Archives pour la catégorie Roman graphique

Jours de sable d’Aimée de Jongh. Dargaud💛💛💛💛

Quel magnifique roman graphique que Jours de sable.
Tout concourt à la réussite de ce roman : le sujet, la réflexion, le coup de crayon, le choix des couleurs.
Qui se souvient du Dust Bowl des années 1930 au États Unis ?
Pourtant nous avons quelques réminiscences : les raisins de la colère de Steinbeck ou encore la photographie devenue icône de Migrant Mother.
Dans ces années 30, on ne parlait pas de réchauffement climatique mais c’est bien un épisode naturo climatique qui va précipiter le Dust Bowl.
En 1930, le centre des États Unis entre Oklahoma, Kansas, Texas et Nouveau Mexique est une grande plaine herbeuses propice à l’élevage de bovins.
Donc, çà broute, ça rumine à qui mieux mieux.
Ce qui devait arriver arriva : diminution des pâturages et une periode exceptionnelle de soleil et de sécheresse. Pendant plusieurs années il n’y aura plus de pluie. Les pâturages auront été remplacé par 7ne terre sableuse.
Le vent fera le reste : le Dust Bowl est né. Bienvenue dans le monde des tempêtes de poussière et de sable..
Dans les sphères du gouvernement fédéral, on souhaite venir en aide aux agriculteurs du Dust Bowl.
L’une des idées provient de la Fatm Sécurité Administration : engager des photoreporters pour témoigner de la situation dramatique grâce à la puissance d’évocation de la photo.
Aimée de Jongh, autrice néerlandaise va mettre en scène John Clark, jeune photo reporter de 22 ans.
Voici celui ci parti dans le Dust Bowl afin de photographier des moments et des personnages bien précis :
Tempête de poussière
Enfants affamés
Enfants orphelins
Famille sur le départ
Paysages et maisons recouverts de poussière
Maisons abandonnées etc…
John Clark va accomplir sa tâche mais cela est il nécessaire. L’important est il dans la photographie.
Pour John Clark il aura fallu un voyage pour qu’il se rende compte que la photographie peut être l’art de la tromperie.
 » S il me fallait décrire mon séjour dans le Dust Bowl je parlerais de la douleur cinglante quand le vent poussiéreux fouettant ma peau. Je dirais à quel point on a l’impression de suffoquer à chaque inspiration, à cause de la poussière. Je raconterais comment s’érode peu à peu l’âme humaine après des jours de sable. Rien de tout cela ne peut être capté par un appareil »
Aimée de Jongh n’a pas un appareil mais son dessin est d’une évocation magistrale. On ressent cette poussière qui envahit tout. On ressent le courage incroyable de ces familles, de ces enfants. Et quand à la fin du roman graphique les vrais photos apparaissent elles sont le prolongement évident de cette histoire et l’on reste marqué du sceau du sable et de la poussière

Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l’âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d’édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd’hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d’animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d’animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc’ en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l’ont fait connaître. 

En 2014, Aimée s’est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l’international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l’écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L’obsolescence programmée de nos sentiments.

En 2020, elle publie un nouveau roman graphique en solo chez Dargaud, Jours de sable, qui est salué par la critique et qui remporte notamment le Prix des Libraires de BD.

Un Général, des Géneraux de Boucq et Juncker. Le Lombard.💛💛💛💛

13 mai 1958, le jour ou de gaulle revint au pouvoir et ou naquit la cinquième République.
Peut on parler de coup d’état ? difficile quand on parle de l’Algérie française. le putsch des généraux en 1961 est plus connu que cette journée du 13 Mai 1958 et pourtant …
Donc en Mai 1958 des généraux fomentent un mauvais coup pour garder l’Algérie française. Ils mettent dans la boucle le général De Gaulle. Mauvaise pioche. Il accepte, et celui-ci donnera par la suite l’indépendance à l’Algérie.
Nicolas Juncker et François Boucq ,potaches dans le dessin et l’écriture , revisitent les événements de mai 1958.
« Une des plus belles arnaques de l’histoire de la politique française », selon les auteurs,.


Et il faut dire que les généraux et les politiques ne ressortent pas grandis de cette aventure politico-militaire.
Nicolas Juncker et François Boucq s’en donnent à coeur joie. Les gueules de ce drame parfois tragi-comique sont merveilleusement croquées par le dessinateur.


L’Histoire revisitée de façon iconoclaste ,mais ô combien intelligente.
Une intelligence de la situation qui en dit bien plus que les manuels scolaires.

Un ennemi du peuple de Javi Rey. Editions Dupuis. 💛💛💛💛

Au départ Un ennemi du peuple est une pièce de théâtre écrite en 1883 par Henrik Ibsen.
Et que croyait vous qu’il arrive : Il n’y a pas plus contemporain que le texte et le propos d’Henrik Ibsen.
Javi Rey s’est merveilleusement immiscé dans le texte de l’écrivain norvégien et a réalisé un magnifique roman graphique d’une actualité brûlante.
Deux frères, Thomas et Peter Stockmann ont fondé ensemble une station thermale dont le succès apporte la prospérité de l’île.
Thomas est docteur. Peter est maire.
Thomas va découvrir que l’eau est contaminée et menace la santé des curistes.
Thomas se veut lanceur d’alerte alors que Peter le maire , souhaite laisser tout cela sous le boisseau au nom de l’équilibre économique et financier.
A partir de ce scénario Henrik Ibsen et Javi Rey vont traité de l’opportunisme des médias, de la manipulation, de la majorité bêlante, de la corruption ou encore de l’écologie.
Javi Rey traite cela par son dessin vintage et des couleurs crues qui relève le propos.
Le choix de la grandeur des cases, des détails mis en avant, donnent une grande puissance aux idées développées :
 » La démocratie est le pire système de gouvernement conçue par l’homme. A l’exception de tous les autres  » Winston Churchill.
Un ennemi du peuple est une très belle découverte , qui nous rappelle que la démocratie est fragile et cela depuis bien longtemps.
Merci à Javi Rey et aux Editions Dupuis et Aire Libre de nous donner à nouveau ce texte d’Henrik Ibsen.

Javi Rey est né le 4 juin 1982 à Bruxelles. Il grandit et vit encore à Barcelone. Après des études universitaires, il étudie à l’Escola Joso, la fameuse école d’illustration catalane, où ses professeurs lui transmettent leur passion pour le monde de la bande dessinée. Il démarre son activité professionnelle dans l’animation indépendante et comme story-boarder pour diverses agences de publicité. Frank Giroud lui confie la mise en scène de « Adelante », une histoire épique et romantique pour la collection « Secrets » des Éditions Dupuis. Dans ce premier album, Javi Rey montre son talent déjà grand de dessinateur réaliste et dynamique.

La bibliomule de Cordoue de Lupano-Chemineau. Dargaud. 💛💛💛💛

Voila un magnifique objet ou roman graphique. Dargaud n’a pas lésiné sur la présentation.
260 pages avec marque page doré, la tranche bleue nuit, une postface importante sur le califat de Cordoue.
Et puis le scénario et le dessin de Lupano- Chemineau. Nous sommes en bonne compagnie.
A cette compagnie s’ajoute un bibliothécaire, Tarid, tout en rondeur, Marwann petit voleur, Lubda, copiste à la bibliothèque et une mule.
Nous sommes en 976 dans le Sud de l’Espagne dans le califat d’El Andalous.
Le calife vient de décéder. Son fils est trop jeune pour être au pouvoir. C’est donc le Vizir Al- Mansour qui s’empare du pouvoir.. ( un calife ,un vizir .Iznogoud. Goscinny. Nostalgie )
Le vizir voulant plaire aux radicaux religieux du califat, décide brûler les livres de la bibliothèque dans un grand autodafé.
Et c’est là que nous retrouvons notre belle compagnie qui veut sauver le maximum de livres.
Marwann, Lubda, Tarid et la mule se lance dans une grande aventure à travers l’Espagne
Mais rien n’est simple quand une mule récalcitrance doit transporter tous ces livres porteurs de sciences, de mathématiques, de philosophie.
Où comment sauvez le monde de l’obscurantisme en s’appuyant sur une mule !
Le tout est basé sur des faits historiques.
Magnifique Bd picaresque tant par le dessin, la couleur, que par le texte.

Celle qui parle d’Alicia Jaraba. Bamboo Editions Grand Angle. 💛💛💛💛

Malinalli , Marina, Malintzin, La Malinche… Celle qui parle.
A travers son roman graphique, Alicia Jaraba nous fait revivre Malinalli fille d’un chef déchu d’Amérique Centrale au XVI ème siècle qui restera dans la légende comme la Malinche.
L’Histoire garde beaucoup de vides autour de l’histoire de la Malinche.
La première fois que j’ai entendu parler de la Malinche , c’est par une chanson.
Une chanson du groupe Feu!Chatterton.
Feu ! Chatterton nous invite à partir avec eux dans cette chaleur enivrante de l’autre bout du monde.
Electro-Rock hypnotique, le groupe amène la transe, le sample saturé qui tourne en boucle renforce cet effet. le texte est un délire qui nous invite au voyage et à la rencontre d’une femme indigène.
Et cette rencontre devient réelle sous les crayons et les couleurs d’Alicia Jaraba. Histoire , légende ? La question n’est plus là.
Devant nous une jeune fille qui va vivre le départ, l’esclavage en terre mexicaine. Malinalli a un don : la compréhension rapide des langues des ethnies. Celle qui parle
Et puis Cortes et les conquistadors arrivent au Mexique. Une nouvelle langue.
Malinalli est repérée par Cortes qui en fait son interprète. Malinalli devient Dona Marina.
Celle qui parle permet le lien entre les Espagnols et les ethnies.
Celle qui parle devient proche de l’occupant.
Celle qui parle est une jeune fille qui peut être dépassée par les évènements.
Dona Marina aide le conquistador espagnol Hernán Cortès à défaire l’Empire aztèque en conquérant le Mexique et sa capitale Tenochtitlan. Elle lui sert de traductrice, mais également de conseillère en diplomatie locale et de maitresse.
Mais Dona Marina est aussi Malintzin , cette femme qui parle et qui saura aussi dire non et donner une voix aux femmes de son époque.
Au terme de son roman graphique, Alicia Jarabia nous rappelle que La Malinche reste un personnage controversé de l’histoire du Mexique. Mais que ce qui nous a été transmis provient des conquistadors et des codex Aztèques.
« Dans tous les cas sa voix nous est restée muette. Et cela laisse beaucoup de vide dans l’histoire. J’ai voulu remplir ces vides pour construire ma propre Malinche » Elle est jeune, inexpérimentée, souvent dépassée par les événements. Mais elle est surtout , je l’espère humaine. « 
Et bien c’est totalement réussi.
Par le graphisme , les regards , les couleurs , la poésie Alicia Jarabia nous campe une Malinche humaine, tellement humaine au prise avec l’esclavage, l’occupant mais aussi avec sa condition féminine.
Celle qui parle, une voix parfois maladroite mais UNE VOIX qui à l’époque n’avait pas droit de cité.
Native des contrées
Où Cortés est venu
Trouver haine et fortune
Tu sais de mémoire ancienne
Te méfier des braves
de leur soif inopportune !
Combien de lâches sont venus ici
Courir chimères à coup de fusils ?
Ivres de gloire ont-ils pensé que ton coeur
Serait conquis percé de flèches et de rancoeur
Comme tes côtes mexicaines !
La Malinche. Feu! Chatterton

Alicia Jaraba Abellán est une dessinatrice espagnole de bandes dessinées. Elle a obtenu plusieurs titres dans des concours de bandes dessinées espagnols
LIRE
“Fille d’un chef déchu, offerte comme esclave, elle est devenue l’une des plus grandes figures féminines de l’Histoire.” XVIe siècle. Malinalli est la fille d’un chef d’un clan d’Amérique centrale. Peu de temps après la mort de son père, elle est vendue à un autre clan pour travailler aux champs et satisfaire la libido de son nouveau maître.
Un jour, d’immenses navires apparaissent à l’horizon, commandés par Hernan Cortez, obsédé par la recherche d’or. Le conquistador repère Malinalli et son don pour les langues. Elle sera son interprète et un des éléments clés dans ses espoirs de conquête. Elle sera également celle qui aura le courage de dire un mot interdit aux femmes de son époque : non !

Gino Bartali un champion cycliste parmi les justes de Julian Voloj et Lorena Canottiere. Marabulle. 💛💛💛💛

Gino Bartali par Voloj

Un champion cycliste parmi les justes, sous- titre de ce roman graphique, nous dit le fond de l’histoire qui est croqué devant nous.
Gino Bartali est un champion cycliste italien qui a remporté trois Tours d’Italie et deux Tours de France.
Sa légende a été magnifiée par le fait qu’il a gagné le Tour de France à 10 ans d’intervalle en 1938 et 1948. Exploit réalisé par seulement deux autres cyclistes professionnelles.
Gino Bartali était connu aussi pour sa foi catholique fortement ancrée en lui. Il était appelé Gino le Pieux.
Voila pourquoi Gino Bartali est connu et reconnu mais entre ces deux victoires dans le Tour de France il y a eu une guerre mondiale et il a refusé d’être un représentant du fascisme et de Mussolini.
A la demande d’un cardinal de l’Eglise catholique il s’est engagé à être un messager clandestin en acheminant des centaines de documents pour sauver des Juifs.
Il prétextait des entrainements pour sa carrière sportive , et les documents cachés dans la selle ou le cadre du vélo, il sillonnait l’Italie afin de sauver des centaines de Juifs.
Il fut à ce titre reconnu comme « Juste parmi les nations » en septembre 2013 et son nom figure au mémorial de Yad Vashem.
C’est cette histoire que nous racontent et dessinent Julian Voloj et Lorena Canottiere.


C’est totalement bouleversant et le dessin , la couleur participe à ce bouleversement. Des pastels de couleurs orange, rouge ou bleu. Des pastels qui donnent une évanescence au récit alors que celui- ci est dur.
Cette évanescence comme une pudeur , une timidité. Celle de Gino Bartali qui ne parla jamais publiquement de ses activités pendant la guerre.
Un roman graphique alliant beauté du trait et de l’âme.

Voloj, Julian - Bibliographie, BD, photo, biographie
Scénariste allemand vivant à New York, Julian Voloj consacre son travail aux différents aspects de l’identité et de la filiation. Il a écrit plusieurs romans graphiques publiés chez Steinkis ou Urban Comics et consacrés à Joe Shuster (co-créateur de Superman), le footballeur Ossi ou encore le peintre Basquiat.
Borgate dal Vivo | Lorena Canottiere
Lorena Canottiere, née en 1972, est une dessinatrice et auteure de bande dessinée italienne. Lorena Canottiere se fait connaître par la publication de ses planches dans des magazines et revues italiennes tels que Internazionale, CorrierinoBlack, Schizzo PresentaFocus JuniorMondo NaifLa Lettura de Corriere della Sera, ANIMALs, Slowfood ou Coconino Press. Elle participe également à de nombreuses expositions1.
Elle travaille ensuite comme illustratrice pour les maisons d’édition italiennes Giunti Editore, EL, Mondadori Editore, Fabbri, Piemme et Rizzoli. De manière plus ponctuelle, la dessinatrice collabore pour la publicité et le théâtre, en plus de concevoir des visuels pour des artistes musicaux2.
En janvier 2018, Lorena Canottiere est récompensée du grand prix Artémisia de la bande dessinée féminine pour Verdad3,4. Paru en avril 2017 aux éditions Ici Même, Verdad est le prénom d’une héroïne de huit ans, installée avec sa grand-mère dans un petit village anarchiste des Pyrénées. Sur fond de guerre d’Espagne, l’auteure raconte l’histoire d’une jeune combattante obstinée et passionnée de justice et de liberté5.
En 2020, son ouvrage Sauf imprévu, est retenu dans la sélection du prix Artémisia 2021

L’arabe du futur. Tome 4. Riad Sattouf. Allary Editions. 💛💛💛💛

L'Arabe du futur, tome 4 par Sattouf

L’arabe du futur est une bande dessiné ou un roman graphique autobiographique de Riad Sattouf. Il est composé de six tomes qui couvre l’enfance et la jeunesse de l’auteur.
Le Tome 4 couvre la période 1987 /1992
Riad a entre 10 et 14 ans.
Le père de Riad a accepté un poste en Arabie Saoudite. La mère de Riad a refusé de le suivre et avec ces 3 enfants, elle revient s’installer en Bretagne, dans sa famille.
C’est toujours avec un égal plaisir que l’on suit l’enfance et l’adolescence de Riad.
De petit blond Riad devient un peu plus châtain. L’enfance et l’insouciance laisse place à l’adolescence à venir.
Rias Sattouf par petites touches amène ce changement.
Des changements paraissant anodins mais entrainant de fortes conséquences que ce soit sur son père sa mère ou Riad.
A travers ce Tome 4 , Riad Sattouf débobine le fil d’une histoire commencé 10 ans avant et qui prend des tours plus dramatiques.
L’Arabe du futur a pris un coup dans l’aile. La multiculture franco-syrienne aussi.
Le propos est sombre. Il s’agit bien du coup d’Etat fomenté par le père.
A suivre…

L’arabe du futur. Tome 3. Riad Sattouf. Allary Editions. 💛💛💛💛

L'Arabe du Futur, tome 3 par Sattouf

L’arabe du futur est une bande dessiné ou un roman graphique autobiographique de Riad Sattouf. Il est composé de six tomes qui couvre l’enfance et la jeunesse de l’auteur.
Le troisième tome couvre la période 1985 /1987.
Riad a entre 7 et 9 ans. Il vit en Syrie avec quelques retours en Bretagne.
Le village ne change pas. Les maisons sont toujours fissurées. Les méthodes d’éducation restent violentes. L’école a un portail sans clôture et les toilettes n’existent pas.
La Maman de Riad supporte de plus en plus mal les conditions de vie et surtout l’attitude de son mari.
Riad prend conscience que ses parents s’éloignent l’un de l’autre.
Quand il est avec ses cousins, ceci de plus en plus souvent font leurs prières , tournés ver La Mecque.
Son père rencontre un personnage haut placé de Syrie, rêve de l’Arabie Saoudite , de la Mecque. Il fait le ramadan.
Riad prend conscience peu à peu de la réalité de la Syrie, de la main mise de la religion, de la corruption et donc du grand changement de son père.
Mais Riad est toujours un enfant qui croit au Père Noel, à la petite souris.
La Maman de Riad est enceinte d’un troisième enfant. Direction la Bretagne.
Pour Riad c’est un temps magnifique avec ces grands parents et la découverte d’une école différente.
Jusque à la naissance de Fadi et le retour trois mois plus tard en Syrie.
et une demande de la Maman : quitter définitivement la Syrie.
Le Papa est d’accord. Il vient d’obtenir un poste en Arabie Saoudite.
Troisième Tome plus noir, malgré l’insouciance de Riad.
Riad Sattouf rend bien ses changements. On croît encore au Père Noel mais le rideau de la petite enfance se déchire peu à peu.
A suivre …

L’arabe du futur. Tome 2. Riad Sattouf. Allary Editions. 💛💛💛💛

L'Arabe du futur, tome 2 par Sattouf

L’arabe du futur est une bande dessiné ou un roman graphique autobiographique de Riad Sattouf. Il est composé de six tomes qui couvre l’enfance et la jeunesse de l’auteur.
Le tome 2 couvre la période 1984- 1985
Riad à 6 ans, il vit avec Papa, Maman et son petit frère Yahya près de Homs en Syrie.
Riad Sattouf reste fidèle à son partage des couleurs pour représenter les divers pays. Il rajoute néanmoins le rouge pour la fiction.
Il va aussi amener un élément différenciant : le cartable de Riad qui sera vert.
Ce deuxième tome installe durablement la famille de Riad dans la Syrie de Hafez El Assad.
Bien que le tome 2 ne dure que deux ans, les thèmes abordés (école- famille- traditions -lien au pouvoir ) fondent le  » durablement » de la famille de Riad en Syrie.
Riad Sattouf conserve la même graphie, la même rondeur dans le dessin. Apparaît une violence plus forte mais toujours vue par le regard de Riad.
Et donc toujours une touche d’innocence et d’inconscience dans le regard de Riad qui a entre 6 et 7 ans..
Tout est dessiné à travers ces souvenirs.
En premier lieu les souvenirs liés à l’école. Première expérience au coeur de la société syrienne. Comme lui a dit son père, afin d’être un arabe du futur, Riad se doit d’être le meilleur et il s’y attache.
Cela lui évite les coups de règles récurrents sur les doigts que subissent ces copains.
Par contre il n’échappe pas à l’hymne national ni à la première sourate du Coran a apprendre par coeur. Une maitresse gant de velours dans une main de fer.
Il y a aussi la débrouille pour obtenir machine à laver, magnétoscope. Marché noir, un peu de corruption et voilà.
et puis il y a l’évolution du Papa. Espérant toujours une meilleure place sociale mais se radicalisant peu à peu au contact de sa mère ou du monde musulman.
Riad reste encore imperméable à tout cela et son père reste un personnage nimbé de grandeur mais qu’il oublie facilement lors de ces séjours en Bretagne.
A suivre…

L’arabe du futur. Tome 1. Riad Sattouf. Allary Editions. 💛💛💛💛

L'Arabe du futur, tome 1 par Sattouf

L’arabe du futur est une bande dessiné ou un roman graphique autobiographique de Riad Sattouf. Il est composé de six tomes qui couvre l’enfance et la jeunesse de l’auteur.
Le tome 1 couvre la période de 1978 à 1984.
En 1980 Riad Sattouf à deux ans . Il est un ange aux cheveux blonds et il était un homme parfait.
Sa maman est bretonne de la région du Cap Frehel. Elle s’appelle Clémentine
Son papa est syrien. Il s’appelle Abdel Razak.
Ses parents se sont rencontrés lors de leurs études à La Sorbonne.
Abdel Razak faisait une thèse en histoire contemporaine. Il venait d’une famille pauvre vivant près de Homs en Syrie.
Il obtint son doctorat et sans en avoir parlé à Clémentine avait postulé pour un poste de maître à Tripoli en Libye.
La famille de Riad partit en Lybie puis en Syrie
C’est cette histoire que raconte le premier tome.
Riad Sattouf s’appuie sur un code couleur que l’on retrouvera dans chacun des tomes.
Ce qui se passe en France est bleu. Pour la Libye le choix s’est porté sur le jaune et pour la Syrie le rose l’emporte. Il y aura quelques planches de verts pour représenter Jersey.
Le dessin de Riad Sattouf est épuré et en grande partie arrondie . Ces arrondis permettent de modérer les scènes de tensions et donnent d’emblée de la bienveillance à certains personnages ( Charles , le grand père ou encore les cousins de Riad )
Riad Sattouf a expliqué le titre de sa bande dessinée L’ Arabe du futur par le fait que son père souhaitait que le panarabisme puisse permettre par l’école, et l’éducation l’installation d’un monde moderne arabe.
Tout ceci est vue par les yeux d’un enfant et Riad Sattouf reste dans se regard d’enfant.
Il constelle ces cases d’apartés qui représentent son ressenti aux odeurs, aux choses qu’il voit : l’odeur de l’herbe, des immondices, du corps des femmes ou une fissure dans un mur, encore une ligne blanche sur la route.
On ressent dans ce tome 1 le lien entre le père et le fils.
Dans le monde de Riad, celui ci s’identifie à son père. Un père arabe, progressiste souhaitant la réussite de Riad et la sienne aussi. Espérant toujours la reconnaissance que lui donne ses diplômes.
Mais en filigrane, sans pouvoir le nommer Riad ressent que ce progressisme arabe cache un fort dégoût d’Israël, des Juifs et des chrétiens.
Par delà la relation père fils, il y a la relation de Riad avec ce monde arabe qu’il ne connaît pas . Petit blond, vite assimilé à un Juif qui va découvrir une famille, des cultures et une école
Tout le talent de Riad Sattouf est de savoir enveloppé d’humour par ses dessins des moments difficiles.
Il parvient à nous transmettre ce regard de l’enfance qui ne conscientise pas toutes les situations.
Enfin ce premier tome est pour nous lecteur un retour dans la Libye et la Syrie des annees 80 et un rappel bienfaiteur sur la dureté de la vie dans ces pays.
Qui pouvait croire qu’en Lybie dans ces années 80, on avait un logement dont la fermeture de la porte se faisait exclusivement par un verrou en extérieur. Ainsi pas de droit de propriété. Si le verrou est mis c’est que la maison est libre.
Donc pour ne pas perdre la maison, on ne sort pas de chez soi. Ou comment brider les libertés.
A suivre..