Portrait huaco n’est pas un roman. Gabriela Wiener est une journaliste et éditorialiste péruvienne vivant en Espagne. Portait huaco est son premier texte. Gabriela Wiener nous livre un texte âpre, cru, voir violent. Ce texte est servi par une écriture puissante et nerveuse. Dans le cadre de son travail, Gabriela Wiener est à Paris et va visiter le musée du Quai Branly. Elle est ébranlée par deux choses : d’abord par une statuette préhispanique en céramique représentant un visage indigène. Puis par le nom de la salle du Musée : Charles Wiener. Charles Wiener qui est l’arrière- arrière-grand-père de l’autrice. Charles Wiener est un explorateur du 19ème siècle qui a failli découvrir le Machu Picchu mais qui est surtout un pilleur d’objets inca . Pour Gabriela Wiener c’est le début d’une recherche sur son passé et ce qu’elle est. Réflexion sur le deuil, la famille, la bâtardise, le désir, le sexe. Cette réflexion peut nous bousculer car Gabriela Wiener ne cache rien de ces addictions sexuelles, ni des différences de cultures, de race. Idem pour le colonialisme et le post colonialisme Néanmoins il reste la force d’un texte vivant sur l’identité, sur nos filiations, nos dérives, nos vulnérabilités peut être. Une découverte étonnante. Merci aux Editions Métailié et à la Masse Critique de Babélio pour cet envoi
Gabriela Wiener, née à Lima en 1975, est considérée comme l’une des meilleures écrivaines latino-américaines de sa génération. Connue comme journaliste et écrivaine de narrative-non-fiction, son premier roman, Portrait huaco, en cours de traduction dans de nombreux pays, est considéré comme l’un des meilleurs livres parus en 2021. Elle fait partie du groupe des nouveaux chroniqueurs latino-américains. Elle s’est installée en Espagne depuis 2003.
Peut on parler de biographie de Maurice Ravel ? A proprement parlé, non. D’ailleurs l’auteur nous l’indique rapidement. Michèle Lhopiteau-Dorfeuille a été marquée par le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel, et par le fait que son oeuvre reste méconnue du grand public. De plus cette oeuvre est numériquement modeste. Globalement , Maurice Ravel a écrit des pièces courtes , ce qui permet de mettre en avant cette oeuvre grâce aux QR codes. C’est la très bonne idée de ce livre. Avoir la possibilité d’écouter et de voir des documents. Cela me semble être la seule bonne idée. Malgré une table des matières et des chapitres nombreux, j’ai eu l’impression constamment de passer du coq à l’âne. Un premier chapitre chronologique reprenant des éléments historiques, biographiques et musicaux, puis des chapitres passant de l’oeuvre pour piano à l’art d’apprivoiser les fausses notes puis à l’enfance du musicien ou encore les voyages de Ravel. Cela reste un livre érudit pour mélomane averti. Il y a sûrement d’autres livres plus simples pour découvrir Maurice Ravel. Reste néanmoins le plaisir d’écouter les pièces pour piano de Ravel ( le tombeau de Couperin – Pavane pour une infante défunte ) et ne pas réduire le musicien au Boléro. Dernier point concernant l’éditeur : Comment faire une couverture aussi médiocre, triste et funèbre. rien de bien engageant !. En synthèse une lecture décevante qui n’entame pas le plaisir de l’écoute de l’oeuvre de Ravel.
Michèle Lhopiteau-Dorfeuille est un professeur de musique et chef de chœur qui depuis 1998 écrit également des guides d’écoute accompagnés de CD audios, destinés aux mélomanes adultes désireux d’approfondir leur connaissance dans tel ou tel domaine de la musique classique. Elle est, depuis 2010, membre du Comité de Rédaction de la revue parisienne « l’Éducation Musicale ».
Oscar Martinez , journaliste salvadorien nous livre un témoignage poignant, bouleversant et exceptionnel sur son métier et la façon de le faire. Le titre de cet essai est clair : les morts et le journaliste. Le Salvador petit pays d’Amérique Centrale est gangréné par la violence des gangs ( pandilla ) et la pauvreté de sa population. le nombre d’homicide annuel est supérieur à 100 pour 100 000 habitants. Dans tous les quartiers les plus chauds de la planète , ce nombre dépasse à peine 50 pour 100 000 habitants. Le titre du premier chapitre annonce la couleur : lisez ou laisser tomber. et Oscar Martinez de continuer : « La fin, je vous l’ai déjà racontée :les cadavres démembrés de trois frères salvadoriens jeunes et pauvres ont été retrouvé dans un champ de canne à sucre sans nom. si vous décidez de ne pas me lire, je vais vous éviter de tourner les pages . La dernière ligne de ce livre sera la suivante :Il y a des morts. Point. « Ces trois frères salvadoriens sont des sources d’Oscar Martinez. Ces trois frères ont décidé de témoigner et ces témoignages seront la cause de leur mort à venir. Dans son essai, Oscar Martinez va entremêler le regard qu’il porte sur les faits et témoignages ainsi que ces réflexions sur ce qu’est le journalisme . A tout moment cela est éloquent , qu’il s’agisse de la violence de la société salvadorienne ou qu’il s’agisse de la réalité du journalisme. Tout devient universel. Que ce soit le sort d’un paysan d’un enfant , du membre d’un gang ou d’un journaliste. Cet essai nous rappelle les risques et les raisons du métier de journaliste. Ce rappel est salvateur, brutal mais tellement pertinent. » Tellement de journalistes l’ont dit. Notre travail ne consiste pas à être à l’endroit indiqué à l’heure indiquée. Ca, c’est le boulot des livreurs de pizzas ou de trains. Notre travail implique d’autres verbes : comprendre, expliquer, dévoiler, révéler, affirmer, questionner. » « Je crois que journaliste, ce n’est pas le plus beau métier du monde. C’est juste un slogan. Ne le répétez pas., remettez le en cause « « L’honnêteté est un lieu commun. Sois honnête, sois honnête, sois honnête. C’est ce qu’on appelle enfoncer une porte ouverte. Etre honnête c’est surtout être brutal. Etre honnête c’est quelque chose qui se gagne. Si l’honnêteté ne bouleverse pas le journaliste qui la propose, ce n’est pas de l’honnêteté, c’est tout au plus de l’angélisme ou de l’hypocrisie: je veux te sauver, je veux que le monde connaisse ton histoire, je veux changer ce monde, je veux la justice… Ce n’est pas la même chose de dire à une source que tu veux raconter son histoire que de dire que tu veux le faire sans que cela signifie en aucune façon lui sauver la vie «
Oscar MARTÍNEZ est un journaliste d’investigation et écrivain salvadorien qui travaille pour elfaro.net, journal en ligne spécialisé sur les sujets de violence, migration et crime organisé. Il a remporté de nombreux prix tout au long de sa carrière, notamment le prix Fernando Benítez de journalisme, le Prix des droits de l’homme et le Prix international de la liberté de presse.
Ce livre est un essai philosophique qui tente de redonner un ancrage spirituel à nos relations , attentions et égards auprès de la Terre. Le sous titre du livre le confirme : Exercices spirituels d’attention à la terre et à ceux qui l’habitent. Jean Philippe Pierron inclut tout cela dans un mot : l’Ecospiritualité. C’est un essai exigeant qui traite du lien de l’homme au monde , à la nature, au différents vivants. Cet essai est une réflexion sur l’écologie profonde. « L’écologie profonde concerne nos attitudes originaires, personnelles ou collectives, qui nous font considérer la nature non pas comme un bien à exploiter mais comme un partenaire avec lequel se relier. En revenant à cette dimension relationnelle et en l’envisageant d’une manière spirituelle, il s’agit de travailler sur les racines de la crise écologique » P.32. L’écologie ne doit pas être présenté en termes techniques car la solution ne sera que technique. on risque une écologie de réparation et non une écologie de fondation. L’écologie profonde doit être une conversion. L’écologie profonde c’est le sens et la place que nous donnons à » l’être humain » sur la Terre. C’est cette idée que va brasser l’auteur en nous parlant de prière , de méditation mais aussi en nous faisant réfléchir sur l’attention ou encore sur la différence entre individualisé et et individuant. Une notification Facebook nous rappelant un anniversaire est individualisée mais reste une notification. Souhaiter de soi-même un anniversaire ( même avec retard ) est une attention , un acte individuant. Reprenant le concept développer par Baptiste Morisot dans Manières d’être vivant , Jean Philippe Pierron nous parle des égards ajustés. Un exemple parlant : Dans un village , un captage d’eau. Pour le protéger, celui ci est clôturé. L’eau appartient -elle seulement aux hommes. Pourquoi ne pas la partager avec les animaux , les végétaux ? L’écospiritualité n’est pas chose facile et demande de changer nos logiciels. Alors pourquoi ne pas commencer à s’imprégner du vivant autour de nous. Des méditations de pleine conscience pour faire travailler ces cinq sens : la vue , l’odorat, le goût, le toucher, l’ouïe. Un petit bémol suite à la lecture de cet essai. La spiritualité sur laquelle s’appuie Jean Philippe Pierron est une spiritualité provenant de la Bible , des Ecritures de Saint François d’Assise , de Pierre Teilhard de Chardin ou encore d’encycliques papales. Il me semble que l’écospritualité est existante aussi dans le bouddhisme, l’hindouisme, ou encore dans les tribus amérindiennes. Reste un essai salvateur , qui doit pouvoir résonner en nous afin de donner de l’attention à la Terre et aux manières d’être vivant.
Agrégé et docteur en philosophie, Jean-Philippe Pierron est Professeur de Philosophie. Ancien doyen de la faculté de philosophie de Lyon III et directeur de l’école doctorale. Désormais Professeur à l’Université de Bourgogne et membre de son comité régional d’Ethique, il centre ses recherches sur l’imagination morale autour de l’éthique médicale comme de l’éthique de l’environnement. Co-fondateur de la chaire Valeur(s) du soin, il est l’auteur de nombreux ouvrages portant sur la santé, l’écologie, le soin, ses valeurs et relations.
Avez vous entendu parler de l’astrobiologie ? Qu’est ce qu’une terre ou une planète habitable ? Quand et comment peut se développer la vie dans l’univers ? L’eau, le carbone , le méthane sont ils nécessaire à la naissance de la vie ? Voila un certain nombre de questions que pose Nathalie Cabrol dans son passionnant essai : A l’aube de nouveaux horizons. Astrobiologiste, Nathalie Cabrol dirige des projets de recherches pour la Nasa depuis 1998.t Son essai bien que très pointu se lit avec un plaisir fou . Didactique comme il le faut , le livre questionne la grande question de l’humanité : Sommes nous seuls dans l’univers ? De façon structurée Nathalie Cabrol va nous faire part de ces connaissances et de celle de la plupart des agences spatiale et astronomique du monde. D’abord et tout au long de l’essai, elle nous rappelle la différence entre l’habilité et la découverte de la vie. Prouver l’habilité d’un lieu de l’Univers est une chose assez simple pour des astrobiologistes : La distance des planètes au soleil , les marées gravitationnelles , la présence de méthane de carbone d’eau. Cette habilité ne présage pas de la vie. Il faut que des conditions spéciales permettent l’apparition de la vie. Par exemple des échanges gazeux, magmatiques entre le centre et la croûte de la planète. La tectonique des plaque fait partie de ses conditions. Jusqu’à ce jour nous sommes dans l’absence de la preuve et non dans la preuve de l’absence ( Carl Sagan) Jusqu’à il y a encore 20 ans notre questionnement s’arrêtait aux confins du système solaire et nous amenait sur Mars , Jupiter , Saturne et leurs satellites Titan Europe ou Encelade. Les nouvelles technologies spatiale ,digitale et numérique permettent maintenant de voir loin dans notre Univers. Cela a permis de découvrir des millions voire des milliards d’exoplanètes , candidates à la découverte de la vie. Chapitre après chapitre de façon passionnante Nathalie Cabrol nous fait voyager dans L Univers à la découverte de cette vie . Nathalie Cabrol ne reste pas dans sa seule vision scientifique. Spiritualité et vision holistique sont associés à la démarche scientifique.. Tout comme une réflexion prégnante sur notre planète et le réchauffement climatique. Si vous pensez que cet essai parait être trop technique pour vous , alors lisez seulement le dernier chapitre : le temps comme miroir cosmique . tout est synthétisé dans ces 20 pages et cette synthèse est traversée d’émotion et d’un amour de la vie insatiable. Quand la science et l’holistique marchent de concert !
Nathalie Cabrol, née le 30 août 1963, est une astrobiologiste franco-américaine d’origine française spécialisée dans la planétologie, et également une plongeuse extrême.
Nathalie Cabrol est connue pour ses études sur les lacs anciens de Mars, et pour ses expéditions scientifiques en haute altitude dans les Andes chiliennes en tant que scientifique principale pour le projet High Lakes Project, financé par le NASA Astrobiology Institute (NAI). Elle et son équipe y documentent l’adaptation de la vie aux environnements aux conditions extrêmes, l’effet du réchauffement climatique rapide sur les écosystèmes des lacs et leurs habitats, leurs signatures géobiologiques, et son intérêt pour l’exploration planétaire.
Elle est la chercheuse en chef de l’équipe NAI de l’Institut SETI, sélectionnée en octobre 2014 pour développer des nouvelles stratégies d’exploration et de détection de bio-signatures dans le cadre de la mission Mars 2020. Elle est nommée directrice du centre Carl Sagan pour l’Étude de la Vie dans l’Univers de l’Institut SETI.
Avec L’Afrique Noire, un rêve français, Philippe San Marco s’est lancé dans un récit documentaire de haut vol concernant la colonisation française entre 1890 et 1950. Pour ce documentaire Philippe San Marco avait un allié de poids : son grand père Paul Vazeilles qui apparait d’ailleurs dans le sous-titre du livre : Dans les pas de Paul Vazeilles, broussard de grande brousse. Ce livre document va donc suivre le parcours de Paul Vazeilles au travers de ses 15 affectations. Chaque affectation permettra à Philippe San Marco de nous interroger sur les grands points de la colonisation : assimilation , indigénat, races inférieures, esclavage et captif, santé, éducation ,islam et catholicisme. Tout cela donne un livre dense, touffu , pas toujours simple à suivre. Néanmoins les réflexions mises sur la table permettent de comprendre le monde d’aujourd’hui au travers de cette colonisation. Philippe San Marco ne m’a pas toujours convaincu dans ces explications mais il a le mérite d’amener à la réflexion. On sent dans ce document une défense de son grand père et plus largement une défense de ce qu’à apporté la colonisation au vu des théories actuelles qui la dénonce maintenant. Il est aussi intéressant et édifiant de lire les textes de Clémenceau ou Jaurès concernant la colonisation. Des phrases qu’il serait impossible d’écrire de nos jours. En synthèse un livre ardu ouvrant à une réflexion intéressante.
Philippe Sanmarco, né le 16 février 1947 à Ebolowa, est un homme politique français. Il est un ancien député socialiste des Bouches-du-Rhône il est conseiller municipal de Marseille jusqu’en 2014. De 2008 à 2014, il est adjoint PS au maire Jean-Claude Gaudin pour contrer Jean-Noël Guérini candidat à Marseille
Début de la quatrième page de couverture, Texte de Philippe Jaenada : Ce n’est pas de la tarte à résumer, cette histoire . Oh que oui ! Essayons de faire simple. 27 mai 1964 – le corps d’un enfant de 11 ans, Luc Taron est trouvé dans les bois de Verrières en Seine et Oise. Pendant un mois , un individu qui se fait appeler l’Etrangleur va inonder médias et police de plus de 50 courriers pour revendiquer le meurtre. Au bout d’un mois il se fera arrêter . Il s’appelle Lucien Léger. Il a 27 ans. Il passe des aveux circonstanciés. Un an et demi après il est condamné à la prison à perpétuité. Il sera pendant très longtemps le plus vieux prisonnier français. Il restera 41 ans en prison jusqu’en 2005. Lucien Léger mourra en 2008. Fermez le ban comme dirait Philippe Jaenada. Cela ne mérite pas, à première vue un livre de 750 pages. C’est mal connaitre Philippe Jaenada. Comme dans la Petite Femelle , la Serpe , Philippe Jaenada va minutieusement reprendre tous les éléments de ce fait divers. Et comme toujours, il va intriquer sa vie personnelle dans cette enquête. Fidèle à ses habitudes d’écriture les disgressions sont encapsulées dans de multiples parenthèses où l’humour vaut bien la longueur des parenthèses. Reste que ce livre est un monument de documentation que Philippe Jaenada déstructure pour nous dire que les monstres ne sont pas obligatoirement où c’est le plus évident. Dans cette société des années 60 encore proche de la fin de la Deuxième guerre mondiale, les Trente Glorieuses semblent très loin. Philippe Jaenada nous dresse un portrait saisissant de cette époque en démontant point par point la réalité de tueur de Lucien Léger. Il nous livre des pages étonnantes sur la réalité humaine d’Yves Taron , père du petit garçon tué. Il fait apparaitre des personnages au double jeu inquiétant tel Jacques Salce. Il n’exonère pas Lucien Léger de ses responsabilités. Tout comme il n’oublie pas de nous montrer les terribles ratés ( volontaires ?) des différents enquêteurs et commissaires. Malgré les incohérences du dossier , aucune demande de révision de procès n’aboutira. Et puis il y a Solange, la femme de Lucien Léger . Bout de femme ballotée par la vie et de santé fragile. Fragilité de santé que l’on assimilera rapidement à une maladie mentale. Solange qui restera fidèle à Lucien. Solange , l’inverse d’un monstre. Je suis sorti de ce livre un peu cassé par temps de noirceur, de folie , de mensonges , de monstres. Tant de vies bousillées. Cela reste une expérience de lire Philippe Jaenada et je ne la regrette pas. Reprenant la quatrième de couverture de Philippe Jaenada : Dans cette société naissante qui deviendra la nôtre, tout est trouble, tout est factice. Quel terrible constat.
Philippe Jaenada est né à Saint-Germain-en-Laye où ses grands parents maternels possèdaient le restaurant Le Grand Cerf. Issu d’une famille de pieds-noirs récemment revenue d’Algérie, il a grandi dans une banlieue pavillonnaire de Morsang-sur-Orge dans l’Essonne1. Après des études scientifiques, il s’est installé à Paris en 1986 où il enchaîne les petits boulots pendant plusieurs années2. Sa première nouvelle est publiée en 1990 dans L’Autre Journal. Les sept premiers romans de Philippe Jaenada sont d’inspiration autobiographique. Outre ses livres, il écrit des articles pour le magazine Voici3. Avec sa compagne Anne-Catherine Fath, ils ont un fils, Ernest. Habitant le 10e arrondissement, il a ses habitudes au Bistrot Lafayette4.
Dans un style souvent humoristique, Philippe Jaenada se raconte dans ses sept premiers romans largement inspirés par sa propre vie. Il y raconte les péripéties d’un Parisien toujours muni de son sac matelot et habitué des bars de quartier « dans un déluge de phrases, de parenthèses, de digressions, avec un esprit d’une vivacité peu commune qui ne cesse de jouer à saute-mouton. Dans le drame, il n’oublie jamais la dérision, se mettant en scène en train d’écrire comme un forcené5. » Il se tourne vers le fait divers dans ses ouvrages suivants : Bruno Sulak (Sulak), Pauline Dubuisson (La Petite femelle) et Georges Arnaud (La Serpe, inspiré du triple assassinat du château d’Escoire). Tout en conservant son style caractéristique et ses anecdotes autobiographiques, il entreprend pour ces trois ouvrages un important travail de recherches archivistiques6.
Ces ouvrages lui ont valu de recevoir divers prix littéraires, notamment le prix Femina en 2017 pour La Serpe7.
En descendant la rivière est une compilation de 11 textes ou nouvelles écrites par Edward Abbey dans les années 1980. Elles sont éditées pour la première fois en français en 2021 par les Éditions Gallmeister. Merci à elles ! Edward Abbey, américain, disparu en 1989 est l’un des grands personnages de la contre culture et l’écologie radicale. Son roman le plus célèbre devenu culte, le gang de la clé à molette, est un creuset de contre culture et d’écologie radicale. Edward Abbey est l’un des plus grands écrivains de l’Ouest Américain, qu’il s’agisse de parler des déserts, des canyons et rivières mais aussi des barrages et des effets néfastes de l’homme sur la nature. Nous retrouvons ces thèmes sans les 11 textes formant En descendant la rivière. Ces textes écrits dans les années 1980 n’ont pris aucune ride ! Bien pour la lecture mais inquiétant pour la prise de conscience insuffisante de la place de l’écologie et de la nature sur notre planète. L’un des textes les plus long nous met en présence de Henry David Thoreau naturaliste et philosophe américain du 19 ème siècle. Un écologiste radical de la veine d’Edward Abbey. Mais surtout un homme de conviction, qui marque encore de nos jours par ses écrits et positions contre l’esclavagisme. A côté de ce texte fort, quelques textes courts pour nous parler de l’ours, du faucon crécerelle et des rivières et des canyons. En ayant toujours à l’esprit la grandeur de la nature et sa beauté Un petit bémol : Edward Abbey est américain ; donc quelque soit les situations America First. Cela dénature le propos quelquefois. Mais cela reste mineur. En descendant la rivière reste un livre salutaire qui interroge sur notre place et sur les motivations de nos dirigeants et de nous mêmes.
Edward Abbey, né le 29 janvier 1927 à Indiana dans l’État de Pennsylvanie et mort le 14 mars 1989 à Tucson dans l’Arizona, est un écrivain et essayiste américain, doublé d’un militant écologiste radical.
L’appel du cacatoès noir à été écrit en 2009 par John Danalis. Il vient d’être édité et traduit en français par une petite maison d’édition Marchialy. John Danalis est un auteur et illustrateur australien. C’est son premier récit traduit en français. Nous sommes dans le récit, dans un récit de restitution. Depuis 40 ans John Danalis a grandi avec un crâne posé sur une étagère dans le salon de ces parents. La famille a même donné un nom à se crâne Mary. C’est seulement à 40 ans que John Danalis comprend l’horreur de la situation. Ce crâne appartient à un aborigène. Son père, vétérinaire, a longtemps parcouru le bush pour soigner les troupeaux. Lors de l’une de ses visites , à Swanhill, le père de John Danalis avait découvert les fours de campement ou coquilliers de plus de deux kilomètres de long. Ces coquilliers fournissaient un matériau bon marché, à drainage rapide, pour confectionner des revêtements de route. Des coquilliers entiers, qui souvent comprenaient des sites funéraires, furent excavés et convertis en route de campagne. Le crâne de Mary vient de là. Sa prise de conscience faite, John Danalis n’à plus qu’une obsession : rendre Mary à son peuple. Ce récit va nous permettre de suivre John Danalis dans sa recherche de l’histoire ancienne de l’Australie. Cela ressemble à une quête avec des rencontres, des certitudes qui vacillent et de profonds changements dans la vie de l’auteur. Pour nous lecteurs c’est la découverte du monde aborigène, de leur cosmogonie désigné sous le nom de Temps du Rêve. C’est le rappel que ce peuple indigène à été spolié de ces terres et de la mémoire des anciens. Que penser des musées qui dans leurs réserves conservent des centaines de milliers d’ossements ainsi que des milliers de lancés aborigènes. De jeunes aborigènes ont repris le flambeau et partout où ils le peuvent, ils mettent en place des cérémonies de réenterrement des ossements de leurs ancêtres. Sans haine, sans vengeance mais avec des remerciements pour les personnes qui permettent ce retour en Terre aborigène. Le crâne de Mary est retourné en terre aborigène après des cérémonies d’une grande émotion. Yangurr waletya waletya ati Werreka aty lar Kayi kuthup Yangurr waletya waletya ati Ngaliyuk wawimpa kutnyuk Werraka aty lar kumba Nguteyuk kurruk pa yemin yemin Kayi kuthup kayi kuthup kayi kuthup Nous venons à toi, nous nous présentons à toi Pour te ramener au pays Je suis désolé Nous venons à toi, nous nous présentons à toi Notre frère, notre soeur Pour te ramener au pays, reposer et dormir Ton pays et lieu de ta sépulture Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé WARPA WOY Chant de réenterrement Jida Gulpilil. Un récit qui m’à touché par sa simplicité, sa sincérité. Un récit qui nous parle d’ouverture, de recherche de la différence. Un récit qui nous parle de nos racines à chacun. « Je me sentais juste bien. Comme si j’étais à ma place. Comme si j’étais rentré au pays » Cette plume de cacatoès noire, animal totem pour les aborigènes Wemba Wemba est venu jusqu’à nous. Si vous la rencontrer dans une librairie ou une médiathèque, faites lui une petite place.
John Danalis est un auteur et illustrateur australien. L’Appel du cacatoès noir est son premier récit publié en français. « La quête émouvante d’un homme qui cherche à restituer un crâne aborigène. »
La danse du cacatoes noir . Animal totem des Aborigènes Wamba Wamba.
L’inconnu de la poste s’est avant tout quelques souvenirs au long des années. Tout d’abord le souvenir de cet adolescent, Gérald Thomassin, qui reçoit le César du meilleur Espoir pour le film le petit criminel. Puis le souvenir d’un flash infos indiquant que l’acteur Gérald Thomassin avait été arrêté pour le meurtre d’une postière à Montréal la Cluse dans l’Ain. Encore un autre flash infos indiquant que Gérald Thomassin ne s’était pas présenté à une confrontation et que depuis il avait disparu. Enfin, une ligne de journal pour dire qu’une ordonnance de non lieu à été prononcé en faveur de Gérald Thomassin. Donc, une histoire cinématographique et judiciaire un peu connue mais avec beaucoup de flous. Et puis le livre de Florence Aubenas pour mettre en place toutes les pièces du puzzle. Et la magie opère. Nous sommes chez Chabrol ou Simenon. D’abord l’atmosphère du territoire. Cet endroit reculé de l’Ain, cette cluse entre Lyon et Genève, au pied des montagnes et des sombres forêts de sapins. Pays rural de fermes, d’élevage qui va se transformer à la fin du vingtième siècle en Plastic Vallée. Et dans ce territoire un microcosme local. D’abord Raymond Burgod, le potentat de Montréal la Cluse. Ancien Premier adjoint devenu secrétaire de mairie. Incontournable. Imbu de lui même. Possessif envers sa fille unique Catherine. imposer un mariage lui paraît naturel. Catherine, donc sa fille, la quarantaine, mariée, deux enfants. Postière de son état. Mariée mais en instance de divorce. Toute sa vie est à Montréal la Cluse, dont toutes ses copines qui viennent tous les matins passer un moment dans l’arrière salle de l’agence postale. Catherine est une belle femme, toujours bien habillée, mais dépressive du fait de son divorce. Les copines ont tôt fait de l’emmener en boîte de nuit. Catherine a tôt fait de retrouver un amoureux. Dans cette ville de Montréal la Cluse, il y a aussi, quelques jeunes désargentés, déjantés, accro à l’alcool et à la drogue . Montréal la Cluse est un point de deal entre Lyon et Genève. Les caïds sont à Lyon ou Genève, les petits dealers à Montréal la Cluse. Et c’est dans ce microcosme que va venir s’installer l’acteur et comédien Gérald Thomassin. Enfant de la Ddass, lui aussi en proie à la dépression, l’alcool, la drogue et le suicide. Il va s’installer dans un studio en sous sol, en face de l’agence postale. Juste un soupirail pour entrevoir l’agence. Et dans ce studio vont défiler les déjantés et accros de Montréal la Cluse.
Un matin, quelques jours avant Noel 2008, Catherine Burgod est retrouvé morte dans l’arrière salle de l’agence postale. Elle a reçu 28 coups de couteaux. le contenu du coffre fort s’est envolé mais pas le sac à main de Catherine Burgod. Florence Aubenas à passé de long mois dans le Haut Bugey pour s’imprégner de l’atmosphère de cette région mais aussi pour rencontrer les protagonistes de cette affaire criminelle. Ce n’est pas un livre sur Gérald Thomassin. C’est un livre dans lequel il est l’un des protagonistes. Le talent de Florence Aubenas est de nous restituer une chronique judiciaire avec beaucoup d’humanité quelque soit les personnages. Qu’il s’agisse des potentats locaux, des petites frappes ou encore des directeurs de casting ou réalisateurs de cinéma. Un peu à la fois apparaît en filigrane, cette société a deux vitesses, Paris et la province, mais aussi les laissés pour compte de notre monde libéral. Florence Aubenas ne prend pas partie. Elle donne à chacun son éclairage, ses vérités, ses blessures. Elle donne des surnoms : Tintin, Rambouille, le Nain, le Nouveau, le Futur Ex…… Toujours avec humanité. Comme dans Simenon ou Chabrol, elle ausculte la société et décrit ses travers. C’est souvent noir, caustique. A chacun de faire son avis . L’âme humaine est complexe.