L’inconnu de la poste de Florence Aubenas. L’Olivier.💛💛💛

L'inconnu de la poste par Aubenas

L’inconnu de la poste s’est avant tout quelques souvenirs au long des années.
Tout d’abord le souvenir de cet adolescent, Gérald Thomassin, qui reçoit le César du meilleur Espoir pour le film le petit criminel.
Puis le souvenir d’un flash infos indiquant que l’acteur Gérald Thomassin avait été arrêté pour le meurtre d’une postière à Montréal la Cluse dans l’Ain.
Encore un autre flash infos indiquant que Gérald Thomassin ne s’était pas présenté à une confrontation et que depuis il avait disparu.
Enfin, une ligne de journal pour dire qu’une ordonnance de non lieu à été prononcé en faveur de Gérald Thomassin.
Donc, une histoire cinématographique et judiciaire un peu connue mais avec beaucoup de flous.
Et puis le livre de Florence Aubenas pour mettre en place toutes les pièces du puzzle.
Et la magie opère.
Nous sommes chez Chabrol ou Simenon.
D’abord l’atmosphère du territoire. Cet endroit reculé de l’Ain, cette cluse entre Lyon et Genève, au pied des montagnes et des sombres forêts de sapins. Pays rural de fermes, d’élevage qui va se transformer à la fin du vingtième siècle en Plastic Vallée.
Et dans ce territoire un microcosme local.
D’abord Raymond Burgod, le potentat de Montréal la Cluse. Ancien Premier adjoint devenu secrétaire de mairie. Incontournable. Imbu de lui même. Possessif envers sa fille unique Catherine. imposer un mariage lui paraît naturel.
Catherine, donc sa fille, la quarantaine, mariée, deux enfants. Postière de son état.
Mariée mais en instance de divorce.
Toute sa vie est à Montréal la Cluse, dont toutes ses copines qui viennent tous les matins passer un moment dans l’arrière salle de l’agence postale. Catherine est une belle femme, toujours bien habillée, mais dépressive du fait de son divorce. Les copines ont tôt fait de l’emmener en boîte de nuit. Catherine a tôt fait de retrouver un amoureux.
Dans cette ville de Montréal la Cluse, il y a aussi, quelques jeunes désargentés, déjantés, accro à l’alcool et à la drogue . Montréal la Cluse est un point de deal entre Lyon et Genève. Les caïds sont à Lyon ou Genève, les petits dealers à Montréal la Cluse.
Et c’est dans ce microcosme que va venir s’installer l’acteur et comédien Gérald Thomassin. Enfant de la Ddass, lui aussi en proie à la dépression, l’alcool, la drogue et le suicide. Il va s’installer dans un studio en sous sol, en face de l’agence postale. Juste un soupirail pour entrevoir l’agence.
Et dans ce studio vont défiler les déjantés et accros de Montréal la Cluse.

Un matin, quelques jours avant Noel 2008, Catherine Burgod est retrouvé morte dans l’arrière salle de l’agence postale. Elle a reçu 28 coups de couteaux. le contenu du coffre fort s’est envolé mais pas le sac à main de Catherine Burgod.
Florence Aubenas à passé de long mois dans le Haut Bugey pour s’imprégner de l’atmosphère de cette région mais aussi pour rencontrer les protagonistes de cette affaire criminelle. Ce n’est pas un livre sur Gérald Thomassin. C’est un livre dans lequel il est l’un des protagonistes.
Le talent de Florence Aubenas est de nous restituer une chronique judiciaire avec beaucoup d’humanité quelque soit les personnages. Qu’il s’agisse des potentats locaux, des petites frappes ou encore des directeurs de casting ou réalisateurs de cinéma.
Un peu à la fois apparaît en filigrane, cette société a deux vitesses, Paris et la province, mais aussi les laissés pour compte de notre monde libéral.
Florence Aubenas ne prend pas partie. Elle donne à chacun son éclairage, ses vérités, ses blessures.
Elle donne des surnoms : Tintin, Rambouille, le Nain, le Nouveau, le Futur Ex…… Toujours avec humanité.
Comme dans Simenon ou Chabrol, elle ausculte la société et décrit ses travers. C’est souvent noir, caustique.
A chacun de faire son avis .
L’âme humaine est complexe.

Des diables et des saints de Jean Baptiste Andréa. L’Iconoclaste. 💛💛💛💛💛

Des diables et des saints par Andrea

Cent millions d’années et un jour m’avait transporté par sa magie, sa poésie, à la recherche du temps perdu et des rêves de notre enfance.
Ma reine m’avait emporté par sa tendresse, l’imaginaire et toujours sa poésie.
Des diables et des saints m’a emmené dans les mêmes contrées mais surtout dans celles du temps perdu, de l’enfance et de nos rêves .
De nos jours un homme joue du piano dans les lieux publics.
Il ne joue que du Beethoven.
Il ne joue que dans les gares et les aéroports.
Depuis 50 ans il attend quelqu’un qui descendra d’un train, d’un avion. Il ne sait quand.
Il s’appelle Joe et sa vie a basculé le 2 Mai 1969.
C’est une longue histoire qui a commencé il y a 50 ans dans un orphelinat austère au fond d’une vallée des Pyrénées : Les Confins.
Confins :Partie d’un territoire situées à son extrême limite et à la frontière d’un autre.
Le confins n’est pas seulement géographique. Il est aussi celui du bien et du mal, des diables et des saints et de l’enfance.
L’enfance, fondation de notre vie. L’enfance dans un orphelinat pensionnat catholique au service de Dieu. Tous sauf un paradis. Un enfer.
L’enfance avec la découverte de l’autre, les amitiés, la confrontation avec les adultes, la découverte du sexe opposé.
C’est au fond de cette vallée, aux Confins, que le destin de Joe va s’inscrire.
Le sujet n’est pas nouveau. Il a était souvent traité.
Mais Jean Baptiste Andrea le traite magnifiquement avec pudeur, émotion et justesse.
Des moments suspendus pouvant être durs mais aussi lumineux comme la naissance d’une amitié , d’une société secrète La Vigie. Et que dire des moments suspendus auprès des premiers émois amoureux, ou le long d’un clavier tempéré jouant la sonate N°24 de Beethoven.
L’insouciance de l’enfance, l’enfance maltraitée, la recherche du temps perdu, la recherche d’un amour, tout est initiatique et Jean Baptiste Andrea nous entraîne sur ce chemin aux confins de notre vie .
Quelle limite et quelle frontière à été notre enfance ?
Quelle fidélité gardons nous a nos années initiatiques ?

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En Mars 2021, est sorti le nouvel album de Feu Chatterton. Dans celui–ci une chanson intitulée  » Aux Confins « 
Elle répond en écho au roman de Jean Baptiste Andrea.


Aux confins des contraires
À la frontière où tout est lié
Dans le pré où soucis et pensées cohabitent
Aux confins des contraires
Quand la matière se met à trembler
Dans le pré où soupirs et pensées ressuscitent
La peine, la joie, la douleur et l’ennui
On s’est fardés au milieu de la nuit
T’en souviens-tu?
T’en souviens-tu?
On s’est grimés ensemble
Tu m’as dit
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse
Aux confins des contraires
Dans la clairière où tout est criblé
Retrouvons la pièce esseulée du puzzle
Aux confins des contraires
À la lisière où l’on s’est plié
Dans le pré où soupirs et pensées coagulent
La peine, la joie, la douleur et l’ennui
On s’est fardés au milieu de la nuit
T’en souviens-tu?
T’en souviens-tu?
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse.


J’avais 14 ans en 1969 et comme Joe j’ai vécu pendant trois ans dans un pensionnat. Pas pour les mêmes raisons et pas dans les mêmes conditions
Mon père professeur est devenu directeur académique d’un pensionnat catholique, tenu par des religieux. Il y avait besoin d’une personne ayant à minima une maîtrise afin de représenter le pensionnat auprès du rectorat. C’était mon père.
Il a été confronté aux mêmes dérives qu’à l’orphelinat des Confins.
Le directeur religieux faisait régner la terreur. Lors des récréations il circulait dans la cour du pensionnat avec 2 bergers Allemands. Un mur de chaque classe était fait d’une vitre sans tain afin d’espionner professeur et élèves.
Il y avait un professeur vietnamien obsédé par ce qu’il avait vu de la guerre dans son pays.
Le soir il venait chez nous et supplié mon père afin de dormir sous un lit pour se protéger des bombes.
Au vu de ce qui se passait, les pensionnaires entamèrent une grève de la faim. Mon père l’a soutenu et en averti le diocèse afin de mettre à l’écart la direction religieuse. Cela fut effectif et pendant 3 ans ce pensionnat fut dirigé par mon père et des laïcs,
Il ferma ses portes trois ans après par manque d’élèves
J’y ai vécu trois années majuscules de mon adolescence, entre amitiés, sociétés secrètes, activités sportives.
Mes copains venaient de la France entière. Ils n’étaient pas orphelins, mais ils étaient pensionnaires pour l’année scolaire. Ils arrivaient en Septembre. Ils repartaient aux grandes vacances.
Il me reste la nostalgie de ce qui a construit ma vie

Ils voyagèrent vers des pays perdus de Jean Michel Rouart. Albin Michel. 💛💛

Ils voyagèrent vers des pays perdus par Rouart

Uchronie : Récit d’évènements fictifs à partir d’un point de départ historique..
Ce roman de Jean Marie Rouart en est une. Ils voyagèrent vers des pays perdus prend comme postulat de base la réaction du Général de Gaulle, installé à Londres, alors qu il apprend le 11 Novembre 1942 que le maréchal Pétain est arrivé à Alger à bord d’un avion militaire. Les Allemands ayant rompu la convention d’armistice en franchissant la ligne de démarcation, Pétain a décidé de gagner Alger et de se mettre sous la protection des Américains.
Pétain revient dans le jeu, la France Libre de De Gaulle est groggy.
Voici le point de départ de cette uchronie.
Point de départ intéressant, stimulant.
Récrire la destinée de Pétain, mais surtout celle de la France Libre et de De Gaulle. Un véritable chamboule tout !
J’en salivais d’avance. Comment Jean Marie Rouart allait il insufflé un grand souffle romanesque et trouver une porte dérobée sur l’Histoire.
Las ! Ce roman n’est qu’un pétard mouillé. Aucune jubilation à suivre De Gaulle et ses acolytes Aron – Kessel- Derrida- Druon , de l’Angleterre au Cap Nord ou encore de Moscou au Steppe d’Asie Centrale.
Tout ce voyage accompagné de belles femmes, de discussions de salon, d’amants, d’amantes et d’amours suaves.
Jean Marie Rouartde m’avoir fait n’oublie pas de faire du name dropping dans chaque chapitre et comme ils sont courts cela revient souvent !
La quatrième de couverture nous interroge sur certaines énigmes troublantes de la Résistance et de la Collaboration mais aussi sur l’énigme du temps qui fait l’Histoire et défait les amours.
J’ai bien lu les 312 pages du roman. Je vous avoue que je cherche encore la réalité de ces énigmes.
Ce roman doit sûrement avoir un public. Un écrivain de l’Académie Française doit avoir un lectorat.
Je n’en fait pas parti.

Jean-Marie Rouart — Wikipédia

Jean-Marie Rouart, né le 8 avril 1943 à Neuilly-sur-Seine, est un romancieressayiste et chroniqueur français. Il est membre de l’Académie française depuis 1997.

Après avoir regardé la video ci dessus , je ne peux que redire : J’ai bien lu les 312 pages du roman. Je vous avoue que je cherche encore la réalité de ces énigmes.

L’Evangile des Anguilles de Patrick Svensson. Seuil. 💛💛💛💛

L'Evangile des Anguilles par Svensson

Le titre énigmatique du livre ainsi que la phrase l’accompagnant ( Histoire d’un père, d’un fils, et de la créature la plus mystérieuse du monde animal ) m’ont donné envie de me lancer dans le livre de Patrick Svensson. Bien m’en a pris !
Le livre de Patrick Svensson est un concentré sur la vie des anguilles mais aussi la mise à nu de la relation entre l’auteur et son père. le livre basculant avec bonheur de l’un à l’autre.
Pour qui ne connaît pas sur le bout des doigts la vie de l’anguille, le premier chapitre en quelques pages nous rappelle ce qu’est la vie de l’anguille. Je fais court.
Elle nait au milieu de L’Atlantique dans la Mer des Sargasses. Elle a la forme d’une petite feuille de saule qui va se laisser dériver jusqu’aux côtes européennes où elle devient une civelle. Devenue civelle elle remonte fleuves, rivières et étangs en se transformant en anguille. Là, elle restera des années avant de vouloir se reproduire. Et pour se reproduire elle reprendra la direction de la Mer des Sargasses, où reproduction faite, elle mourra.
Patrick Svensson a vécu son enfance en Scanie dans le Sud de la Suède, et le Sud de la Suède est l’un des lieux de vie de l’anguille. Enfant, avec son père, il allait régulièrement pêcher les anguilles.
Simultanément l’auteur va nous révéler l’aventure scientifique de l’anguille et la relation intime avec son père .
Par petites touches délicates, Patrick Svensson va nous dévoiler comment les mystères de l’origine de l’anguille parle du mystère que chacun porte en soi :celui de notre propre origine et du sens même de la vie.
Avant d’en arriver aux dernières pages du livre, bouleversantes, nous aurons appris qu’Aristote pensait que les anguilles se créait elle même à partir de la vase, que Freud à disséquer en vain les anguilles afin de leur trouver un sexe!
Tout aussi sérieusement , aucun scientifique n’a trouvé une anguille adulte dans la Mer des Sargasses. Et pourtant.
Depuis 20 ans il est indéniable que l’anguille nous quitte. Elle est un marqueur important de la sixième extinction de masse . Pourtant l’anguille paraît éternelle, elle existe depuis que le monde est monde. Elle peut rester hors de l’eau des heures paraître morte et ressusciter au contact de l’eau.
L’anguille reste un animal dont nous ne connaissons pas grand chose. Il faut croire…. comme pour notre propre origine.
L’ Évangile des Anguilles, un titre on ne peut mieux trouver pour nous parler des hommes.

Patrik Svensson, né en 1972, a grandi dans une petite ville du nord-ouest de la Scanie, dans le sud de la Suède, non loin de ce qu’on appelle souvent « la côte des anguilles ». Passionné dès son enfance par le monde naturel et animal, il a fait des études de littérature puis est devenu journaliste, spécialisé dans les arts, la culture mais aussi la recherche scientifique. Best-seller traduit dans plus de 30 pays et lauréat du prix August, le « Goncourt » suédois, L’Évangile des anguilles est son premier livre.

L’Etoile brisée de Nadeije Laneyrie-Dagen. Gallimard . 💛💛💛

L'étoile brisée par Laneyrie-Dagen

Voici un roman de quelques 740 pages se déroulant entre 1472 et 1525. Nadeije Laneyrie-Dagen professeur d’histoire de l’art nous entraîne à sa suite de l’Espagne à Londres, de Séville à Florence, de Blois à Londres ou encore de Wittenberg au Nouveau Monde.
Nous croiserons Christophe ColombAmerigo Vespucci,Savoranole, François 1er, Martin Luther , les Medicis, la future Marie Stuart.
Pour nous faire entrer dans cette époque Nadeije Laneyrie-Dagen nous fait connaître deux frères qui vivent en Espagne au bord de la Mer Cantabrique. Ils vivent au sein d’une famille juive.
Dans l’Espagne de la fin du 15ème siècle, les massacres de Juifs s’intensifient.
Les deux frères sont envoyés par leurs parents sur les routes afin d’éviter ces massacres.
L’ un des frères rencontrera sur sa route Amerigo Vespucci et deviendra marin et cartographe.
L’autre deviendra médecin et plus particulièrement celui de Martin Luther, initiateur du protestantisme.
A travers un prologue, quatre époques et un épilogue Nadeije Laneyrie-Dagen nous fait traverser l’Europe du Nord au Sud. Elle prend le soin de nous présenter pour chaque époque les personnages principaux afin de ne pas nous perdre. Car la fresque se veut grandiose couvrant ce début du 16 ème siècle secoué par les guerres de religion, l’arrivée des musulmans en Espagne, la découverte du Nouveau Monde et l’esclavage.
A cela vous ajoutez les histoires d’alcôves, les mariages forcés entre les différentes cours d’Europe.
Nous voici devant un roman fleuve, impressionnant par les sujets abordés et la connaissance de l’époque . Malheureusement cette abondance fait que l’on reste en superficialité sur certains thèmes et personnages. J’attendais un approfondissement plus important sur le début du protestantisme ou encore sur Florence.
J’ai trouvé le roman trop didactique, et donc parfois lent, se perdant dans les histoires d’alcôves, ou de cours.
Je trouve qu’il manque un souffle romanesque à ce roman. Pourtant ces deux frères compagnons de route de Martin Luther et Amerigo Vespucci auraient mérité plus d’épique.
Reste un roman bien posé sur la ligne de temps entre 1472 et 1525.

nadeije laneyrie dagen | SACRe, le Laboratoire

 Nadeije Laneyrie Dagen a été élève à l’École Normale Supérieure de Sèvres. En 1989 elle commence sa carrière universitaire à l’université de Lille III, puis entre 1994 et 2003, elle travaille au sein du département d’histoire de l’ENS.

L’Etoile brisée

EAN : 9782072930539
752 pages
Éditeur : GALLIMARD (03/06/2021)

Le petit astronaute de Jean Paul Eid. Éditions de La Pastèque. 💛💛💛💛💛

Quel coup au coeur !
Jean Paul Eid est un bédéiste québécois qui va s’appuyer sur sa propre vie pour nous raconter l’histoire d’une famille qui va être bousculé
par l’arrivée d’un petit garçon atteint d’une paralysie cérébrale.
Ce petit garçon s’appelle Tom ou le petit astronaute. Il a une grande soeur qui s’appelle Juliette,
et c’est au travers du regard de Juliette que Jean Paul Eid va nous parler de Tom.
cela aurait pu être larmoyant, rempli de pathos. ce n’est jamais le cas. Bien au contraire. C’est un roman graphique fait de délicatesse, de lumière.
Rien n’est occulté : la révélation du handicap, le chagrin et les interrogations de Juliette et de ses parents, le regard des enfants bien différent de celui des adultes, la médication ,la recherche d’établissement. Et puis il y a Tom. Petit bout qui ne parle pas mais dont le regard nous interroge. Ce corps dessiné, si présent, plein de vie, car oui Tom deborde de vie.
Jean Paul Eid à pris le partie de nous faire connaître Tom par le regard de sa grande soeur Juliette. le parti pris est magnifique. Que d’émotion, de fraternité dans cette relation entre un frère et une soeur . le rôle des enfants est d’ailleurs essentiel dans la vie de Tom.
Par son dessin, ses couleurs, son texte aux tournures et expressions québécoises, l ‘histoire de Tom est nimbé de délicatesse, de tolérance.
« Notre rôle, c’est de les aider à réussir leur vie. Qu’elle dure 5 ou 90 ans n’à pas d’importance » ( page 140 )
Tom est ce petit astronaute qui est descendu momentanément de ces étoiles afin de nous montrer un chemin de tolérance et de compréhension.
J’ai souvent eu les yeux humides, pas à cause du pathos.
J’ai eu les yeux humides car ce livre est lumineux. Lumineux de Tom, de Juliette, de Maman et Papa et lumineux de tous ces familles,ces
enfants qui vivent la différence et le handicap.
Lumineux de vie.
Merci Monsieur Jean Paul Eid de nous avoir donné Tom.

Image dans Infobox.

Jean-Paul Eid naît au Liban d’une mère belge, Sabine Martens, et d’un père libanais, Souhail Eid1. Sa famille immigre au Québec en 1967 alors qu’il est âgé de trois ans1,2.

Après des études en arts plastiques et en dessin animé, il se lance, en 1985, en bande dessinée et en illustration.

Il a notamment collaboré au magazine Croc, support de la bande dessinée québécoise jusqu’à sa fin en 1995, dans lequel ont été publiées Les aventures de Jérôme Bigras. Cette série est récipiendaire de plusieurs prix. En 2008, l’éditeur La Pastèque publie une anthologie de la série sous le titre Des tondeuses et des hommes et, en 2011, lance Le fond du trou, une histoire longue inédite dont la trame tourne autour d’une véritable perforation au centre de l’album.

Betty de Tiffany McDaniel. Gallmeister. 💛💛💛💛💛

Betty par McDaniel

Ils sont rare les livres qui vous laisse une émotion aussi forte.
Être happé  par ce roman et au détour d’une page, laisser libre cours aux émotions, et laisser vos yeux devenir humides.
Voilà ce qu’est Betty. Coup de coeur incontestable.  Coup au coeur simplement et totalement.
Betty est la mère de l’auteure Tiffany McDaniel. Elle est née en 1954 dans l’Ohio d’une mère blanche et d’un père cherokee.
Comme l’annonce Tiffany McDaniel,  » ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais celle de la Petite Indienne « 
Mais la vie de Betty n’est pas que danse, chant et éclat de lune. Elle est surtout rythmée par divers violences issues de sa famille et de la société.
Elle sera confrontée à l’inceste, au viol, au handicap,  au racisme, à la mort.  Elle sera confrontée à son statut de femme et de femme Cherokee.
Tiffany McDaniel  nous fait découvrir cette famille de huit enfants et nous trace le chemin d’émancipation de Betty.
C’est un chemin initiatique,  féministe, d’une beauté tragique.
Le poignant chemine de conserve avec la normalité tout comme avec le brutal et la poésie.
Et sur ce chemin avance des enfants avec leurs secrets, leurs rêves, leurs peurs.
Betty est un livre de femmes , de sororité  mais aussi le livre de la relation de Betty avec son père Cherokee Landon.
Un père bienveillant faisant vivre le monde par la nature,  l’altruisme, l’ouverture.
Les moments entre le père et la fille sont magnifiques. Dans ses dialogues et descriptions Tiffany McDaniel touche juste émotionnellement.
Juste une interrogation concernant ce père : comment n’a t il pu avoir connaissance des violences familiales.
La Petite Indienne telle une chrysalide deviendra Betty.
Pour cette métamorphose elle aura pu compter sur Trustin, Lint, Fraya, Flossie.
Des frères et des soeurs qui eux aussi auraient pu être au centre de l’histoire.
Par son écriture,  sa poésie  ce livre est lumineux.
Par son écriture,  sa poésie, sa violence ce livre est poignant.
Par ces personnages ce livre est terriblement humain
Par la culture Cherokee ce livre est naturel.
Je chemine encore avec un convoi d’ange portaient par des frères,  des soeurs, et des mains noires dessinées  afin que l’ange en question puisse les trouver utiles lorsqu’ il aura le ciel pour toile.

Betty . 716 pages

Tiffany McDaniel
François Happe (Traducteur)EAN : 9782351782453

Editeur : GALLMEISTER (13/08/2020)

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La princesse au petit moi de Jean Christophe Rufin. Flammarion. 💛💛

La princesse au petit moi par Rufin

Quatrième opus des aventures du Consul Aurel Timescu.  Après avoir écumé la Guinée, le Mozambique et l’Azerbaïdjan,  notre consul se retrouve dans la fictionnelle principauté de Starkenbach entre Suisse, Allemagne et Autriche.
Son Altesse la Princesse de Starkenbach à manqué à tous ses devoirs en disparaissant .Son mari,le prince consort est dans tous ces états. Sur recommandation d’un ancien ambassadeur,  Autel Timescu est mandaté en principauté pour retrouver la Princesse.
Comme à l’habitude notre brave consul denouera les fils de cette histoire au son de son piano et dans les volutes de vin blanc et de Tokay.
Malheureusement cette histoire n’a pas le charme des trois précédentes.
Est le choix d’une principauté d’opérette ? d’ une intrigue bien légère ? d’une langueur  et longueur dans le roman ?
Est ce un manque d’exotisme  ?
Le tout certainement.
En tout cas La princesse au petit moi reste un petit roman. Jean Christophe Rufin nous avait habitué à  mieux.
Le monde des ambassades dans des pays éxotiques lui sied mieux que les palais royaux d’une principauté.
Il semblerait qu’Aurel Timescu soit en partance pour Obock.
La corne de l’Afrique, la Mer Rouge. Tout cela est prometteur.
Aurel ne saurait nous décevoir deux fois de suite.
Alors en attendant, que diriez vous d’un bon verre de Tokay

La Princesse au petit moi

Jean-Christophe Rufin (Autre)EAN : 9782080238047
352 pages
Éditeur : FLAMMARION (07/04/2021)

Kérozène d’Adeline Dieudonné . L’Iconoclaste. 💛

Kérozène par Dieudonné

Dernières phrases du roman Kérosène d’ Adeline Dieudonné :
 » Une station service le long de l’autoroute. 7ne nuit d’ete….
Il n’y a  maintenant plus que onze personnes presentes à cette heure précise.
D’autres arriveront. Toutes repartiront. Ici on ne fait que passer. »
Et bien, moi de même je n’ai fait que passer dans le roman d’Adeline Dieudonné
Adeline Dieudonné nous dépeint un microcosme à un moment et en un lieu donné.
Ce microcosme est à l’unisson et reprenant les mots de l’auteur , c’est pisseux, c’est merdeux . Les corps, les odeurs, le sang, le sexe ne sont jamais loin.
A aucun moment cette galerie de personnages n’emporte l’adhésion et encore moins la moindre empathie.
Je suis resté totalement indifférent à ce que vivent les protagonistes. J’ai ressenti une sourde violence couplée à des personnages extravertis vulgaires.
C’est glauque et cruel.
Cette nuit d’été dans une station service le long de l’autoroute est totalement vaine.
Déception de A à  Z

Adeline Dieudonné, l'insoumise de la fiction belge | Livres | Arts | Le  Soleil - Québec

Malamute de Jean Paul Didierlaurent. Au Diable Vauvert. 💛💛💛

Malamute par Didierlaurent

Merci à Babelio et Au diable Vauvert pour l’envoi de ce roman dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée.
Cet envoi m’a permis d’entrer pour la première fois dans l’univers romanesque de Jean Paul Didierlaurent et ce fut agréable tant la lecture est fluide et facile. Facile ne veut surtout pas dire simple. Bien au contraire.
Malamute se déroule durant l’hiver 2015 dans les Vosges, dans un village station de ski La Voljoux.
A l’écart vit seul dans une ferme Germain , octogénaire un peu beaucoup bougon. Sa fille, parisienne s’occupe de lui et n’est à qu’ une idée : Faire que Germain accepte de quitter sa ferme et d’intégrer un Ephad.  Connaissant le caractère bougon de l’octogénaire ce n’est pas gagné!
Elle se replie donc sur Basile, un cousin éloigné,  qui est dameur l’hiver à La Voljoux . Elle lui propose le deal suivant : il vient vivre chez Germain pendant la saison d’hiver contre la gratuité  du logement.
Basile accepte le deal.
Concomitamment,  Jean Paul Didierlaurent déroule une autre histoire à partir d’ un journal intime.
Il s’agit d’un journal intime qui a été écrit  à partir de 1976 par Plavina Radovic.
Avec son mari, Dragan, ils ont fuit la Slovaquie et sont venus s’installer dans les Vosges pour une raison bien précise : Dragan souhaite développer une activité de Musher avec ses quatre chien malamutes.
Ils se sont installés dans une ferme en contrebas de celle de Germain.
Dragan alcoolique et violent ne développera pas cette activité et avec sa femme Plavina ils quitteront rapidement les Vosges pour s’installer dans le Nord.
En cet hiver 2015, Emmanuelle la fille de Dragan et Plavina vient à La Voljoux .
En cet hiver 2015, dans un premier temps la neige ne tombe pas
En cet hiver 2015, dans un deuxième temps la neige n’arrête pas de tomber.
Le roman devient un huis clos oppressant dans lequel les secrets de famille vont apparaître en plein jour.
Sous des mètres de neige  les sentiments, les émotions vont être decuplées jusqu à la communion avec la nature.
Jean Paul Didierlaurent est un grand conteur et il excelle dans l’écriture de ce drame rural, entre part d’ombre, fantastique et psychologie.
Juste un petit bémol : j’ai trouvé que l’on devine assez vite les tenants et aboutissants de l’histoire.
Mais est ce l’essentiel ?

Credit: Getty Images/Ulf Andersen

En 1997, Jean-Paul Didierlaurent découvre l’existence des concours de nouvelles, ce qui lui donne l’idée de se lancer dans ses premières productions littéraires. Parmi celles-ci, Brume lui permet d’obtenir le Prix international Hemingway. La nouvelle paraît dans un recueil intitulé Brume : et autres nouvelles du Prix Hemingway 2010, paru aux éditions Au Diable Vauvert en 2010. Il remporte le même prix en 2012, pour Mosquito, publié chez le même éditeur dans le recueil Mosquito et autres nouvelles du Prix Hemingway 20124. Avant de publier son premier roman, il écrit des nouvelles pendant quinze ans5, qui remportent de nombreux prix.

Afin d’écrire son premier roman, en gestation depuis plusieurs années, il prend un congé d’un mois sans solde et part à Vauvert en Camargue. « Conte moderne6 », « phénomène littéraire », son premier roman Le Liseur du 6h27, paru en 2014, « fait sensation » en France. Sélectionné pour l’édition 2015 du Cezam Prix Littéraire Inter CE, il est plébiscité par les 3 500 lectrices et lecteurs et choisi comme lauréat le 10 octobre 2015. Le Liseur du 6h27, paru Au Diable Vauvert en mai 2014, s’est vendu à 65 000 exemplaires et à près de 200 000 exemplaires chez Folio, et a reçu le Prix du Roman d’Entreprise et du Travail, le prix Michel Tournier, le prix du Festival du Premier Roman de Chambéry, du CEZAM Prix littéraire Inter CE, du Livre Pourpre et de nombreux prix de lecteurs7. Il est traduit dans 29 pays et en cours d’adaptation au cinéma.

En 2015 sort le recueil de nouvelles Macadam, aux éditions Au diable vauvert, qui rassemble des nouvelles de Jean-Paul Didierlaurent, pour la plupart primées. Le 2 mai 2016 paraît Au diable vauvert son deuxième roman Le Reste de leur vie7. Il explique comment, à la mort de son père fin 2011, il a été inspiré pour écrire ce roman par la rencontre avec le thanatopracteur qui s’était occupé de sa dépouille, et l’avait transformé : « Il était souriant et beau. Il était comme on l’avait toujours connu. »8.

En janvier 2018, il publie aux éditions Au diable vauvert son troisième roman, La Fissure. Le magazine belge Moustique qualifie ce roman de « délire comico-existentiel, à travers lequel Didierlaurent ne se refuse rien »9. Le site littéraire Lettres it be, quant à lui, explique que Didierlaurent « ne lésine pas sur l’inventivité et l’originalité (…) la deuxième partie du livre résonne comme une envie de roue libre de la part de l’auteur »10.

En mars 2021, il publie son quatrième roman, Malamute (nom d’une race de chien de traîneau d’Alaska), huis clos à trois personnages dont l’intrigue a lieu dans le massif des Vosges en hiver1