Tous les articles par alain deroubaix

Les Rêveurs d’Isabelle Carré. Grasset 💛💛

Les Rêveurs par Carré

Les rêveurs est le premier roman de l’actrice Isabelle Carré.
Je reste sur une impression mitigée. Autant le début du livre m’a interpellé, questionné , autant dans la deuxième partie j’ai trouvé cela long et un peu trop nombriliste.
Pour tout dire la lecture de la deuxième moitié du livre m’est apparu ennuyeuse et redondante.
Peut être est ce du au partie pris d’Isabelle Carré de ne pas avoir voulu faire un récit chronologique.
On ne se perd pas dans le livre , mais les incessants allers retours dans la jeunesse de l’auteur enlève le poids et la force d’un récit autobiographique linéaire.
Il est vrai que ces allers retours incessants font aussi entrevoir la difficulté de mettre des mots sur des souvenirs , des émotions.
Je n’ai pas réussi à aller derrière le sourire et la discrétion d’Isabelle Carré.
En réalité telle qu’on la connait lors de ces interviews.
Dans cette autobiographie , elle nous dit bien que cela est son grand combat et que l’image qui est donnée d’elle n’est pas conforme.
Cela paraît évident à la lecture des souvenirs de sa vie familiale entre dépression, révélation de l’homosexualité du père et tentative de suicide.
Malgré l’écriture d’Isabelle Carré , la bande son du livre ( Quelle bonne idée !) ou encore les flashs des années 1970/1980 je n’ai pas réussi à complètement entrer dans l’univers d’Isabelle Carré.
Les rêveurs resteront éthérés .

Ronce-Rose d’Eric Chevillard. Editions de Minuit 💛💛💛

 

Ronce-rose par Chevillard

Première lecture d’un livre d’Eric Chevillard avec Ronce Rose. C’est un euphémisme de dire qu’il est simple d’entrer dans l’univers du roman d’Eric Chevillard.
je n’ai rien lu de pareil jusqu’à maintenant hormis peut être Alice au Pays des Merveilles.
Nous sommes au centre d’un univers d’enfant dans lequel Ronce Rose se déploie. Elle même narratrice du livre nous confie son carnet secret et toutes ses réflexions. Elle vit avec Mâchefer et Bruce qui ont beaucoup à faire auprès des banques , des stations service et des commerces . Dans la maison d’en face , tel un échassier, un unijambiste pose question à Ronce Rose. Dans un sureau quatre mésanges chantent leur vie. Sur le trottoir passe Scorbella la sorcière.
Voilà l’univers dans lequel nous entraîne Eric Chevillard.
Il faut se laisser emporter par le texte , les personnages et surtout par le regard sur le monde de cette petite fille. ce n’est jamais enfantin . Bien au contraire.
Le monde est poétiquement au niveau des yeux de Ronce Rose. Les tournures de phrases , les jeux de mots accentuent cette impression.
tout cela semble irréel, mais c’est le regard d’un enfant entouré d’adulte.
Comme il est dit dans de nombreux articles sur ce livre, Eric Chevillard a voulu parler de la relation au père , de l’absence de la mère et du chemin de vie d’un enfant.
La fin étonnante du livre me donne une autre lecture de ce roman. Quelque soit l’idée que l’on se fait de ce roman Ronce Rose , il s’agit d’un magnifique moment de lâcher prise.

Le Lambeau de Philippe Lançon. Gallimard 💛💛💛💛💛

Le lambeau par Lançon

Se lancer dans la lecture de le lambeau de Philippe Lançon n’est pas un acte neutre. Nous voilà plonger pendant 500 pages dans les 8 mois de la vie de Philippe Lançon suite à l’attentat de Charlie Hebdo du 7 Janvier 2015.
Ces 500 pages nous empoignent, nous prennent aux tripes et nous laissent chamboulé aux bords de la nouvelle vie de Philippe Lançon.
Comme éditorialiste et chroniqueur, Philippe Lançon assistait à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.
Des bruits, des jambes noires , des hommes et des femmes qui tombent ,des corps, de la cervelle et du sang. Philippe Lançon est gravement blessé mais il est conscient. Récit glaçant de deux minutes de la vie des hommes.
Au tirs méthodiques et au cri Allah Ahkbar succède le décompte des pompiers :un mort là, un mort là, un mort là. …
Philippe Lançon à eu le bas du visage emporté par une balle d’arme de guerre.
Sa vie vient de basculer. le monde d’en bas n’est plus son monde.
Son nouveau monde a pour nom : hôpital, opérations ,blocs,greffes souffrance ,morphine, cauchemar.
Mais aucune haine pour ses jambes noires qui ont fauché tant de vie.
Tous les chapitres qui constitue la suite du livre vont être une succession de combat pour la vie.
Philippe Lançon n’a aucune complaisance envers lui même et ne verse pas dans un long lamento .Tout est digne , émotionnellement fort.Que ce soit sa relation aux personnels hospitaliers, ou avec Chloé sa chirurgienne , mais encore sa relation avec ces policiers qui veillent sur sa vie.
Malgré sa gueule arrachée et les tourments qu’il subit, il garde un oeil bienveillant et empathique pour ces personnels des hôpitaux qui travaillent dans des conditions difficiles .
Rien nous sera caché sur toutes ces opérations et greffes afin que le lambeau ne fume pas et que les fistules se bouchent.
Moralement ébranlé, Philippe Lançon l’est encore plus physiquement : un morceau de péroné pour remplacer la mâchoire manquante et un peu de la peau e la cuisse pour recouvrir ce péroné .
C’est rude, tout en réalisme mais sans une once de voyeurisme.
Philippe Lançon est au centre de lui même et nous livre simplement son combat,
Un combat qu’il arrive à adoucir avec les lectures de Proust, de Kafka ou encore la musique de Bach.
Des moments de lueurs et d’espoir avec ses parents , Gabriella sa compagne,mais qu’il est difficile de composer avec le monde d’en bas.
Comment ne pas voir dans cette gueule cassée les multiples gueules cassées de la première guerre mondiale cachées derrière leurs masques.
Lors d’une sortie de Philippe Lançon ,celui-ci se retrouve dans le métro face à un jeune arabe. Celui-ci sort un bonnet qu’il met sur sa tête. Moment de malaise pour Philippe Lançon qui met quelques personnes entre lui et ce jeune arabe au cas où. Et puis par peur il quitte le métro. Et de nous dire que la peur lui a fait honte !
Monsieur Lançon vous êtes un grand homme. Votre livre est extraordinairement poignant et humain
C’est cette humanité que nous devons appeler de nos vœux :ouverte,tolérante et qui ouvre grand les yeux sur ce monde , d’en bas ou d’ailleurs

La bonne vie de Matthieu Mégevand. Editions Flammarion 💛💛💛💛

La bonne vie par Mégevand

Quelle belle surprise que ce livre reçu dans le cadre d’une Masse Critique Privilège. Merci à Babelio et aux Éditions Flammarion
En quelques 140 pages Mathieu Mégevand va nous brosser le portrait et La bonne vie de Roger Gilbert Lecomte.
Poète maudit ayant vécu entre 1907 et 1943.
Avant la lecture de ce livre j’étais complètement ignorant de la vie de Roger Gilbert le comte.
Et ce n’est pas le moindre intérêt de ce livre .
Durant ce cours opuscule Mathieu Mégevand va nous entraîner dans vie déconstruire de Roger Gilbert Lecomte.
Tout est déconstruit, à commencer par la page se situant après la note de l’auteur. Juste deux mots sur la page mais quels mots ! : Créer- détruire.
La vie de Roger Gilbert le comte n’est faite que de cela : Créer pour se détruire . Les premières lignes du livre ne laissent pas de doute : « C’est très vite une histoire de destruction car la ville de Reims, après quatre années de guerre, est ravagée
Venant de Reims, Roger Philippe Lecomte avec ses amis René DaumalRoger Vailland et Robert Meyrat poursuivent une quête existentielle et poétique acharnée .
Cette quête commence à Reims pour les quatre amis entre poèmes ,alcool, drogue et roulettes russes
Reims ne suffit plus à leur création et à leur destruction par l’alcool et la drogue.Robert Meyrat ne les suivra pas sur Paris
Paris et son quartier Montparnasse ,Paris et les surréalistes d’André Breton.
Voilà un combat à la hauteur des fondateurs de la revue le Grand Jeu.
Ces années sur Paris ne seront qu’une descente aux enfers ,voulue et recherchée par Roger Gilbert Lecomte .
La force du livre de Mathieu Mégevand est dans cette description de la création qui détruit et qui rapproche de la liberté du poète.
Vraiment un très beau livre qui donne à réfléchir sur ces années 1930,la création et le surréalisme .

Bella Ciao d’Eric Holder . Editions du Seuil 💛💛💛💛

Bella Ciao par Holder

Voilà comme toujours chez Eric Holder , un livre court avec une écriture fine , ciselée , directe.
Bella Ciao est un roman du renouveau.
Le narrateur , écrivain de son état est gangrené par l’alcool.
Au bout de tant d’années à subir cette descente aux enfers , sa femme Myléna lui intime l’ordre de partir.
Notre homme alcoolique ,par la perte de son amour , envisage la noyade sur une plage du Médoc.
Suicide raté mais la possibilité de se raccrocher à une corde.
La corde a pour nom Franck qui lui donne un travail d’ouvrier agricole ,ou encore Mr et Me Robertson qui vont lui donner un toit ( une chambre ) dans leur villégiature du Médoc
Comme souvent dans les livres d’Eric Holder l’homme est à la reconquête ou la découverte d’une femme ( Bienvenue parmi nous – La belle n’a pas sommeil )
Dans Bella Ciao c’est la reconquête de Mylèna .
Par des touches minimalistes comme toujours , Eric Holder va nous transporter dans ce Médoc où il vit , nous faire découvrir le travail de la vigne mais aussi ces mots , ses couleurs , ses ambiances.
Ce Médoc de petits villages où le bistrot est le lieu central de vie.
c’est dans ce creuset que notre narrateur va se reconquérir se respecter avant de redécouvrir sa femme et ses enfants.
un joli moment de lecture et une fin de roman laissant la porte à toutes les interprétations

Bienvenue parmi nous d’Eric Holder. Flammarion💛💛💛

Bienvenue parmi nous par Holder

Pour ces jours d’été suspendus entre chaleur et langueur pourquoi pas un roman d’Eric Holder.
Autant repartir un peu loin dans sa bibliographie , en 1998 avec Bienvenue parmi nous.
Roman minimaliste à tous les étages : livre de 150 pages , écriture ciselée d’Eric Holder , peu de mots pour décrire mais des mots justes qui parlent des ressentis , du cœur de soi , des paysages.
En 150 pages Eric Holder nous trace un road trip émouvant.
Taillandier est un peintre reconnu qui ne produit plus rien depuis 7 ans.
Il vit dans une aisance matérielle , auprès de sa femme Alice pour laquelle son sentiment amoureux est vivace.
Mais à 62 ans , Taillandier est bougon , ronchon et en a marre de la vie.
La seule solution pour lui est de disparaître. Il organise un dernier repas d’anniversaire avec femme et enfants et décide de partir par la route vers les Ardennes.
C’est sans compter Daniella , jeune fille perdue et larguée qui apparaît dans sa vie par l’intermédiaire de sa femme Alice.
Le road trip vers les Ardennes va prendre la forme d’une autre aventure : un périple avec Daniella entre Bretagne et côte Atlantique.
Périple durant lequel Taillandier va se révélait à lui-même.
Tout cela est écrit avec finesse , élégance et profondeur. Pas de mièvrerie dans la rencontre entre Taillandier et Daniella.
150 pages ciselées pour nous dire la difficulté de vivre d’un sexagénaire ou d’une adolescente .
Cette difficulté qui est inhérente à tous et à chacun et dont le titre du roman Bienvenue parmi nous est tellement juste

Des femmes en noir d’Anne Isabelle Lacassagne. Editions du Rouerge 💛💛💛

 

Des femmes en noir par Lacassagne

Des femmes en noir est le premier roman d’Anne Isabelle Lacassagne. D’habitude elle écrit des livres pour la jeunesse.
Cette fois-ci , elle s’est inspirée de son milieu professionnel. Travaillant dans un service diocésain , son premier roman a trait à l’Eglise et plus particulièrement a un prêtre dans  une paroisse .
L’idée de départ est simple est en même temps incongrue . Un prêtre , la soixantaine , dénommé André Foucher vient de décéder. Et là stupeur,on s’aperçoit que le prêtre est une femme.
L’Eglise, le diocèse doivent faire face à cette nouvelle.
Pour cela , une enquête est ouverte afin de pouvoir connaitre la vie antérieure du prêtre André Foucher et pour savoir de quelle façon il a pu cacher cela à ses paroissiens et à la hiérarchie de l’Eglise
Les deux personnes nommées pour enquêter sont un jeune prêtre , Bernard-Marie et une laïque , Charlotte , chancelière du diocèse.
Par l’intermédiaire de ces deux personnages nous allons entrer dans le quotidien de la vie du prêtre et d’une paroisse. C’est restitué au plus prés et de façon tout à fait réaliste.
Cette enquête va surtout emmener Bernard- Marie et Charlotte dans la vie antérieure d’André Foucher , dans laquelle se trouve la réponse au fait de ce » prêtre féminin ».Ce livre est aussi et surtout une réflexion sur la place de la femme d’en l’Eglise.
Malheureusement je trouve que livre n’approfondit pas la réflexion sur ce sujet , ni sur le positionnement doctrinal et théologique de l ‘Eglise.
Peut être la faiblesse d’un premier roman , tout comme les situations opportunistes et faciles .( une semaine de vacances chez l’ancienne responsable d’une maison d’accueil – ou tous ces nonagénaires qui ont une mémoire extraordinaire sur des événements vieux de 40 à 50 ans)
La lecture reste agréable et linéaire mais nous sommes dans un entre deux.

Les deux messieurs de Bruxelles d’Eric-Emmanuel Schmitt. Albin Michel 💛💛💛

Les deux messieurs de Bruxelles par Schmitt

Voici un recueil de 5 nouvelles rassemblées sous le titre de Les deux messieurs de Bruxelles. A la suite de ces cinq nouvelles, Eric-Emmanuel Schmitt a eu la judicieuse idée d’intégrer son journal d’écriture. Cela nous permet de comprendre le cheminement de l’écrivain et de s’apercevoir que ces 5 nouvelles sont tenus par un fil invisible qui est l’ amour.
La trame de ces nouvelles comme l’écrit Eric-Emmanuel Schmitt est la persistance des amours invisibles et des vies virtuelles qui composent le fond d’une vie réelle.
Cette trame se retrouvera pour nous parler d’un amour homosexuel, de l’amour pour un chien , de l’amour porté au travers de maladies.
Comme toujours avec Eric-Emmanuel Schmitt, c’est écrit avec délicatesse , élégance , ce qui n’empêche pas la violence des situations.
Sous son aspect enlevé et délicat pointe une réflexion profonde sur le couple , la fidélité , les amours interdites et nos actions en tant qu’homme ou femme .
L’amour porté à un chien peut paraître déplacé alors que cet amour est un pardon porté aux hommes.
Dans plusieurs de ces nouvelles il est question de ces vies virtuelles , de ces vies que l’on a pas amené au réel. La réflexion se fait plus profonde , humaine et émotionnelle et comme le dit Eric- Emmanuel Schmitt dans son journal d’écriture : « Qu’est ce qu’une vie qui vaut la peine d’être vécue ? A cette question, il y a autant de réponses que d’individu sur terre. Je n’admettrai jamais que quelqu’un en décide pour moi ou pour les autres  »
En synthèse ces cinq nouvelles sous couvert d’amours invisibles , nous emmène sur les chemins de la tolérance , de l’ouverture . Vaste et beau programme.

Tiens Ferme ta couronne de Yannick Haenel. Gallimard 💛

Tiens ferme ta couronne par Haenel

Je viens de terminer la lecture de Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel. Et bien je pense que ma critique sera aussi foutraque et déjanté que ce livre.
A la fin de la lecture de Tiens ferme ta couronne , je suis circonspect,interrogatif par rapport à cette lecture. Il m’a fallu de la persistance pour aller au bout des 330 pages de ce livre. Pendant toute la lecture, je suis resté sur le chemin à côté du narrateur. A aucun moment je n’ai pu ressentir une émotion ou tout au moins la possibilité de me raccrocher à son histoire.
Peut être est ce dû au fait que c’était le premier livre de Yannick Haenelque je lisais.
Suite à cette lecture , j’ai lu des interviews , j’ai regardé des émissions Tv où était présent Yannick Haenel. J’ai lu des critiques du livre dans des journaux spécialisés. J’ai lu aussi des critiques des membres de Babélio.
Autant les critiques des journaux spécialisés sont largement positives , autant les critiques dans Babélio sont franchement partagées.
Pourtant ce livre était dans la dernière ligne droite du Goncourt et il a obtenu le prix Médicis.
Il doit bien y avoir quelque chose.
Malheureusement avec moi , il n’a pas trouvé son lecteur.
d’abord il aurait peut être fallu que je connaisse l’oeuvre de Yannick Haenel, sachant que son narrateur est un personnage récurrent.
Dans Tiens ferme ta couronne il s’appelle Jean ( une seule mention dans tous le livre ). C’est par la lecture des articles de presse que ce Jean avait un nom depuis 2007 : Jean Deichel. Deichel comme dèche – déchu- déchet.
Jean est un loser qui vit dans un 20m2 dans le 20ème à Paris. Il est écrivain de son état et a une obsession : faire lire accepter son scénario de 800 pages qui parle de Melville le créateur de Moby Dick.
Il va être mis en relation avec Michael Cimino , grand cinéaste américain auteur de 2 chefs d’oeuvre : Voyage au bout de l’Enfer et La porte du Paradis.
Voila le point de départ de la quête ou du road movie de Jean le narrateur.
A partir delà et de façon aléatoire il va croiser effectivement Michael Cimino mais aussi Isabelle Huppert ou encore un chef de rang très macronien. Il va déambuler dans Paris avec un dalmatien du nom de Sabbat. Ce dalmatien appartenant à un joueur de poker du nom de Tot. Il va aussi rencontrer une jeune femme Lena qui est conversatrice du Musée de la Chasse.
Entre obsession et addiction notre notre narrateur adore la vodka, les alcools à haute dose.
Il a aussi une addiction pour le film de Coppola : Apocalypse Now. le Dvd de ce film tournant en continu dans son petit appartement.
Ce road movie très cinématographique va tourner autour des 2 films importants de Michael Cimino et de celui de Coppola.
Pour Yannick Haenel c’est la quête de la vérité et du point indemne que l’on a près du coeur.
Seul un loser , vivant hors du monde sociétal est à même de traquer et de trouver cette vérité.
Cette vérité que l’on trouve dans le cerveau mystiquement alvéolé de Melville et sûrement dans celui de Cimino ou Coppola.
et puis dans ce roman foutraque il y a Proust dont le titre du roman est emprunté à l’un de ces livres , il y a le tableau du Cavalier de Rembrandt à la collection Frick à New york , il y a le retable d’Issenheim à Colmar devant lequel se déroule des obsèques irréelles.
Et puis il y a le cerf , celui que l’on trouve dans le film « Voyage au bout de l’Enfer ». D’ailleurs le titre du Film en anglais est The Deer ‘s Hunter – la chasse au cerf.
Ce cerf qui sera épargné à un moment du film et qui lui aussi Tiens ferme sa couronne ( ses bois)
Voilà , je suis resté au bord de ce livre , trop plein , trop vide.
La pensée de Yannick Haenel doit être elle aussi mystiquement alvéolé.
A premère vue , je n’ai pas su entrer dans les alvéoles et dans ce cas là il est de bon ton de dire : Tiens ferme le livre !

De chair et d’os de Dolores Redondo .Mercure noir 💛💛💛

De chair et d'os par Redondo

De chair et d’os est le deuxième volet d’un triptyque se passant dans la vallée de Baztan dans le Pays basque espagnol , en Navarre aux confins de la France.
Cette vallée de Baztan est le pretexte à 3 histoires policières .
De chair et d’os reprend les personnages du 1er tome le gardien invisible.
Amaia Salazar inspectrice à la police Forale de Navarre et en poste à Pampelune se voir chargée d’enquêter sur d’atroce crimes sexuels . Les victimes sont toutes des femmes. Les assassins sont des hommes qui se suicident suite à leurs actes et qui inscrivent invariablement le nom d’une figure mythologique du Pays Basque pour revendiquer leur acte.
En même temps dans les villages de la vallée de Baztan se déroulent des faits proches de la sorcellerie et des traditions enfouies au coeur de chaque famille de cette vallée
Bien évidemment ces deux situations vont se télescoper et vont entrainer Amaia Salazar dans une enquête où sa famille sera malmenée.
Le plaisir de lecture de ce livre est évident car nous sommes plongés au milieu des mythologies basques et dans la beauté naturelle de ces vallées basques.
Le suspens est bien tenu. Assez de fausses pistes ou de pistes justes énoncées en vu du troisième tome sûrement.
Juste ce qu’il faut d’ésotérisme et de surnaturel pour nous faire comprendre cette mythologie basque
Et puis ce livre est aussi le livre d’une famille au travers de plusieurs générations . Une famille vu au travers de ces femmes
C’est un regard original et juste pour nous dire les traditions.
Au delà de ce livre , il faut se rappeler qu’au bout de cette vallée à deux pas de la France il existe le village de Zugaramurdi qui ,il y a deux siècles était partie prenante de cette vallée de Baztan.
Ce village est connu pour ces sorcières qui au 17ème siecle se réunissait dans les grottes alentour
C’est aussi le lieu de la plus grande inquisition contre la sorcellerie . Plus de 60 femmes ont été brûlées au bucher . Tout autant sont mortes dans les prisons du royaume.
Un musée à Zugaramurdi relate cet épisode.
Cela donne une résonance à ce livre policier.