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Roca Pelada d’Eduardo Fernando Varela. Metaillie. 💛💛💛💛

J’ai découvert Eduardo Fernando Varela par la lecture de son roman Patag9n8e r9ute 203. Un condensé d’humanité dans des lieux improbables. le road trip d’un chauffeur routier le long de la route 203 dans l’immensité de la Patagonie. Totalement décalé.
Tout comme Roca Pelada.
Nous sommes toujours en Amérique du Sud sur une crête au dessus de l’Altiplano. La crête fait frontière entre deux pays non nommés. Les Six mille et les Sept mille veillent sur la Garde Frontière d’un côté et la Ronde des Confins de l’autre. Un no man’s Land sépare les deux postes frontières. le lieutenant Costa commande la Garde Frontière, le capita8ne Gaitan règne sur la Ronde des Confins mais va bientôt être remplacé par une femme Vera Brower.
A 5 000m sur l’Altiplano il ne se passe rien à priori. La montagne accapare tout. Et pourtant la montagne vibre et tremble, une femelle puma la parcourt. Même un mystérieux vieillard paraît et disparaît derrière les cônes volcaniques. Quant aux militaires gardant la frontière, c’est à celui qui déplacera les météorites afin qu’ils appartiennent au pays.
Dans ce bout du monde il y a aussi une équipe de mineurs et un train récalcitrant qui met un temps infini pour arriver au butoir de la Garde Frontière et une escouade de caporal venus des tropiques.
Une liste à la Prevert décapante, surréaliste et hilarante.
Reste à embarquer avec Eduardo Fernando Varela pour de désert des Tartares version sud-américaine.
Tous les personnages sont confrontés à l’absurde mais aussi aux limites du pouvoir dans une contrée rocheuse et désertique . Est ce dérision de garder une frontière à si haute altitude ?
Peut être que oui quand il s’agit d’histoire, de tradition, de la magie des anciens et du culte des morts ?
C’est un joli roman de méditation, de poésie.
Comme la Patagonie, l’Altiplano est magnétique et intemporel, nous ouvrant aux limites de nos libertés.


Eduardo Fernando VARELA vit entre Buenos Aires, où il écrit des scénarios, et Venise, où il vend des cartes anciennes. Il est l’auteur de Patagonie route 203, succès public et critique, premier roman écrit à 60 ans. Roca Pelada est son deuxième roman.

Son odeur après la pluie de Cédric Sapin Defour. STOCK. 💛💛💛💛

Un titre et un bandeau qui vous accroche pour peu que vous soyez sensible à nos amis les chiens.
D’abord un titre Son odeur après la pluie qui sent bon le retour de balade avec son chien. L’odeur d’un temps de connivence, de dépense, de moments partagés .
Et puis la photo de profil d’un bouvier bernois. La tendresse,la délicatesse, la gentillesse.
Ce gentil bouvier bernois s’appelle Ubac. Il est né en 2003 et va partager la vie de Cédric puis de Mathilde et Cédric.
Partager la vie n’est pas le verbe juste. Ce sera plus que cela. Une osmose, une fusion entre l’homme l’animal.
Cédric Sapin-Defour nous entraîne dans tes torrents d’émotions d’humanité ou comment une relation avec un animal nous dit le vivant.
Bien évidemment ce livre touche au plus profond et nous invite sur les routes de la différence, de la tolérance, de la vie mais aussi de la séparation et de la mort.
L’auteur nous parle de tout cela avec délicatesse mais aussi avec force.
Ubac est une vie qui fait irruption et devient indispensable. Un lien essentiel entre l’homme et l’animal .
Un compagnonnage intense qui touche au coeur.
Jean Paul Dubois qui préface le livre de Cédric Sapin Dufour a obtenu le Prix Goncourt pour son roman :Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même facon .
C’est bien le cas de Cédric. Avec Ubac il habite le monde au plus près de son regard, au plus près du sol, de la nature et de cette relation partagée.
Ce livre nous touche car il parle d’un compagnonnage respectueux qui grandit les uns et les autres.
Pour toute personne ayant compagnonner avec un chien, ce livre est un baume apaisant qui nous rappelle tout ce que pous nous apporter une présence animale.
Plus que touché par cette histoire car elle emprunte quelques chemins que nous avons vécu avec notre chien Fjord.
Fjord était un berger australien avec lequel nous avons comme Ubac et Cédric marchés sur les chemins du Beaufortain.
Comme Ubac, Fjord a respiré le grand air du Beaufortain et s’est extasié de la vue allant du Mont- Blanc au Lac de Roselend.
Comme pour Ubac, nous avons du descendre Fjord à la clinique des Quatre vallées à Albertville.Pas pour des tiques mais pour un épilé.
Fjord nous a quitté il y a 3 ans.
En reprenant les termes de Cédric Sapin Defour, Fjord a du rejoindre Ubac d’arbres en âmes et que le plus de vous persiste.



Auteur et avant tout alpiniste, Cédric Sapin-Defour a été chroniqueur pour le mensuel Montagnes Magazine, il est aujourd’hui collaborateur au quotidien Libération. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Le Dico impertinent de la montagne (JMEditions, 2014), Qu’ignore-je ? L’Alpinisme (JMEditions, 2016), Gravir les montagnes est une affaire de style (Paulsen, 2017), Les Sept vies de François Damilano (Paulsen, 2018), Espresso (Paulsen Guérin, 2019) et Double Espresso (Paulsen Guérin, 2022).

Ce n’est pas un fait divers. Philippe Besson. Julliard . 💛💛💛💛

Il faut lire le titre du dernier roman de Philippe Besson comme un mantra.
Sans cesse se le remettre en tête et le répéter :
Ceci n’est pas un fait divers
Ceci n’est pas un fait divers.
Ceci n’est pas un fait divers.

Papa vient de tuer Maman
c’est ce que Léa a dit au téléphone à son frère . Léa a treize ans, son frère 19 ans.
Que l’on soit jeune adolescent ou jeune adulte on n’est pas préparé à ce genre de phrase : Papa vient de tuer Maman.
Qu’est ce que cela veut dire , qu’est que cela sous entend, qu’est que cela va induire ?
Philippe Besson, comme à son habitude, avec une écriture intense, précise, faite de peu de mots mais choisis à bon escient va nous entrainer dans le maelstrom que vont vivre ce frère et cette soeur.
Comment vivre quand il ne reste rien : Une Maman assassinée par son mari. La mort et l’emprisonnement La perte des parents.
Comment en arrive-t-on à un féminicide ? Que n’ai-je vu ? Que n’ai-je dis ?
Sera-t-il possible de me reconstruire ?
et toujours le mantra : Ce n’est pas un fait divers.
Philippe Besson n’occulte rien du combat de ces deux enfants : la perte d’une maison, de l’enfance. Mais aussi pour Léa le lien qu’il reste au père au contraire de son frère qui est dans la radicalité.
Reste le combat pour l’avenir immédiat et une nouvelle vie.
rien ne sera simple.
Ceci n’est pas un fait divers.
J’ai été happé par ce roman et la justesse des situations.
Comme le dit si justement Philippe Besson : quand vous tapez féminicide sur votre ordinateur, le mot se souligne de rouge. Pas reconnu.
Ceci n’est pas un fait divers.


Philippe Besson, né le 29 janvier 1967 à Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente), est un écrivaindramaturge et scénariste français, anciennement directeur des ressources humaines en entreprise. Il a été également critique littéraire et animateur de télévision.

Il se fait connaître en tant qu’écrivain avec le roman En l’absence des hommes en 2001, qui reçoit plusieurs prix. En 2023, il totalise 23 romans, dont plusieurs ont été adaptés pour le cinéma ou le théâtre, et il a participé à l’écriture du scénario de plusieurs films pour la télévision.

Il n’y aura pas de sang versé. Maryline Desbiolles. Sabine Wespieser editeur.💛💛

Maryline Desbiolles s’est emparée d’un évènement assez peu connu pour en faire le centre de son roman : la grève des ovalistes à Lyon en 1868.
Evénement peu connu mais qui est en réalité la première manifestation et grève de femmes.
Une ovaliste est une femme qui travaille dans les ateliers de soierie lyonnaise . Elles garnissent les bobines des moulins ovales afin de donner au fil grège la torsion nécessaire au tissage.
Elles sont plus de 2 500 ovalistes à travailler dans la soierie lyonnaise.
Ces ovalistes venaient de toute la région depuis l’Ain, l’Ardèche, la Drôme, les Savoie et jusqu’au Piémont Italien. Venir est un terme édulcoré. « Les soyeux  » allaient chercher ces jeunes femmes illettrées dans les territoires reculés pour en faire une main d’oeuvre bon marché vivant dans la misère.
Maryline Desbiolles va suivre quatre d’entre elles : Toia la piémontaise, Rosalie Plantavin de Nyons dans la Drôme, Marie Maurier de Haute Savoie et Clémence Blanc qui est lyonnaise.
C’est le point fort du roman : avoir personnalisé cette foule d’ovalistes à partir de ces quatre personnages. Cela donne force et réalité.
Malheureusement l’écriture de Maryline Desbiolles est difficile car faite de répétitions comme si il fallait enfoncer le clou pour mieux se faire comprendre.
De même pour le découpage du roman et la métaphore qu’en fait l’autrice.
Les quatre ovalistes sont comparées à des relayeuses sur un stade, dans l’ovale de la cendrée. Un chapitre est consacré à chaque relayeuse sans que cette description apporte un plus au roman.
Reste de ce roman la grève des ovalistes , la condition féminine, la connaissance de la soeirie lyonnaise. Un roman documentaire sur les années 1868/ 1869 à Lyon chez les soyeux et les ovalistes.
Le destin de Toia, Rosalie, Marie ou Clémence nous a t il bouleversé ?
Pas vraiment et c’est dommage.


Maryline Desbiolles, née le 21 mai 1959 à Ugine (Savoie), est une écrivaine française. Elle obtient le Prix Femina en 1999 pour Anchise.

Maryline Desbiolles est d’origine italienne du côté maternel1.

En 1981, elle crée à Nice où elle vit une revue de poésie et de littérature, Offset, puis en 1990, La mètis, du nom de l’intelligence rusée pour les Grecs 2. En 1998, son roman La Seiche attire l’attention pour son style3.

La faute d’Allesandro Piperno. Liana Levi . 💛💛💛

La faute ou l’imposture. Voilà ce que nous raconte le narrateur de ce roman.
Mais de quelle faute, de quelle imposture s’agit-il ?
S’agit -il du couple mal assorti que forme ces parents. Couple modeste vivant à Rome.
S’agit-il de la révélation que lui fera sa mère à l’adolescence :Elle est juive.
S’agit -il du fait que sa mère n’entretienne plus de relations avec sa famille car celle-ci récuse son mari. La famille Sacerdoti fait partie de la bourgeoisie catholique romaine. L’Oncle Gianni , avocat renommé, en est l’élément extraverti par excellence.
Notre narrateur vit donc modestement à l’ombre de cette famille.
Un jour , Oncle Gianni l’invitera pour passer une semaine avec ses cousins et cousines à New York.
Une invitation de deuxième choix. Il remplace une cousine Sacerdoti malade. Sans cela il serait resté à Rome.
Il va succomber aux charmes de cette famille, de cet oncle, de ce luxe.
Voilà peut être La faute.
Ce narrateur sans nom ni prénom nous livrera le récit de son enfance et de l’homme qu’il est devenu quatre décennie plus tard. Un homme tourmenté par son enfance, un couple parental de moins en moins crédible entre un père inconséquent et une mère faite de droiture maladive.
Allesandro Piperno pousse le plus loin possible l’introspection familiale et l’identité de celle-ci, quitte à ce que le narrateur s’enlise et découvre des failles auxquelles il ne s’attendait pas.
La faute est un roman ample, parfois bavard à l’écriture agréable mais qui demande une attention soutenue


Alessandro Piperno est diplômé en littérature française de l’université de Rome « Tor Vergata », où il enseigne ensuite cette matière avant d’être nommé chercheur en octobre 2008. Alessandro Piperno est considéré comme un auteur majeur de la littérature italienne contemporaine. Tous ses textes sont publiés en France par les éditions Liana Levi.

13 Novembre 2015 – Le Procès. Charlie Hebdo. Les Echappées. 💛💛💛💛

Les coïncidences ont voulu que je vois récemment les films Novembre et Revoir Paris et que je reçoive dans le cadre de la Masse Critique graphique de Babélio les ouvrages 13 novembre 2015 le procès retraçant le récit des audiences de ce procès.
En définitif ces trois supports m’ont permis d’avoir un point de vue globale.
Novembre retrace l’enquête policière suite aux attentats du Stade de France, des terrasses et du Bataclan le 13 Novembre 2015. C’est totalement factuel.
Revoir Paris traite de l’amnésie et du difficile retour à la vie d’une survivante des fusillades des terrasses.
13 Novembre 2015 le procès retrace de façon exhaustive les audiences et met en résonnance ce qui ressort des films : le côté factuel et aussi l’intime des victimes et des familles.
L’ouvrage 13 Novembre 2015 le procés est un ouvrage réalisé par trois journalistes et trois dessinateurs de Charlie Hebdo.
Charlie Hebdo est l’un des ces seuls média a voir suivi in extenso le procès.
L’ouvrage est autant littéraire que graphique.
Ce fût un procès hors norme et les textes et illustrations le rendent bien.
Ces attentats furent une sidération. Les chroniques les raconte avec force.
Cela reste une lecture exigeante et salutaire. Tout cela se lit à petite dose. J’ai du mal à imaginer ce qu’à dû être l’intensité de ce procès.
Cet ouvrage par ces comptes rendus nous restitue immédiatement ce que seront les archives dans quelques années quand elles seront accessibles.
Ce procès était une gageure , mais il est l’apanage des démocraties. Prendre le temps du recul, prendre le temps d’écouter toutes les parties, même les pires des assassins.
Ce procès nous permet de comprendre le comment et le pourquoi. c’est une chose.
Mais les textes et les dessins de Charlie Hebdo nous permettent de mettre des visages sur tous ces anonymes qui ont vécu à leur dépends ces attentats.
j’ai été marqué par ces pages en continue, couvertes d’aquarelle de visages. Ceux des survivants venant nous parler de leur vie, de leur perte. Ceux des forces de l’ordre qui ont servi quelque soit les conditions. Ceux des familles des assassins confrontaient à l’indicible.
Par cet ouvrage Charlie Hebdo fait oeuvre d’histoire et de mémoire.

Les Ignorants. Etienne Davodeau. Futuropolis. 💛💛💛💛

Mieux vaut tard que jamais. les Ignorants est un roman graphique d’Etienne Davodeau sorti en 2011.
J’ai eu l’occasion de découvrir l’oeuvre d’Etienne Davodeau grâce à mes deux filles. La première avait laisser trainer chez elle le droit du sol. Belle idée de roman graphique que cette marche entre la grotte de Pech Merle dans le Sud ouest et le lieu d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure dans l’est de la France. J’avais été conquis par le propos , le dessin et le côté docu-fiction engagé.
Et voila que ma deuxième fille lors d’une conversation WhatsApp me parle de Les ignorants qu’elle vient de lire et qu’elle me conseille vivement.
j’ai suivi son conseil , j’ai lu les Ignorants et j’ai aimé.
J’ai aimé .
comment aurait-il pu en être autrement ? J’aime le livre, l’écriture , la BD. j’aime le vin et tout ce qui tourne autour : la culture, les paysages, les dégustations.
Cette BD raconte une histoire de passion, de transmission, de rencontres de convivialité entre Etienne Davodeau et Richard Leroy viticulteur.
Chacun est ignorant de ce que représente la passion de l’autre.
La BD sur un espace temps d’un an va nous faire arpenter les rangs de vignes tout comme les allées des Salons de BD
Au delà des moments qui fabriquent le vin ou une bande dessinée il reste le fait d’aimer.
Qu’est ce qui doit plaire dans un vin ou un livre ? Il existe des milliers de façons de réaliser une BD ou un vin.
La seule chose importante est de rester soi.
Le vin doit parler de la vigne, de la terre, du ciel, des nuages. Pour cela ,moins on le bouleverse, mieux c’est. En 2011 Les vins bio et la biodynamie étaient encore balbutiants. Ce n’est plus le cas en 2023. Pareil pour un dessin, un coup de crayon ou un texte. Au delà de la technique c’est l’émotion que l’on recherche.
Et puis ces passions sont des passions d’équipe, de rencontres de convivialité.
Refaire le monde autour d’un livre , d’une BD en dégustant un bon vin.
çà discute, çà se dispute, çà rit. c’est la vie .

« Je préfère un vin vraiment bon pendant six mois plutôt qu’un vin dont on me dit qu’il sera bon pendants des années  » Jean François Ganevat – Viticulteur Jurassien.
A bon buveur d’étiquette salut !

Étienne Davodeau, né le 19 octobre 1965 à Botz-en-Mauges (Maine-et-Loire), est un dessinateur et scénariste français de bandes dessinées. Avec près de 45 albums publiés en 30 ans (en janvier 2023), l’auteur-dessinateur s’est imposé comme une grande figure de la bande dessinée documentaire et des récits animés1.

Il est en particulier connu pour Lulu femme nue ou ses albums documentaires comme Les Ignorants (un ouvrage vendu à plus de 250 000 exemplaires1), Les Mauvaises Gens : une histoire de militants ou encore Un homme est mort.

Au loin, quelques chevaux, deux plumes. Jean Louis Milesi. Les Presses de la Cité. 💛💛💛💛

Au début du vingtième siècle , un photographe de la bonne société de Seattle, ouest des Etats-Unis sillonnait les plaines de l’Arkansas et du Minnesota afin de pouvoir photographier la danse de la pluie chez les Indiens. Il ne fallait plus perdre de temps car ces Indiens, les Sioux, commençaient à vivre dans des réserves et leurs rites disparaissait peu à peu.
Ce photographe s’appelait Edward S Curtis. Il a toute sa vie durant photographier les Indiens afin de les rendre visibles et vivants.
Ces photos sépia de portraits d’Indiens ont fait le tour du monde et donné lieu à des expositions magnifiques.
Jean Louis Milesi , l’auteur de livre , est avant tout un scénariste de films. Il est le scénariste attitré de Robert Guédiguian. Il est l’auteur des scénarios de Marius et Jeannette, Les neiges du Kilimandjaro.
Au loin quelques chevaux, deux plumes est une fiction autour de la vie Edward S Curtis. Ce n’est pas sa biographie mais un instant de sa vie au détour de l’année 1900.
S’appuyant sur des faits et personnages réels ( la pendaison de Mankato – Princesse Angeline -Merril Gates – Association Aux amis de l’Indien ) Jean Louis Miles nous invite à suivre Edward S Curtis sur la piste des Sioux.
Et plus particulièrement Mika Ohiteka. A travers l’histoire de Mika c’est une histoire universelle qui va apparaitre : la perte des terres – les réserves – l’invisibilité d’un peuple – la lutte mais aussi la ségrégation.
Edward S Curtis était parti pour photographier les Indiens. Les photographiera t il ? Est ce le plus important.
Au loin il y aura toujours quelques chevaux et deux plumes.
Roman plein d’humanité qui capte un moment, un lieu tel qu’il est et qui peut être ,par la grâce de la photographie redonnera naissance.

Edward Sheriff Curtis, né le 16 février 1868 près de Whitewater et mort le 19 octobre 1952 à Whittier, est un photographe ethnologue américain1.

Il a été l’un des principaux anthropologues sociaux des Amérindiens d’Amérique du Nord2 — et de l’Ouest américain — laissant trace d’écrits, d’enregistrements sonores des chants indiens1 et de nombreuses photos sur verre. Ainsi, de manière non exhaustive, il a entrepris l’inventaire photographique d’Amérindiens des 80 tribus existantes. Cette population indienne qui était estimée à plus d’un million d’individus au xviiie siècle, avait chuté aux alentours de 40 000 lorsqu’il lança son projet.

Variations de Paul de Pierre ducrozet. Actes sud . 💛💛💛💛

La synesthésie est un phénomène qui consiste en un liage sensoriel dans lequel certains stimuli évoque automatiquement une perception additionnelle. Paul est synesthéte. Il ressent les sons, les vibrations de la musique. Il voit la musique en couleur.
La variation musicale est une technique de composition basée sur la recherche de variété par la modification de la mélodie, du rythme, de l’harmonie ou encore du timbre.
La vie de Paul n’est que variations.
La mort subite , l’expérience de mort imminente touchent plus de 50 000 personnes par an. Paul a connu cette expérience.
Paul est né en 1947 à Lyon. Il est né et c’est son cœur ne battait pas. Il a été miraculé.
Pour quelqu’un qui va vouer sa vie à la musique et au rythme c’est tout de même ballot d’être incapable de tenir un rythme parfait pour son cœur .
Paul est né dans une famille musicienne. Antoine le Papa est pianiste. Il vit la musique entre cours et piano bar. Il ne vit pas de la musique.
Son fils Paul en vivra. Il courra le monde pour dénicher des sons , pour produire.
Sa fille Chiara restera dans cette lignée. Elle sera DJ sur Berlin et mixera entre autre les découvertes de son père.
Dans la famille de Paul Malleval on peut aussi demander la mère : Sarah , ou encore le frère Jérémy ou le Fils Léo.
On peut aussi demander la femme ou les femmes au travers d’Eva et de Charlotte.
Pierre Ducrozet nous entraîne dans un tourbillon de musique , de lieux, de concerts. La musique comme un cœur qui bat.
La musique comme le temps qui passe.
La musique comme un lien intergénérationnel. Une exploration des fissures entre parents et enfants aux sons libres et enivrants. Une liberté qu qui dit rencontres, fêtes mais aussi descentes, mélancolie
Que dit la musique de nous ? Que dit la musique de la société ?

Variations de Paul est une longue balade dans le 20ème et le 21 -ème siècle.
 » Chaque musique dit quelque chose du monde dans lequel elle est née
A nous de la déchiffrer  » ( page 65 ).
De la délicatesse du piano d’Erik Satie au beat d’Enrico Sanguiliano, la musique nous entraine vers le pas de côté à la découverte d’un monde sensible, parallèle qui nous aide à nous réparer et à nous apaiser.
Le pas de coté qu’a recherché Thelonious Monk avec ses intervalles dissonants
A chacun de trouver son oreille bleue , sa variation et de donner cours à sa créativité.
450 pages pour entendre, écouter toute les musiques.
Pierre Ducrozet restitue tout cela dans une magnifique play list de 121 titres et de plus de 9h d’écoute.
Une belle façon de rester présent aux Variations de Paul.


Pierre Ducrozet, né en 1982 à Lyon, est un écrivain français.

Il est le fils du chanteur pour enfants Jean René1 et d’une professeur d’allemand2.

Après avoir habité à Berlin et Paris, il vit actuellement à Barcelone.

Variations de Paul est son sixième roman.

Un peu de la musique des Variations de Paul :

La Cité des nuages et des oiseaux d’Anthony Doerr. Albin Michel. 💛💛💛💛💛

Voici un roman inclassable, intelligent, émouvant.
6 personnages principaux et sur un espace temps allant de l’Antiquité à notre futur dans les années 2150.
D’abord il y a Zeno Ninis, vieillard de 86 ans vivant aux Etats Unis , dans l’
idaho à Lakeport . Quand on le découvre , il aide dans une médiathèque. Actuellement il travaille à la mise en scène d’une pièce de théâtre avec des enfants. La pièce de théâtre a été écrite il y a plus de 2 000 ans.
Dans cette même médiathèque , le 20 Février 2020, se tient un jeune homme avec un sac à dos. Il s’appelle Seymour Stuhlman. Il est fragile, hypersensible. Il va commettre un attentat à la bombe.
Dans un autre plan, à Constantinople en 1453, nous faisons la connaissance d’Anna et Omeir. Anna, brodeuse vit avec sa soeur Maria dans la chrétienté de Constantinople. Un vieux professeur lui enseigne le grec ancien.
Omeir lui vit dans la campagne à une centaine de kilomètres de Constantinople. Il est tenu un peu à l’écart en ces temps de démons et de sorcellerie. Il est porteur d’un bec de lièvre. A l’écart de tous , il garde ses boeufs au fond d’un ravin, jusqu’au jour où l’armée du sultan Mehmet le réquisitionne ainsi que ces boeufs pour participer au siége de Constantinople la chrétienne.
Konstance, elle, vit en 2150. C’est une jeune fille qui à la vitesse de 7 million de kilomètre s à la seconde traverse l’espace. Elle vit avec une communauté de terriens dans le vaisseau Argos en route pour Béta Oph 2. Toute cette communauté est managée par Sybil et son Intelligence artificielle.
Tous ces personnages, toutes ces époques, vont avoir en commun un livre ,un codex : La cité des nuages et des oiseaux. Texte écrit il y a fort longtemps et qui conte le voyage et les aventures d’un berger , Athéon, dont les transformations physiques sont le fil directeur de son aventure. C’est notre sixième personnage principal.
Ce texte ancien est attribué à Antoine Diogène.
Le puzzle est en place. Il ne reste plus qu’à se lancer à coeur perdu dans ce labyrinthe.
Anthony Doerr nous aide bien , en fragmentant ces chapitres par personnage et époque. Jamais on est perdu dans cette histoire entre espace temps.
Peu à peu les pièces se mettent en place et les inter actions entre personnages et époques prennent forme.
Ce roman fête le livre, la littérature, la transmission. le temps est passeur de livres, de texte.
« Un texte, un livre, est un lieu de repos pour les souvenirs de ceux qui ont vécu avant nous. Un moyen de préserver la mémoire après que l’âme a poursuivi son voyage… Et quand un livre disparait la mémoire connait une deuxième mort  » ( p.65)
Ces livres qui unissent entre les époques et qui font reculer l’ignorance.
Anthony Doerr nous livre un roman ample, aux différentes atmosphères et dans lesquelles des personnages tellement humains vivent une odyssée.
En fermant ce livre j’ai fait le parallèle avec les personnages d’un autre livre. Il s’agit de  » Les passeurs de livres de Daraya  » de Delphine MInoui.
Des jeunes hommes en Syrie, qui sous les bombes à Alep vont sauver des livres et mettre en place une bibliothèque souterraine pour garder la mémoire d’une culture et pour transmettre.
Ces jeunes hommes ne dépareraient pas dans La Cité des nuages et des oiseaux.

« A tous les bibliothécaires passés, présents et à venir. » Il n’y a pas de plus belle épigraphe pour ce roman.