par l’ histoire et puis cela retombe.
Foutu Grand Nord, pas de jour pas de nuit, lumières blanches et brumes.
Idem pour Les Chiens de Pasvik.

Olivier Truc est journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994. Où il a été le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération.
Spécialiste des pays baltes, il est aussi documentariste pour la radio et la télévision. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Levy).
Le 13 septembre 2012 est paru « Le dernier Lapon » aux éditions Métailié. Dans une atmosphère à la « Fargo », au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

Le temps des grêlons d’Olivier Mak-Bouchard. Le Tripode . 💛💛💛💛

Première incursion dans le monde créatif et original d’Olivier Mak-Bouchard.
De l’enfance style guerre des boutons en Provence de la dystopie et un peu de science fiction.
Mais avant cela il faut parler du livre que l’on a entre les mains. Comme souvent avec le Tripode les couvertures de livres sont magnifiques ( pour rappel le paquebot d’Etoiles vagabondes ).
Et il n’y a pas que la couverture ! La deuxième de couverture nous met l’eau à la bouche : des photos sépia avec Arthur Rimbaud , un rappel de Kodak et des caméras Kwanon.
Quand à la troisième de couverture elle détaille le titre des quarante neufs chapitres autour des photons, des grêlons et des frelons.
et puis deux lignes pour dire que l’édition est enrichie d’une note de l’éditeur, d’une postface de l’écrivain d’un achevé d’imprimer de l’auteur.
Surtout lisez tout jusqu’au bout !
Donc je résume , la Provence , un enfant narrateur , Arthur Rimbaud , des photons ,des grêlons, des frelons …. Ainsi font font.
Et oui ainsi font font car on peut croire être entre conte et réalité.
Cet enfant narrateur a un univers étrange fait de candeur , de simplicité voire simplet.
il vit avec Maman, il a copain bègue donc Jean-Jean et un amour secret et impossible Gwendo.
Il boit du Banania et de la soupe Floraline.
Il a un chauffeur de bus : Bateau Ivre
Il avait un papa et un chat qui s’appelait Kodak. Normal le papa avait un magasin de photo!
La photo , voila la dystopie.
Brutalement sur les photos faites par les smartphones, les appareils numériques les humains n’apparaissent plus. Même à la télévision le présentateur du journal du soir est invisible.
et cela ne suffit pas voilà qu’arrive le temps des grêlons. le nuage numérique est saturé et il recrache des grêlons chronologiquement depuis l’invention de la photo. Tous les humains photographiés depuis les Frères Lumière et Daguerre.
Le monde se couvre de grêlons.
Olivier Mak-Bouchard nous emporte avec lui dans ce monde poétique et grave où l’on ressent les dérives de notre monde contemporain.
Et quoi de mieux qu’un regard d’enfant face aux dérèglements. il garde tout son pouvoir d’illumination.
Allez faire un détour par la Provence d’Olivier Mak-Bouchard et n’oubliez pas :
 » Lorsque tu fais une photo, tu la prends deux fois: une fois avec ton appareil, et encore une fois avec tes yeux.Tu cliques, tu clignes. Et puis tu gardera celle qui te semblera la plus réussie « 

Un Général, des Géneraux de Boucq et Juncker. Le Lombard.💛💛💛💛

13 mai 1958, le jour ou de gaulle revint au pouvoir et ou naquit la cinquième République.
Peut on parler de coup d’état ? difficile quand on parle de l’Algérie française. le putsch des généraux en 1961 est plus connu que cette journée du 13 Mai 1958 et pourtant …
Donc en Mai 1958 des généraux fomentent un mauvais coup pour garder l’Algérie française. Ils mettent dans la boucle le général De Gaulle. Mauvaise pioche. Il accepte, et celui-ci donnera par la suite l’indépendance à l’Algérie.
Nicolas Juncker et François Boucq ,potaches dans le dessin et l’écriture , revisitent les événements de mai 1958.
« Une des plus belles arnaques de l’histoire de la politique française », selon les auteurs,.


Et il faut dire que les généraux et les politiques ne ressortent pas grandis de cette aventure politico-militaire.
Nicolas Juncker et François Boucq s’en donnent à coeur joie. Les gueules de ce drame parfois tragi-comique sont merveilleusement croquées par le dessinateur.


L’Histoire revisitée de façon iconoclaste ,mais ô combien intelligente.
Une intelligence de la situation qui en dit bien plus que les manuels scolaires.

Notre otage à Acapulco de Jean-Christophe Rufin. Flammarion. 💛💛💛

Notre otage à Acapulco de Jean-Christophe Rufin est la cinquième aventure du Consul Aurel Timescu.
Après avoir écumé la Guinée, le Mozambique, l’Azerbaïdjan et une principauté d’opérette , le voici au Mexique.
Voilà une destination qui sied mieux à notre cher consul.
Sa virée chez La princesse au petit moi m’avait laissé sur une impression très mitigée.
De passage au Mexique nous retrouvons notre consul tel que nous l’aimons. Toujours décalé vestimentairement, toujours à ne rien faire mais touche à tout tout de même !
Mexique oblige, Aurel laisse tomber le Tokay pour la Téquila et le Margarita. Ce n’est pas un mauvais choix !
Par contre son amour du piano bar ou du piano jazz est toujours là et il va pouvoir nous susurrer quelques roucoulades.
Comme vous devez l’imaginer, j’ai apprécié ce cinquième tome des aventures d’Aurel Timescu.
Jean-Christophe Rufin est revenu aux bases de sa série et cela lui va bien.
Une jeune femme , fille de ministre a disparu au Mexique vers Cancun.
On envoie Aurel au Mexique afin qu’il ne fasse rien . Mais au moins pour la diplomatie française on a pris en compte cette disparition.
Aurel va s’installer à Acapulco.
Acapulco : la baie ,le soleil, James Bond et encore la nostalgie de l’époque des stars d’Hollywood qui faisait vivre la baie
Acapulco 2022 : la drogue , les cartels , la misère , les gangs , la violence, la mort.
C’est dans ce décor qu’Aurel va vivre une rencontre improbable dans sa nostalgie du jazz, du cinéma des années 1950.
C’est dans ce décor qu’Aurel va être confronté à la violence mortifère des cartels mexicains.
Sous couvert du rêve d’Acapulco Jean-Christophe Rufin nous entraîne dans les arcanes d’une réalité mexicaine : un pays complétement gangréné par la violence où la mort est toujours présente , que ce soit par les traditions ou par la brutalité des différents parrains.
Le Tokay est un vin doux qui ne convenait pas . la Téquila est plus raide et a toute sa place ici.
Reste le soleil couchant sur la baie d’Acapulco , une chanson de Sinatra….
La nostalgie a la vie dure.