Tout y est. L’enfance, la nostalgie, les années 1970 / 1980, les Noel en famille, Saint Étienne, le foot, les copains, les filles ( les femmes ) les boites, les premiers émois avec les filles en sous vêtements dans le catalogue de la Redoute, le premier baiser. Il y a aussi la 2CV du père, les émissions TV, Des chiffres et des lettres , Au nom de la loi avec Joss Randall ou encore Les Envahisseurs Et puis ce père professeur , cette relation difficile avec le fils. L’écriture de Luc Chomarat touche à la simplicité, chargée d’humour et de nostalgie à bon escient. Et pourtant je n’ai pas été transporté . J’ai trouvé que la simplicité des souvenirs et des anecdotes bien qu’à hauteur d’enfant ne creusait pas les émotions ni la psychologie. Toutes les anecdotes, tous les souvenirs sont traités de la même façon : ils nous sont donnés , dans leur état brut. Qu’il s’agisse d’un moment grave ou d’un moment plus secondaire. Tout est sur le même plan. Cela m’a dérangé de ne pas avoir une prise de position, une explication, un ressenti. Ce constat fait, on accompagne l’auteur dans cette enfance qui d’une façon ou une autre est un peu beaucoup la nôtre. On y retrouve nos chimères, nos peurs, nos rêves. Et nous cheminons avec le fils du professeur dans les pas de notre enfance, qui reste le creuset de notre vie. Alors , en définitif, savoir si le moment est grave ou secondaire n’est peut être pas primordial. Ce qui est primordial, c’est l’enfance. Cette enfance qui mène à l’adulte que je deviendrai. Donc il n’y a pas à être transporté par ce livre mais seulement à le laisser infuser. Je pense que cela a commencé.
Éclipses japonaises ou comment un roman nous ramène à la réalité géopolitique entre le Nord ( la Corée du Nord) et le Japon dans les années 1970. S’appuyant sur la réalité des faits Éric Faye nous propose une incroyable lecture d’un fait unique réalisé par un état. Dans les années 1960 / 1970, l’appareil d’état Nord Coréen à procédé au rapt de dizaine de Japonais sur le sol nippon. Un bateau au large des côtes, des scooters de mer dans la cale qu’on envoie en bord de côte pour rapter des Japonais ou Japonaises, de tous âges. Ensuite retour en Corée du Nord afin de suivre un bon lavage de cerveau et apprendre par coeur le Juche, l’idéal autocratique au service du pouvoir. Le but de l’état coréen : faire que ces Japonais apprennent leur langues aux espions coréens ainsi que les traditions japonaises. Ces Japonais vont rester » enfermés » trente ans en Corée. Ils fondèrent des familles en ayant des enfants pour qui la Corée du Nord est un paradis et le reste du monde un enfer. Un attentat contre un Boeing Sud Coréen mettra la puce à l’oreille des autorités japonaises. L’une des terroristes arrêtée se disant coréenne avait dans son langage quelques locutions japonaises. Tout le talent d’Éric Faye est de destructurée le roman passant de 1960 aux années 2000 tout en nous rappelant les grandes lignes historiques : La Corée en totalité a appartenu au Japon, la guerre du Vietnam et la présence des américains sur la ligne de démarcation entre les deux Corée. Jusqu’à 2001 avec Georges Bush qui intègre la Corée du Nord dans l’Axe du mal. A ce jour quelques Japonais sont rentrés chez eux. Les éclipses sont longues et la géopolitique n’a que faire de la route du soleil.
On sort de cette lecture abasourdi par les vies brisées et parfois reconstruites de toutes pièces pour ces personnages qui n’auraient pas dû croiser le chemin des agents de la Corée du Nord. L’écriture à la fois distanciée et malgré tout empathique traduit un regard stupéfait et hypnotique sur des événements qui nous dépassent.
A première vue, on peut trouver qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil de la littérature d’Olivier Adam. Nous retrouvons des lieux habituels : La Bretagne , plus particulièrement Saint Malo et la Rance; un petit passage à Paris et puis le Japon ( Kyoto ) où Olivier Adam a passé quatre mois en residence. Nous retrouvons aussi le double littéraire d’Olivier Adam. Souvent Paul, cette fois ci Nathan. Comme toujours un personnage mélancolique, légèrement associal. Et comme toujours aussi un personnage pour lequel la vie en couple est d’une complexité sans fin. Nous sommes donc en territoire connu. Et pourtant la petite ritournelle prends toujours. Cette fois-ci la petite musique nous parle de séparation. Séparation entre un père et un fils, séparations entre une mère et un fils, séparation entre frères et soeurs. Et le titre du roman : tout peut s’oublier. Deux des séparations sont traitées de façon secondaire. Celle de Lise et de son fils Gabriel, et celle d’ Alizé vis à vis de ces frères. La séparation principale est celle de Nathan et de son fils Leo. Nathan a vécu avec Jun, jeune femme japonaise qu’il a rencontré au pays du Soleil Levant. Elle est venue s’installer en France avec Nathan. Ils ont eu un enfant Leo. Au bout de huit ans de vie commune séparation et garde partagée de Leo jusqu’au jour où Jun retourne avec Leo au Japon. Nathan, totalement démuni, souhaite pouvoir revoir son fils alors que les arcanes de la justice japonaise sont contre lui. Dans son style habituel, fait de lien au cinéma , à la chanson française mais aussi de critiques acerbes, Olivier Adam nous entraîne dans la douleur des séparations. Jusqu’à quel point devons nous vivre avec ces séparations . Il reprends les paroles de Jacques Brel dans Ne me quitte pas Il faut oublier Tout peut s’oublier Qui s’enfuit déjà, Comment peut on oublier un fils, un frère ?
Peut on se passer d’un amour inconditionnel. Est ce seulement envisageable ? C’est un vertige. Olivier Adam nous laisse face à nous même. Face à nos oublis et nos séparations.
Dans tous les romans d’olivier Adam il existe un rapport à la chanson française et à certains auteurs.
Voici un extrait de la bande son de Tout Peut s’oublier.
Des milliers de lune est la suite Des jours sans fin publié en 2018. Sébastian Barry retrouve son personnage de Winona Cole, jeune indienne lakota au lendemain de la guerre de Sécession. Elle vit à Paris, petite ville du Tennessee. Bien qu’il s’agisse d’une histoire à part entière, Sebastian Barry revient en quelques occasions sur les traces de son précédent roman et cela pertube un tantinet la lecture quand on a pas lu le précédent roman Des jours sans fin. Cela fait que la lecture du début du roman m’a paru un peu difficile. Difficulté à intégrer les personnages et leur passé. J’ai avancé dans le roman d’une cinquantaine de page et je suis reparti à zéro. La deuxième lecture s’est avéré immédiatement plus simple avec une meilleure compréhension. Winona est une jeune indienne lakota, orpheline . Elle est originaire du Wyoming. Au début du roman, elle vit dans une ferme dans le Tennessee , élevé par son père adoptif John Cole et son compagnon d’armes Thomas McNulty. Tous les trois travaillent dans la ferme de Lige Magan avec l’aide de deux esclaves affranchis: Tennyson Bouguereau et sa soeur Rosalee. La guerre de Sécession vient de prendre fin mais l’état du Tennessee reste déchiré. A la limite entre le Nord et le Sud, Nordistes et Sudistes sont toujours prompts à relancer la guerre civile. Dans ce contexte, Winona, John Cole est consorts essayent de rester le plus possible à l’écart de toutes ces vicissitudes. Malgré tout, Winona et Tennyson seront attaqués par des inconnus. L’intérêt du roman de Sébastian Barry est qu’il interroge l’identité. Il faudrait dire les multiples identités. Cette époque charnière de la fin de la guerre de Sécession est propice à cette réflexion multiple. Identité indienne. Identité noire. Identité politique. Identité sexuelle. Sébastian Barry à travers son récit, et à travers Winona, nous transmets un vibrant message de tolérance, de recherche de soi. En ses années 1860, un indien ou une indienne n’estt rien. Un indien ou une indienne n’a pas d’âme. Les esclaves noirs commencent à découvrir la liberté. Les États Unis bafouillent leur démocratie et Lincoln installe difficilement l’abolition de l’esclavage. Les amours homosexuels sont des tares. Il faudra des milliers de lunes pour apaiser ses tensions. Ces milliers de lunes, siège de notre mémoire, de la transmission. Le récit de Sébastian Barry est graphiquement scandé par la pleine lune, les croissants de lune et la nouvelle lune. Cette graphie modèle le temps du roman et l’intègre dans la durée, que ce soit le passé, le présent ou le futur. Le cycle de la lune est millénaire comme les âmes les traditions lakotas . » Que le monde soit un lieu étrange et perdu n’était pas la question. Qu’il n’y ait aucun endroit sur terre sans danger, c’était la decouvrte de chaque instant. Que des âmes
m’aiment et que des coeurs veillent sur moi était une évidente vérité » ( page 237 ) .
Il est l’auteur de pièces de théâtre (Boss Grady’s Boys, The Steward of Christendom, Hinterland), de romans (Macker’s Garden, The Engine of Owl-Light, The Whereabouts of Eneas McNulty…) et de poèmes, publiés depuis le début des années 1980.
Barry atteint véritablement la notoriété en 2005 avec Un long long chemin (A Long Long Way), histoire de soldats irlandais engagés dans la Première Guerre mondiale : le roman est sélectionné pour le Man Booker Prize for Fiction.
La consécration est venue en 2008 avec Le Testament caché (The Secret Scripture) qui a pour protagoniste une centenaire enfermée depuis sa jeunesse dans un asile pour avoir « fauté ». Ce livre est lauréat du prix James Tait Black et du prix Costa 2008.
Souvent inspirées par des histoires de sa propre famille, les œuvres de Barry ont pour thèmes le mensonge, ou plutôt la vérité telle qu’elle est interprétée par chacun, la mémoire et les secrets familiaux. Leur décor est pour la plupart celui de l’Irlande au moment de son indépendance (1910–1930).
En 2016, Sebastian Barry publie Des jours sans fin, dédié à son fils gay Toby1. Dans ce roman, l’hebdomadaire Télérama estime que « l’écriture de Sebastian Barry se métamorphose en épopée lyrique pour décrire la boucherie des champs de bataille mais aussi la beauté des grandes plaines au soleil couchant »2. Le roman vaut à Sebastian Barry un second prix Costa, faisant de l’auteur le seul romancier à avoir reçu cet honneur à deux reprises.
Cent millions d’années et un jour m’avait transporté par sa magie, sa poésie, à la recherche du temps perdu et des rêves de notre enfance. Ma reine m’avait emporté par sa tendresse, l’imaginaire et toujours sa poésie. Des diables et des saints m’a emmené dans les mêmes contrées mais surtout dans celles du temps perdu, de l’enfance et de nos rêves . De nos jours un homme joue du piano dans les lieux publics. Il ne joue que du Beethoven. Il ne joue que dans les gares et les aéroports. Depuis 50 ans il attend quelqu’un qui descendra d’un train, d’un avion. Il ne sait quand. Il s’appelle Joe et sa vie a basculé le 2 Mai 1969. C’est une longue histoire qui a commencé il y a 50 ans dans un orphelinat austère au fond d’une vallée des Pyrénées : Les Confins. Confins :Partie d’un territoire situées à son extrême limite et à la frontière d’un autre. Le confins n’est pas seulement géographique. Il est aussi celui du bien et du mal, des diables et des saints et de l’enfance. L’enfance, fondation de notre vie. L’enfance dans un orphelinat pensionnat catholique au service de Dieu. Tous sauf un paradis. Un enfer. L’enfance avec la découverte de l’autre, les amitiés, la confrontation avec les adultes, la découverte du sexe opposé. C’est au fond de cette vallée, aux Confins, que le destin de Joe va s’inscrire. Le sujet n’est pas nouveau. Il a était souvent traité. Mais Jean Baptiste Andrea le traite magnifiquement avec pudeur, émotion et justesse. Des moments suspendus pouvant être durs mais aussi lumineux comme la naissance d’une amitié , d’une société secrète La Vigie. Et que dire des moments suspendus auprès des premiers émois amoureux, ou le long d’un clavier tempéré jouant la sonate N°24 de Beethoven. L’insouciance de l’enfance, l’enfance maltraitée, la recherche du temps perdu, la recherche d’un amour, tout est initiatique et Jean Baptiste Andrea nous entraîne sur ce chemin aux confins de notre vie . Quelle limite et quelle frontière à été notre enfance ? Quelle fidélité gardons nous a nos années initiatiques ?
En Mars 2021, est sorti le nouvel album de Feu Chatterton. Dans celui–ci une chanson intitulée » Aux Confins « Elle répond en écho au roman de Jean Baptiste Andrea.
Aux confins des contraires À la frontière où tout est lié Dans le pré où soucis et pensées cohabitent Aux confins des contraires Quand la matière se met à trembler Dans le pré où soupirs et pensées ressuscitent La peine, la joie, la douleur et l’ennui On s’est fardés au milieu de la nuit T’en souviens-tu? T’en souviens-tu? On s’est grimés ensemble Tu m’as dit Adieu, je m’en vais Je pars, je défais la laisse Que mon âme soit lavée ce soir Qu’au matin je renaisse Aux confins des contraires Dans la clairière où tout est criblé Retrouvons la pièce esseulée du puzzle Aux confins des contraires À la lisière où l’on s’est plié Dans le pré où soupirs et pensées coagulent La peine, la joie, la douleur et l’ennui On s’est fardés au milieu de la nuit T’en souviens-tu? T’en souviens-tu? Adieu, je m’en vais Je pars, je défais la laisse Que mon âme soit lavée ce soir Qu’au matin je renaisse Adieu, je m’en vais Je pars, je défais la laisse Que mon âme soit lavée ce soir Qu’au matin je renaisse.
J’avais 14 ans en 1969 et comme Joe j’ai vécu pendant trois ans dans un pensionnat. Pas pour les mêmes raisons et pas dans les mêmes conditions Mon père professeur est devenu directeur académique d’un pensionnat catholique, tenu par des religieux. Il y avait besoin d’une personne ayant à minima une maîtrise afin de représenter le pensionnat auprès du rectorat. C’était mon père. Il a été confronté aux mêmes dérives qu’à l’orphelinat des Confins. Le directeur religieux faisait régner la terreur. Lors des récréations il circulait dans la cour du pensionnat avec 2 bergers Allemands. Un mur de chaque classe était fait d’une vitre sans tain afin d’espionner professeur et élèves. Il y avait un professeur vietnamien obsédé par ce qu’il avait vu de la guerre dans son pays. Le soir il venait chez nous et supplié mon père afin de dormir sous un lit pour se protéger des bombes. Au vu de ce qui se passait, les pensionnaires entamèrent une grève de la faim. Mon père l’a soutenu et en averti le diocèse afin de mettre à l’écart la direction religieuse. Cela fut effectif et pendant 3 ans ce pensionnat fut dirigé par mon père et des laïcs, Il ferma ses portes trois ans après par manque d’élèves J’y ai vécu trois années majuscules de mon adolescence, entre amitiés, sociétés secrètes, activités sportives. Mes copains venaient de la France entière. Ils n’étaient pas orphelins, mais ils étaient pensionnaires pour l’année scolaire. Ils arrivaient en Septembre. Ils repartaient aux grandes vacances. Il me reste la nostalgie de ce qui a construit ma vie
Le titre énigmatique du livre ainsi que la phrase l’accompagnant ( Histoire d’un père, d’un fils, et de la créature la plus mystérieuse du monde animal ) m’ont donné envie de me lancer dans le livre de Patrick Svensson. Bien m’en a pris ! Le livre de Patrick Svensson est un concentré sur la vie des anguilles mais aussi la mise à nu de la relation entre l’auteur et son père. le livre basculant avec bonheur de l’un à l’autre. Pour qui ne connaît pas sur le bout des doigts la vie de l’anguille, le premier chapitre en quelques pages nous rappelle ce qu’est la vie de l’anguille. Je fais court. Elle nait au milieu de L’Atlantique dans la Mer des Sargasses. Elle a la forme d’une petite feuille de saule qui va se laisser dériver jusqu’aux côtes européennes où elle devient une civelle. Devenue civelle elle remonte fleuves, rivières et étangs en se transformant en anguille. Là, elle restera des années avant de vouloir se reproduire. Et pour se reproduire elle reprendra la direction de la Mer des Sargasses, où reproduction faite, elle mourra. Patrick Svensson a vécu son enfance en Scanie dans le Sud de la Suède, et le Sud de la Suède est l’un des lieux de vie de l’anguille. Enfant, avec son père, il allait régulièrement pêcher les anguilles. Simultanément l’auteur va nous révéler l’aventure scientifique de l’anguille et la relation intime avec son père . Par petites touches délicates, Patrick Svensson va nous dévoiler comment les mystères de l’origine de l’anguille parle du mystère que chacun porte en soi :celui de notre propre origine et du sens même de la vie. Avant d’en arriver aux dernières pages du livre, bouleversantes, nous aurons appris qu’Aristote pensait que les anguilles se créait elle même à partir de la vase, que Freud à disséquer en vain les anguilles afin de leur trouver un sexe! Tout aussi sérieusement , aucun scientifique n’a trouvé une anguille adulte dans la Mer des Sargasses. Et pourtant. Depuis 20 ans il est indéniable que l’anguille nous quitte. Elle est un marqueur important de la sixième extinction de masse . Pourtant l’anguille paraît éternelle, elle existe depuis que le monde est monde. Elle peut rester hors de l’eau des heures paraître morte et ressusciter au contact de l’eau. L’anguille reste un animal dont nous ne connaissons pas grand chose. Il faut croire…. comme pour notre propre origine. L’ Évangile des Anguilles, un titre on ne peut mieux trouver pour nous parler des hommes.
Patrik Svensson, né en 1972, a grandi dans une petite ville du nord-ouest de la Scanie, dans le sud de la Suède, non loin de ce qu’on appelle souvent « la côte des anguilles ». Passionné dès son enfance par le monde naturel et animal, il a fait des études de littérature puis est devenu journaliste, spécialisé dans les arts, la culture mais aussi la recherche scientifique. Best-seller traduit dans plus de 30 pays et lauréat du prix August, le « Goncourt » suédois, L’Évangile des anguilles est son premier livre.
Voici un roman de quelques 740 pages se déroulant entre 1472 et 1525. Nadeije Laneyrie-Dagen professeur d’histoire de l’art nous entraîne à sa suite de l’Espagne à Londres, de Séville à Florence, de Blois à Londres ou encore de Wittenberg au Nouveau Monde. Nous croiserons Christophe Colomb, Amerigo Vespucci,Savoranole, François 1er, Martin Luther , les Medicis, la future Marie Stuart. Pour nous faire entrer dans cette époque Nadeije Laneyrie-Dagen nous fait connaître deux frères qui vivent en Espagne au bord de la Mer Cantabrique. Ils vivent au sein d’une famille juive. Dans l’Espagne de la fin du 15ème siècle, les massacres de Juifs s’intensifient. Les deux frères sont envoyés par leurs parents sur les routes afin d’éviter ces massacres. L’ un des frères rencontrera sur sa route Amerigo Vespucci et deviendra marin et cartographe. L’autre deviendra médecin et plus particulièrement celui de Martin Luther, initiateur du protestantisme. A travers un prologue, quatre époques et un épilogue Nadeije Laneyrie-Dagen nous fait traverser l’Europe du Nord au Sud. Elle prend le soin de nous présenter pour chaque époque les personnages principaux afin de ne pas nous perdre. Car la fresque se veut grandiose couvrant ce début du 16 ème siècle secoué par les guerres de religion, l’arrivée des musulmans en Espagne, la découverte du Nouveau Monde et l’esclavage. A cela vous ajoutez les histoires d’alcôves, les mariages forcés entre les différentes cours d’Europe. Nous voici devant un roman fleuve, impressionnant par les sujets abordés et la connaissance de l’époque . Malheureusement cette abondance fait que l’on reste en superficialité sur certains thèmes et personnages. J’attendais un approfondissement plus important sur le début du protestantisme ou encore sur Florence. J’ai trouvé le roman trop didactique, et donc parfois lent, se perdant dans les histoires d’alcôves, ou de cours. Je trouve qu’il manque un souffle romanesque à ce roman. Pourtant ces deux frères compagnons de route de Martin Luther et Amerigo Vespucci auraient mérité plus d’épique. Reste un roman bien posé sur la ligne de temps entre 1472 et 1525.
Nadeije Laneyrie Dagen a été élève à l’École Normale Supérieure de Sèvres. En 1989 elle commence sa carrière universitaire à l’université de Lille III, puis entre 1994 et 2003, elle travaille au sein du département d’histoire de l’ENS.
Ils sont rare les livres qui vous laisse une émotion aussi forte. Être happé par ce roman et au détour d’une page, laisser libre cours aux émotions, et laisser vos yeux devenir humides. Voilà ce qu’est Betty. Coup de coeur incontestable. Coup au coeur simplement et totalement. Betty est la mère de l’auteure Tiffany McDaniel. Elle est née en 1954 dans l’Ohio d’une mère blanche et d’un père cherokee. Comme l’annonce Tiffany McDaniel, » ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais celle de la Petite Indienne « Mais la vie de Betty n’est pas que danse, chant et éclat de lune. Elle est surtout rythmée par divers violences issues de sa famille et de la société. Elle sera confrontée à l’inceste, au viol, au handicap, au racisme, à la mort. Elle sera confrontée à son statut de femme et de femme Cherokee. Tiffany McDaniel nous fait découvrir cette famille de huit enfants et nous trace le chemin d’émancipation de Betty. C’est un chemin initiatique, féministe, d’une beauté tragique. Le poignant chemine de conserve avec la normalité tout comme avec le brutal et la poésie. Et sur ce chemin avance des enfants avec leurs secrets, leurs rêves, leurs peurs. Betty est un livre de femmes , de sororité mais aussi le livre de la relation de Betty avec son père Cherokee Landon. Un père bienveillant faisant vivre le monde par la nature, l’altruisme, l’ouverture. Les moments entre le père et la fille sont magnifiques. Dans ses dialogues et descriptions Tiffany McDaniel touche juste émotionnellement. Juste une interrogation concernant ce père : comment n’a t il pu avoir connaissance des violences familiales. La Petite Indienne telle une chrysalide deviendra Betty. Pour cette métamorphose elle aura pu compter sur Trustin, Lint, Fraya, Flossie. Des frères et des soeurs qui eux aussi auraient pu être au centre de l’histoire. Par son écriture, sa poésie ce livre est lumineux. Par son écriture, sa poésie, sa violence ce livre est poignant. Par ces personnages ce livre est terriblement humain Par la culture Cherokee ce livre est naturel. Je chemine encore avec un convoi d’ange portaient par des frères, des soeurs, et des mains noires dessinées afin que l’ange en question puisse les trouver utiles lorsqu’ il aura le ciel pour toile.
Quatrième opus des aventures du Consul Aurel Timescu. Après avoir écumé la Guinée, le Mozambique et l’Azerbaïdjan, notre consul se retrouve dans la fictionnelle principauté de Starkenbach entre Suisse, Allemagne et Autriche. Son Altesse la Princesse de Starkenbach à manqué à tous ses devoirs en disparaissant .Son mari,le prince consort est dans tous ces états. Sur recommandation d’un ancien ambassadeur, Autel Timescu est mandaté en principauté pour retrouver la Princesse. Comme à l’habitude notre brave consul denouera les fils de cette histoire au son de son piano et dans les volutes de vin blanc et de Tokay. Malheureusement cette histoire n’a pas le charme des trois précédentes. Est le choix d’une principauté d’opérette ? d’ une intrigue bien légère ? d’une langueur et longueur dans le roman ? Est ce un manque d’exotisme ? Le tout certainement. En tout cas La princesse au petit moi reste un petit roman. Jean Christophe Rufin nous avait habitué à mieux. Le monde des ambassades dans des pays éxotiques lui sied mieux que les palais royaux d’une principauté. Il semblerait qu’Aurel Timescu soit en partance pour Obock. La corne de l’Afrique, la Mer Rouge. Tout cela est prometteur. Aurel ne saurait nous décevoir deux fois de suite. Alors en attendant, que diriez vous d’un bon verre de Tokay
Dernières phrases du roman Kérosène d’ Adeline Dieudonné : » Une station service le long de l’autoroute. 7ne nuit d’ete…. Il n’y a maintenant plus que onze personnes presentes à cette heure précise. D’autres arriveront. Toutes repartiront. Ici on ne fait que passer. » Et bien, moi de même je n’ai fait que passer dans le roman d’Adeline Dieudonné. Adeline Dieudonné nous dépeint un microcosme à un moment et en un lieu donné. Ce microcosme est à l’unisson et reprenant les mots de l’auteur , c’est pisseux, c’est merdeux . Les corps, les odeurs, le sang, le sexe ne sont jamais loin. A aucun moment cette galerie de personnages n’emporte l’adhésion et encore moins la moindre empathie. Je suis resté totalement indifférent à ce que vivent les protagonistes. J’ai ressenti une sourde violence couplée à des personnages extravertis vulgaires. C’est glauque et cruel. Cette nuit d’été dans une station service le long de l’autoroute est totalement vaine. Déception de A à Z