L’art du ricochet de Nicolas Delesalle est une tragi-comédie s’inspirant d’événements qu’a vécu son auteur en tant que reporter de guerre pour Paris-Match. Lors d’un reportage que fait Nicola Delesalle en Ukraine celui-ci est arrête pour de sombres raisons à la frontière moldave. Cette arrestation arbitraire est le point de départ d’un retour su soi de l’auteur . Quel part ont les échecs dans notre construction, quelle part de résilience avons nous au plus profond de nous. Tout cela est traité avec gravité quand il s’agit de parler de la guerre, de l’horreur des hommes morts ou blessés, russes ou ukrainiens. Et puis il y a la légéreté et la dérision des souvenirs d’enfance, des histoires d’amours. Une histoire de ricochet entre présent et passé porté par une plume très agréable.
Journaliste et écrivain, Nicolas Delesalle est actuellement grand reporter à Paris Match, après l’avoir été à Télérama. Il est l’auteur d’Un parfum d’herbe coupée, Le Goût du large, Mille Soleils, N’habite plus à l’adresse indiquée, qui ont conquis 150 000 lecteurs.
Paul Greveillac a le don de dénicher des personnages réels ou de fiction. Sous toutes les latitudes, les continents ,les époques et L Histoire Dans Maitres et esclavesPaul Greveillac nous emmené en Chine à l’époque de Mao et nous raconter l’histoire d’un jeune paysan, Tian Kewei devenu peintre officiel du régime. Dans Art nouveauPaul Greveillac nous transportait dans la Mitteleuropa de la fin du 19ème siècle auprès de Lajos Ligeti, jeune architecte à Budapest. Il y connaitra la gloire et la décadence. Dans L’étau, nous partons en Tchéquie dans les années 1990. Nad’a et son frère Andel enquête sur leurs parents et plus particulièrement le père patron d’une grande usine automobile à Prague des années 20 au nazisme triomphant des années 30.
Et pour le creuset des sorciers , nous faisons la connaissance de Jean Baptiste , esclave en Louisiane dans les années 1810. Il appartient à la famille Beauregard qui est propriétaire d’un domaine où pousse la canne à sucre.. Le sous titre de ce roman est Histoire de l’esclave à mille mains qui inventa sa musique. Jean Baptiste a un don , un secret: il connait les sortilèges de la musique et le piano aux touches noires et blanches de la famille Beauregard est une quête absolue. A travers ce personnage, une vie romancée de Miles Davis, Paul Greveillac écrit une allégorie du métissage, du jazz en faisant de cette plantation le creuset de beaucoup de musique. Et puis Paul Greveillac en fin de roman nous donne une playlist immense, magnifique du jazz de toutes les époques. Suite musicale d’un roman à la belle écriture. Comment ne pas écouter Koln ou Vienna de Keith Jarett sans penser à Jean Baptiste et son piano dans la maison coloniale au fin fond de la Louisiane
Paul Greveillac, parfois orthographié Gréveillac, né en 1981, est un romancier et nouvellistefrançais. Il s’est « imposé comme l’un des meilleurs connaisseurs, au sein de la jeune génération, de l’ère communiste »
Il reçoit le prix Roger-Nimier ainsi que la bourse de la découverte de la Fondation Prince Pierre de Monaco pour son premier roman, Les Âmes rouges, dont l’histoire se déroule au temps de l’Union soviétique. Le personnage principal est un censeur, amoureux de cinéma et de littérature.
Le récit Cadence secrète. La vie invisible d’Alfred Schnittke est paru en avril 2017. Cette biographie romancée du compositeur Alfred Schnittke reçoit le prix Pelléas 2018.
Son deuxième roman, Maîtres et Esclaves, est paru en août 2018. On y suit le parcours mouvementé d’un paysan du Sichuan qui devient, au plus fort de la révolution culturelle chinoise, un grand peintre de propagande. Maîtres et Esclaves figure sur les dernières listes du prix Goncourt du prix Interallié, et du prix des Deux Magots 2019. Finaliste du prix Goncourt, le roman recueille quatre voix contre six pour Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu. Il remporte le Grand prix Jean-Giono 2018 Il se voit également attribuer en 2018 le prix de soutien à la création littéraire de la Fondation Del Ducal.
Son troisième roman, Art nouveau, paraît en août 2020. Le roman retrace la naissance de l’art nouveau hongrois à travers Lajos Ligeti, un architecte fictif juif, originaire de Vienne, qui tente de développer son cabinet à Budapest. L’Autriche-Hongrie, en proie aux nationalismes, à l’antisémitisme, moribonde sans le savoir, vit alors ses dernières années. Avec ce roman, Paul Greveillac se propose aussi, selon ses propres mots, de montrer que « l’Europe d’avant la première guerre mondiale ressemble beaucoup (…) à notre époque contemporaine ». Art nouveau est pré-sélectionné pour le Prix du livre européen 2021. En septembre 2021, le roman remporte le prix du Salon du livre de Chaumont.
L’Étau est paru en mars 2022. Le roman se situe à la fois pendant la deuxième guerre mondiale et dans les années 2000. Deux protagonistes y subissent l’héritage de leur père, chef d’entreprise pragois accusé d’avoir collaboré avec Reinhard Heydrich et les nazis
Phrase d’armes est paru en août 2023. Le roman retrace le parcours de René Bondoux, champion olympique de fleuret par équipes aux Jeux de Los Angeles, vice-champion olympique dans la même catégorie en 1936 à Berlin. Il devint par la suite chef de cabinet de De Lattre de Tassigny, rôle qui l’amena à assister à la signature de la capitulation allemande le 8 mai 1945.
Le creuset des sorciers. Histoire de l’esclave à mille mains qui inventa sa musique est annoncé pour février 2026. Paul Greveillac se penche cette fois sur la Louisiane des plantations de canne à sucre, l’esclavage, et le jazz. Dans son avant-critique pour LivresHebdo, Jean-Claude Perrier salue « le [roman] plus personnel » d’un « jeune écrivain surdoué ». Le roman invente un aïeul à Miles Davis, sur la plantation de la famille Toutant-Beauregard. Pour la première fois, l’auteur évoque en outre son propre métissage, ainsi que les sources de son pseudonyme, inspiré par Julien Gracq et Pierre Reverdy. TSF Jazz évoque un « récit captivant ». La revue LiRE parle d’« une grande fresque bouleversante, sans emphase, et un superbe hommage au jazz, « rejeton d’une irrémédiable liberté »» (article repris dans Ouest France). Pour le magazine Pèlerin, le lecteur « se laisse porter jusqu’à la fin par la plume mélodieuse et envoûtante de l’auteur ] Le compositeur Karol Beffa loue également le roman, « puissant et profondément travaillé, qui réussit à conjuguer densité historique, ambition stylistique et souffle poétique. ».
Été 1935, dans une petite ville française : Gramont. Dans cette petite ville prospère une usine de papier, mais l’ambiance est tendue. L’influence des communistes est grandissante et les blocages sont de plus en plus nombreux en attendant la grève générale. Le sous-directeur, Monsieur Bompierre, cache très peu son envie d’ordre et son appétence pour les régimes autoritaires qui déferlent sur l’Europe. L’ordre et l’autoritarisme caractérisent aussi la famille Bompierre, et François, le fils de 17 ans, va entrer en rébellion face à cette autorité paternelle. Quatrième de couverture : » Quand la révolte d’un fils rejoint celle d’un pays « C’est la grande réussite de cette BD : avoir copié collé le besoin d’émancipation d’un adolescent et celui de la classe ouvrière aux prémices du Front populaire. Éric Stalner puise dans la réalité pour donner du fond à son intrigue. le dessin réaliste, représentant bien les années 30 donne encore plus de corps au propos. Fils de bourge est un récit réussi où l’intime et les drames familiaux se mêlent à la grande Histoire.
Éric Stalner est un dessinateur et scénariste de bande dessinée français, né le 11 mars 1959 à Paris.
Après avoir tenté le concours des Beaux-Arts de Paris, il commence sa carrière en 1981 avec son frère aîné Jean-Marc. En commun, ils ont réalisé de nombreuses pochettes de disques, des affiches de concert (surtout hard rock) et des travaux publicitaires. En 1988, ils se tournent vers la bande dessinée.
Ils rencontrent le scénariste Christian Mouquet et créent avec lui Les Poux, série en trois tomes dont le premier sort en 1989 aux éditions Glénat. Éric et Jean-Marc Stalner ont signé ensemble plusieurs séries dont Le Boche, avec Daniel Bardet, et Fabien M.. En 1991, ils développent la série Le Fer et le Feu chez Glénat, les deux frères entreprennent alors de mener séparément leur carrière.
Depuis, Éric Stalner a développé de nouvelles séries : Le Roman de Malemort avec le coloriste Jean-Jacques Chagnaud chez Glénat, La Croix de Cazenac avec Pierre Boisserie (encrage de Siro sur les tomes 9 et 10) chez Dargaud, le triptyque Voyageur constitué des cycles Futur – Présent – Passé avec Pierre Boisserie et différents dessinateurs chez Glénat, La Liste 66 en solo chez Dargaud, Flor de Luna avec Pierre Boisserie et Éric Lambert chez Glénat, Ils étaient dix en solo aux éditions 12 bis… Après avoir signé l’album Loup avec Pierre Boisserie d’après le roman et le film de Nicolas Vanier, il adapte L’Or sous la neige, autre récit de Nicolas Vanier que son frère Jean-Marc Stalner dessine.
Le chroniqueur Brieg F. Haslé écrit dans le no 22 du magazine Zoo le Mag (novembre-décembre 2009) : « Depuis 1989, en compagnie de son frère aîné Jean-Marc, en solo ou en collaboration, notamment avec le scénariste Pierre Boisserie, Éric Stalner a signé plus de 80 ouvrages de bandes dessinées en vingt ans. Malgré un rythme de production impressionnant, Éric Stalner crée des planches riches et savamment construites, où son élégant dessin réaliste fait toujours mouche et enchante ses lecteurs… Indéniablement, il est l’un des chefs de file de la bande dessinée classique d’aujourd’hui. »
Brieg F. Haslé et Manuel F. Picaud développent depuis octobre 2008 son site officiel : Les Carnets d’Éric Stalner.
Quel magnifique moment de contemplation et d’intériorité ! c’est une expérience originale que d’ouvrir La Montagne d’encre. Nicolas Debon s’est appuyé sur l’art japonais, l’encre, le pinceau et le trait. Il s’est aussi appuyé sur les textes de François Cheng et les narratifs de Lao-Tseu et Tchang Tseu. Avec ces textes en lui, Nicolas Debon a peint, aquarellisé ses paysages et montages des Vosges. En toutes saisons. L’air, l’eau, le végétal, le minéral. Le résultat est somptueux. Il faut se laisser absorber par les aquarelles ,se perdre dedans et contempler. Et repenser au titre du recueil de François Chang : Vide et plein. Acceptons le risque du vide avant d’en trouver la plénitude. Une Bd, un roman graphique ? Je ne peux vous dire. Un temps hors du temps ? Sûrement.
Comme à son habitude Dolores Redondo nous entraîne au Pays Basque espagnol dans la vallée du Baztan, qui a été le creuset d’une trilogie de l’auteur. Trilogie qui oscillait entre roman policier et croyances ancestrales autour des sorcières. Dans ce nouvel opus, Dolores Redondo reste dans cette veine. Nous sommes en mars 2020. La planète va être confinée. le Covid déferle. A Elizondo, lors de fouilles dans un gouffre, des chercheurs découvrent le corps d’une jeune fille Andrea Dancur, disparue depuis trois ans. Parmi ces chercheurs se trouvent Nash, psychologue médico-légale. La découverte de ce corps va faire remonter des secrets enfouis et mettre à jour la personnalité menaçante du grand-père. Nash va débuter une enquête difficile, accompagner d’Amia Salazar, inspectrice de la police Forale de Navarre. Amia Salazar, ancienne enquêtrice de la trilogie du Batzan. Une enquête de 600 pages qui est un peu longue et qui nous fait dire à la fin : tout çà pour cà ! Les croyances anciennes, les sorcières restent bien peu présentes et Celles qui ne dorment pas n’a pas la force de la trilogie du Batzan. Quant à Dolores Redondo qui apparaît dans le roman aux détours de quelques pages, cela devient abyssal et questionnant. En définitive une lecture longue et une intrigue tournant en rond. Rond de sorcières évidemment.
Dolores Redondo Meira est une célèbre romancière espagnole, née le 1er février 1969 à Saint-Sébastien, considérée comme la reine incontournable du polar basque. Elle a vendu plusieurs millions de livres à travers le monde. Ses récits captivants mêlent avec brio des enquêtes criminelles sombres, la géographie tourmentée du Pays basque et la mythologie locale
En 2009, elle publie un premier roman historique nommé Los privilegios del ángel. En 2013, elle écrit le roman policier Le Gardien invisible (El guardián invisible) qui est le premier volume de la trilogie de la vallée du Baztan, commune où se déroule l’intrigue. Le roman débute par la découverte d’un corps sur les rives supérieures du fleuve Bidassoa, nommé Baztan à sa naissance en Navarre. L’histoire revisite également le mythe du Basajaun. Elle publie, la même année, le second volume de la série, De chair et d’os (Legado en los huesos), puis la clôt en 2014 avec Une offrande à la tempête (Ofrenda a la tormenta).
Maud Simonnot nous entraîne dans le Morvan terre de ces ancêtres. Un voyage éclaté dans le temps et au tour des personnages. C’est dans ce massif sauvage, sombre et jaune de genets qu’a vécu Lily, une fillette anglaise arrière grand-mère de l’autrice. Si Lily vivait dans le Morvan, c’est que Lilly était une petite fille qui vivait entre nourrice et famille d’accueil. A la même époque Jean Genet, orphelin, et placé dans des familles vivait son enfance dans les parages. Fictionnellement Maud Simonnot a profité de cette proximité géographique pour tisser une histoire entre les deux personnages. Au fil de moments courts ( 1 ou 2 pages) l’autrice nous emmène dans son puzzle intérieur fait de questionnement sur sa famille, l’abandon, la géographie granitique du Morvan mais aussi son importance politique avec François Mitterrand et Pierre Bérégovoy. Les changements de pied constant peuvent surprendre. Pour moi ils sont la représentation du tohu-bohu que rencontre l’autrice entre souvenirs familiaux et ancrage dans une histoire plus large reliée à l’enfance. Le tout autour d’une nature de plantes , de fleurs et de bleus. « Ce bleu qui nous rassemble se prolonge tout autour de nous à l’horizon, où que se porte le regard, dans la couleur délavée et mordue d’émeraude des sapins du Morvan. Je souris à ma mère et songe aux autres teintes de mon enfance ».
Maud Simonnot naît dans le Morvan. Elle réalise toute sa scolarité dans l’Autunois.
Maud Simonnot commence en 2005 en tant qu’assistante d’édition au Mercure de France. Elle part ensuite à Oslo comme attachée à la littérature à l’ambassade de France. À son retour, elle devient pendant deux ans responsable éditoriale chez Flammarion
Nommée en 2012 éditrice dans la collection Blanche de Gallimard, elle est aussi membre du comité de lecture. En janvier 2022, elle devient la directrice de La Nouvelle Revue française. C’est la première femme à diriger la revue créée en 1908
Début 2025, elle lance une nouvelle collection, « Le Bar de la Sirène »[et elle obtient le trophée de la meilleure éditrice de l’année. Elle quitte à l’automne les éditions du Seuil En fin d’année, les éditions Actes Sud annoncent qu’elle devient directrice éditoriale de la maison.
En quatrième page de couverture le poète américain Ocean Vuong nous annonce « une œuvre kaléidoscopique d’une audace linguistique éblouissante » On ne peut contester cela , mais cette audace m’a tenu aux abords du roman. L’histoire se situe dans la partie la plus septentrionale des Iles Shetland. Nous sommes sur un bout d’île appelé Muckle Flugga avec au bout du monde le phare de l’Impossible, un des fameux phare Stevenson. Le Père en le gardien avec son fils Ouse. La Mère est morte. A part eux personne . Le Père et Ouse accueillent dès fois des ornithologues.. Cette fois-ci il s’agit d’un écrivain déboussolé Firth venant d’Edimbourg. Il vient à Muckle Flugga pour une raison précise. Mais l’univers de Muckle Flugga, le Père et Ouse vont transformer Firth. C’est cette transformation que Michael Pedersen va décrire en kaleidoscope et audace linguistique. Près de 400 pages pour une histoire assez simple qui me semble un peu délayée. Il me semble que le format d’une nouvelle aurait été plus adapté à l’histoire et la linguistique C’est juste un avis.
Michael Pedersen est un poète, auteur et performeur de spoken word écossais. Parallèlement à son activité d’écriture, il a cofondé le collectif artistique d’Édimbourg Neu! Reekie!, actif de 2010 à 2022. Il est actuellement écrivain en résidence à l’Université d’Édimbourg et membre du programme Edinburgh Makar.
Le Vin de la Croix-Rousse : A chacun son verre à soi
La République des Canuts
Editions Libel
ISBN : 978-2-49192-476-8 Avril 2026
105 pages
Petit livre pour nous expliquer que 300 ceps de gamay ont été plantés en 1986 sur la colline de Croix Rousse. Cette entrée en matière est une diversion pour nous parler de la république des Canuts et de son Clos des Canuts. L’occasion de connaitre les missions de cette république, la vigne à Lyon, le pot lyonnais, le vin, la table, les amis, la charcutaille. Toute la gastronomie et l’oenologie lyonnaise vous donnent l’eau à la bouche et vous donnent envie de vous balader dans les traboules et les escaliers de la Croix Rousse auprès de Guignol et Gnafron, pas très loin des ovalistes , ces femmes ouvrières de la soie au 19ème siécle.
La République des Canuts défend les traditions Lyonnaises et tout particulièrement Croix-Roussiennes. Notre vigne se trouve sur le plateau de la Croix-Rousse, dans le Parc de la Cerisaie. Les vendanges sont l’occasion d’un défilé et d’un rassemblement devenu traditionnel à la Croix-Rousse. D’autres animations sont réalisées tout au long de l’année comme les Brandons, le Paradis, les Prix littéraires Canut et Dessinandier.
Une maison au Levant est un roman de Carole Dagher journaliste et écrivaine franco libanaise. En 2020 Lena journaliste franco libanaise revient au Liban à la demande de Bob, un ami d’enfance. Bob est menacé du fait de ces engagements politiques. Lena vit actuellement en France avec son mari Yann et son fils Michel. Ce retour à Beyrouth va raviver ses blessures et souvenirs et bouleverser le cocon familial sur plusieurs générations Ce récit est porté par une belle écriture qui peut être poétique tout en gardant un côté terre à terre important. Dans ce roman de la guerre, de la mémoire et de l’exil , Jai apprécié la fluidité du récit. Par contre je reste déçu sur la représentation du Liban Le roman fait bien comprendre que le Liban est un pays tiraillé entre guerre et corruption. Par contre il est peu expliqué les tenants et aboutissants de cette situation. Bob, Lena et Fadi ont des vues politiques différentes mais à quoi cela se rattache-t-il ? Ce n’est pas le véritable objet du roman. En réalité l’objet du roman est la maison du Levant. Celle- ci est le trait d’union entre les générations et les personnages. Un creuset initial et final qui façonne les hommes et les femmes. Cette maison peut-elle être un pont sur la Méditerranée. Lena devra telle choisir entre ce creuset et ses origines franco libanaises ? Les racines sont- elles au dessus de tout ? Peut être pour cela qu’il n’y a pas nécessiter à décrire les différentes factions libanaises. Tout est inscrit au fond de Lena.
Elle est l’auteur d’ouvrages politiques sur le Liban et le Moyen-Orient et de romans historiques couronnés par différents prix, notamment une trilogie (Le Couvent de la Lune, Le Seigneur de la Soie, La Princesse des Batignolles) racontant la naissance du Liban moderne
Comme à son habitude Etienne Davodeau est au plus près des personnes. Et quand ce n’est pas une personne, c’est un fleuve : Loire. Pour son roman graphique Là où tu vas, Etienne Davodeau a été au plus près : sa compagne. Sa compagne s’appelle Françoise. Elle accompagne dans leur vie quotidienne, les personnes touchées par des maladies neuro-dégénératives. La première partie du roman graphique raconte la relation entre Etienne Davodeau et sa compagne, l’intimité et l’empathie qu’il a fallu pour permettre la naissance de cette histoire » Là où tu vas, chaque jour, tu seras mes yeux et mes oreilles « . Avec délicatesse, discrétion, parler d’une présence mais aussi des épisodes d’une vie de couple. La seconde partie du roman graphique est tourné vers les maladies neuro-dégénératives et ce qu’il est possible de faire afin de rendre confortable la vie de ces personnes touchées par ces pathologies. A travers Françoise , c’est la qualité, l’écoute, la bienveillance de ces aidants et soignants qui est mis en valeur. Le dessin en noir et blanc , le texte sont en symbiose pour nous emmener au pays de la mémoire qui flanche et nous dire que chacun à notre niveau nous pouvons être accompagnant.. A la fin du roman graphique, Etienne et Françoise se retrouve pour une randonnée hivernale en montagne. Et Etienne Davodeau de dire : « C’est sans doute là une des raisons qui m’ont poussé à vouloir dessiner ce livre Partager l’expérience pour tenter de conjurer la crainte par le récit Dans la neige, dans les mémoires, nos traces s’effacent. Dans les livres, elles résistent autant qu’elles peuvent, quoi qu’il en soit » Par son regard, son humanité, ses rencontres , Etienne et Françoise sont des passeurs, des éveilleurs.
Étienne Davodeau, né le 19 octobre 1965 à Botz-en-Mauges (Maine-et-Loire), est un dessinateur et scénariste français de bandes dessinées. Avec près de 45 albums publiés en 30 ans (en janvier 2023), l’auteur-dessinateur s’est imposé comme une grande figure de la bande dessinée documentaire.