Archives pour la catégorie Roman

L’inventeur de Miguel Bonnefoy Payot Rivages 💛💛💛

Troisième incursion dans l’univers de Miguel Bonnefoy . Après Sucre noir et héritages voici L’inventeur.
Fini l’Amérique latine qui était la toile de fond de ces deux derniers romans. L’Inventeur se passe en France à la fin du 19ème siècle et nous fait découvrir un savant méconnu : Augustin Mouchot.
En ces temps de transition écologique et de sobriété énergétique, comment ne pas être attentif à un inventeur de la fin du 19ème siècle qui découvre l’énergie solaire
Augustin Mouchot, professeur de mathématiques est obnubilé par le soleil et son énergie Obnubilation d’un chercheur ce qui veut dire aussi rien de très réaliste quant à la mise en perspective de cette découverte
Pourtant sa machine nommée Octave sera présenté à Napoléon III Sans succès ou dirons-nous un succès d’estime
Il faut dire que l’industrialisation bat son plein et que le charbon emporte tout
Et Augustin Mouchot restera un inventeur qui n’a pas son nom dans les dictionnaires
Le genre d’aubaine pour Miguel Bonnefoy Un personnage tel qu’il les aime
Et contrairement à Sucre Noir et héritages , cela ne prend pas L’écriture savoureuse est là mais manque le souffle, le lyrisme , la poésie
Faut -il de l’exotisme et du dépaysement pour que la plume de Miguel Bonnefoy virevolte
Le personnage d’Augustin Mouchot et sa vie sont extraordinaires mais on ne s’attache pas
Lors d’un passage en Franche Comté d’Augustin Mouchot , celui-ci nous parle d’un vigneron partie faire affaire en Amérique Latine On repense à héritages, à la famille Lonsonnier
Trop d’attente sûrement
Alors attendons un prochain roman de Miguel Bonnefoy


Né en France d’une mère diplomate sud-américaine qui a été l’attachée culturelle de l’ambassade du Venezuela à Paris4 et d’un père romancier chilien5, Miguel Bonnefoy a grandi au Venezuela et au Portugal. Il y a suivi sa scolarité dans des lycées français4.

Auteur, il a aussi été professeur de français pour l’Alliance française6.

En 2009, il remporte le grand prix de la nouvelle de la Sorbonne Nouvelle avec La Maison et le Voleur. Il publie en italien Quand on enferma le labyrinthe dans le Minotaure en 2009, et en français Naufrages en 2011, sélectionné pour le prix de l’inaperçu 2012.

En 2013, il est lauréat du prix du jeune écrivain avec Icare et autres nouvellesLe Voyage d’Octavio son premier roman, publié en 2015, est finaliste du prix Goncourt du premier roman. En 2017, Sucre noir est finaliste du prix Femina.

En 2018-2019, il est pensionnaire à la Villa Médicis.

Miguel Bonnefoy reçoit le prix des libraires 2021 pour son roman Héritage7.


Augustin Mouchot et sa machine

Fleur de sable de Nathalie De Broc. Presse de la Cité. 💛💛💛

Quand vous vous promenez à Camaret sur Mer, dans la presqu’île de Crozon , vous apercevez de l’autre coté du port , Notre Dame de Rocamadour et le cimetière des épaves. Dans ce cimetière reposent les épaves de nombreux langoustiers.
Ces bateaux qui dans les années 1960 /1990 sillonnaient l’Atlantique entre Bretagne et Mauritanie.
C’est à travers l’un d’eux , Fleur de sable , que Nathalie De Broc va installer son roman.
Fleur de Sable est un langoustier qui a été construit au port Rhû à Douarnenez.
Et trois amis d’enfance vont se retrouver sur ce langoustier.
Nathalie De Broc va nous raconter l’histoire de ces trois amis auquels il faut ajouter Elisa , soeur de l’un d’entre eux, Germain.
Elle est amoureuse de Christian et est aimé secrètement par le troisième Paolig.
A travers ce roman , Nathalie de Broc nous fait revivre avec bonheur ces années autour du port de Douarnenez.
Ce fut une belle découverte que de suivre la pêche à la langouste au long des côtes de la Mauritanie.
Le romanesque amoureux entre les personnages et l’exotisme de la Mauritanie et du désert sont traités avec réussite.
En définitif une lecture simple et agréable.


Journaliste indépendante pour France 3 Ouest, elle a été présentatrice du journal de RFO. Elle est également traductrice et auteur de guides touristiques aux Éditions Gallimard. Elle est la cousine germaine du navigateur Bertrand de Broc. Elle a animé l’émission de Bric et de Broc sur France Bleu Breizh Izel le samedi pendant une année, émission où elle s’entretenait avec des invités qui se confiaient sur leur actualité et leur vie. Depuis 2004, elle publie aux Presses de la Cité et a reçu en 2009 le prix de l’Association des Ecrivains Bretons pour son roman la Tête en Arrière (éditions Diabase).


Langoustier dans le port de Camaret

La maison de Bretagne de Marie Sizun . Arléa . 💛💛

Marie Sizun nous entraine dans La maison de Bretagne sise sur le bord de l’océan à l’Île tudy dans le sud Finistère.
c’est une maison de famille qui a reçu grands parents, parents et enfants. Des générations en partie disparus. Il reste aujourd’hui Claire et sa soeur Armelle. Armelle dont les nouvelles se font rare.
Claire , propriétaire de cette maison décide de la vendre.
Un dimanche d’octobre, en provenance de Paris elle sur L’Ile afin d’entamer les procédures de vente.
Une mauvaise surprise l’attend.
Nous allons suivre Claire pendant une semaine avant son retour à Paris.
Cette semaine prévu pour mettre en vente la maison va se révéler être une introspection sur sa vie, ses parents et sa soeur. L’absence d’un père , les relations houleuse avec sa mère et sa soeur Armelle.
J’ai eu beaucoup de mal à croire à cette histoire traitée en une semaine.
Comment en une semaine passé d’un passé enfoui à : ma vie, ma lumière comme le disent les derniers mots du roman.
La psychologie des personnages est survolée et certaines situations sont un peu grotesques . Comment croire à certaines proximités relationnelles et émotionnelles en si peu de temps qui font dire à Claire qu’elle a une nouvelle famille.
Le tout aurait eu un autre poids avec un temps long.
Vu tout le passé enfoui revenant à la surface , Claire a du avoir une sacrée migraine à la fin de la semaine !

Chez Scarlette d’Hervé Bellec. Les Presse de la Cité .💛💛💛

Suite à 15 jours de rando dans le Cap Sizun en Cornouaille bretonne , je poursuis un cycle de lecture peu ou prou régional.
Cette fois-ci il s’agit du livre d’Hervé Bellec  » Chez Scarlette « 
Hervé Bellec a imaginé une île regroupant les caractéristiques des Iles du Ponant ( Sein – Molène – Ouessant )
l’Ile des maures est situé à deux heures du continent au large du Finistère.
Sur le quai du port il y a le bar de la Falaise tenu par Scarlette. C’est le point central ou se réunissent bon nombres d’iliens.
Il y a d’abord Solange , parisienne à la soixantaine radieuse, qui est venue s’installer définitivement afin de se refugier d’un avenir préoccupant.
Il y a aussi Phanie , jeune policière du continent; Marina la médecin roumaine ; Morgane la fille de Scarlette étudiante sur le continent.
Un monde féminin autour duquel s’agite un certain nombre d’hommes. le terme s’agite est approprié car le roman tourne autour de personnages féminins auxquels on peut ajouté la féminité d’une île, d’une tempête.
Tout cela donne un microcosme, une unité de lieu dans un bar, autour d’un vieux jukebox.
Cette proximité, voire cette promiscuité, met les caractères à nus et permet à Hervé Bellec de beaux portraits de femmes. le tout servi par la beauté sauvage d’une île.
Et proximité n’est pas très loin de solidarité.
Un roman où les émotions affleurent comme les écueils et se fracassent sur les rochers . Un maelstrom de nature sauvage, d’émotion, de sentiments mais aussi le calme d’une mer qui se retire , d’un jusant qui découvre pour chacun des pans enfouis de sa vie.
Joli moment sur cette Ile des Maures.

Hervé Bellec est un écrivain français né en 1955. Il a été musicien dans le groupe de rock humoristique Fernand L’Éclair (un 45 tours chez Nevenoe en 19801), bistrotier puis professeur d’histoire et géographie à Brest2, et collabore à la revue ArMen3.

La ville des incendiaires de Hala Alyan. La Belle Etoile. 💛

Sans mentir si votre ramage se rapporte à votre plumage vous êtes le phénix….. ( Jean de la Fontaine )
Voici une phrase qui convient bien au roman de Hala Alyan La ville des incendiaires.
Le ramage ne correspond pas malheureusement au plumage.
L’auteur n’est peut être pas responsable totalement.
L’éditeur plus sûrement.
Faire une couverture avec des bâtiments de Beyrouth détruits et un titre volontairement suggestif. ensuite une quatrième de couverture qui indique :  » Hala Alyan retrace la destinée tragique de tout un pays, le Liban, marqué par la guerre, les tensions religieuses et les protestations politiques. Un pays prêt à s’embraser à tout instant, à l’instar de cette famille rongée par des secrets qui, révélés, pourraient faire exploser sa fragile existence. « 
Effectivement il n’y a que cela qui explose , car comment passer aussi largement de son sujet sur le Liban et le Proche Orient.
A aucun moment on ne ressent cette poudrière qu’a été le Liban pendant 40 ans.
Au détour des pages , seront parsemés quelques mots pour encapsuler le roman . Pour preuve la généralité du propos page 423 : Elle les inscrira à l’école américaine, près de l’université et quand ils seront un peu plus grands, ils raconteront leur année à Beyrouth aux autres adolescents. L’année des manifestations. l’année de la révolution « 
Voila tout est dit.
Il en sera de même dans tout le roman. Des généralités sur le Liban et la Syrie
La ville des incendiaires est surtout et totalement une saga sur une famille.
Famille libano- syrienne qui s’est exilée en Californie.
Nous sommes en présence des parents Idriss et Mazna et des enfants Ava, Marwann et Naj.
Idriss est propriétaire d’une maison familiale à Beyrouth et suite au décès de son pére, il souhaite s’en séparer. C’est l’occasion de regrouper toute la famille à Beyrouth.
Et vont ressortir les secrets , les petites histoires. Une saga quoi !
Et une saga çà se dilue. Alors cela devient lassant et long.
Une déception mêlée d’une certaine colère auprès de l’éditeur.
J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une Masse critique de Babelio.
Je les en remercie pour deux raisons :
1/ C’est toujours un plaisir de recevoir un livre et de découvrir
2/ Je ne suis pas fait pour les sagas !


Hala Alyan est une écrivaine, poétesse et psychologue clinicienne américano-palestinienne spécialisée dans les traumatismes, la toxicomanie et le comportement interculturel. Ses écrits portent sur les aspects identitaires et les effets du déplacement, en particulier au sein de la diaspora palestinienne.

Les chants du large. Pocket. 💛💛💛💛

Terre Neuve. Une famille vivant à Big Running dans les années 1990. Il y a les parents , Martha et Aidan et les enfants Cora et Finn.
La plupart des habitants de Big Running vivent de la pêche. Mais le poisson se raréfie et les habitants quittent Big Running. A leur tour Martha et Aidan sont confrontés à ce départ. Ils décident de partir à tour de rôle quelques mois dans l’Alberta pour travailler.
Pendant ce temps Cora refait le monde et les pays en décorant les maisons abandonnées tandis que Finn essaye de faire revenir le poisson pour sauver son île et son enfance.
Au milieu de cela , le brouillard, la brume, les frimas, le chant des sirènes qui nous happent et entoure cette histoire grave d’un halo de poésie et d’envoûtement.
C’est la magie de l’écriture d’Emma Hooper. Elle nous entraîne dans les confins de Terre-Neuve où tout devient possible.
Il faut se laisser prendre par le chant des sirènes, par les contes racontés par les anciens. Il faut comme Finn compter les étoiles et les lumières des bateaux. Il faut entrer avec Cora dans ses maisons qu’elle a décoré.
Entre rêve et magie la réalité est bien présente et dure : sans poisson Terre-Neuve n’est rien. le départ est inéluctable. Comment vit on ce départ quand on est enfants ou adultes ?
Tout cela est traité avec finesse au plus de cette famille et des chants de marins ou de sirènes.
Et dans le brouillard de Terre-Neuve, les ombres et les lumières sont évanescentes et permettent au lecteur de laisser filer son imagination.


Emma Hooper détient un doctorat en études musico-littéraires de l’Université d’East Anglia5 en 2010. Elle enseigne à l’Université de Bath Spa et fait également partie de plusieurs groupes de musique, dont Stringbeans (désormais Red Carousel6), un quatuor à cordes, en tant que violoniste5,7,8. Son projet musical solo, Waitress for the Bees, dans lequel elle marie violon et accordéon, lui permet de faire des tournées à l’internationale et lui a vallu le Finnish Cultural Knighthood8,9. En 2004, elle quitte le Canada pour s’installer à Bath, en Angleterre2.


555 de Hélène Gestern. Arlea 💛💛💛

555. 5.
Voici les deux chiffres que martèle ce roman
555 comme les 555 sonates écrites par Dominico Scarlatti.
5 comme le nombre de personnages principaux
L’auteur, Hélène Gestern n’a pas été jusqu’à faire un roman de 555 pages !
le bandeau de couverture nous apprend que ce roman a obtenu le grand prix RTL Lire et le grand prix Relay.
Des grands prix généralistes pour un roman qu’il est tout autant !
Vous comprendrez avec cette introduction que je n’ai pas été totalement emballé par ce roman
Cela reste une lecture agréable pour un été mais je pense que dans quelques mois les 555 sonates de Scarlatti seront oubliées.
Donc Scarlatti à écrit 555 sonates et l’un des 5 protagonistes de l’histoire découvre dans la doublure d’un étui à violoncelle une partition ancienne qui semble avoir été écrite par Scarlatti.
Ce protagoniste est Grégoire Coblence , ébéniste de son état.
Vont s’ajouter à Grégoire Coblence quatre autres personnages :
Giancarlo Albizon luthier et associé de Grégoire Coblence.
Manig Terzian claveciniste mondialement connue, ayant enregistrée l’intégrale des sonates de Scarlatti.
Rodolphe Luzin-Page, professeur universitaire de musicologie à la Sorbonne et à Harvard.
Enfin Joris de Jonghe collectionneur d’art.
Ces cinq personnages vont devenir tour à tour et de façon régulière et systématique les narrateurs du livre.
Chaque chapitre portant le nom du narrateur .
Il faut ajouter un sixième narrateur, anonyme et en voix off.
Tout est en place pour faire de ce roman un page turner et cela fonctionne bien. Rien à redire.
Comme je l’ai dit précédemment, ce qui m’à gêné, c’est le côté généraliste du roman. Les métiers, les personnages ne sont pas assez fouillés. Il y avait pourtant de l’originalité dans ces métiers : luthier, ébéniste, claveciniste.
Rapidement on devine qui est derrière la voix off.
On avance donc dans un roman dont on devine l’intrigue et pour lequel on n’a pas de quoi s’attacher aux personnages.
Un peu frustrant et je n’ai même pas écouté de Scarlatti ! le comble.


Hélène Gestern est une écrivaine française née en 1971. Elle vit et travaille à Nancy. Elle est enseignante-chercheuse à l’Université, où elle est rattachée à un laboratoire spécialisé dans l’étude du lexique. Elle co-anime à Paris une équipe de recherche et un séminaire consacré aux écrits personnels (autobiographies, journaux et correspondances).

Que reviennent ceux qui sont loin de Pierre Adrian. Gallimard. 💛💛💛💛

Des enfants, des cousins et cousines, des oncles et tantes à foison, des grands mères , des grands pères , une grande maison , le mois d’Août, la Bretagne. Des souvenirs de vacances.
Cela me parle. Souvenirs de vacances en Bretagne , au fin fond de la Lozère ou encore au bord de la Mer du Nord. Arrivent et repartent les cousins et cousines , un oncle une tante ou encore une grand mère. Nostalgie, mélancolie mais aussi douceurs de ces moments partagés en tribu. Des moments de vie qui restent gravés et qui jalonnent de petites pierres notre vie .
Et comme le dit Pierre Adrian : Que reviennent ceux qui sont loin.
Ce roman est un bonbon acidulé , fait de tableaux d’été en pente douce. On se remémore notre enfance; des moments qui n’existe plus.
Pierre Adrian nous diffuse un baume apaisant.
Pour lui c’est le temps des retrouvailles estivales dans la grande maison familiale dans le nord Finistère à quelques encablures des abers. le retour aux sources .
Il faudra faire fi d’une certaine intimité. La grande maison est collective. Ca vit, ça foisonne. Les générations se mélangent . Les plus jeunes sont en apprentissage.
Avec délicatesse Pierre Adrian , trentenaire, nous rappelle que chacun nous avons nos tribus, et que quelque soit nos souvenirs d’enfance ils se nimbent de recommencement, de transmission.
A trente ans il est devenu un oncle pour Jean , petit garçon de 6 ans. le temps file, l’insouciance s’effiloche entre la grand mère nonagénaire et Jean, cet enfant qu’il n’est plus. La grand mère sera t elle encore là l’année prochaine ?
Et pourtant la fatalité sera tout autre, donnant une autre couleur au roman. Rappelant que le bonheur est souvent éphémère et discret.
Pierre Adrian nous parle de la vie , de sa fragilité avec une profonde émotion.
Ce qui est le présent des enfants est déjà des souvenirs chez les plus grands. Le temps passe , recouvre notre vie de souvenirs comme ses grandes marées qui découvrent exceptionnellement un pan de plage.
L’un des plus beaux livres de la rentrée littéraire.

——————————————————————————————

Pierre Adrian a grandi en région parisienne et vit à Rome. Après des études d’histoire et de journalisme, il a écrit son premier livre, La Piste Pasolini, en 2015 aux éditions des Équateurs : un récit initiatique et une réflexion sur ce qui fait de Pasolini un intellectuel et un « meneur d’âmes » pour la jeunesse d’aujourd’hui5,6,7,8.

Le livre est salué par la critique littéraire comme « un premier livre décapant et passionné » dans lequel l’auteur « est parvenu à capter ce creuset mystérieux où la douleur se mue en écriture » (Francine de Martinoir, La Croix5). Tandis que Bruno Corty annonce : « Pierre Adrian : retenez bien ce nom. Il n’a pas fini de nous surprendre. », Christophe Ono-dit-Biot se réjouit : « La Piste Pasolini nous prouve que la littérature n’est pas morte dans le cœur des jeunes gens. » La Piste Pasolini est sélectionné sur les listes des prix Renaudot et Décembre 2015. Le roman est finalement récompensé en 2016 par le prix des Deux-Magots et le prix François-Mauriac de l’Académie française.

Il publie son deuxième livre, Des âmes simples, en janvier 2017 aux éditions des Équateurs. Dans L’Obs, Jérôme Garcin écrit: « Ce livre a même des vertus rédemptrices. Il nous dédommage de notre époque. »[1] [archive] Le livre reçoit le prix Roger-Nimier9 en octobre 2017.

En janvier 2018, Pierre Adrian réédite et préface L’Inconnu me dévore du poète Xavier Grall, publié initialement aux Éditions Calligrammes. Il présente la lecture du livre par l’acteur Jacques Gamblin à la Maison de la Poésie à Paris.

En mai 2018, en collaboration avec Philibert Humm, Pierre Adrian publie Le Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui, toujours aux éditions des Équateurs. Le livre reprend l’itinéraire du célèbre Tour de la France par deux enfants de G. Bruno, publié pour la première fois en 1877. Sélectionné pour le Prix Renaudot de l’essai, Le livre est couronné par le Prix Lamartine des Départements de France.

Amateur de football et de cyclisme, il devient chroniqueur dans Le Magazine l’Équipe en novembre 2016. Il collabore avec d’autres médias tels So Foot et Le Figaro Littéraire.

S’adapter de Clara Dupont-Monod. Stock. 💛💛💛💛💛

Clara Dupont-Monod EAN : 9782234089549
200 pages
STOCK (25/08/2021)

Une fois le roman de Clara Dupont-Monod refermé, il reste une impression de plénitude.
Tout de même étonnant alors que l’on vient d’accompagner une fratrie dont l’un des leurs est handicapé.
Non ,pas un handicapé. Comme le dit l’ainé dès les premières lignes du roman : » Un jour dans ma famille est né un enfant inadapté « 
Inadapté, s’adapter. Des mots qui résonnent tout au long du roman, qui résonnent dans la montagne cévenole ou habite cette famille.
Cette famille dont le regard sera porté sur les enfants. D’abord et surtout les émotions et les ressentis des enfants. Tout passe par eux. Les parents , les adultes en retrait mais présent.
Trois enfants autour d’un être inadapté : l’ainé , la cadette et puis le dernier qui n’aura pas connu l’enfant inadapté.
Trois enfants et trois regards , trois combats , trois souffrances, trois espoirs.
L’ainé emporté par l’amour , l’empathie pour son frère . Une relation de caresse, de toucher, d’ouie. Une intiminté avec la nature et la montagne.
La cadette , elle, dans sa colère ‘avoir perdu son frère ainé par la faute d’un enfant inadapté. Elle refuse tout contact avec se frère qui ne lui renvoie que souffrance physique et malformations.
Le dernier, qui lui se sent enfant de remplacement. Serait-il là si le petit frère n’avait pas été handicapé ? Quel rôle veut on lui faire jouer. Pense-t-il être un sauveur ?
Trois enfants dont la relation au frère inadapté va transformer leur vie future entre effacement et suractivité.
Avec cette fratrie, Clara Dupont-Monod nous livre un roman magnifique et lumineux , toujours sur le fil mais d’une humanité et de profondeur d’âme remarquable.
L’âme ? il faut en parler car elle irrigue ce roman et pas seulement dans le coeur des personnages
Clara Dupont-Monod n’a surement pas choisi par hasard de situer son roman dans les Cévennes. Les Cévennes ont une histoire , une âme. L’âme des camisards; des protestants, l’âme d’un pays montagneux à la vie dure. Et dans cet état d’esprit Clara Dupont-Monod a choisi de faire vivre son roman par des pierres. Les pierres mousseuses de la cour intérieure de l’habitation.
Des pierres qui parlent, qui s’émeuvent. Des pierres qui ont une âme. Des pierres dont l’ainé se sent proche.
Cet ainé si proche de son frère inadapté et si proche de la nature ,de la montagne, des pierres. Ces pierres dont il demande le soutien . Ces pierres qui font partie de cette famille. Ces pierres qui depuis des siècles protègent cette habitation.
Ce terreau humain et naturel m’a profondément touché .
Emprisonné dans son corps flasque, ce petit garçon aveugle n’a que peu de capacité pour entrer en contact avec l’autre. Et pourtant il fait parti du monde, que ce soit le monde humain ou le monde naturel.
Un supplément d’âme dont une fratrie et des pierres mousseusses s’emparent dans un grand roman.

——————————————————————————————

Clara Dupont-Monod, née le 7 octobre 1973 à Paris, est une écrivaine et une journaliste française.

Elle publie son premier texte, Eova Luciole, en 1998. La Folie du roi Marc met en scène le mari oublié d’Yseut, dans le mythe de Tristan et YseutHistoire d’une prostituée raconte le quotidien et la psyché d’une prostituée, que l’écrivaine a rencontrée et suivie pendant un an. Son quatrième roman, La Passion selon Juette, décrit le combat d’une femme du xiie siècle qui refuse les diktats d’un monde où les femmes n’ont pas leur mot à dire face à une Église toute-puissante, s’appuyant sur la biographie de Ivette de Huy rédigée en latin médiéval par son ami, le religieux Hugues de Floreffe. Ce roman obtient le prix Laurent-Bonelli Virgin-Lire qui est décerné pour la première fois. Il est retenu dans la liste du Femina et reste jusqu’à la dernière liste du prix Goncourt 2007. En 2011, elle publie Nestor rend les armes, un texte sur un homme obèse. Ce roman est retenu sur la première liste du prix Fémina 20117.

Elle reçoit le 4 décembre 2014 le prix du magazine Point de vue, pour son livre sur Aliénor d’AquitaineLe roi disait que j’étais diable8.

Son roman, La Révolte, fait partie des quinze romans sélectionnés pour le prix Goncourt 20189 et de la première sélection pour le prix Femina10.

En 2021, son roman S’adapter, qui raconte l’arrivée d’un enfant handicapé dans une famille11, est en lice pour le Goncourt12. Il est récompensé du prix Femina13. Un mois plus tard, le roman reçoit également le Prix Goncourt des lycéens14.


Watergang de Mario Alonso. Le Tripode. 💛💛💛💛

Mario AlonsoEAN : 9782370553126
LE TRIPODE (06/01/2022) 222 pages.

Watergang est un premier roman original et déroutant.
Par la forme de son roman Mario Alonso nous déconcerte. le titre du chapitre nous indique qui sera le narrateur des quelques pages qui vont suivre. Toujours des chapitres courts.
Donc nous connaissons le narrateur pour chaque chapitre. Quand le chapitre a pour titre Kim, Paul, Julia , Jens, John on est dans un univers connu.
Par contre quand le narrateur devient Middelbourg, roman, action, Nous, lande ou canal, on rentre dans un autre monde.
Et c’est là, toute la réussite de se premier roman.
Marion Alonso nous invite à prendre un tout. Autour des personnages le lieu du Watergang est primordial; dédale de fossés et d’ouvrages de drainage du polder
Entre polders et canaux la petite ville de Middelbourg rêve d’ailleurs. Un ailleurs que l’on peut deviner : les côtes anglaises.
Dans cette petite ville, un garçon de 12 ans : Paul. Il vit avec sa mère divorcée et qui travaille dans un supermarché. Il a une grande soeur qui est enceinte.
Milieu social simple. Des vies un peu esquintées.
Et dans cette grisaille, les rêves de Paul : il veut devenir écrivain. Il noircit des cahiers en courant le Watergang.
En faisant parler les personnages et les lieux , Mario Alonso crée une atmosphère naturaliste proche du cinéma des années 50.
Chacun est en recherche d’identité, de reconnaissance.
Est il possible de s’évader du polder, du Watergang. Ce polder, sous le niveau de la mer, entouré de digues. Les côtes anglaises sont elles un mirage. Ou peut on espérer, envisager une autre vie.
L’auteur esquisse des réponses.
La plus originale : les changements d’identité . Paul devient Jan quand il se voit écrivain. Kim devient Birgit pour Paul. Julia la maman devient Super.
Ces personnages pour lesquels l’auteur a une tendresse particulière. Tendresse qu’il nous transmet pour faire de ce premier roman une réussite


« Dans sa tête il y a du vent qui se forme et qui a besoin d’un nouveau couloir pour circuler. Je ne fais qu’exprimer avec des mots ce que son corps exprime pendant son sommeil. Et ce que son corps dit Jens le pense  » ( page 221 )



Né quelque part en Espagne dans les années 60, Mario Alonso arrive en France et se destine à être handballeur professionnel. Il change bientôt d’avis et devient guitariste dans un groupe de New Wave, puis vendeur de manteaux de fourrures et photographe dans une agence publicitaire, avant de se tourner vers le livre, à cause des écrivains américains qui ont fini par le pervertir. Il publie en 2021 Lignes de flottaisons, un recueil d’aphorismes rafraîchissants édité en Belgique par Le Cactus inébranlable. Un second opus est prévu en 2023. Aujourd’hui, l’auteur s’est fixé un nouvel objectif, écrire des romans paysages. Watergang est sa première vague.

Watergang