Aller à La Havane de Leonardo Padura. Métailié. 🟩🟩🟩◼️◼️

Aller à La Havane

Leonardo Padura

Métailié

Traduction : René Solis

Photographies : Carlos T. Cairo

ISBN : 979-10-226-1502-0 Janvier 23026

372 pages

Avec son récit Aller à La Havane, Leonardo Padura nous entraine dans une ville labyrinthique dont il nous donnera certaines clés.

Leonardo Padura né en 1955, a toujours vécu à La Havane, quelque soit les régimes et dictatures. La Havane , c’est pour lui le quartier de Mantilla en périphérie de la Havane où il vivait avec ses parents.
La belle idée de Leonardo Padura pour ce récit et d’avoir intégrer dans ces réflexions et mémoire nombre textes provenant de chacun de ces romans , et de s’être appuyé sur son personnage de fiction Mario Conde pour déambuler avec nous dans La Havane des années 50 à maintenant.
De la nostalgie mais aussi du désenchantement de sentir que cette ville n’est plus tout à fait la sienne.
Il n’y a pas de pages pour parler directement du castrisme . Il y a des pages pour parler des effets de celui-ci : la révolution agraire, les spolations, le manque de liberté.
Et puis dans une deuxième partie, Leonardo Padura brosse des portraits à partir d’articles qu’il a écrit quand il était journaliste. On découvre l’esclavagisme, le quartier chinois, Marti et les autres catalans de Cuba, Yarini , le plus grand des proxénètes ou encore les musiciens Chano Pozo et Chori.
Ce désenchantement, cette nostalgie sont le coeur de ce récit.
 » Comme tout organisme vivant, les villes ont besoin d’affection et, depuis des décennies, La Havane en a reçu bien moins qu’il faudrait. Aujourd’hui, elle reçoit peut être moins de caresses que jamais  » (page 316)

Leonardo Padura Fuentes, né le 9 octobre 1955 à La Havane, est un journaliste, scénariste et écrivain cubain, auteur d’une dizaine de romans policiers et lauréat du prix Princesse des Asturies en 2015.

Fils d’un commerçant devenu chauffeur de bus après la révolution cubaine, Leonardo Padura fait des études supérieures en littérature hispano-américaine et décroche une licence avant de rédiger une thèse sur Inca Garcilaso de la Vega. Il étudie aussi le latin à la faculté de philologie de l’université de La Havane où il a le romancier Daniel Chavarría comme professeur.

Il entre comme journaliste à la revue culturelle Caiman Barbudo dont il sera expulsé en 1983 puis participe au supplément dominical du journal Juventud Rebelde et signe des critiques littéraires, ainsi que des articles de fond. En parallèle, et « à l’écart de tout activisme politique, il écrit des scénarios pour le cinéma , notamment pour un documentaire sur la salsa. Jusqu’en 1995, il est rédacteur en chef de La Gazeta de Cuba.

Il amorce sa carrière de romancier en 1988 et devient l’auteur d’une série policière ayant pour héros le lieutenant-enquêteur Mario Conde.

Mario Conde, célibataire, d’abord au milieu de la trentaine dans les premiers romans, puis quadragénaire, évolue donc dans des récits subtilement agencés, afin de contourner la censure, où les « enquêtes criminelles sont autant de prétextes à lever le voile sur la société cubaine et ses faux-semblants

La tombe du cheval de Georges Peignard. Le Tripode. 🟩🟩🟩🟩◼️

La tombe du cheval

Georges Peignard

Le Tripode

ISBN : 978-2-37055-507-6 Mai 2026

128 pages

La tombe du cheval est un roman original et envoûtant.
Une archéologue en fin de carrière se rend sur la frontière entre les deux Corée afin d’entamer les fouilles d’une sépulture. Ĺa sépulture d’un cheval. Jour après jour, cette archéologue va chercher ( en vain peut-être) les traces du cavalier.
L’atmosphère de ce roman , entre guerre et frontière, entretient une légère tension, des silences et surtout beaucoup d’émotion et de poésie.
La rencontre avec une jeune femme va ramener l’archéologue à ses frontières et à ses non-dits.
Entre transmission et deuil, la tombe du cheval est un roman subtil et élégant qui parle du temps,de nos certitudes et de ce que nous laissons sur le chemin, volontairement ou non
Le choix de cette ligne de démarcation entre les deux Corée donne au roman une vision métaphorique de nos illusions.

Sculpteur et écrivain, dessinateur, peintre et facteur de marionnettes, Georges Peignard interroge à travers ses œuvres l’Histoire, et l’empreinte qu’elle laisse sur nos vies. Il enseigne par ailleurs à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne.

Il est l’auteur au Tripode de plusieurs œuvres : Varlamov (2019), La Fin du cuivre (2020), Fugitive (2021), Magdalène (2023) et Les Rochers errants (2024). Il a aussi apporté ses visions à l’essai biographique d’Isabelle Louviot : Élisée Reclus, penser l’humain et la terre (2022).

Les énigmes d’Aurel le consul, tome 7 : La folie Sainte-Hélène. Jean-Christophe Rufin. Calmann-Lévy. 🟩🟩🟩◼️◼️

Les énigmes d’Aurel le consul, tome 7. La folie Saint Hélène

Jean-Christophe Rufin

Calmann-Lévy

ISBN : 978-2-70218-756-2 Avril 2026

264 pages

La Folie Sainte Hélène est le septième tome des aventures d’Aurel le Consul. Comme à son habitude celui-ci est nommé dans des contrées et latitudes atypiques. Pour ce septième tome il s’agira de l’ile de Sainte Hélène dans l’Atlantique Sud. Une terre britannique ayant eu en exil son ennemi préféré : Napoléon. Cette terre est donc aussi territoire français concernant le logement et la tombe de l’empereur. de ce fait un consul veille sur ces lieux.
Ce Consul s’appelle Hubert Bouize et il a disparu sur Sainte Hélène. Comment disparaître sur une île où seul un vol hebdomadaire la relié à l’Afrique du Sud ?
C’est ce que devra découvrir Aurel, entre passion pour Napoléon et divers trafics.
Comme à son habitude, Jean Christophe Ruffin s’appuie sur ces souvenirs de diplomate et une documentation minutieuse recueillie sur place.
Et c’est avec délectation que nous suivons les aventures d’Aurel aux prises avec les Reconstitueurs, les adeptes de ‘léglise de la Pentecôte miraculeuse.
Aurel aura une alliée de poids en la personne d Anastasia afin de tenter retrouver Hubert Brouize..
Notre atypique et original Consul aurait il trouver un lieu plus original que lui ? Peut être.
En tout cas la perfide Albion a toujours plus d’un tour dans son sac.