Merci aux Editions Du cerf pour l’envoi su premier roman d’Amar Salloum, jeune écrivaine de 23 ans.
Les premières lignes du roman donne le ton : « Simon m’a enfin dit qu’il allait me jeter à la porte, alors je lui avais dit que c’est moi qui allais le jeter à la porte. C’est comme ça que j’ai fini au couvent. » La narratrice passera dix mois au couvent entre convalescence et début d’un mysticisme dans une vie qui va s’ouvrir petit à petit à une réflexion sur Dieu . L’écriture d’Amar Salloum n’est pas une écriture simple. Elle peut être faite de longues phrases et de mots trés contemporains et urbains. La phrase peut en quelques mots représenter un temps long et ne facilite pas la réception de changements importants de la narratrice. comme une conversion intérieure. Je suis resté assez spectateur de cette vie décalée et les émotions ont rarement effleurées.
Etudiante de 24 ans Amar Salloum gravite dans la littérature, le rap et la théorie politique.
Thomas Cantaloube est un habitué de la série noire de Gallimard. Il en est à son quatrième roman entre réalité, fiction et monde politico-social. Dans ce roman, Les Trente Glorieuses, Thomas Cantaloube s’attache à un immeuble cité marseillais qui porte le nom du roman. Cette immeuble a été construit dans les années 1970 et représente un miroir de la Cité Radieuse construite par Le Corbusier. De nos jours une bande de gamin jouent dans les caves de cet immeuble cité et vont découvrir deux cadavres momifiés. La présence de ces cadavres pourraient bien remontée aux années 1970 lors de l’installation du système de chauffage urbain. Kader, un habitant de l’immeuble, Inès Adjointe de la RPLSM ( régie Publique des logements sociaux marseillais) et une amie Muriel vont être pris dans les filets de cette histoire ainsi que l’entreprise de bâtiment Fondari puis Fondari construction ( Fondari de père en fils) S’appuyant sur des faits réels et sur la fiction, l’auteur nous rappelle que Marseille a toujours été un panier de crabe politique entre PS et RPR et qu’à coup de commissions, de disparitions, on arrive à garder sa place au soleil. 1970 /2022 même combat !
Né en banlieue parisienne, Thomas Cantaloube y passe son enfance, avec un intermède de deux ans aux États-Unis, à Cincinnati (Ohio) à l’âge de sept-huit ans. Après son baccalauréat, il s’installe à Paris pour ses études.
Diplômé d’Sciences-Po Paris (1992), il hésite alors entre le cinéma et le journalisme. Il opte finalement pour la seconde option et entre au Centre de formation des journalistes dont il sort diplômé en 1995. Il commence sa carrière aux Cahiers du cinéma. Épris de bougeotte et de reportages, il part en 1997 à Los Angeles (États-Unis) pour s’y établir en tant que journaliste pigiste. Là, il collabore aux Cahiers du cinéma, à La Tribune, à L’Événement du jeudi, à BFM, à Croissance, à RAGE, à HK Cinéma et à L’Humanité, dont il devient le correspondant aux États-Unis.
En 1999, à la faveur de la nouvelle formule de L’Humanité et de son ouverture à des journalistes non communistes, il rentre en France et devient rédacteur en chef adjoint de L’Humanité Hebdo. En parallèle de son travail de coordination, il effectue des reportages en Afrique, en Amérique du Sud et en Australie.
En 2001, en désaccord avec la ligne éditoriale du journal, il le quitte à la faveur d’un plan social et prend une année sabbatique, durant laquelle il effectue un tour du monde en onze mois, treize pays et trois continents.
En janvier 2003, il part s’installer à Washington, D.C. (États-Unis) en tant que correspondant free-lance pour Le Parisien, Marianne et La Vie. Pendant trois ans dans la capitale américaine (2003-2005), puis deux ans à New York (2006-2007), il couvre l’actualité politique, diplomatique, sociale et culturelle pour ces trois journaux. Outre des reportages sur tout le territoire des États-Unis, il réalise également durant cette période des reportages au Mexique, en Irak, au Koweït et à Cuba. Il collabore aussi ponctuellement au magazine Grands Reportages.
En octobre 2003, il est l’un des premiers journalistes français aux États-Unis à créer un blog pour rendre compte de l’actualité américaine[1].
En février 2008, il rentre en France pour participer au lancement de Mediapart. Pendant douze ans il couvre l’actualité internationale pour le journal, effectuant de multiples reportages à l’étranger : États-Unis, Balkans, Royaume-Uni, Afghanistan, Pakistan, Afrique du Sud, Suède, Hongrie, Qatar, Égypte, Tunisie, Libye, Argentine, Chili, Pologne, Mali, Centrafrique, Inde, Rwanda, Nicaragua, Brésil, Israël, Palestine, Irlande, Koweït, Cameroun…
En mars 2020, il quitte Mediapart pour se consacrer à l’écriture de fiction, romans et scénarios.
Entre 2019 et 2023, il publie les trois tomes d’une trilogie consacrée aux débuts de la Ve République, confrontant ses trois personnages de fiction (Luc Blanchard, Antoine Carrega-Lucchesi, Sirius Volkstrom) à des événements réels et aux conséquences de la décolonisation française.
En 2024, il reprend sous une nouvelle forme les aventures du Poulpe, le héros créé par Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal et Serge Quadruppani, avec une héroïne différente : La fille du Poulpe. Il signe le premier tome de cette nouvelle collection : Le col des Amériques.
En 2024, toujours, il écrit Les Mouettes, un roman prolongeant l’univers de la série télévisée Le Bureau des Légendes, racontant les opérations du Service Action de la DGSE.
Après avoir parcouru en vélo » Sur la route du Danube » Emmanuel Ruben a décidé de vélocipéder sur la route de la Loire, en partant de l’Estuaire et en remontant son cours jusque aux sources du fleuve au pied du Mont Gerbier des Joncs. Cette remontée du fleuve se fera en quatre étapes réparties entre 2018 et 2022. La première étape remonta la Loire armoricaine à l4éte 2018. La deuxième étape se déroulera durant l’été 2019 et visitera le val de Loire. En 2020 Emmanuel Ruben vélocipèdera sur la Loire Moyenne entre Sologne et Allier. Enfin à l’été 2022 la in du parcours se fera le long de la Loire supérieure jusqu’aux sources du fleuve. Pour son périple le long du Danube, Emmanuel Ruben était accompagné de Vlad. Vlad, ukrainien, qui na pu de nouveau accompagner l’auteur. Vlad est parti se battre dans le Donbass. Pour cette remontée du fleuve Emmanuel Ruben sera avec sa compagne Anne pour les trois premières étapes.
Sur la route de la Loire est un carnet de voyage géographique, littéraire et personnel. Emmanuel Ruben a vécu de nombreuses années sur les bords de Loire armoricaine en étant directeur de la MaisonJulien Gracq. Il est aussi un enfant des fleuves avec une naissance à Lyon. Lors de cette pérégrination, nous redécouvrons ce fleuve littéraire et royal entre châteaux et littérature balzacienne, mais aussi son cours qui permet la réfrigération des différentes centrales nucléaires. la Loire une histoire de France naturelle, historique et énergétique. Et cette histoire n’empêche pas des moments de grâce sur les bords de Loire : les couleurs, les iles, l’eau, le sable. L’extase géographique qui tient tellement à coeur à Emmanuel Ruben.
Écrivain et géographe, Emmanuel Ruben explore l’espace et les mots. À travers ses carnets de voyage et ses récits, il parcourt les rives du Danube et de la Loire, construit le pays imaginaire de Zyntarie, ou bien interroge la longue histoire des juifs d’Algérie. explore l’espace et les mots.
Né en 1980 à Lyon, Emmanuel Ruben grandit dans l’Isère et développe dès son plus jeune âge un goût pour les cartes. Plus tard, il intègre l’École normale supérieure de Lyon, étudie la géographie à l’Institut de Géographie et le russe à l’Inalco, l’Institut national des langues et civilisations orientales.
Emmanuel Ruben s’attache aussi aux fleuves. En 2014, il remonte le Danube à vélo. Ce périple, d’Odessa à Strasbourg, donne lieu à un carnet de voyage, Sur la route du Danube (Payot & Rivages, 2019). « Quand j’ai remonté le Danube, au début je me suis dit ‘je vais faire que de la géographie' », raconte-t-il. « L’histoire du Danube, tout le monde la connaît, il y a eu un très grand livre de Claudio Magris, publié en 1986, Danubio, qui raconte toute l’histoire du Danube. Je me suis dit ‘tu es géographe, tu vas raconter la géographie de ce fleuve’. Je me suis rendu compte très vite qu’on ne peut pas raconter la géographie sans raconter l’histoire. L’histoire est omniprésente. Quand vous remontez le Danube, vous voyez bien que les événements historiques ont marqué partout le fleuve. C’est comme de l’histoire qui coule depuis sa source, qui charrie des strates d’histoire et qui les amalgame sur les rives. »
En 2026, Emmanuel Ruben publie Sur la route de la Loire. Une traversée de la France à vélo (Stock, 2026), un autre carnet de route, qui le mène cette fois le long de la Loire. Ici encore, il observe les différentes strates historiques que recouvre l’espace. S’il découvre le château des ducs d’Anjou à Angers, Emmanuel Ruben rappelle également le massacre de trente-deux juifs par le comte de Blois en 1171.
Dans Malville (Stock, 2024), celui qui a grandi au bord du Rhône propose cette fois un récit littéraire et écologique. En 2036, une vallée de l’Isère est ravagée par l’accident nucléaire de la centrale de Malville, double fictionnel de la centrale de Creys-Malville dans laquelle travaillait le père d’Emmanuel Ruben.
C’est le charme et le risque des masses Critiques privilégiées. Bonne surprise, livre poil à gratter, sortir de son confort de lecteur, telles sont les possibilités de ces masses critiques. Cette fois-ci c’est sortir de son confort de lecteur et découvrir un texte qui ne correspond pas obligatoirement à mes attentes Crush est un roman écrit par une jeune autrice japonaise de 24 ans, Momo Yamaguchi. Mika jeune fille vierge est prête à connaître toutes les expériences et nous entraine dans sa quête obsessionnelle. Texte aux phrases courtes, crues , cette prose ne peut pas être mise entre toutes mains. Je reconnais à Momo Yamaguchi un style, une écriture contemporaine, bien en phase avec la jeunesse et la société actuelle. Mais pour moi , malgré un sujet sociétal, cela reste une écume . Merci à Babelio et Actes Sud pour l’ envoi de ce livre.
Momo Yamaguchi a grandi à Tokyo, elle a fait ses études aux États-Unis. Elle a 32 ans, et vit aujourd’hui dans le sud de Londres. Crush est son premier roman.
Premier roman magnifique, que l’on ne lâche pas ! L’enfant du vent des Feroé d’Aurélien Gautherie est une belle pépite. Aurélien Gautherie, enseigne les lettres classiques et est un grand voyageur. Il a arpenté de nombreuses terres nordiques. Cette double compétence donne profondeur et véracité à son roman. Dans ce livre , les personnages, les objets sont aussi important les uns que les autres. Pour les personnages : Anna nait en 1902, ses parents Jonas et Olga et puis l’Etranger. Pour les objets : le village de Gjov, un bonnet, des seuils et puis le vent. Chacun, objet et personne parle, ressent des émotions et nous raconte la courte vie d’Anna. Et quand les émotions se font trop fortes et imposent le silence, alors le vent nous emporte. Ce roman nous emporte dans la tragédie de Jonas et Olga « Anna , une vie brève comme celles du carré des Anges, un prénom et une double parenthèse tels les bras protecteurs de ceux qui sont sans doute ses parents, et protègent cette petite fille des assauts de l’oubli. Une vie brève face à la grandeur des vents « .
Né en 1983 à Schiltigheim, Aurélien Gautherie est diplômé en sciences de l’Antiquité, philosophie et ethnologie ; il enseigne les lettres classiques à Strasbourg. Ce grand voyageur curieux de tout a arpenté une trentaine de pays, dont la plupart des pays nordiques.
Révolutions est le tome 2 de le roman des artistes de Dan Franck. Son premier tome romantisme avait été encensé par la critique. On peut dire sans se tromper qu’il en sera de même pour ce deuxième tome. Ce deuxième tome se lit comme un roman d’aventure couvrant la période 1846 – 1857. Nous sommes au carrefour du livre d’histoire, du Lagarde et Michard et c’est avec un plaisir renouvelé que nous retrouvons Balzac, Hugo, Flaubert aux prises avec la république et le nouvel Empire de Napoléon III. C’est avec délectation que l’on retrouve nos classiques que nous n’aimions pas tant que cela durant notre cursus scolaire ! Et nous suivons la tribu Hugo en exil, Flaubert face à la censure de l’Empire , et le politique Lamartine. Balzac nous a quitté, Hugo traverse le siècle, les feuilletonistes vont copier leurs ainés. C’est dense , prenant et d’une richesse incroyable. A quand le troisième tome ?
Écrivain, scénariste, Dan Franck est l’auteur d’une trentaine de livres, sans compter les huit volumes de la série Boro en collaboration avec Jean Vautrin. Il est lauréat de nombreux prix : Prix du premier roman pour Les Calendes grecques, prix Renaudot pour La Séparation, prix des romancières pour Les Enfants, Grand prix FIPA du meilleur scénario pour Jean Moulin, Prix du meilleur documentaire pour Les aventuriers de l’art moderne, EuroFipa d’honneur…
Petit fruit ou le désir d’enfant. Un couple vit loin de la ville sur un plateau dont on peut penser qu’il est ardéchois. Ce couple vit tranquillement, vend sa production agricole. Pas de prénoms, un homme et une femme. Et pour cette femme, tous les mois » la déception perle entre les cuisses, coule le long de ses jambes. Elle avait pourtant mal aux seins depuis quelques jours, elle y croyait…. Ca pleure tout rouge dans sa culotte. C’est pas compliqué d’avoir un enfant, tout le monde y arrive, pourquoi pas eux « En un roman court, Marion Fayolle, par délicates touches poétiques , va nous dire les doutes et les douleurs sans jamais les minimiser ni les cacher. La place est laissé au chagrin, une place juste. Après du même bois, Marion Fayolle devient une voix douce, singulière dont les mots sont poétiques délicats et graphiques
Originaire de l’Ardèche, Marion Fayolle obtient un baccalauréat en spécialité « art plastique » à Valence avant d’intégrer en 2006 l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg dont elle sort diplômée en 2011, au sein de la section « Illustration »
La légende de Billy The Kid ? Mythe ou réalité. Comme à son habitude , Eric Vuillard va disséquer, rechercher, trouver les failles. Forme et fond sont en adéquation. Ce petit livre par la taille et le nombre de pages recèlent tout le savoir faire d’Eric Vuillard. Une écriture précise, teintée d’humour, qui déchiffre , fouille et interroge. Ce n’est pas l’Ouest Américain cinématographique en vidéoscope. Non c’est l’histoire terre à terre d’un orphelin mort à 21 ans tué par le sheriff Pat Garrett. L’Amérique en fera un film et un mythe :Pat Garrett et Billy The Kid. Mais quelle est la réalité de Billy The KId : son nom quel est-il ? A-t-il était ce bandit reconnu. Eric Vuillard va détricoter ce mythe et nous restituer un enfant, un jeune homme à la recherche d’une place, d’une reconnaissance et qui vécut tout sauf la construction d’un mythe.
Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web – mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d’Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre, le prix Alexandre Vialate pour 14 juillet et le prix Goncourt 2017 pour L’ordre du jour. En 2021, La guerre des pauvres était dans la short list de l’International Booker Prize. Il a reçu en Serbie le prix international « Milovan Vidaković » (2023) et en Allemagne le prix Ernst Bloch (2025) pour l’ensemble de son œuvre.
Shearwater est une île subantarctique au large de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Une base scientifique abrite la plus grande banque de graines du monde. Cette île accueillait jusqu’à peu de nombreux chercheurs que la montée des eaux a contraints à partir.
Reste sur l’île, le gardien et sa famille. Dominic Salt est le gardien avec ses trois enfants, Fen, Orly et Raff.
Normalement ils doivent quitter l’île d’ici 60 jours. en protégeant au maximum la banque de graines.
Un jour, sur la plage, au milieu des otaries et du varech, flotte le corps d’une femme.
Pour écrire ce roman, Charlotte McConaghy s’est inspirée des îles Macquarie et de la banque de graines du Svalbard.
Le récit du roman est polyphonique. Chaque personnage prenant tour à tour la parole pour nous faire découvrir la réalité de Shearwater et de ces personnages et animaux.
Nous sommes rapidement happés par les fantômes et mystères de Shearwater. La nature et la nature humaine recèle des trésors d’empathie mais aussi de violence et de secrets.
Dans un monde et une famille au bord du précipice, l’auteure nous livre une réflexion écologique et humaine d’une grande beauté.
Charlotte McConaghy, née en 1988 à Darwin (Australie), est une autrice australienne. Ses romans traitent d’écologie, de nature et de la place des humains parmi les autres êtres vivants. Ils sont traduits dans le monde entier.Charlotte McConaghy est diplômée de l’Australian Film Television and Radio School en 2012. Elle en sort avec un master d’études cinématographiques En 2025, Charlotte McConaghy publie un troisième roman Les Fantômes de Shearwater (en anglais : Wild Dark Shore). Fidèle à ses thèmes de prédilection, son roman se passe dans une nature inspirée de l’île Macquarie et met en scène des personnages aux prises avec celle-ci.
Les Editions du Cerf m’ont envoyé deux essais parlant de la littérature.
Je les en remercie vivement. Les thèmes étant très proches, j’en ai fait un seul article afin que ces chroniques soient rassemblées.
Littérature. Chemin vers l’invisible.
Paul Valadier
Editions Loyola – Editions du Cerf.
ISBN : 978-2-20417-757-3 Mars 2026
128 pages.
Littérature, chemin vers l’invisible est un essai de Paul Valadier. En introduction, Paul Valadier cite Mikhail Chichkine : « Un livre, c’est une lettre adressée à quelqu’un qui, peut-être, n’est pas encore né. » Mais elle doit absolument être écrite, car seules les lettres non écrites n’arrivent pas à leur destinataire. »
À travers cet essai, Paul Valadier nous pose la question : est-ce que la littérature nous aide à respirer quand le monde devient illisible ? le roman, la fiction, l’autobiographie ne sont-elles pas des échappées hors du réel ?
Pour aborder l’ensemble de ces questionnements, Paul Valadier va proposer cinq chapitres :
fictions et imaginations.
littérature, la mal-aimée
une littérature chrétienne ?
littérature est engagement
les confessions.
Un des chapitres s’appelle littérature chrétienne et c’est là que l’analyse de Paul Valadier trouve ses limites. En tant que jésuite, Paul Valadier circonscrit sa réflexion au monde chrétien.
Cela reste pour moi partial et partiel. Une ouverture d’esprit loin d’être importante et qui agace par son parti pris.
La littérature d’ameublement
Mathieu Terence
Les Editions du Cerf
978-2-20417-480-0 Mars 2026
94 pages.
» L’écrivain ne communique pas. C’est bien pour cela qu’il écrit. le livreur communique autant qu’il n’a rien à écrire. beaucoup »
Ce passage de la page 69 de l’essai de Mathieu Terence, La Littérature d’ameublement résume bien le fond de cet essai.
Mathieu Terence n’a pas assez de mots pour dénoncer la machine industrielle et commerciale du livre. Tous les auteurs ne peuvent être écrivains, ils sont seulement « livreurs » et leurs livres font partie de l’Entreprise Editoriale qui fait que ces livres terminent sur une table basse : la littérature d’ameublement. Pour bien enfoncer le clou, Mathieu Térence a mis en exergue une phrase d’Erik Satie : « La musique d’ameublement satisfait les besoins utiles. L’art n’entre pas dans ces besoins ». Idem pour la littérature dans l’esprit de Mathieu Térence.
Il ne s’agit pas simplement d’un essai mais aussi d’un pamphlet. Et comme tout pamphlet, il y a exagération dans la critique et l’impression que l’auteur est au-dessus de tout cela. Mathieu Térence a l’élégance de consacrer le chapitre 26 à sa situation : « J’ai publié plus de livres que je n’ai de lecteurs. » Cette dose d’humeur permet de nuancer le propos et de donner de la force à cette réflexion sur ce qu’est la littérature, l’écrivain, la rentrée littéraire et « lénouveatés »
Mathieu Terence, Mathieu Oyhenart à l’état civil, né en 1972 à Saint-Germain-en-Laye, est un écrivain, poète et essayiste français. Mathieu Terence déclare avoir passé son enfance à Biarritz et suivi des études de psychologie à Bordeaux, avant de se consacrer à l’écriture