Un « Fred Vargas » c’est avant tout le plaisir de retrouver Adamsberg et toute sa fine équipe. le plaisr de se retrouver dans des locaux où grenouillent Adamsberg, Danglard, Veyrenc ,Violette Retancourt Le plaisir d’essayer de comprendre les circonvolutions du cerveau d’Adamsberg. le plaisir de voir Danglard étaler sa culture, un verre de blanc pas très loin. Le sentiment de faire partie de cette équipe , l’idée que l’on pourrait être avec eux, assis sur un coin de table. Une fois que l’on a dit cela, il faut une enquête, un coupable, mais est là l’essentiel ? Bien sûr le scénario peut manquer de véracité et le coupable rapide à découvrir mais c’est tout de même agréable qu’au cours de la lecture apparaisse le couple mythique Bogart-Bacall, qu’un poème de Gerard de Nerval soit la toile de fond d’une enquête. Le tout pour faire briller Danglard et Adamsberg et c’est ce que l’on attend. Ne boudons pas notre plaisir. C’est que je les aime Adamsberg et compagnie !
Elle fait ses études secondaires au lycée Molière à Paris et est titulaire d’un doctorat en histoire de l’université Paris 1. Son ouvrage Ossements animaux du Moyen âge au monastère de La Charité-sur-Loire, publié en 1986 aux Publications de la Sorbonne, est dérivé de sa thèse intitulée Archéozoologie de la Charité-sur-Loire médiévale, soutenue trois ans plus tôt, qui lui a valu le Prix national d’histoire de la Fondation Dèze
Thomas Cantaloube est un habitué de la série noire de Gallimard. Il en est à son quatrième roman entre réalité, fiction et monde politico-social. Dans ce roman, Les Trente Glorieuses, Thomas Cantaloube s’attache à un immeuble cité marseillais qui porte le nom du roman. Cette immeuble a été construit dans les années 1970 et représente un miroir de la Cité Radieuse construite par Le Corbusier. De nos jours une bande de gamin jouent dans les caves de cet immeuble cité et vont découvrir deux cadavres momifiés. La présence de ces cadavres pourraient bien remontée aux années 1970 lors de l’installation du système de chauffage urbain. Kader, un habitant de l’immeuble, Inès Adjointe de la RPLSM ( régie Publique des logements sociaux marseillais) et une amie Muriel vont être pris dans les filets de cette histoire ainsi que l’entreprise de bâtiment Fondari puis Fondari construction ( Fondari de père en fils) S’appuyant sur des faits réels et sur la fiction, l’auteur nous rappelle que Marseille a toujours été un panier de crabe politique entre PS et RPR et qu’à coup de commissions, de disparitions, on arrive à garder sa place au soleil. 1970 /2022 même combat !
Né en banlieue parisienne, Thomas Cantaloube y passe son enfance, avec un intermède de deux ans aux États-Unis, à Cincinnati (Ohio) à l’âge de sept-huit ans. Après son baccalauréat, il s’installe à Paris pour ses études.
Diplômé d’Sciences-Po Paris (1992), il hésite alors entre le cinéma et le journalisme. Il opte finalement pour la seconde option et entre au Centre de formation des journalistes dont il sort diplômé en 1995. Il commence sa carrière aux Cahiers du cinéma. Épris de bougeotte et de reportages, il part en 1997 à Los Angeles (États-Unis) pour s’y établir en tant que journaliste pigiste. Là, il collabore aux Cahiers du cinéma, à La Tribune, à L’Événement du jeudi, à BFM, à Croissance, à RAGE, à HK Cinéma et à L’Humanité, dont il devient le correspondant aux États-Unis.
En 1999, à la faveur de la nouvelle formule de L’Humanité et de son ouverture à des journalistes non communistes, il rentre en France et devient rédacteur en chef adjoint de L’Humanité Hebdo. En parallèle de son travail de coordination, il effectue des reportages en Afrique, en Amérique du Sud et en Australie.
En 2001, en désaccord avec la ligne éditoriale du journal, il le quitte à la faveur d’un plan social et prend une année sabbatique, durant laquelle il effectue un tour du monde en onze mois, treize pays et trois continents.
En janvier 2003, il part s’installer à Washington, D.C. (États-Unis) en tant que correspondant free-lance pour Le Parisien, Marianne et La Vie. Pendant trois ans dans la capitale américaine (2003-2005), puis deux ans à New York (2006-2007), il couvre l’actualité politique, diplomatique, sociale et culturelle pour ces trois journaux. Outre des reportages sur tout le territoire des États-Unis, il réalise également durant cette période des reportages au Mexique, en Irak, au Koweït et à Cuba. Il collabore aussi ponctuellement au magazine Grands Reportages.
En octobre 2003, il est l’un des premiers journalistes français aux États-Unis à créer un blog pour rendre compte de l’actualité américaine[1].
En février 2008, il rentre en France pour participer au lancement de Mediapart. Pendant douze ans il couvre l’actualité internationale pour le journal, effectuant de multiples reportages à l’étranger : États-Unis, Balkans, Royaume-Uni, Afghanistan, Pakistan, Afrique du Sud, Suède, Hongrie, Qatar, Égypte, Tunisie, Libye, Argentine, Chili, Pologne, Mali, Centrafrique, Inde, Rwanda, Nicaragua, Brésil, Israël, Palestine, Irlande, Koweït, Cameroun…
En mars 2020, il quitte Mediapart pour se consacrer à l’écriture de fiction, romans et scénarios.
Entre 2019 et 2023, il publie les trois tomes d’une trilogie consacrée aux débuts de la Ve République, confrontant ses trois personnages de fiction (Luc Blanchard, Antoine Carrega-Lucchesi, Sirius Volkstrom) à des événements réels et aux conséquences de la décolonisation française.
En 2024, il reprend sous une nouvelle forme les aventures du Poulpe, le héros créé par Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal et Serge Quadruppani, avec une héroïne différente : La fille du Poulpe. Il signe le premier tome de cette nouvelle collection : Le col des Amériques.
En 2024, toujours, il écrit Les Mouettes, un roman prolongeant l’univers de la série télévisée Le Bureau des Légendes, racontant les opérations du Service Action de la DGSE.
Le Fantôme de Versailles est le quatrième et dernier tome des enquêtes de Gabriel Joly. Henri Loevenbruck a situé ces quatre enquêtes au début de la Révolution française, entre le 14 juillet 1789 et le 6 octobre 1789.
En ce début d’octobre 1789, Paris gronde car il a faim. En ce début d’octobre 1789, Paris apprend aussi la mort du journaliste Gabriel Joly.
Et Henri Loevenbruck de mélanger avec talent la petite et la grande histoire. Nous voilà au Trianon, à Versailles, ou avec les Parisiennes marchant sur Versailles et en même temps auprès des amis de Gabriel Joly et du Fantôme de Versailles.
Il n’est pas trop fort de dire que l’esprit d’Alexandre Dumas flotte sur ce roman. Roman d’aventure, de complot, de trahison et d’amour. L’écriture d’Henri Loevenbruck virevolte autour des personnages et des lieux et procure un plaisir de lecture indéniable.
On ne va pas divulgâcher toutes les histoires du Fantôme de Versailles, par contre on peut dire avec certitude que les femmes parisiennes sont bien arrivées à Versailles, qu’elles ont obtenu du pain, que la Garde nationale avec La Fayette a protégé Versailles et que le 6 octobre la famille royale a rejoint les Tuileries et Paris.
La Révolution n’a que quatre mois mais Gabriel Joly et ses comparses de fiction (Guyot, le Saletin, Lorette ou Rose) ou réels (Danton-Desmoulins-Théroigne de Méeicourt) nous ont conquis et c’est avec une certaine tristesse qu’on les abandonne.
Auteur de thrillers, de romans d’aventure et de fantasy, il est traduit dans plus de quinze langues. Auteur-compositeur-interprète, il écrit des chansons pour lui-même et pour d’autres artistes français.
Depuis 2022 nous étions orphelins d’Aurel Timescu, notre consul préféré. de 2018 à 2022, Jean-Christophe Rufin, une fois par an, nous racontait les extravagances de ce consul atypique. Et depuis trois ans le silence. Peut-être que le changement d’éditeur (Calmann-Levy Noir suite à Flammarion) a dû prendre du temps !
En tout cas, Aurel Timescu est de retour pour de nouvelles aventures et celle-ci nous entraine dans les Balkans, en Albanie.
L’Albanie, ancien pays communiste, longtemps fermé au monde et qui depuis une guerre civile dans les années 1990 s’est ouvert au monde plus capitaliste.
Marc Lumière vient d’être assassiné sur les pentes du col des Montets vers Chamonix. le problème, c’est qu’il est mort trente ans plus tôt en Albanie.
Évidemment, Aurel, le consul va s’emparer de ce mystère avec l’aide d’Amélie, l’ambassadrice en Albanie. Amélie, qu’il avait connue à Bakou lors d’une précédente aventure, « Le flambeur de la Caspienne ».
Bien que l’Albanie soit devenue un pays pro-occidental, les traditions sont toujours présentes et celles-ci se transmettent de générations en générations telles des strates qui fossilisent.
L’une de ces traditions reste la vendetta et son cahier des charges : le Kanun.
C’est à cette vendetta d’un autre temps que sera confronté Aurel.
C’est avec plaisir que l’on lit le Revenant d’Albanie. L’écriture de Jean-Christophe Rufin est toujours agréable, déliée. On sent qu’il prend plaisir à nous raconter les péripéties du consul Aurel et à nous faire découvrir un pays et ses secrets.
Grindadráp : chasse traditionnelle aux cétacés dans les régions arctiques. le but de cette chasse est de rabattre des groupes importants de baleines, de dauphins, d’orques, d’épaulards vers une plage où les habitants des îles Féroé les mettent à mort à coups de haches et de couteaux.
Cet ensemble d‘habitants est mené par un chef, et celui-ci est retrouvé mort au milieu des cétacés.
À partir de cet événement et d’un certain nombre d’autres, Caryl Férey va orchestrer un huis clos assez suffocant. Des éléments naturels déchaînés, un bateau-usine norvégien, des membres activistes de Sea Shepherd participent à cette suffocation.
Depuis Okavango, Caryl Férey décline une veine écologique qui se retrouve dans Grindadràp. le côté polar est moins important que le message politique qui est développé. Cette veine nouvelle peut déstabiliser les fans de Caryl Ferey.
Ce message politique porte sur le massacre des cétacés, les pêcheries industrielles, la pollution et la toxicité des viandes de cétacés. Autour de ce message fourmille un nombre de personnages importants, représentant les forces vives des îles Féroé.
Un personnage sort du lot. Il s’agit de Gab, jeune homme trentenaire, ancien soigneur du Marineland d’Antibes. Il est maintenant activiste au sein de l’organisation Sea Shepherd. Au long du roman, nous découvrons Gab, son passé, son goût pour l’apnée et son amour des orques. Cela dérive vers l’animisme, le chamanisme et les animaux totem. On comprend mieux alors la note de l’auteur en fin de roman qui rend hommage à Jean Malaurie et Pierre Robert de Latour. Pierre Robert de Latour a écrit Frères des orques et Jean Malaurie. de la pierre à l’âme.
Né à Caen, Caryl Férey grandit en Bretagne après l’installation de sa famille à Montfort-sur-Meu, près de Rennes, en 1974. Sa mère tenait une petite parfumerie, son père était VRP pour une multinationale fabriquant des emballages. Sa grand-mère institutrice lui a transmis le goût de la lecture[1]. Son prénom lui a été donné en référence au condamné à mort américain Caryl Chessman, exécuté en 1960]
Après avoir été expulsé d’établissements scolaires, il achève sa scolarité par correspondance et obtient son baccalauréat.
À la fin des années 1980, il est admiratif du style de Philippe Djian, dont il a lu le roman Bleu comme l’enfer. Exempté du service militaire à Rennes, il part avec un ami en Nouvelle-Zélande.
Grand voyageur, il parcourt l’Europe à moto, et fait un tour du monde à vingt ans.
Les principaux romans de Caryl Férey se situent dans des pays marqués par un passé récent douloureux – colonisation, apartheid, dictature – qui sert de toile de fond à ses histoires : la Nouvelle-Zélande pour Haka et Utu, l’Afrique du Sud pour Zulu, l’Argentine pour Mapuche, le Chili pour Condor et la Colombie pour Paz.
Ses livres sont des romans noirs où la critique sociale et le chaos sont omniprésents. « Je me sens toujours du côté des opprimés », déclare-t-il en 2017.
Caryl Férey travaille près de quatre ans sur chaque roman[. Il procède par étapes : un premier voyage pour découvrir le pays, prendre des repères ; ensuite commence un long travail de documentation, d’études, avant de passer à l’écriture de l’histoire ; un nouveau voyage sur place privilégiera les rencontres et permettra d’affiner, d’ancrer dans le réel ; et au retour c’est l’écriture elle-même qui est travaillée encore un an. Lorsqu’il écrit, c’est environ 7 ou 8 heures par jour.
Pour son roman thriller En attendant le délugeDolores Redondo s’appuie sur deux faits réels . D’abord en 1969, en Écosse, sévit un tueur en série appelé Bible John. Il a tué trois jeunes femmes et s’est évaporé dans la nature. A ce jour son identité n’est pas connu. Est il vivant, est il mort ? Personne ne sait. Autre fait réel : les inondations centenales de Bilbao en août 1983 qui vont faire plus de 40 morts. Ces deux événements vont servir de pont pour le roman de Dolores Redondo. Et si Bible John avait quitté l’Écosse et s’était réfugié au Pays Basque. Partant de ce postulat, l’autrice invente le personnage de Noah, policier écossais qui retrouve la trace de Bible John à Bilbao. C’est du thriller pur jus avec ses codes bien précis : des meurtres plus glauques les uns que les autres, les failles secrètes des personnages, un environnement tragique et la pluie jusqu’à plus soif. Tout cela se lit sans déplaisir mais au bout de 550 pages, tout est bien humide, spongieux et couleur sang.
Dolores Redondo, née le 1969 à Saint-Sébastien, dans la province de Guipuscoa, au Pays basque, est une romancière espagnole, auteur de romans historiques et policiers.
Après des études de droit, elle travaille dans le commerce pendant plusieurs années.
En 2009, elle publie un premier roman historique nommé Los privilegios del ángel.
En 2013, elle écrit le roman policier El guardián invisible qui est le premier volume de la trilogie de la vallée du Baztan, commune où se déroule l’intrigue.
Le premier renne d’Olivier Truc est le cinquième tome de la police des rennes, saga policière commencé en 2012. Deux personnages récurrents : Nina et Klemet, policiers au sein de la police des rennes. Un territoire unique pour cette saga policière : le territoire Sami à cheval entre Norvège, Suède et Finlande. Chaque tome de la saga est indépendant. La récurrence provient de la culture Sami, ce peuple de 80 000 autochtones vivant de l’agriculture et de l’élevage des rennes. L’histoire de le premier renne se situe au nord de la Suède , vers Kiruna et ses mines de fer. En pleine période de marquage des troupeaux de rennes, une partie d’un troupeau est décimé le long de la voie ferrée qui transporte le minerai de la mine de Kiruna. Nina et Klemet sont appelés à résoudre cette enquête qui déchire un clan d’éleveurs Sami. Per-Ola dirige le clan d’une main de fer et décide qui appartient au sameby, le vaste territoire qui délimite l’aire de travail d’un groupement d’éleveurs de rennes qui ensemble élèvent, surveillent, marquent et abattent un nombre donné de bêtes, décidé par les fonctionnaires des préfectures. Parmi ces éleveurs , Ailo, Sten et Aaron. Aaron a été choisi dans ce sameby au détriment de sa soeur Anja, jeune Sami à qui on a confié le pouvoir de tuer. Anja est révoltée; elle écouté les pierres, ne veut pas se taire. Elle est proche de sa grand-mère Elena qui est la mémoire de la tradition des Sami. Elena chante le territoire au travers des Joiks, Chaque joik reflète une personne ou un lieu. Sur ce territoire sámi apparait l’enjeu énorme des terres rares que recéle le sol autour de Kiruna. L’extraction de ces terres rares et la survie du peuple vont se télescoper. Autour du solstice d’été et du jour permanent, dans un paysage magnifique, entre réalisme et tradition sámi, Olivier Truc nous raconte une histoire haletante où la liberté et les racines sont à la base de tout. Des personnages hauts en couleurs et des femmes de caractère qui captivent et des loups, des rennes et des corbeaux pour la symbiose avec la nature. Sans oublier Joseph venant de la haute vallée de Bléone en Provence et Izko Detchevery, clin d’oeil au cartographe des Indes Boréales, autre roman d’Olivier Truc qui parlait d’évangélisation, de catholiques, de protestants et de l’éradication de la culture et des chants des Sami. Au delà du thriller, ce roman est imprégné de la lutte pour le maintien des cultures autochtones et la protection des écosystèmes et du vivant.
Tu étais née nomade, Te voilà vagabonde. On te prive de transhumance, On t’abandonne à l’errance. Ils croyaient te soumettre, Ils t’ont fait renaître.
(Joik à sa façon de Joseph pour Anja ) .
Olivier Truc est un journaliste, écrivain et scénariste français né à Dax le 22 novembre 1964. Il habite Stockholm depuis 1994 et a été correspondant notamment de la radio RTL, de l’hebdomadaire Le Point, du quotidien Libération (1998-2005) puis du journal Le Monde (2005-2016) pour les pays nordiques et baltes. Il est aussi documentariste pour la télévision.
Il est également l’auteur du roman policier Le Dernier Lapon qui a été traduit en plus de vingt langues et a obtenu plus de vingt prix dont le prix Quai du polar 2013, le prix Mystère de la critique 2013 et le prix Michel-Lebrun 2013. La série se poursuit avec Le Détroit du Loup en 2014 et La Montagne rouge en 2016. La série se situe de nos jours en Laponie et, à travers les enquêtes de deux officiers de la Police des rennes, Nina Nansen et Klemet Nango, raconte le Grand Nord.
La dernière fois que G (Georgene) a aperçu sa soeur M ( Marguerite) Fulmer, nous étions le 11 Avril 1991 pas loin d’Aurora on Cayuga au Nord de l’Etat de New-York. La dernière fois que G a aperçu M s’est au travers d’un jeu de miroir. M a 27 ans , étudiante en art et sculptrice, elle partait à son université. G sa soeur cadette à 22 ans. M est une belle jeune fille, éthérée , appréciée et aimée de tous. G est une jeune fille moche, légèrement boulotte travaillant au guichet de la poste locale et franchement jalouse de sa soeur. M et G ont perdu leur mère il y a quelques années des suites d’un cancer. Elles vivent avec leur père dans une grande maison bourgeoise. le père étant un homme de pouvoir à la tyrannie facile. M est proche d’un sculpteur et artiste Elke. Celui- ci a un goût artistique pour les corps et les cadavres. 48 indices sur la disparition de ma soeur est découpé en 48 chapitres non chronologiques et linéaires. La narratrice de ces 48 chapitres est G ( Georgene) la jeune soeur. Nous sommes 22 ans après les faits et M n’est pas réapparu. Chaque chapitre , pour Georgene, est l’occasion de réfléchir à chaque indice menant à la disparition de Marguerite. Cette narration est sous-tendue par le temps qui a passé, les souvenirs, la mémoire mais aussi par la psychologie pour le moins instable de G. L’autrice Joyce Carol Oates remet tout cela en perspective par une écriture fractionnée fait de passage en italiques, de nombreuses parenthèses représentant en partie la psyché de G. On peut être dérouté par ce parti pris qui ne permet pas à la lecture d’être fluide. Mais quelques chapitres passés, on entre dans le livre et on comprend rapidement que cette façon de faire nous permet de mieux appréhender les affres psychologiques de Georgene. Comment se remémorer des événements tragiques à leurs justes valeurs. Le fait que la dernière vision de sa soeur M se fasse à travers un jeu de miroir est symptomatique de cela. Ces 48 indices permettront ils de résoudre cette disparition ? Peut être ou peut être pas. Joyce Carol Oates nous délivre un roman âpre et vénéneux et jongle avec les codes du thriller et les fantasmes.
Roman au scénario astucieux Prochain arrêt nous entraine au tréfond des secrets de la famille. Pour démêler les fils de ce labyrinthe familial nous nous retrouvons dans un train entre Stockholm et Malma. Nous suivons un père divorcé et sa fille, un couple en crise et une femme hantée par une énigme. L’astuce du scénario se situe là entre les personnages, le temps et le train. Au début du roman ,nous sommes un peu dans le brouillard et la sortie du labyrinthe paraît bien loin. Cinq personnages et tous les chapitres du roman autour de trois noms (Harriet, Oskar et Yana ) afin de nous perdre un peu plus. Tout cela va s’éclaircir et Alex Schulman ,avec maestria ,va reconstituer le puzzle de toutes ces vies. Que vont chercher toutes ces personnes à Malma ? Sûrement la quête d’eux même et du poids des interdits et secrets. You Are Not Alone.
Né en 1976 à Hemmesdynge en Suède, Axel Schulman étudie le cinéma, les sciences littéraires et la philosophie à l’université de Stockholm. En 2009, Il fait ses débuts en tant qu’auteur de fiction. Son roman Glöm mig remporte le prix de livre de l’année du Salon du livre de Göteborg en 2017. En 2018, son livre Burn All My Letters est salué par la critique et fait l’objet d’un film en 2022. Les livres d’Alex Schulman se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires en Suède. Il est également connu pour diriger l’un des podcasts les plus populaires du pays, Alex & Sigge’s podcast. En 2022, sa carrière de dramaturge voit le jour avec le monologue Tröstrapporter (Avis de consolation) qu’il met en scène avec Gustav Skarsgård.
Les héritiers de l’Arctique de Aslak Nore est la continuation de la saga de la famille Falck. Aslak Nore nous a fait connaitre cette famille dans son livre précédent le cimetière de la mer. Ce deuxième livre peut tout à fait être une découverte de l’univers de l’auteur norvégien. Il y a peu de lien entre le cimetière de la mer et les héritiers de l’Arctique, et quand nécessaire l’auteur nous facilite la compréhension et la lecture. La famille Falck, famille norvégienne influente, est composée de deux branches, l’une à Bergen, l’autre à Oslo. Un jour, un personnage russe est retrouvé empoisonné à Barentsburg, au Svalbard. Avant de mourir celui-ci révèle l’existence d’une taupe russe dans la famille Falck. Toute ressemblance avec des empoisonnements d’espions russe est voulue. A partir de cette révélation Aslak Nore va construire son roman autour de l’identité norvégienne, des secrets d’une grande famille, du réchauffement climatique qui ouvre de nouvelles perspectives commerciales sur les routes du Nord et aussi sur la faiblesse des démocraties et la montée des régimes autocratiques. Les héritiers de l’Arctique est un agréable roman d’espionnage, ludique fait de rebondissements, d’enjeux d’héritage mais aussi d’enjeux géopolitique. Un bon roman pour commencer l’été Et pour peu que la chaleur s’installe, la fraicheur du Spitzberg sera la bienvenue.
Aslak Nore est un écrivain et journaliste norvégien, éditeur, auteur de non-fiction et de roman policier.
Il est le fils de l’écrivain Kjartan Fløgstad (1944). Après des études à la New Shool for Social Research de New York, il rejoint le bataillon d’élite norvégien Telemark en Bosnie, avant de travailler comme journaliste au Moyen Orient et en Afghanistan. Il vit aujourd’hui à Marseille.
Il fait ses débuts littéraires en 2007, avec le roman « Gud er norsk ». Auteur de plusieurs bestsellers et lauréat du prix Riverton pour le meilleur roman policier en Norvège en 2018, il a connu le succès en France dès sa première publication, « Le cimetière de la mer » (« Havets kirkegård », 2021), qui a obtenu le prix des Mémoires de la mer 2023. En 2023, il a publié « Les héritiers de l’Arctique » (« Ingen skal drukne »)