La légende de Billy The Kid ? Mythe ou réalité. Comme à son habitude , Eric Vuillard va disséquer, rechercher, trouver les failles. Forme et fond sont en adéquation. Ce petit livre par la taille et le nombre de pages recèlent tout le savoir faire d’Eric Vuillard. Une écriture précise, teintée d’humour, qui déchiffre , fouille et interroge. Ce n’est pas l’Ouest Américain cinématographique en vidéoscope. Non c’est l’histoire terre à terre d’un orphelin mort à 21 ans tué par le sheriff Pat Garrett. L’Amérique en fera un film et un mythe :Pat Garrett et Billy The Kid. Mais quelle est la réalité de Billy The KId : son nom quel est-il ? A-t-il était ce bandit reconnu. Eric Vuillard va détricoter ce mythe et nous restituer un enfant, un jeune homme à la recherche d’une place, d’une reconnaissance et qui vécut tout sauf la construction d’un mythe.
Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web – mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d’Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre, le prix Alexandre Vialate pour 14 juillet et le prix Goncourt 2017 pour L’ordre du jour. En 2021, La guerre des pauvres était dans la short list de l’International Booker Prize. Il a reçu en Serbie le prix international « Milovan Vidaković » (2023) et en Allemagne le prix Ernst Bloch (2025) pour l’ensemble de son œuvre.
Après la trilogie le Temps des Bohèmes ou Les Aventuriers de l’art moderne, Dan Franck revient avec une tétralogie, le Roman des artistes, qui commence par la révolution romantique et qui s’achèvera avec l’impressionnisme.
Dan Franck a toujours cette fluidité d’écriture qui permet de raconter l’histoire de façon simple et passionnante. Cette simplicité est le résultat de recherches minutieuses et d’un travail de feuilletoniste comme au 19ᵉ siècle.
Ce premier tome « Romantismes » commence en 1815 à Villers-Cotterêts. Un jeune homme voit passer devant chez lui Napoléon de retour de l’île d’Elbe. Ce jeune homme est Alexandre Dumas. Et nous voilà partis pour une fresque passionnante où nous croiserons tout ce que la monarchie de Juillet, la Restauration, les Trois Glorieuses connaissent d’écrivains, de musiciens et de peintres.
Tout ce beau monde vit de l’art dans un mode politique chamboulé où Charles X et Louis-Philippe essaient d’asseoir leur autorité.
Et lecteur réjoui, nous revisitons l’histoire et la vie culturelle. C’est avec délectation que nous suivons Balzac de résidence cachée en résidence cachée afin d’éviter les huissiers. C’est avec surprise que nous nous rappelons que des écrivains vivaient à la même époque et que Delacroix, Dumas, Balzac, Hugo se retrouvaient dans les mêmes salons.
Ces romantiques qui, pour certains, feuilletonneront dans les journaux, et pas seulement Dumas. Balzac et Hugo ne seront pas en reste.
Comme le dit Gilles Heuré dans Télérama, ce premier tome se lit comme un roman d’aventures invitant à laisser le rideau se lever et à applaudir. Les applaudissements étant terminés, je me jette immédiatement dans le deuxième tome afin que le rideau reste levé. et que le Roman des Artistes se poursuive.
Il a notamment été récompensé par le Prix Renaudot en 1991.
Très vite, il se met à l’écriture, d’abord sans succès, avant de recevoir le prix du premier roman en 1980 pour Les Calendes grecques, puis le prix Renaudot en 1991 pour La Séparation, « une confession impudique et discrète, comme un constat, constat d’échec d’une génération, celle qui avait 20 ans en 1968 et n’a pas su faire mieux que la précédente »
Au début des années 1980, il publie deux ouvrages sous le pseudonyme de Marc Kajanef, pseudonyme qui combine les noms de famille de Dan Franck et de Pierre Ajame.
Entre 1991 et 1999, Dan Franck se prête aussi au métier d’acteur dans trois films de Gérard Mordillat.
Quarante ans plus tard, un épisode de sa vie lui inspire le livre intitulé L’Arrestation, publié en 2023 : une incarcération préventive pendant 40 jours en 1984 suivie d’une condamnation à dix-huit mois de prison avec sursis en 1988 à cause de l’aide qu’il apporte à Claude Halfen et à la mouvance terroriste Action directe.
Son œuvre est fortement marquée par l’histoire des forces progressistes en Europe et en particulier par la Guerre d’Espagne, par les années 1930, la question de l’engagement, et les figures de l’art moderne.
Dans son roman précédent, La carte postale, Anne Berest explorait sa généalogie maternelle à partir de son arrière-grand-mère.
Le fait d’avoir appris, pendant l’écriture de la carte postale, que son père était atteint d’une maladie grave a emmené Anne Berest sur les traces de la généalogie paternelle. Comme pour sa mère, un retour en arrière sur trois générations avec son père Pierre et les deux Eugène, grand-père et arrière-grand-père.
La famille Berest est une famille solidement installée dans le territoire breton et plus particulièrement à Saint-Pol-de-Léon.
L’arrière-grand-père est l’une des personnes à l’origine des coopératives et des syndicats agricoles. le grand-père lui a été un homme politique, maire de Brest. Quant à Pierre, le père, il a été un grand chercheur.
La maladie de Pierre fait qu’Anne Berest se rapproche de celui-ci afin de remonter la lignée paternelle et l,histoire d’amour de ces parents.
Dans un premier temps, le récit se déroule dans le Finistère puis se déroule à Paris du fait des engagements politiques et professionnels des différents personnages.
Finistère peut donc être un titre un peu usurpé pour un roman qui n’est pas globalement breton. Mais il ne s’agissait pas de cela pour Anne Berest. Comme elle dit en quatrième de couverture : « J’ai cherché à savoir ce que nous transmettent nos ancêtres. et comment nous affranchir. »
C’est un roman de la loyauté, de générations qui reproduisent les mêmes actes et dont le père est la figure tutélaire.
Briser ce joug est libérateur et comme le dit le chapitre 30, « soigner son arbre » est nécessaire.
Chacun se retrouve devant son arbre généalogique. c’est-dire-à face à une construction à laquelle tu dois la vie. Sans tes ancêtres, tu ne serais pas là aujourd’hui. Mais je vais ajouter quelque chose : l’inverse est vrai aussi. Tes ancêtres n’existeraient plus sans ta mémoire. »
Cette recherche m’a touché et plus on se lie aux membres de sa famille dans la vérité et les non-dits et plus on se libère.
Anne Berest, née en 1979 à Paris, est romancière et scénariste. Elle est l’autrice de La Fille de son Père (éd. Seuil), Les Patriarches (Grasset), Sagan 1954 (Stock), Recherche Femme parfaite (Grasset), Gabriële (avec sa soeur Claire Berest, Stock), La Carte Postale (Grasset) et Finistère (Albin Michel). Elle vit à Paris.
Philippe Collin, homme de radio ( France Inter), s’est lancé dans l’écriture de son premier roman : le barman du Ritz. C’est une époque qu’il connaît bien ( 1940-1944) pour avoir été scénariste de BD pour le voyage de Marcel Grob et créateur du podcast le fantôme de Philippe Pétain qui a été décliné en livre Le barman du Ritz raconte l’histoire de Frank Meier entre 1940 et 1945. le Ritz est ce grand palace parisien situé place Vendôme qui a reçu l’élite parisienne, mais aussi l’état-major allemand et son pendant collaborationniste. En tant que barman, Frank Meier va frayer avec tout ce joli monde. C’est une galerie de portraits incroyable, des hauts gradés allemands en poste à Paris en passant par Guitry, Lifar, Cocteau ou Coco Chanel. Tout ce petit monde se tient et vit en vase clos alors que s’installe la France de Vichy. Au rythme des cocktails fabriqués par Frank Meier, des hommes,des femmes, résistants, collaborateurs, profiteurs de guerre vont s’aimer, se trahir et lutter.Philippe Collin nous restitue cela à la perfection. C’est méticuleux, documenté. Comme un bon homme de radio. C’est la limite de ce premier roman. Il manque de la profondeur sur des personnages romanesques à souhait et des évènements historiques qui auraient permis une fresque grandiose.Cela dit, le roman très agréable à lire dresse le constat toujours aussi terrifiant : qu’aurions-nous fait ? le toujours actuel affrontement entre la peur et le courage.
Philippe Collin est un homme de radio français né en 1975 à Brest. Titulaire d’une maîtrise d’histoire consacrée à l’épuration des collaborateurs à la Libération, il débute au micro en 2003, produit « Panique au Mangin Palace » puis, plus tard, des séries documentaires de podcasts d’histoire. Il publie son premier roman en avril 2024, Le Barman du Ritz, où il fait la narration très documentée autour de l’hôtel parisien le Ritz sous l’Occupation allemande, avec en personnage central Frank Meier : né autrichien fin du XIXe siècle et ancien combattant pour la France de la Première Guerre mondiale, il devient le plus grand barman du monde entre-deux-guerres, et va être amené à traverser la période du Paris occupé en frayant entre dignitaires allemands, dirigeants pétainistes, collaborateurs et résistants qui se croisent dans son établissement
Naduah est un roman graphique qui raconte l’histoire vraie de Cynthia Ann Parker. La quatrième de couverture nous situe immédiatement. Cynthia Ann Parker est enlevée par des Comanches en 1836. Appelée Naduah elle est intégrée à cette communauté, épouse l’un des Comanches et aura trois enfants dont le dernier chef Comanche Quanah Parker. Elle vivra dans cette communauté jusqu’en 1860 où une attaque des Texas Rangers essaye de la récupérer. Elle fuit avec son quatrième enfant, un bébé fille. Elle sera capturée. Cette histoire a déjà fait l’objet de livres et de film (la prisonnière du desert). Ce roman graphique est d’une grande justesse dans le scénario et le dessin. Se succèdent moments de violence et de calme pour donner un rythme « western » raconté par la jeune Annabel, p ersonnage de fiction. A la fin du roman graphique, les interviews des auteurs Severine Vidal et Vincent Sorel permettent de comprendre l’originalité de leur travai. Naduah reste la vie d’une femme dans un monde dominé par les hommes. A travers, ces combats et ses fantômes, Naduah fait le choix de rester avec les Comanches. Elle rompt avec la légende de la femme blanche captive.
Séverine Vidal est née en 1969, dans la région parisienne et vit près de Bordeaux. Après douze ans d’enseignement, elle a fait le saut du nid pour vivre de sa plume. Depuis, elle a publié une trentaine de romans pour adolescents et jeunes adultes, dont La Drôle d’évasion ou encore Quelqu’un qu’on aime, chez Sarbacane. Le Goût du temps dans la bouche, son premier roman de littérature générale, paraît en janvier 2022 chez Robert Laffont. Séverine Vidal continue par ailleurs à écrire des albums jeunesse, tout en s’épanouissant dans la bande dessinée. Elle est ainsi la scénariste de L’Onde Dolto (avec Alicia Jaraba, Delcourt), ou encore de Naduah (aux côtés de Vincent Sorel, Glénat). Chez Grand Angle, elle a déjà collaboré avec Victor L. Pinel pour Le Plongeon, paru en 2021. Séverine Vidal a eu le bonheur de voir plusieurs de ses livres récompensés par des prix littéraires et traduits à l’étranger. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à animer des ateliers d’écriture dans les écoles, collèges, et lycées, mais également des centres sociaux ou d’alphabétisation. Avec Les Pays d’Amir, l’autrice s’associe pour la première fois au dessinateur espagnol Adrián Huelva.
Vincent Sorel naît en 1985, à Caen. Il étudie l’illustration aux Arts Décoratifs de Strasbourg, d’où il sort diplômé en 2008. La même année, il est sélectionné au concours Jeunes talents du Festival d’Angoulême. Il collabore avec La Revue dessinée et TOPO. Son trait vif, spontané, insuffle énergie et dynamisme aux Aventures du Roi Singe, adaptées par Stéphane Melchior. Il vit à Nantes.
Goldman d’Ivan Jablonka n’est pas une autobiographie de Jean Jacques Goldman puisque l’auteur n’a pu rencontrer celui-ci et n’a pas non plus s’appuyer sur les archives personnelles du chanteur. Ivan Jablonka s’est donc appuyé sur des milliers d’interviews, des extraits de journaux et sur ses souvenirs de » fan » de Jean Jacques Goldman pour écrire une biographie sociologique, historique légèrement hagiographique La lecture du livre est facile et nous replonge dans les années 1980 à 2000 à coups de succès, de Top 50 . Ivan Jablonka fait une lecture sociologique de la carrière de Jean Jacques Goldman. Tour à tour le communisme, le prolétariat, la nouvelle gauche croisent la route de notre chanteur » personnalité préférée des français » Jablonka insiste aussi avec raison sur la judéité de la famille Goldman. Thème de judéité que l’on retrouvera souvent dans ces chansons : la minorité, l’exil, le voyage , la shoah. Jablonka s’interroge aussi en historien sociologue sur cette disparition des radars depuis les années 2000. Reste que le côté hagiographique tempère la réflexion menée. Jean Jacques Goldman ressemble à la statue d’un commandeur indéboulonnable. Tout dans la vie de Jean Jacques Goldman mérite satisfécit. On peut lire sa carrière dans ce sens entre succès singulier et collectif, la création des Enfoirés et des Restos du coeur avec Coluche. On peut aussi se rappeler qu’il fut un chanteur de variétés avec midinettes et une musique rock très standardisée. Que restera de cette lecture : un peu de nostalgie, un rappel des années 80/90. Mais sûrement rien de plus. Le livre s’estompera comme s’est estompé Jean Jacques Goldman.
Né à Paris d’un père ingénieur physicien et d’une mère professeur de lettres, petit-fils de Juifs polonais communistes morts à Auschwitz3, Ivan Jablonka fait ses études secondaires au lycée Buffon. Après des études en khâgne au lycée Henri-IV, il intègre l’École normale supérieure (promotion B/L 1994) et est reçu à l’agrégation d’histoire4.
Peut on parler de biographie de Maurice Ravel ? A proprement parlé, non. D’ailleurs l’auteur nous l’indique rapidement. Michèle Lhopiteau-Dorfeuille a été marquée par le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel, et par le fait que son oeuvre reste méconnue du grand public. De plus cette oeuvre est numériquement modeste. Globalement , Maurice Ravel a écrit des pièces courtes , ce qui permet de mettre en avant cette oeuvre grâce aux QR codes. C’est la très bonne idée de ce livre. Avoir la possibilité d’écouter et de voir des documents. Cela me semble être la seule bonne idée. Malgré une table des matières et des chapitres nombreux, j’ai eu l’impression constamment de passer du coq à l’âne. Un premier chapitre chronologique reprenant des éléments historiques, biographiques et musicaux, puis des chapitres passant de l’oeuvre pour piano à l’art d’apprivoiser les fausses notes puis à l’enfance du musicien ou encore les voyages de Ravel. Cela reste un livre érudit pour mélomane averti. Il y a sûrement d’autres livres plus simples pour découvrir Maurice Ravel. Reste néanmoins le plaisir d’écouter les pièces pour piano de Ravel ( le tombeau de Couperin – Pavane pour une infante défunte ) et ne pas réduire le musicien au Boléro. Dernier point concernant l’éditeur : Comment faire une couverture aussi médiocre, triste et funèbre. rien de bien engageant !. En synthèse une lecture décevante qui n’entame pas le plaisir de l’écoute de l’oeuvre de Ravel.
Michèle Lhopiteau-Dorfeuille est un professeur de musique et chef de chœur qui depuis 1998 écrit également des guides d’écoute accompagnés de CD audios, destinés aux mélomanes adultes désireux d’approfondir leur connaissance dans tel ou tel domaine de la musique classique. Elle est, depuis 2010, membre du Comité de Rédaction de la revue parisienne « l’Éducation Musicale ».
Pythéas ? C’est toujours un nom qui dit quelque chose mais cela reste souvent un peu brumeux. Pythéas un lien avec l’antiquité ? un lien avec le voyage ? un lien peut être avec Marseille ou Massalia. Peut être tout cela à la fois. Il faut dire qu’il nous aide pas trop Pythéas ! il a fait des choses extraordinaires mais tous ces écrits et récits ont disparu. Donc résumons , Pythéas est un phocéen venu s’installer à Massalia vers 330 avant JC. Il fut commerçant , navigateur, édile de Massalia. Il rencontra Alexandre le Grand à Babylone . Avec ses bateaux il fit du commerce dans la Méditerranée mais surtout dans l’Atlantique Nord vers l’Ile Verte , l’Autre Bretagne et l’énigmatique Thulé. Il découvrit les marées , les aurores boréales et les Mers gelées. La plupart des élites de l’Antiquité le traitèrent d’affabulateur. Ses écrits ayant disparus il tomba dans l’oubli. Fermez le ban. C’est sans compter sur François Garde qui nous propose une biographie imaginaire magnifique. A travers cette biographie, il interroge le parcours de Pytheas et la notion d’explorateur de terres inconnues. c’est toujours palpitant , curieux et écrit élégamment. Jusqu’ou s’agit il d’une biographie imaginaire ? Les personnages qui entourent Pythéas sont imaginaires mais ce qu’à vécu Pythéas est réel. Comment croire qu’il fut un affabulateur. Tout donne à penser que Pytheas fut le 1er explorateur des terres inconnues de l’Atlantique Nord. Malheureusement il a mal choisi sa ville. Marseille ou Massalia , une ville tournée vers le Sud et non vers le Nord . Un agréable dépaysement , à perte de vue.
Pythéas le Massaliote (en grec ancien, Πυθέας ὁ Μασσαλιώτης) est un astronomegrec, considéré comme l’un des plus anciens explorateurs scientifiques ayant laissé une trace dans l’Histoire. Pythéas a effectué un voyage dans les mers du nord de l’Europe vers 325 av. J.-C., mais son récit, connu dans l’Antiquité, n’a pas survécu. Il n’est maintenant partiellement révélé que par les écrits de quelques auteurs parmi lesquels principalement Strabon, et Pline l’Ancien. Il est le plus ancien des auteurs de l’Antiquité que nous connaissions à avoir décrit, notamment, les phénomènes polaires, les marées ainsi que le mode de vie des populations du nord de l’Europe. Pythéas a évoqué l’île de Thulé et sa description des marées est le texte le plus ancien qui suggère la lune comme leur cause.
Le livre de Pierre Assouline m’a permis de découvrir Rudyard Kipling ainsi que son poème If connu pour sa phrase terminale » tu seras un homme mon fils« . A travers un personnage de fiction, Louis Lambert, nous allons nous immiscer dans la vie De Rudyard Kipling. Prix Nobel, novelliste, auteur du Livre de la Jungle, Rudyard Kipling à été marqué à vie par la mort de son fils John en 1915 dans les tranchées de Loos en Gohelle. Homme du 19ème siècle, homme de l’empire britannique, Rudyard Kipling est empli de morale, de militarisme et de la culpabilité d’avoir amené son fils à une mort certaine. A travers ces moments de la vie De Rudyard Kipling resurgit l’entrée en guerre de 1914, puis la tragédie des tranchées. Cette guerre 14/18 qui va façonner à nouveau l’Europe et l’entraîne vers une nouvelle guerre mondiale. A 25 ans d’écart, deux générations d’hommes qui vont être anéanties. Des pères de 14 au fils de 40. Il reste aussi à la lecture de ce roman , une vision surannée du début du 20 ème siècle fait de moralisme, d’esprit guerrier, d’un monde qui va changer avec un empire anglais confronté à la partition du monde arabe.
Belle biographie de Paul Émile Victor qui traverse en détail la vie de se grand explorateur . Pour ce qui ne connaisse pas PEV, c’est l’occasion de découvrir ses différentes vies entre Arctique et Terre Adelie, entre le Jura pour les racines et la Polynésie pour la fin de sa vie. Cette biographie nous rappelle son engagement militaire auprès des États Unis mais aussi la prise de conscience de ses racines tchèques et juives. PEV restera le créateur des Expéditions Polaires Françaises, ainsi que le premier explorateur ayant compris que la communication , les films, les projections et les livres permettaient de faire découvrir des peuples comme les Inuits mais aussi de vulgariser les notions de réchauffement climatique. Le livre porte bien son titre : le rêve et l’action. PEV à fait de son rêve sa vie et par ses actions il a développé l’ethnographie et les sciences polaires. Il est agréable de retrouver ces explorateurs qui ont traversé le 20ème siècle et qui sont les précurseurs des écologistes d’aujourd’hui. Merci à la Masse Critique de Babelio et aux Editions Paulsen pour l’envoi de ce bel ouvrage.