Les énigmes d’Aurel le consul, tome 7. La folie Saint Hélène
Jean-Christophe Rufin
Calmann-Lévy
ISBN : 978-2-70218-756-2 Avril 2026
264 pages
La Folie Sainte Hélène est le septième tome des aventures d’Aurel le Consul. Comme à son habitude celui-ci est nommé dans des contrées et latitudes atypiques. Pour ce septième tome il s’agira de l’ile de Sainte Hélène dans l’Atlantique Sud. Une terre britannique ayant eu en exil son ennemi préféré : Napoléon. Cette terre est donc aussi territoire français concernant le logement et la tombe de l’empereur. de ce fait un consul veille sur ces lieux. Ce Consul s’appelle Hubert Bouize et il a disparu sur Sainte Hélène. Comment disparaître sur une île où seul un vol hebdomadaire la relié à l’Afrique du Sud ? C’est ce que devra découvrir Aurel, entre passion pour Napoléon et divers trafics. Comme à son habitude, Jean Christophe Ruffin s’appuie sur ces souvenirs de diplomate et une documentation minutieuse recueillie sur place. Et c’est avec délectation que nous suivons les aventures d’Aurel aux prises avec les Reconstitueurs, les adeptes de ‘léglise de la Pentecôte miraculeuse. Aurel aura une alliée de poids en la personne d Anastasia afin de tenter retrouver Hubert Brouize.. Notre atypique et original Consul aurait il trouver un lieu plus original que lui ? Peut être. En tout cas la perfide Albion a toujours plus d’un tour dans son sac.
Thomas Cantaloube est un habitué de la série noire de Gallimard. Il en est à son quatrième roman entre réalité, fiction et monde politico-social. Dans ce roman, Les Trente Glorieuses, Thomas Cantaloube s’attache à un immeuble cité marseillais qui porte le nom du roman. Cette immeuble a été construit dans les années 1970 et représente un miroir de la Cité Radieuse construite par Le Corbusier. De nos jours une bande de gamin jouent dans les caves de cet immeuble cité et vont découvrir deux cadavres momifiés. La présence de ces cadavres pourraient bien remontée aux années 1970 lors de l’installation du système de chauffage urbain. Kader, un habitant de l’immeuble, Inès Adjointe de la RPLSM ( régie Publique des logements sociaux marseillais) et une amie Muriel vont être pris dans les filets de cette histoire ainsi que l’entreprise de bâtiment Fondari puis Fondari construction ( Fondari de père en fils) S’appuyant sur des faits réels et sur la fiction, l’auteur nous rappelle que Marseille a toujours été un panier de crabe politique entre PS et RPR et qu’à coup de commissions, de disparitions, on arrive à garder sa place au soleil. 1970 /2022 même combat !
Né en banlieue parisienne, Thomas Cantaloube y passe son enfance, avec un intermède de deux ans aux États-Unis, à Cincinnati (Ohio) à l’âge de sept-huit ans. Après son baccalauréat, il s’installe à Paris pour ses études.
Diplômé d’Sciences-Po Paris (1992), il hésite alors entre le cinéma et le journalisme. Il opte finalement pour la seconde option et entre au Centre de formation des journalistes dont il sort diplômé en 1995. Il commence sa carrière aux Cahiers du cinéma. Épris de bougeotte et de reportages, il part en 1997 à Los Angeles (États-Unis) pour s’y établir en tant que journaliste pigiste. Là, il collabore aux Cahiers du cinéma, à La Tribune, à L’Événement du jeudi, à BFM, à Croissance, à RAGE, à HK Cinéma et à L’Humanité, dont il devient le correspondant aux États-Unis.
En 1999, à la faveur de la nouvelle formule de L’Humanité et de son ouverture à des journalistes non communistes, il rentre en France et devient rédacteur en chef adjoint de L’Humanité Hebdo. En parallèle de son travail de coordination, il effectue des reportages en Afrique, en Amérique du Sud et en Australie.
En 2001, en désaccord avec la ligne éditoriale du journal, il le quitte à la faveur d’un plan social et prend une année sabbatique, durant laquelle il effectue un tour du monde en onze mois, treize pays et trois continents.
En janvier 2003, il part s’installer à Washington, D.C. (États-Unis) en tant que correspondant free-lance pour Le Parisien, Marianne et La Vie. Pendant trois ans dans la capitale américaine (2003-2005), puis deux ans à New York (2006-2007), il couvre l’actualité politique, diplomatique, sociale et culturelle pour ces trois journaux. Outre des reportages sur tout le territoire des États-Unis, il réalise également durant cette période des reportages au Mexique, en Irak, au Koweït et à Cuba. Il collabore aussi ponctuellement au magazine Grands Reportages.
En octobre 2003, il est l’un des premiers journalistes français aux États-Unis à créer un blog pour rendre compte de l’actualité américaine[1].
En février 2008, il rentre en France pour participer au lancement de Mediapart. Pendant douze ans il couvre l’actualité internationale pour le journal, effectuant de multiples reportages à l’étranger : États-Unis, Balkans, Royaume-Uni, Afghanistan, Pakistan, Afrique du Sud, Suède, Hongrie, Qatar, Égypte, Tunisie, Libye, Argentine, Chili, Pologne, Mali, Centrafrique, Inde, Rwanda, Nicaragua, Brésil, Israël, Palestine, Irlande, Koweït, Cameroun…
En mars 2020, il quitte Mediapart pour se consacrer à l’écriture de fiction, romans et scénarios.
Entre 2019 et 2023, il publie les trois tomes d’une trilogie consacrée aux débuts de la Ve République, confrontant ses trois personnages de fiction (Luc Blanchard, Antoine Carrega-Lucchesi, Sirius Volkstrom) à des événements réels et aux conséquences de la décolonisation française.
En 2024, il reprend sous une nouvelle forme les aventures du Poulpe, le héros créé par Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal et Serge Quadruppani, avec une héroïne différente : La fille du Poulpe. Il signe le premier tome de cette nouvelle collection : Le col des Amériques.
En 2024, toujours, il écrit Les Mouettes, un roman prolongeant l’univers de la série télévisée Le Bureau des Légendes, racontant les opérations du Service Action de la DGSE.
Le Jour J est une collection des Editions de l’Observatoire. Cette collection permet aux auteurs de raconter le jour ou les jours qui ont déterminé leur vocation. Ici il s’agit du jour J de Vincent Crouzet. Vous le connaissez sûrement si vous regardez la chaine d’information LCI. Il y est consultant expert géopolitique et renseignement. car dans une autre vie Vincent a été espion au sein de la DGSE. C’est ce qu’il nous raconte pour une période courant de 1998 à 2002 dans des pays de l’Afrique australe. Ces histoires sont dignes de James Bond. un vrai blockbuster. Et comme on pense à James Bond, est-ce réel ou de la fiction. ? C’est le charme de cette lecture et de Vincent Crouzet qui nous laisse choisir nos réalités. Un bon moment de lecture et de découverte. Comme un bon James Bond. On y retourne toujours avec plaisir.
Il devient, en 1995, conseiller auprès du secrétaire d’État au Commerce extérieur en tant qu’expert en géopolitique, avant de rejoindre la cellule africaine officieuse de l’Élysée.
Il a par ailleurs vécu en Afrique du Sud, où il s’intéresse au commerce du diamant à compter de 1997.
En septembre 2023, il est qualifié d’« ancien agent secret controversé » et provoque une vive réaction des autorités du Niger pour avoir déclaré, à la suite du départ du pays de l’ambassadeur de France et du contingent militaire, que la France pourrait désormais mener des opérations de déstabilisation plus discrètes.
Le 7 février 2026, le spécialiste des services de renseignement français, Jean-Christophe Notin affirme sur son compte XParoles de combattants que Vincent Crouzet était honorable correspondant (HC) et donc qu’il n’appartenait pas à la DGSE. Par ailleurs, affirmant avoir révélé l’existence et l’histoire du Service Missions, il indique que la description qu’en donne Vincent Crouzet dans Le jour où je suis devenu espion ne correspond « ni dans les dates, ni dans les personnes, ni dans les intentions, ni dans l’organigramme, ni dans le mode de fonctionnement » pourtant la DGSE a relu son manuscrit avant publication. Vincent Crouzet maintient avoir été rémunéré pendant 25 ans, avec un rôle supérieur à celui d’un HC
Grindadráp : chasse traditionnelle aux cétacés dans les régions arctiques. le but de cette chasse est de rabattre des groupes importants de baleines, de dauphins, d’orques, d’épaulards vers une plage où les habitants des îles Féroé les mettent à mort à coups de haches et de couteaux.
Cet ensemble d‘habitants est mené par un chef, et celui-ci est retrouvé mort au milieu des cétacés.
À partir de cet événement et d’un certain nombre d’autres, Caryl Férey va orchestrer un huis clos assez suffocant. Des éléments naturels déchaînés, un bateau-usine norvégien, des membres activistes de Sea Shepherd participent à cette suffocation.
Depuis Okavango, Caryl Férey décline une veine écologique qui se retrouve dans Grindadràp. le côté polar est moins important que le message politique qui est développé. Cette veine nouvelle peut déstabiliser les fans de Caryl Ferey.
Ce message politique porte sur le massacre des cétacés, les pêcheries industrielles, la pollution et la toxicité des viandes de cétacés. Autour de ce message fourmille un nombre de personnages importants, représentant les forces vives des îles Féroé.
Un personnage sort du lot. Il s’agit de Gab, jeune homme trentenaire, ancien soigneur du Marineland d’Antibes. Il est maintenant activiste au sein de l’organisation Sea Shepherd. Au long du roman, nous découvrons Gab, son passé, son goût pour l’apnée et son amour des orques. Cela dérive vers l’animisme, le chamanisme et les animaux totem. On comprend mieux alors la note de l’auteur en fin de roman qui rend hommage à Jean Malaurie et Pierre Robert de Latour. Pierre Robert de Latour a écrit Frères des orques et Jean Malaurie. de la pierre à l’âme.
Né à Caen, Caryl Férey grandit en Bretagne après l’installation de sa famille à Montfort-sur-Meu, près de Rennes, en 1974. Sa mère tenait une petite parfumerie, son père était VRP pour une multinationale fabriquant des emballages. Sa grand-mère institutrice lui a transmis le goût de la lecture[1]. Son prénom lui a été donné en référence au condamné à mort américain Caryl Chessman, exécuté en 1960]
Après avoir été expulsé d’établissements scolaires, il achève sa scolarité par correspondance et obtient son baccalauréat.
À la fin des années 1980, il est admiratif du style de Philippe Djian, dont il a lu le roman Bleu comme l’enfer. Exempté du service militaire à Rennes, il part avec un ami en Nouvelle-Zélande.
Grand voyageur, il parcourt l’Europe à moto, et fait un tour du monde à vingt ans.
Les principaux romans de Caryl Férey se situent dans des pays marqués par un passé récent douloureux – colonisation, apartheid, dictature – qui sert de toile de fond à ses histoires : la Nouvelle-Zélande pour Haka et Utu, l’Afrique du Sud pour Zulu, l’Argentine pour Mapuche, le Chili pour Condor et la Colombie pour Paz.
Ses livres sont des romans noirs où la critique sociale et le chaos sont omniprésents. « Je me sens toujours du côté des opprimés », déclare-t-il en 2017.
Caryl Férey travaille près de quatre ans sur chaque roman[. Il procède par étapes : un premier voyage pour découvrir le pays, prendre des repères ; ensuite commence un long travail de documentation, d’études, avant de passer à l’écriture de l’histoire ; un nouveau voyage sur place privilégiera les rencontres et permettra d’affiner, d’ancrer dans le réel ; et au retour c’est l’écriture elle-même qui est travaillée encore un an. Lorsqu’il écrit, c’est environ 7 ou 8 heures par jour.
Pour son roman thriller En attendant le délugeDolores Redondo s’appuie sur deux faits réels . D’abord en 1969, en Écosse, sévit un tueur en série appelé Bible John. Il a tué trois jeunes femmes et s’est évaporé dans la nature. A ce jour son identité n’est pas connu. Est il vivant, est il mort ? Personne ne sait. Autre fait réel : les inondations centenales de Bilbao en août 1983 qui vont faire plus de 40 morts. Ces deux événements vont servir de pont pour le roman de Dolores Redondo. Et si Bible John avait quitté l’Écosse et s’était réfugié au Pays Basque. Partant de ce postulat, l’autrice invente le personnage de Noah, policier écossais qui retrouve la trace de Bible John à Bilbao. C’est du thriller pur jus avec ses codes bien précis : des meurtres plus glauques les uns que les autres, les failles secrètes des personnages, un environnement tragique et la pluie jusqu’à plus soif. Tout cela se lit sans déplaisir mais au bout de 550 pages, tout est bien humide, spongieux et couleur sang.
Dolores Redondo, née le 1969 à Saint-Sébastien, dans la province de Guipuscoa, au Pays basque, est une romancière espagnole, auteur de romans historiques et policiers.
Après des études de droit, elle travaille dans le commerce pendant plusieurs années.
En 2009, elle publie un premier roman historique nommé Los privilegios del ángel.
En 2013, elle écrit le roman policier El guardián invisible qui est le premier volume de la trilogie de la vallée du Baztan, commune où se déroule l’intrigue.
La dernière fois que G (Georgene) a aperçu sa soeur M ( Marguerite) Fulmer, nous étions le 11 Avril 1991 pas loin d’Aurora on Cayuga au Nord de l’Etat de New-York. La dernière fois que G a aperçu M s’est au travers d’un jeu de miroir. M a 27 ans , étudiante en art et sculptrice, elle partait à son université. G sa soeur cadette à 22 ans. M est une belle jeune fille, éthérée , appréciée et aimée de tous. G est une jeune fille moche, légèrement boulotte travaillant au guichet de la poste locale et franchement jalouse de sa soeur. M et G ont perdu leur mère il y a quelques années des suites d’un cancer. Elles vivent avec leur père dans une grande maison bourgeoise. le père étant un homme de pouvoir à la tyrannie facile. M est proche d’un sculpteur et artiste Elke. Celui- ci a un goût artistique pour les corps et les cadavres. 48 indices sur la disparition de ma soeur est découpé en 48 chapitres non chronologiques et linéaires. La narratrice de ces 48 chapitres est G ( Georgene) la jeune soeur. Nous sommes 22 ans après les faits et M n’est pas réapparu. Chaque chapitre , pour Georgene, est l’occasion de réfléchir à chaque indice menant à la disparition de Marguerite. Cette narration est sous-tendue par le temps qui a passé, les souvenirs, la mémoire mais aussi par la psychologie pour le moins instable de G. L’autrice Joyce Carol Oates remet tout cela en perspective par une écriture fractionnée fait de passage en italiques, de nombreuses parenthèses représentant en partie la psyché de G. On peut être dérouté par ce parti pris qui ne permet pas à la lecture d’être fluide. Mais quelques chapitres passés, on entre dans le livre et on comprend rapidement que cette façon de faire nous permet de mieux appréhender les affres psychologiques de Georgene. Comment se remémorer des événements tragiques à leurs justes valeurs. Le fait que la dernière vision de sa soeur M se fasse à travers un jeu de miroir est symptomatique de cela. Ces 48 indices permettront ils de résoudre cette disparition ? Peut être ou peut être pas. Joyce Carol Oates nous délivre un roman âpre et vénéneux et jongle avec les codes du thriller et les fantasmes.
L’Horloger est le premier roman de Jérémie Claes. le mot roman est erroné, il s’agit d’un thriller qui nous emmènera des Etats-Unis, en Provence, en Belgique, ailleurs en Europe ou encore en Patagonie. Ce thriller embrassera la période entre 1940 et les années actuelles. Au travers de chapitres courts et datés, Jérémie Claes nous dévoile la vie de Jacob Dreyfus. Jacob Dreyfus a réalisé une enquête qui a permis le démantèlement d’une milice suprémasciste américaine. Suite à cette enquête sa femme Sara sera assassinée et Jacob Dreyfus ainsi que son fils seront exfiltrés des Etats – Unis. Se mettra alors en place une chasse à l’homme qui traversera les continents. Le thriller , haletant, est bien mené et les 450 pages du roman se tournent avec entrain. Une galerie de personnages hauts en couleurs agrémentent avec bonheur le récit. Qui est donc L’Horloger qui mène cette chasse à l’homme. Les trois quart du roman nous rapprochent de ce personnage et puis il y a comme une césure , un basculement dans une théorie un peu fumeuse qui malheureusement m’a fait sortir de la réalité du roman. Entre complotisme et un peu de science fiction, j’ai perdu le sens du roman. Pourtant j’étais bien avec Jacob , Solane, Lucie, le Scorpion . Malgré les dangers, ils restaient de bons vivants attachés aux bienfaits vinicoles et gustatifs de la vieille Europe. Ils dégustaient quelques Chartreuse verte et Chartreuse VEP ( vieillissement exceptionnellement prolongé ) auxquelles j’étais particulièrement sensible, moi-même vivant pas loin du Massif de la Chartreuse. La Chartreuse Verte a donc un peu atténué la fin de ce thriller bien que le Mécanisme de l’horlogerie se soit un peu grippé.
Né en 1975, Jérémie Claes est caviste et chroniqueur à la télévision belge. Il vit entre Bruxelles et Namur, et retourne régulièrement en Provence, à Forcalquier et à Gourdon, le village de sa grand-mère. L’Horloger est son premier roman.
Prenez un grand faitout. Dans ce grand faitout mettre les ingrédients suivants : L’Egypte en 1956. L’arrivée de Gamel Nasser au pouvoir. Les Frères Musulmans Cécil B de Mille et le tournage des Dix commandements L’état du monde en 2015. Pour lier l’ensemble , deux personnes qui se répondent à 60 ans d’écart. Ali le grand père qui répond à son petit fils Alex. Ali vit en 1956 au Caire et il est engagé sur le tournage des Dix Commandements. Alex vit en 2015 aux Etats Unis et va tout quitter pour faire le djihad sous le nom d’ Abu Sorour. Laissez mijoter et servez. Vous verrez que l’ensemble sera correct mais manquera terriblement de personnalité. Une histoire d’amour assez irréaliste ne parviendra pas à rehausser le goût. Adieu mes frères est un livre agréable à lire mais qui n’emporte pas. Pourtant l’époque et les sujets abordés sont porteurs. Hélas la superficialité des situations ‘ ( par ex la radicalisation d’Alex ) donne peu de crédit à ce roman. Et que penser du bandeau en première page de Stephen King : « Il m’arrive rarement de découvrir un livre qui me rappelle pourquoi je suis tombé amoureux de la littérature. Adieu mes frères en fait partie « J’ai trouvé Stephen King plus pertinent en d’autres occasions !
Depuis longtemps j’ai entendu parler des polars de Caryl Férey. Des polars du bout du monde : Zulu, Mapuche Haka. Jusqu’alors je n’avais pas succombé. Les ambiances violentes, ultra-noires et glauques me laisser à l’écart.
Et puis il y eut Okavango.
Rien que le nom est un appel au voyage et au mystère. Okavango, le fleuve dont le delta se perd au milieu des terres d’Afrique australe. Okavango, le paradis du Big Five. Okavango, la nature sauvage.
Qu’allait en faire Caryl Férey ?
Okavango est bien plus qu’un polar ou un thriller noir et violent. Caryl Férey a réussi à mettre dans le même creuset le monde politico-historique, les guerres civiles, l’héritage de la colonisation, les ethnies des différents pays, le braconnage international, des histoires d’amours et des animaux partout !
Tout est juste tout au long de ce roman engagé d’une violence très réaliste.
Tout commence par le meurtre d’un jeune Khoi ou San au sein d’une réserve ultra sécurisée. La réserve, Wild Bunch appartient à John Latham, Sud-Africain blanc pour lequel on ne donnerait pas le Bon Dieu sans confession. Afin de retrouver l’assassin une ranger est envoyée. Elle s’appelle Solanah Betwase. Elle est Botswanaise. Elle représente la KaZa, grande réserve animalière comprenant 36 réserves dispersées sur 5 Pays : Namibie, Botswana, Angola, Zambie et Zimbabwe.
La mort de ce jeune Khoi ou San n’est que la partie émergée de l’iceberg. D’autres meurtres d’humains, d’animaux voir des empoisonnements rituels mettent Solanah Betwase sur la piste d’un vaste traffic de braconnage entre l’Afrique et l’Asie. Les lions, les éléphants, les rhinocéros sont violemment tués afin de récupérer cornes, défenses et ongles.
Au-delà de la qualité du roman, ce qui émeut c’est la place donnée au monde animal. Qu’il s’agisse de lions, de gazelles, d’hippo, de rhino, d’éléphants, de guépard, de hyènes, d’oiseaux, ils sont les personnages centraux du livre et participent activement à ce thriller. Et l’on n’est pas surpris de lire qu’un lion a été assassiné et que l’homme devient une proie !
Les animaux ne sont plus des victimes expiatoires.
La liberté et la préservation des animaux et de la nature concourt à notre propre liberté. Dans son roman, Caryl Férey écrit un vibrant plaidoyer pour la défense des animaux. En note d’auteur Caryl Ferey nous rappelle qu’il voulait être tueur de braconnier quand il était petit. Okavango est une belle arme, violemment pacifique.
Il nous dit aussi que voir les animaux dans leur maison est bouleversant, ou alors on est un caillou.
Il y a encore des cailloux sur le chemin, mais il me semble que nous sommes tous les jours un peu plus nombreux à la faire valser loin du chemin.
Seth, Priti et Solanah nous précèdent.
Né à Caen1, Caryl Férey grandit en Bretagne après l’installation de sa famille à Montfort-sur-Meu, près de Rennes, en 1974. Sa mère tenait une petite parfumerie, son père était VRP pour une multinationale fabriquant des emballages. Sa grand-mère institutrice lui a transmis le goût de la lecture1. Son prénom lui a été donné en référence au condamné à mort américain Caryl Chessman, exécuté en 19602.
Après avoir été expulsé d’établissements scolaires, il achève sa scolarité par correspondance et obtient son baccalauréat1,3.
À la fin des années 1980, il est admiratif du style de Philippe Djian, dont il a lu le roman Bleu comme l’enfer. Exempté du service militaire à Rennes, il part avec un ami en Nouvelle-Zélande4.
Grand voyageur, il parcourt l’Europe à moto, et fait un tour du monde à vingt ans5.
Les principaux romans de Caryl Férey se situent dans des pays marqués par un passé récent douloureux – colonisation, apartheid, dictature – qui sert de toile de fond à ses histoires : la Nouvelle-Zélande pour Haka et Utu, l’Afrique du Sud pour Zulu, l’Argentine pour Mapuche, le Chili pour Condor et la Colombie pour Paz.
Ses livres sont des romans noirs où la critique sociale et le chaos sont omniprésents. « Je me sens toujours du côté des opprimés », déclare-t-il en 20173.
Caryl Férey travaille près de quatre ans sur chaque roman1. Il procède par étapes : un premier voyage pour découvrir le pays, prendre des repères ; ensuite commence un long travail de documentation, d’études, avant de passer à l’écriture de l’histoire ; un nouveau voyage sur place privilégiera les rencontres et permettra d’affiner, d’ancrer dans le réel ; et au retour c’est l’écriture elle-même qui est travaillée encore un an5. Lorsqu’il écrit, c’est environ 7 ou 8 heures par jour4.
Inga Vesper reste fidèle aux Etats Unis pour son deuxième roman Un destin sauvage, si sauvage. Dans son roman précédent Un long, si long après midi elle avait pris l’Américan way of life des années 60 pour défendre la cause féminine au travers d’un roman policier très juste. Elle récidive avec ce nouvel opus. Elle a choisi deux époques différentes : les années 30 et les années 1970 et un lieu unique : le Nouveau Mexique. Son roman tournera autour de trois personnages féminins. D’abord Cornelia. Dans les années 30, elle tient un hôtel dans un endroit désertique du Nouveau Mexique. Peu de clients. Mais l’un d’entre eux parle de grotte , d’or . Reste une carte et la disparition de Cornélia Ensuite dans les année 1970 , une communauté hippie vient s’installer à Bodville pas loin de l’hôtel vétuste que tenait Cornélia. C’est sa fille Géraldine qui a repris ce commerce claudiquant. Géraldine à une fille , Lauren ou Glitter qui fait partie de la communauté hippie. Enfin Joanna , ancienne flic, qui vient d’échapper à son mari violent, et qui se retrouve par hasard à Bodville. La communauté hippie à peine installée, Mike l’un de ces membres et compagnon (?) de Glitter est retrouvé mort. Accident ou meurtre ? En s’appuyant sur ces trois personnages féminins qui formeront les en têtes de ses 39 chapitres, Inga Vesper va nous entrainer dans les mystères des différentes générations et de la société américaine. Le côté policier est le prétexte à une plongée dans les affres de la condition féminine , mais aussi dans la face obscure du mouvement hippie. Sous couvert de Peace and Love et de drogue , la femme était globalement niée sous couvert d’amour libre. Et puis il y aussi les populations natives . Nous sommes au Nouveau Mexique , territoire des nations indiennes. On peut toujours avoir à redire sur le réalisme de l’enquête policière, mais ce n’est pas le propos central du roman. Inga Vesper retrace avec force le destin de trois femmes qui croient en leur liberté alors que la rigidité de la société leur refuse . Et dire que ces échos des années 70 sont encore bien prégnants dans notre société actuelle !
Inga Vesper est journaliste et écrivaine, auteure de roman policier.
Elle a déménagé d’Allemagne au Royaume-Uni pour travailler comme aide-soignante, avant que l’envie d’écrire et d’explorer ne l’amène au journalisme scientifique. Elle est titulaire d’une maîtrise en gestion du changement climatique du Birkbeck College à Londres.
Inga a travaillé et vécu en Syrie et en Tanzanie, mais est toujours revenue à Londres, car il n’y a pas de meilleur endroit pour trouver une bonne histoire que le pont supérieur d’un bus.