Archives pour la catégorie Roman

Tout peut s’oublier d’Olivier Adam. Flammarion. 💛💛💛

Tout peut s'oublier par Adam

A première vue, on peut trouver qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil de la littérature d’Olivier Adam.
Nous retrouvons des lieux habituels : La Bretagne , plus particulièrement Saint Malo et la Rance; un petit passage à Paris et puis le Japon ( Kyoto ) où Olivier Adam a passé quatre mois en residence.
Nous retrouvons aussi le double littéraire d’Olivier Adam. Souvent Paul, cette fois ci Nathan. Comme toujours un personnage mélancolique, légèrement associal. Et comme toujours aussi un personnage pour lequel la vie en couple est d’une complexité sans fin.
Nous sommes donc en territoire connu.
Et pourtant la petite ritournelle prends toujours. Cette fois-ci la petite musique nous parle de séparation. Séparation entre un père et un fils, séparations entre une mère et un fils, séparation entre frères et soeurs.
Et le titre du roman : tout peut s’oublier.
Deux des séparations sont traitées de façon secondaire. Celle de Lise et de son fils Gabriel, et celle d’ Alizé vis à vis de ces frères.
La séparation principale est celle de Nathan et de son fils Leo.
Nathan a vécu avec Jun, jeune femme japonaise qu’il a rencontré au pays du Soleil Levant. Elle est venue s’installer en France avec Nathan. Ils ont eu un enfant Leo. Au bout de huit ans de vie commune séparation et garde partagée de Leo jusqu’au jour où Jun retourne avec Leo au Japon.
Nathan, totalement démuni, souhaite pouvoir revoir son fils alors que les arcanes de la justice japonaise sont contre lui.
Dans son style habituel, fait de lien au cinéma , à la chanson française mais aussi de critiques acerbes, Olivier Adam nous entraîne dans la douleur des séparations. Jusqu’à quel point devons nous vivre avec ces séparations .
Il reprends les paroles de Jacques Brel dans Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà,
Comment peut on oublier un fils, un frère ?

Peut on se passer d’un amour inconditionnel. Est ce seulement envisageable ?
C’est un vertige.
Olivier Adam nous laisse face à nous même. Face à nos oublis et nos séparations.

Dans tous les romans d’olivier Adam il existe un rapport à la chanson française et à certains auteurs.

Voici un extrait de la bande son de Tout Peut s’oublier.

Ne me Quitte pas. Jacques Brel.

Cà c’est fait de Jean Louis Murat.

Ouvertue d’Etienne Daho

Au revoir mon amour de Dominique A

Des milliers de lune de Sebastian Barry. Joelle Losfeld. 💛💛💛

Des milliers de lunes par Barry

Des milliers de lune est la suite Des jours sans fin publié en 2018.
Sébastian Barry retrouve son personnage de Winona Cole, jeune indienne lakota au lendemain de la guerre de Sécession. Elle vit à Paris, petite ville du Tennessee.
Bien qu’il s’agisse d’une histoire à part entière, Sebastian Barry revient en quelques occasions sur les traces de son précédent roman et cela pertube un tantinet la lecture quand on a pas lu le précédent roman Des jours sans fin.
Cela fait que la lecture du début du roman m’a paru un peu difficile. Difficulté à intégrer les personnages et leur passé. J’ai avancé dans le roman d’une cinquantaine de page et je suis reparti à zéro. La deuxième lecture s’est avéré immédiatement plus simple avec une meilleure compréhension.
Winona est une jeune indienne lakota, orpheline . Elle est originaire du Wyoming.
Au début du roman, elle vit dans une ferme dans le Tennessee , élevé par son père adoptif John Cole et son compagnon d’armes Thomas McNulty.
Tous les trois travaillent dans la ferme de Lige Magan avec l’aide de deux esclaves affranchis: Tennyson Bouguereau et sa soeur Rosalee.
La guerre de Sécession vient de prendre fin mais l’état du Tennessee reste déchiré. A la limite entre le Nord et le Sud, Nordistes et Sudistes sont toujours prompts à relancer la guerre civile.
Dans ce contexte, Winona, John Cole est consorts essayent de rester le plus possible à l’écart de toutes ces vicissitudes.
Malgré tout, Winona et Tennyson seront attaqués par des inconnus.
L’intérêt du roman de Sébastian Barry est qu’il interroge l’identité. Il faudrait dire les multiples identités.
Cette époque charnière de la fin de la guerre de Sécession est propice à cette réflexion multiple.
Identité indienne. Identité noire. Identité politique. Identité sexuelle.
Sébastian Barry à travers son récit, et à travers Winona, nous transmets un vibrant message de tolérance, de recherche de soi.
En ses années 1860, un indien ou une indienne n’estt rien. Un indien ou une indienne n’a pas d’âme.
Les esclaves noirs commencent à découvrir la liberté.
Les États Unis bafouillent leur démocratie et Lincoln installe difficilement l’abolition de l’esclavage.
Les amours homosexuels sont des tares.
Il faudra des milliers de lunes pour apaiser ses tensions. Ces milliers de lunes, siège de notre mémoire, de la transmission.
Le récit de Sébastian Barry est graphiquement scandé par la pleine lune, les croissants de lune et la nouvelle lune.
Cette graphie modèle le temps du roman et l’intègre dans la durée, que ce soit le passé, le présent ou le futur.
Le cycle de la lune est millénaire comme les âmes les traditions lakotas .
 » Que le monde soit un lieu étrange et perdu n’était pas la question. Qu’il n’y ait aucun endroit sur terre sans danger, c’était la decouvrte de chaque instant. Que des âmes

m’aiment et que des coeurs veillent sur moi était une évidente vérité  » ( page 237 ) .

Sebastian Barry : “J'ai mis plus de cinquante ans à écrire 'Des jours sans  fin'”

Sebastian Barry, né le 5 juillet 1955 à Dublin, est un écrivaindramaturge et poète irlandais.

Il est l’auteur de pièces de théâtre (Boss Grady’s BoysThe Steward of ChristendomHinterland), de romans (Macker’s GardenThe Engine of Owl-LightThe Whereabouts of Eneas McNulty…) et de poèmes, publiés depuis le début des années 1980.

Barry atteint véritablement la notoriété en 2005 avec Un long long chemin (A Long Long Way), histoire de soldats irlandais engagés dans la Première Guerre mondiale : le roman est sélectionné pour le Man Booker Prize for Fiction.

La consécration est venue en 2008 avec Le Testament caché (The Secret Scripture) qui a pour protagoniste une centenaire enfermée depuis sa jeunesse dans un asile pour avoir « fauté ». Ce livre est lauréat du prix James Tait Black et du prix Costa 2008.

Souvent inspirées par des histoires de sa propre famille, les œuvres de Barry ont pour thèmes le mensonge, ou plutôt la vérité telle qu’elle est interprétée par chacun, la mémoire et les secrets familiaux. Leur décor est pour la plupart celui de l’Irlande au moment de son indépendance (19101930).

En 2016, Sebastian Barry publie Des jours sans fin, dédié à son fils gay Toby1. Dans ce roman, l’hebdomadaire Télérama estime que « l’écriture de Sebastian Barry se métamorphose en épopée lyrique pour décrire la boucherie des champs de bataille mais aussi la beauté des grandes plaines au soleil couchant »2. Le roman vaut à Sebastian Barry un second prix Costa, faisant de l’auteur le seul romancier à avoir reçu cet honneur à deux reprises.

Des diables et des saints de Jean Baptiste Andréa. L’Iconoclaste. 💛💛💛💛💛

Des diables et des saints par Andrea

Cent millions d’années et un jour m’avait transporté par sa magie, sa poésie, à la recherche du temps perdu et des rêves de notre enfance.
Ma reine m’avait emporté par sa tendresse, l’imaginaire et toujours sa poésie.
Des diables et des saints m’a emmené dans les mêmes contrées mais surtout dans celles du temps perdu, de l’enfance et de nos rêves .
De nos jours un homme joue du piano dans les lieux publics.
Il ne joue que du Beethoven.
Il ne joue que dans les gares et les aéroports.
Depuis 50 ans il attend quelqu’un qui descendra d’un train, d’un avion. Il ne sait quand.
Il s’appelle Joe et sa vie a basculé le 2 Mai 1969.
C’est une longue histoire qui a commencé il y a 50 ans dans un orphelinat austère au fond d’une vallée des Pyrénées : Les Confins.
Confins :Partie d’un territoire situées à son extrême limite et à la frontière d’un autre.
Le confins n’est pas seulement géographique. Il est aussi celui du bien et du mal, des diables et des saints et de l’enfance.
L’enfance, fondation de notre vie. L’enfance dans un orphelinat pensionnat catholique au service de Dieu. Tous sauf un paradis. Un enfer.
L’enfance avec la découverte de l’autre, les amitiés, la confrontation avec les adultes, la découverte du sexe opposé.
C’est au fond de cette vallée, aux Confins, que le destin de Joe va s’inscrire.
Le sujet n’est pas nouveau. Il a était souvent traité.
Mais Jean Baptiste Andrea le traite magnifiquement avec pudeur, émotion et justesse.
Des moments suspendus pouvant être durs mais aussi lumineux comme la naissance d’une amitié , d’une société secrète La Vigie. Et que dire des moments suspendus auprès des premiers émois amoureux, ou le long d’un clavier tempéré jouant la sonate N°24 de Beethoven.
L’insouciance de l’enfance, l’enfance maltraitée, la recherche du temps perdu, la recherche d’un amour, tout est initiatique et Jean Baptiste Andrea nous entraîne sur ce chemin aux confins de notre vie .
Quelle limite et quelle frontière à été notre enfance ?
Quelle fidélité gardons nous a nos années initiatiques ?

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En Mars 2021, est sorti le nouvel album de Feu Chatterton. Dans celui–ci une chanson intitulée  » Aux Confins « 
Elle répond en écho au roman de Jean Baptiste Andrea.


Aux confins des contraires
À la frontière où tout est lié
Dans le pré où soucis et pensées cohabitent
Aux confins des contraires
Quand la matière se met à trembler
Dans le pré où soupirs et pensées ressuscitent
La peine, la joie, la douleur et l’ennui
On s’est fardés au milieu de la nuit
T’en souviens-tu?
T’en souviens-tu?
On s’est grimés ensemble
Tu m’as dit
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse
Aux confins des contraires
Dans la clairière où tout est criblé
Retrouvons la pièce esseulée du puzzle
Aux confins des contraires
À la lisière où l’on s’est plié
Dans le pré où soupirs et pensées coagulent
La peine, la joie, la douleur et l’ennui
On s’est fardés au milieu de la nuit
T’en souviens-tu?
T’en souviens-tu?
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse.


J’avais 14 ans en 1969 et comme Joe j’ai vécu pendant trois ans dans un pensionnat. Pas pour les mêmes raisons et pas dans les mêmes conditions
Mon père professeur est devenu directeur académique d’un pensionnat catholique, tenu par des religieux. Il y avait besoin d’une personne ayant à minima une maîtrise afin de représenter le pensionnat auprès du rectorat. C’était mon père.
Il a été confronté aux mêmes dérives qu’à l’orphelinat des Confins.
Le directeur religieux faisait régner la terreur. Lors des récréations il circulait dans la cour du pensionnat avec 2 bergers Allemands. Un mur de chaque classe était fait d’une vitre sans tain afin d’espionner professeur et élèves.
Il y avait un professeur vietnamien obsédé par ce qu’il avait vu de la guerre dans son pays.
Le soir il venait chez nous et supplié mon père afin de dormir sous un lit pour se protéger des bombes.
Au vu de ce qui se passait, les pensionnaires entamèrent une grève de la faim. Mon père l’a soutenu et en averti le diocèse afin de mettre à l’écart la direction religieuse. Cela fut effectif et pendant 3 ans ce pensionnat fut dirigé par mon père et des laïcs,
Il ferma ses portes trois ans après par manque d’élèves
J’y ai vécu trois années majuscules de mon adolescence, entre amitiés, sociétés secrètes, activités sportives.
Mes copains venaient de la France entière. Ils n’étaient pas orphelins, mais ils étaient pensionnaires pour l’année scolaire. Ils arrivaient en Septembre. Ils repartaient aux grandes vacances.
Il me reste la nostalgie de ce qui a construit ma vie

L’Evangile des Anguilles de Patrick Svensson. Seuil. 💛💛💛💛

L'Evangile des Anguilles par Svensson

Le titre énigmatique du livre ainsi que la phrase l’accompagnant ( Histoire d’un père, d’un fils, et de la créature la plus mystérieuse du monde animal ) m’ont donné envie de me lancer dans le livre de Patrick Svensson. Bien m’en a pris !
Le livre de Patrick Svensson est un concentré sur la vie des anguilles mais aussi la mise à nu de la relation entre l’auteur et son père. le livre basculant avec bonheur de l’un à l’autre.
Pour qui ne connaît pas sur le bout des doigts la vie de l’anguille, le premier chapitre en quelques pages nous rappelle ce qu’est la vie de l’anguille. Je fais court.
Elle nait au milieu de L’Atlantique dans la Mer des Sargasses. Elle a la forme d’une petite feuille de saule qui va se laisser dériver jusqu’aux côtes européennes où elle devient une civelle. Devenue civelle elle remonte fleuves, rivières et étangs en se transformant en anguille. Là, elle restera des années avant de vouloir se reproduire. Et pour se reproduire elle reprendra la direction de la Mer des Sargasses, où reproduction faite, elle mourra.
Patrick Svensson a vécu son enfance en Scanie dans le Sud de la Suède, et le Sud de la Suède est l’un des lieux de vie de l’anguille. Enfant, avec son père, il allait régulièrement pêcher les anguilles.
Simultanément l’auteur va nous révéler l’aventure scientifique de l’anguille et la relation intime avec son père .
Par petites touches délicates, Patrick Svensson va nous dévoiler comment les mystères de l’origine de l’anguille parle du mystère que chacun porte en soi :celui de notre propre origine et du sens même de la vie.
Avant d’en arriver aux dernières pages du livre, bouleversantes, nous aurons appris qu’Aristote pensait que les anguilles se créait elle même à partir de la vase, que Freud à disséquer en vain les anguilles afin de leur trouver un sexe!
Tout aussi sérieusement , aucun scientifique n’a trouvé une anguille adulte dans la Mer des Sargasses. Et pourtant.
Depuis 20 ans il est indéniable que l’anguille nous quitte. Elle est un marqueur important de la sixième extinction de masse . Pourtant l’anguille paraît éternelle, elle existe depuis que le monde est monde. Elle peut rester hors de l’eau des heures paraître morte et ressusciter au contact de l’eau.
L’anguille reste un animal dont nous ne connaissons pas grand chose. Il faut croire…. comme pour notre propre origine.
L’ Évangile des Anguilles, un titre on ne peut mieux trouver pour nous parler des hommes.

Patrik Svensson, né en 1972, a grandi dans une petite ville du nord-ouest de la Scanie, dans le sud de la Suède, non loin de ce qu’on appelle souvent « la côte des anguilles ». Passionné dès son enfance par le monde naturel et animal, il a fait des études de littérature puis est devenu journaliste, spécialisé dans les arts, la culture mais aussi la recherche scientifique. Best-seller traduit dans plus de 30 pays et lauréat du prix August, le « Goncourt » suédois, L’Évangile des anguilles est son premier livre.

L’Etoile brisée de Nadeije Laneyrie-Dagen. Gallimard . 💛💛💛

L'étoile brisée par Laneyrie-Dagen

Voici un roman de quelques 740 pages se déroulant entre 1472 et 1525. Nadeije Laneyrie-Dagen professeur d’histoire de l’art nous entraîne à sa suite de l’Espagne à Londres, de Séville à Florence, de Blois à Londres ou encore de Wittenberg au Nouveau Monde.
Nous croiserons Christophe ColombAmerigo Vespucci,Savoranole, François 1er, Martin Luther , les Medicis, la future Marie Stuart.
Pour nous faire entrer dans cette époque Nadeije Laneyrie-Dagen nous fait connaître deux frères qui vivent en Espagne au bord de la Mer Cantabrique. Ils vivent au sein d’une famille juive.
Dans l’Espagne de la fin du 15ème siècle, les massacres de Juifs s’intensifient.
Les deux frères sont envoyés par leurs parents sur les routes afin d’éviter ces massacres.
L’ un des frères rencontrera sur sa route Amerigo Vespucci et deviendra marin et cartographe.
L’autre deviendra médecin et plus particulièrement celui de Martin Luther, initiateur du protestantisme.
A travers un prologue, quatre époques et un épilogue Nadeije Laneyrie-Dagen nous fait traverser l’Europe du Nord au Sud. Elle prend le soin de nous présenter pour chaque époque les personnages principaux afin de ne pas nous perdre. Car la fresque se veut grandiose couvrant ce début du 16 ème siècle secoué par les guerres de religion, l’arrivée des musulmans en Espagne, la découverte du Nouveau Monde et l’esclavage.
A cela vous ajoutez les histoires d’alcôves, les mariages forcés entre les différentes cours d’Europe.
Nous voici devant un roman fleuve, impressionnant par les sujets abordés et la connaissance de l’époque . Malheureusement cette abondance fait que l’on reste en superficialité sur certains thèmes et personnages. J’attendais un approfondissement plus important sur le début du protestantisme ou encore sur Florence.
J’ai trouvé le roman trop didactique, et donc parfois lent, se perdant dans les histoires d’alcôves, ou de cours.
Je trouve qu’il manque un souffle romanesque à ce roman. Pourtant ces deux frères compagnons de route de Martin Luther et Amerigo Vespucci auraient mérité plus d’épique.
Reste un roman bien posé sur la ligne de temps entre 1472 et 1525.

nadeije laneyrie dagen | SACRe, le Laboratoire

 Nadeije Laneyrie Dagen a été élève à l’École Normale Supérieure de Sèvres. En 1989 elle commence sa carrière universitaire à l’université de Lille III, puis entre 1994 et 2003, elle travaille au sein du département d’histoire de l’ENS.

L’Etoile brisée

EAN : 9782072930539
752 pages
Éditeur : GALLIMARD (03/06/2021)

Betty de Tiffany McDaniel. Gallmeister. 💛💛💛💛💛

Betty par McDaniel

Ils sont rare les livres qui vous laisse une émotion aussi forte.
Être happé  par ce roman et au détour d’une page, laisser libre cours aux émotions, et laisser vos yeux devenir humides.
Voilà ce qu’est Betty. Coup de coeur incontestable.  Coup au coeur simplement et totalement.
Betty est la mère de l’auteure Tiffany McDaniel. Elle est née en 1954 dans l’Ohio d’une mère blanche et d’un père cherokee.
Comme l’annonce Tiffany McDaniel,  » ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais celle de la Petite Indienne « 
Mais la vie de Betty n’est pas que danse, chant et éclat de lune. Elle est surtout rythmée par divers violences issues de sa famille et de la société.
Elle sera confrontée à l’inceste, au viol, au handicap,  au racisme, à la mort.  Elle sera confrontée à son statut de femme et de femme Cherokee.
Tiffany McDaniel  nous fait découvrir cette famille de huit enfants et nous trace le chemin d’émancipation de Betty.
C’est un chemin initiatique,  féministe, d’une beauté tragique.
Le poignant chemine de conserve avec la normalité tout comme avec le brutal et la poésie.
Et sur ce chemin avance des enfants avec leurs secrets, leurs rêves, leurs peurs.
Betty est un livre de femmes , de sororité  mais aussi le livre de la relation de Betty avec son père Cherokee Landon.
Un père bienveillant faisant vivre le monde par la nature,  l’altruisme, l’ouverture.
Les moments entre le père et la fille sont magnifiques. Dans ses dialogues et descriptions Tiffany McDaniel touche juste émotionnellement.
Juste une interrogation concernant ce père : comment n’a t il pu avoir connaissance des violences familiales.
La Petite Indienne telle une chrysalide deviendra Betty.
Pour cette métamorphose elle aura pu compter sur Trustin, Lint, Fraya, Flossie.
Des frères et des soeurs qui eux aussi auraient pu être au centre de l’histoire.
Par son écriture,  sa poésie  ce livre est lumineux.
Par son écriture,  sa poésie, sa violence ce livre est poignant.
Par ces personnages ce livre est terriblement humain
Par la culture Cherokee ce livre est naturel.
Je chemine encore avec un convoi d’ange portaient par des frères,  des soeurs, et des mains noires dessinées  afin que l’ange en question puisse les trouver utiles lorsqu’ il aura le ciel pour toile.

Betty . 716 pages

Tiffany McDaniel
François Happe (Traducteur)EAN : 9782351782453

Editeur : GALLMEISTER (13/08/2020)

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La princesse au petit moi de Jean Christophe Rufin. Flammarion. 💛💛

La princesse au petit moi par Rufin

Quatrième opus des aventures du Consul Aurel Timescu.  Après avoir écumé la Guinée, le Mozambique et l’Azerbaïdjan,  notre consul se retrouve dans la fictionnelle principauté de Starkenbach entre Suisse, Allemagne et Autriche.
Son Altesse la Princesse de Starkenbach à manqué à tous ses devoirs en disparaissant .Son mari,le prince consort est dans tous ces états. Sur recommandation d’un ancien ambassadeur,  Autel Timescu est mandaté en principauté pour retrouver la Princesse.
Comme à l’habitude notre brave consul denouera les fils de cette histoire au son de son piano et dans les volutes de vin blanc et de Tokay.
Malheureusement cette histoire n’a pas le charme des trois précédentes.
Est le choix d’une principauté d’opérette ? d’ une intrigue bien légère ? d’une langueur  et longueur dans le roman ?
Est ce un manque d’exotisme  ?
Le tout certainement.
En tout cas La princesse au petit moi reste un petit roman. Jean Christophe Rufin nous avait habitué à  mieux.
Le monde des ambassades dans des pays éxotiques lui sied mieux que les palais royaux d’une principauté.
Il semblerait qu’Aurel Timescu soit en partance pour Obock.
La corne de l’Afrique, la Mer Rouge. Tout cela est prometteur.
Aurel ne saurait nous décevoir deux fois de suite.
Alors en attendant, que diriez vous d’un bon verre de Tokay

La Princesse au petit moi

Jean-Christophe Rufin (Autre)EAN : 9782080238047
352 pages
Éditeur : FLAMMARION (07/04/2021)

Kérozène d’Adeline Dieudonné . L’Iconoclaste. 💛

Kérozène par Dieudonné

Dernières phrases du roman Kérosène d’ Adeline Dieudonné :
 » Une station service le long de l’autoroute. 7ne nuit d’ete….
Il n’y a  maintenant plus que onze personnes presentes à cette heure précise.
D’autres arriveront. Toutes repartiront. Ici on ne fait que passer. »
Et bien, moi de même je n’ai fait que passer dans le roman d’Adeline Dieudonné
Adeline Dieudonné nous dépeint un microcosme à un moment et en un lieu donné.
Ce microcosme est à l’unisson et reprenant les mots de l’auteur , c’est pisseux, c’est merdeux . Les corps, les odeurs, le sang, le sexe ne sont jamais loin.
A aucun moment cette galerie de personnages n’emporte l’adhésion et encore moins la moindre empathie.
Je suis resté totalement indifférent à ce que vivent les protagonistes. J’ai ressenti une sourde violence couplée à des personnages extravertis vulgaires.
C’est glauque et cruel.
Cette nuit d’été dans une station service le long de l’autoroute est totalement vaine.
Déception de A à  Z

Adeline Dieudonné, l'insoumise de la fiction belge | Livres | Arts | Le  Soleil - Québec

Malamute de Jean Paul Didierlaurent. Au Diable Vauvert. 💛💛💛

Malamute par Didierlaurent

Merci à Babelio et Au diable Vauvert pour l’envoi de ce roman dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée.
Cet envoi m’a permis d’entrer pour la première fois dans l’univers romanesque de Jean Paul Didierlaurent et ce fut agréable tant la lecture est fluide et facile. Facile ne veut surtout pas dire simple. Bien au contraire.
Malamute se déroule durant l’hiver 2015 dans les Vosges, dans un village station de ski La Voljoux.
A l’écart vit seul dans une ferme Germain , octogénaire un peu beaucoup bougon. Sa fille, parisienne s’occupe de lui et n’est à qu’ une idée : Faire que Germain accepte de quitter sa ferme et d’intégrer un Ephad.  Connaissant le caractère bougon de l’octogénaire ce n’est pas gagné!
Elle se replie donc sur Basile, un cousin éloigné,  qui est dameur l’hiver à La Voljoux . Elle lui propose le deal suivant : il vient vivre chez Germain pendant la saison d’hiver contre la gratuité  du logement.
Basile accepte le deal.
Concomitamment,  Jean Paul Didierlaurent déroule une autre histoire à partir d’ un journal intime.
Il s’agit d’un journal intime qui a été écrit  à partir de 1976 par Plavina Radovic.
Avec son mari, Dragan, ils ont fuit la Slovaquie et sont venus s’installer dans les Vosges pour une raison bien précise : Dragan souhaite développer une activité de Musher avec ses quatre chien malamutes.
Ils se sont installés dans une ferme en contrebas de celle de Germain.
Dragan alcoolique et violent ne développera pas cette activité et avec sa femme Plavina ils quitteront rapidement les Vosges pour s’installer dans le Nord.
En cet hiver 2015, Emmanuelle la fille de Dragan et Plavina vient à La Voljoux .
En cet hiver 2015, dans un premier temps la neige ne tombe pas
En cet hiver 2015, dans un deuxième temps la neige n’arrête pas de tomber.
Le roman devient un huis clos oppressant dans lequel les secrets de famille vont apparaître en plein jour.
Sous des mètres de neige  les sentiments, les émotions vont être decuplées jusqu à la communion avec la nature.
Jean Paul Didierlaurent est un grand conteur et il excelle dans l’écriture de ce drame rural, entre part d’ombre, fantastique et psychologie.
Juste un petit bémol : j’ai trouvé que l’on devine assez vite les tenants et aboutissants de l’histoire.
Mais est ce l’essentiel ?

Credit: Getty Images/Ulf Andersen

En 1997, Jean-Paul Didierlaurent découvre l’existence des concours de nouvelles, ce qui lui donne l’idée de se lancer dans ses premières productions littéraires. Parmi celles-ci, Brume lui permet d’obtenir le Prix international Hemingway. La nouvelle paraît dans un recueil intitulé Brume : et autres nouvelles du Prix Hemingway 2010, paru aux éditions Au Diable Vauvert en 2010. Il remporte le même prix en 2012, pour Mosquito, publié chez le même éditeur dans le recueil Mosquito et autres nouvelles du Prix Hemingway 20124. Avant de publier son premier roman, il écrit des nouvelles pendant quinze ans5, qui remportent de nombreux prix.

Afin d’écrire son premier roman, en gestation depuis plusieurs années, il prend un congé d’un mois sans solde et part à Vauvert en Camargue. « Conte moderne6 », « phénomène littéraire », son premier roman Le Liseur du 6h27, paru en 2014, « fait sensation » en France. Sélectionné pour l’édition 2015 du Cezam Prix Littéraire Inter CE, il est plébiscité par les 3 500 lectrices et lecteurs et choisi comme lauréat le 10 octobre 2015. Le Liseur du 6h27, paru Au Diable Vauvert en mai 2014, s’est vendu à 65 000 exemplaires et à près de 200 000 exemplaires chez Folio, et a reçu le Prix du Roman d’Entreprise et du Travail, le prix Michel Tournier, le prix du Festival du Premier Roman de Chambéry, du CEZAM Prix littéraire Inter CE, du Livre Pourpre et de nombreux prix de lecteurs7. Il est traduit dans 29 pays et en cours d’adaptation au cinéma.

En 2015 sort le recueil de nouvelles Macadam, aux éditions Au diable vauvert, qui rassemble des nouvelles de Jean-Paul Didierlaurent, pour la plupart primées. Le 2 mai 2016 paraît Au diable vauvert son deuxième roman Le Reste de leur vie7. Il explique comment, à la mort de son père fin 2011, il a été inspiré pour écrire ce roman par la rencontre avec le thanatopracteur qui s’était occupé de sa dépouille, et l’avait transformé : « Il était souriant et beau. Il était comme on l’avait toujours connu. »8.

En janvier 2018, il publie aux éditions Au diable vauvert son troisième roman, La Fissure. Le magazine belge Moustique qualifie ce roman de « délire comico-existentiel, à travers lequel Didierlaurent ne se refuse rien »9. Le site littéraire Lettres it be, quant à lui, explique que Didierlaurent « ne lésine pas sur l’inventivité et l’originalité (…) la deuxième partie du livre résonne comme une envie de roue libre de la part de l’auteur »10.

En mars 2021, il publie son quatrième roman, Malamute (nom d’une race de chien de traîneau d’Alaska), huis clos à trois personnages dont l’intrigue a lieu dans le massif des Vosges en hiver1

Le ladies football club de Stefano Massini. Globe . 💛💛💛💛

Le ladies football club par Massini

Retrouver Stefano Massini est un vrai plaisir de lecture. Après l’exceptionnel Les Frères Lehman,Stefano Massini nous reviens avec un livre dans la même veine littéraire,  à savoir une écriture en vers libre.
Cette fois ci il aborde un sujet qui peut apparaître secondaire : la naissance du football féminin en Angleterre.
Mais traiter par Stefano Massini nous louvoyons entre poésie,  drôlerie et film de Ken Loach.
Nous sommes le 6 Avril 1917 à Sheffield dans une usine qui fabrique des bombes. Les hommes sont à la guerre, les femmes sont ouvrières et font vivre la famille.
Ce jour là,  onze d’entre-elle sont sur un mûret de l’entreprise.  Devant elles une cour de brique rouge 330 pieds par 240 et un portail à chaque extrémité. Au milieu de la cour ce qui devrait être la réplique d’une bombe.
‘On raconte que tout commença  avec Violet Chapman
Carc’est elle qui donna le premier coup de pied  » (p 11 )
Le football féminin voyait le jour. le Ladies  Football Club était son premier club.
Sous l’écriture de Stefano Massini, tout est humour et drôlerie mais derrière ce paravent se cache les réalités de l’époque : les hommes à la guerre, la condition ouvrière féminine, la non reconnaissance et le non respect de la femme , l’émergence du communisme.
A travers le football, l’auteur nous raconte la création d’une nouvelle vie, d’une nouvelle liberté par et pour ces femmes.
Comment collectivement avec leurs forces et leurs faiblesses, elles sont devenues maîtres de leur destin.
« Le 20 Décembre 1918
On vit une femme de trente ans
S’enfuir à toute allure
Comme une forcenée
Du stade de Stamford  Bridge
Interrompant définitivement le match.
Personne ne sait ce qu’elle est devenue
Dans les mains elle avait un ballon. »

Stefano Massini. Nathalie Bauer (Traducteur)EAN : 9782211307659
200 pages
Éditeur : GLOBE (03/02/2021)

Stefano Massini (né à Florence le 22 septembre 1975) est un écrivain italien. Depuis 2015, il est consultant artistique pour le Piccolo Teatro de Milan.

Diplômé en littérature ancienne à l’Université de Florence, il commence à fréquenter, à l’âge de 24 ans, l’environnement théâtral pendant son service civil, en collaborant au Maggio Musicale Fiorentino1. En 2001, il est assistant bénévole de Luca Ronconi au Piccolo Teatro di Milano, lequel l’encourage à se consacrer à l’écriture de textes 2. Il commence à travailler dans l’écriture scénique et depuis 2005, il est dramaturge. Il a notamment remporté le prix Tondelli pour L’Orso Assordanto del Bianco 3.