
La foudre est ma première rencontre avec l’univers de Pierric Bailly. Cette première rencontre fut un grand moment d’émotion et de plaisir.
La foudre est un roman à l’ancrage social et géographique très fort. La comparaison avec les livres de Nicolas Mathieu ancré en Lorraine est évident.
Avec Pierric Bailly nous sommes à la frontière franco-suisse dans le Haut Jura. Entre Valserine, Vallée de Joux et hauts pâturages Julien vit une vie simple. L’été il est berger sur les flancs du Col de la Faucille. Il vit avec un troupeau de 300 brebis, ces 2 chiens , Mistral et Flash et ces deux patous. L’hiver il est saisonnier à la station des Rousses.
Toute sa famille est originaire de ce creuset jurassien. Il a une une dévotion particulière pour son grand père John , mémoire des alpages , des personnes et des alpages.
D’ailleurs Julien est plus connu par son surnom : John.
Il a comme compagne Héloïse , qui est professeur d’anglais dans la vallée.
Celle-ci vient d’accepter une nouvelle affectation à La Réunion. Julien-John finit donc sa dernière de berger dans les Alpages, ensuite direction l’Océan Indien.
Dans le chalet d’alpage, il y a des vieux journaux et son regard est accroché par un article. Alexandre Perrin, vétérinaire, vivant dans le Rhône a tué à coup de planches un jeune homme. le journal date d’il y a un an.
Alexandre Perrin est un ancien copain de lycée de John. Rien ne le prédisposait à cet acte.
John va faire des recherches et trouver les coordonnées de la femme d’Alexandre, Nadia.
Il envoie un SMS à Nadia pour lui dire sa stupéfaction
Longtemps il n’y aura pas de réponse et puis un jour Nadia rentrera en contact avec John.
L’histoire est en place. Pierrick Bailly convoque les hautes terres jurassiennes, des personnages issus de la classe moyenne , des personnages et des générations issus de ce creuset jurassien. Tous se connaissent. Ils ont maintenant la petite quarantaine mais ils ont les souvenirs communs du collège, du lycée , du ski, des alpages.
Et dans ce creuset commun , arrive l’intrusion , l’imposture, la force du lien , l’amour peut être l’impossible amour.
Le style de Pierrick Bailly est faussement simple. le présent de l’indicatif constamment présent cache les souvenirs et les détails qui donnent vie à ce roman.
De cette proximité naît les émotions et le plaisir intense de la lecture.
Mais La foudre va frapper !

Pierric Bailly passe son enfance à La Frasnée, à Poids-de-Fiole et à Lons-le-Saunier1. Après des études secondaires à Lons, il s’installe à Montpellier où il suit des cours de cinéma à l’université Paul-Valéry. Il revient ensuite dans le Jura où il travaille en usine, vit quelque temps en région parisienne, à Grenoble et à Nîmes, avant de se fixer à Lyon.
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