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L’éternel fiancé d’Agnès Desarthe. Editions de l’Olivier. 💛💛

L'éternel fiancé par Desarthe

A peine refermé le dernier roman d’Agnès Desarthe L’éternel fiancé il me reste présent une ambivalence , une dualité qui me laisse perplexe et dubitatif sur ce roman.
Ambivalence : Caractère de ce qui comporte deux composantes de sens contraire, ou de ce qui se présente sous deux aspects.
pour moi c’exactement cela : le roman se présente sous deux aspects.
D’abord la qualité de l’écriture d’Agnès Desarthe ainsi que la qualité des descriptions, que ce soit des personnages, des lieux ou des moments familiaux. Agnès Desarthe a la faculté , par de petites touches à toucher à l’essentiel.
Cette qualité d’écriture porte le roman et le rend agréable à lire même si….
Et voilà le deuxième aspect de l’ambivalence ou de la dualité : le sujet du roman . Comme il est proposé en quatrième de couverture : A quoi ressemble une vie ?
Agnès Desarthe va articuler son roman au travers de deux personnages principaux : la narratrice et Etienne.
A l’âge de 4 ans , lors d’un concert de Noel , un petit garçon ( Etienne ) du même âge la fixe.
 » Il lui dit qu’il aime. Il l’a choisie, elle, entre toutes les filles de la salle, parce que, explique-t-il, tu as les yeux ronds  » ( page 10 )
C’est L’éternel fiancé.
Perdu de vue et retrouvé trente ans plus tard dans une rue de Paris.
Ce sera l’occasion pour la narratrice de retracer sa vie passée et présente autour de réflexion portant sur l’enfance, la famille, l’amour ,la mort , la mémoire le temps qui passe.
Et pour cette réflexion nous serons accompagnés d’une galerie de personnages plus ou moins inspirés.
La narratrice ou l’écrivaine choisit un angle de vision pour mettre en situation ces réflexions et cette angle de vision me paraît si étroit qu’il en devient par moments glauque et ridicule.
A aucun moment la narratrice nous apparait être partie prenante de ce qui arrive. Pourtant le début du roman est accrocheur et puis tout cela se délite et devient confus et un peu ennuyeux. Les situations deviennent outrées.
La narratrice ne fait que passer sombre, sans joie et son histoire nous reste étrangère.

Agnès Desarthe - Wikipedia
Agnès Desarthe, née Agnès Naouri le 3 mai 1966 à Paris, est écrivaine française auteure de livres pour adultes et pour enfants, et traductrice.Agnès Desarthe est l’une des trois enfants du pédiatre Aldo Naouri. Elle a épousé le cinéaste Dante Desarthe, fils du comédien Gérard Desarthe. Ils ont quatre enfants. Son frère Laurent Naouri, chanteur d’opéra, est l’époux de Natalie Dessay. Sa sœur, Elsa Rooke, est metteuse en scène d’opéra.

Agrégée d’anglais (1988)1, elle a d’abord travaillé comme traductrice, « puis elle rencontre Geneviève Brisac, éditrice à L’École des loisirs, qui la pousse à écrire des histoires pour enfants »2. Elle y publie en 1992 un premier roman pour adolescents, Je ne t’aime pas, Paulus, dont Je ne t’aime toujours pas, Paulus, paru treize ans plus tard, constitue la suite, toujours à l’École des loisirs, chez qui elle a maintenant publié une trentaine de livres jeunesse.

Outre ces nombreux romans pour la jeunesse, elle est l’auteure d’une douzaine d’ouvrages pour adultes, dont neuf romans, publiés aux Éditions de l’Olivier. Elle a obtenu le prix du Livre Inter 1996 pour son deuxième roman, Un secret sans importance. Son sixième roman Mangez-moi, publié en 2006, est traduit dans plus de 15 pays. Elle obtient le prix Renaudot des lycéens en 2010 pour son roman Dans la nuit brune. Son roman Une partie de chasse, obtient en 2012 le Goncourt des animaux3, décerné par des membres de l’académie Goncourt. Elle reçoit le prix littéraire du Monde en 20154 pour Ce cœur changeant.

En collaboration avec Geneviève Brisac, son éditrice à L’École des loisirs, elle a consacré à Virginia Woolf une émission sur France Culture. À la suite de cette émission, elles ont publié en 2004 un essai consacré à la romancière britannique, V.W, le mélange des genres.

Parallèlement, elle poursuit son activité de traduction de livres pour la jeunesse (une trentaine d’ouvrages, dont treize romans de Loïs Lowry, mais aussi Brundibar de Maurice Sendak) et pour les adultes (six ouvrages, dont La Maison de Carlyle et La Chambre de Jacob de Virginia Woolf ainsi que Les Papiers de Puttermesser de Cynthia Ozick. Pour ce dernier ouvrage, elle a reçu deux prix de traduction en 2007, le prix Maurice-Edgar Coindreau5 et le prix Laure-Bataillon6.)

Enfin, elle est l’auteure de deux pièces de théâtre7 (Les Chevaliers, mise en scène par Gilles Cohen au théâtre du Rond-Point en 2005 et Le Kit, qui n’a pas été encore montée) ainsi que de plusieurs chansons.

En attendant la montée des eaux de Maryse Condé. JC Lattès. 💛💛💛💛

En attendant la montée des eaux par Condé

En attendant la montée des eaux est ma première incursion dans l’univers de Maryse Condé.
On peut dire que l’atmosphère de son roman est au diapason du pays central de son livre : Haiti. Violence , Misère , Catastrophes naturelles , envoutement et humanité.
Maryse Condé a écrit un roman foisonnant , touffu , nous emmenant des Antilles , au Mali, au Moyen Orient et en Haiti.
Babakar est un médecin d’origine malienne qui vit en Guadeloupe
Movar est haïtien. Celui ci amène à Babakar une jeune femme ,Reinette ( réfugiée haïtienne ) qui est sur le point d’accoucher. Reinette donne naissance à Anais. Malheureusement Reinette décède à la suite de cet accouchement.
Anaïs et Babakar vont s’attacher l’un à l’autre, au point que Babacar va s’envoler pour Haiti à la recherche de la famille d’Anaïs.
De ce point de départ Maryse Condé va faire un roman envoutant traversé par la vie de trois hommes ( Babakar – Movar – Fouad) et de trois femmes ( Thecla – Alezia – Estrella ).
Peu à peu chacun de ces personnages va nous relater les étapes de sa vie.
Maryse Condé a eu l’excellente idée de ramasser ces étapes dans des chapitres uniques pour chaque personne et de les dénommer récits.
Des récits, des histoires comme peuvent en raconter des griots. Dans ces récits se télescopent la réalité mais aussi la légende , le spirituel, le subtil.
Et le lecteur de voyager entre animisme, vaudou contes et légendes de l’Afrique à Haiti.
Ce roman est aussi et surtout un roman d’humanité. Une humanité déracinée, ballotée entre des régimes politiques , des misères physiques et morales. Comment s’affranchir de sa condition mais aussi de son passé.
En attendant la montée des eaux…. Tout un symbole.

En attendant la montée des eaux

Maryse Condé EAN : 9782709633215
364 pages
J.-C. LATTÈS (25/08/2010)

Maryse Condé, écrire et ne rien céder
Maryse Condé, née Marise Boucolon le 11 février 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), est une journalisteprofesseure de littérature et écrivaine d’expression française, « guadeloupéenne indépendantiste » ainsi qu’elle l’a toujours revendiqué1,2,3.
Elle est l’auteure d’une œuvre conséquente de renommée mondiale. Elle est surtout connue pour Ségou (1984-1985), roman historique en deux tomes qui, à travers le destin de trois frères, retrace la chute du royaume bambara de Ségou et dont la parution intervient dans le contexte de l’« effet Racines »4, le célèbre roman d’Alex Haley adapté pour la télévision quelques années plus tôt.
Elle est également connue pour son roman Moi, Tituba sorcière…, un récit d’esclave dont la version anglaise est accompagnée d’une préface d’Angela Davis5. En Guadeloupe et en Martinique, on l’associe essentiellement aux œuvres Traversée de la mangrove et La Vie sans fards, roman autobiographique6. Elle a d’abord été dramaturge avant d’être reconnue comme romancière. Elle a aussi écrit des romans pour adolescents, notamment dans la revue Je bouquine.
Elle a travaillé comme journaliste culturelle à la British Broadcasting Corporation (BBC) et à Radio France internationale (RFI).
Fondatrice du Centre des études françaises et francophones au sein de l’université Columbia aux États-Unis, elle contribue ainsi à faire connaître la littérature francophone dans ce pays.
Professeure émérite, elle vit à présent à Gordes (Vaucluse), où, avec une assistance médicale et le soutien de son mari, elle reçoit sa famille et des membres de son entourage et continue de se « questionner », d’écrire7.

Les Huit montagnes de Paolo Cognetti. Stock. 💛💛💛💛

Les Huit Montagnes par Cognetti

Ou comment une couverture de roman vous fait découvrir un écrivain , une atmosphère et la montagne.
Tout a été déclenché par la couverture de la félicité du loup. Cette couverture bleue et blanche avec une tête de loup stylisée fût un coup de coeur et la lecture du roman a confirmé cela au centuple. ( voir chronique ).
Cette rencontre avec l’univers de Paolo Cognetti se devait d’avoir une suite.
En espérant qu’elle fût aussi savoureuse et lumineuse que celle de la félicité du loup.
Je me précipitais donc sur le premier roman de Paolo Cognetti : Les huit montagnes….
et le sortilège fonctionna à nouveau.
Une histoire paraissant simple , dénuée d’artifice et portant en elle l’universalité.
nous sommes dans les années 1980 au nord de l’Italie ente Milan et Val d’Aoste.
Pietro, enfant de la ville a 11 ans. Bruno, enfant de la montagne à le même âge.
Lors d’un séjour des parents de Piero dans la vallée de Grana , celui ci rencontre Bruno. Une amitié adolescente naitra entre montagne, vie pastorale et grand air.
Une amitié mais aussi une filiation entre Pietro et son père. Celui-ci , solitaire mais heureux d’entrainer son fils en refuge à la découverte de la lumière des glaciers et de la beauté des forêts de mélèzes.
La vie éloignera Pietro et Bruno pendant 20 ans. Et puis ces montagnes autour du Mont Rose ,les réuniront à nouveau
L’enfance s’est enfuie tout comme sa légèreté . le monde adulte a rattrapé Pietro et Bruno :La rudesse de la vie paysanne à la montagne , la fidélité à ses espoirs de jeunesse.
Paolo Cognetti , nous raconte cette réalité aussi simple que rude comme peut être une journée d’hiver en montagne.
peut on resté fidèle à ses rêves de jeunesse. Si oui , jusqu’où Pietro et surtout Bruno sont ils prêts à aller. Une amitié de jeunesse peut elle survivre dans le monde adulte ?
Faut il courir les huit montagnes ou seulement un sommet ( le Sumeru ) comme le sous entend un sage népalais ? Une belle réflexion à approfondir dans le récit de Paolo Cognetti : Sans jamais atteindre les sommets.
Une prochaine lecture dans les vallées du Népal et du Dolpo.
Quand une couverture de livre vous accroche….


Paolo Cognetti : « Il y a là-haut la quête d’une relation plus vraie »

Alma de JMG Le Clézio . Folio. 💛💛💛

Alma par Le Clézio

Première approche de la littérature de JMG le Clézio avec Alma.
Le mot approche me parait le plus judicieux car il me fait penser aux approches lors des randonnées en montagne. D’abord une longue marche en fond de vallée avant d’attaquer un col et enfin l’arrivée au sommet.
Il en fut de même pour le livre de JMG le Clézio.
Une longue marche pour apprendre à découvrir Maurice , son histoire, ses paysages, ses hommes et ses femmes.
L’attaque du col plus délicate avec des allers retours entre différentes époques et divers lieux.
Enfin l’arrivée au sommet qui permet d’embrasser l’ensemble du paysage et de comprendre la diversité de l’histoire.
Voila ce que j’ai ressenti à la fin de la lecture d’Alma.
J’ai ressenti cette identité mauricienne , teinté des Pays Bas, d’Empire Britannique ou encore de France.
Une entité qui disparait comme a disparu le Dodo.
Dodo , l’animal ou Dodo le clochard, le hobo magnifique ?
Que reste t il d’Alma, des plantations , de la luxuriance de Maurice , de la vie créole ?
Il reste un peu de ce créole dans les textes de Dodo , ce clochard mis de côté mais qui perpétue l’âme mauricienne.
Roman de l’illusion alors que les temps modernes égrènent inlassablement leurs heures commerciales et mondialistes..

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Après l'affaire Matzneff, J.M.G Le Clézio quitte le Renaudot | Le HuffPost

Jean-Marie Gustave Le Clézio, plus connu sous la signature de J.M.G. Le Clézio1, né le 13 avril 1940 à Nice, est un écrivain de langue française, comme il se définit lui-même2,3. De nationalités française et britannique, il est fortement imprégné par la culture mauricienne et bretonne de sa famille.

Il connaît très vite le succès avec son premier roman publié, Le Procès-verbal (1963). Jusqu’au milieu des années 1970, son œuvre littéraire porte la marque des recherches formelles du Nouveau Roman4. Par la suite, influencé par ses origines familiales, par ses incessants voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes, Le Clézio publie des romans qui font une large part à l’onirisme et au mythe (Désert et Le Chercheur d’or), ainsi que des livres à dominante plus personnelle5, autobiographique ou familiale (L’Africain). Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages de fiction (romans, contes, nouvelles) et d’essais. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 2008, en tant qu’« écrivain de nouveaux départs6, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante7 ». Son œuvre est traduite en 36 langues8.

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Ubasute d’Isabel Gutierrez. La fosse aux ours. 💛💛💛

Ubasute par Gutierrez

Voici un premier roman très original. Cet opuscule de 120 pages tire son nom Ubasute, d’une tradition ancestrale japonaise qui voulait que l’on abandonne en montagne une personne âgée et malade..
Isabel Gutierrez va mettre en situation Marie , la maman malade et son fils Pierre.
Marie a conscience que sa dernière heure approche.
Elle demande à son fils Pierre de la porter auprès d’une roche et d’une grotte et de l’abandonner. Littéralement la porter dans une chaise sanglée sur le dos.
Ce sera pour Marie la dernière fois qu’elle pourra parler à son fils.
Parler n’est pas le mot juste . C’est plus parler en silence.
« Puisque nous allons ensemble, mon fils, sans que nos regards se croisent, puisque c’est le moment du départ et celui des dernières enjambées, à toi à qui j’ai appris à marcher et à pédaler, je parlerai en silence, je calerai le rythme de ma langue sourde, marche de vers iambiques, à la longueur de tes pas . Nous traverserons le temps du paysage ensemble.  » ( Page 28 )
Ce voyage intérieur sera l’occasion pour Marie de revisiter sa vie , que ce soit auprès de ses grands parents, de son mari, de ses enfants.
Tout cela est écrit dans une belle langue poétique qui nous touche dès la première ligne par sa vérité et sa sincérité.
Chacun peut s’identifier à un enfant , un parent. Tout cela peut nous être très proche.
Reste néanmoins un sentiment de trop plein, comme si Marie devait tout revisiter. Et cela au détriment de la relation avec son fils.
Enfin quel poids fait porter ( au propre comme au figuré) Marie à son fils qui est l’élu pour abandonner sa mère.
L’Ubasute tradition japonaise peut elle être transposée telle quelle dans la société occidentale ?
Ces points abordés, le récit d’Isabel Gutierrez demeure très fort et émouvant.
Un beau premier roman.

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Isabel Gutierrez est une écrivaine française. Elle enseigne la littérature et le cinéma à Grenoble.

Poussière dans le vent de Leonardo Padura. Métailié. 💛💛💛💛💛

Poussière dans le vent par Padura

Poussière dans le vent est un véritable bonheur de lecture et il faut se laisser prendre par cet ample roman choral qui embrasse la vie d’un groupe d’amis « Le Clan  » sur près de 30 ans entre 1990 et 2016.
Le Clan, c’est huit amis soudés qui vont être affectés par les transformations du monde sur la vie à Cuba
Nous entrerons dans le Clan par le truchement d’une photo de groupe postée sur Facebook par Clara. à l’intention de son fils Marcos. La photo a été prise en 1990 dans les jardins de la maison familiale de Fontanar.
Cette photo est révélatrice de secrets , des souvenirs et plus.
En s’appuyant sur cette photo, Leonardo Paduro va nous entrainer dans un roman à trois niveaux:
1 / La découverte approfondie de chacun des membres du Clan et de leurs secrets
2 / le déroulement d’une intrigue et d’un suspense tenu jusqu’au dernier chapitre
3 / Cuba et son régime politique dans les années 1990 et jusqu’en 2016.
Et pour bien fluidifier ces trois niveaux , Leonardo Padura va faire que son roman ne soit pas chronologique mais qu’au contraire il oscille entre ses trente années de vie de ces personnages.
Il faut un peu de temps au départ pour tout mettre en ordre , entre l’ensemble des personnages et la ligne de temps. Mais une fois que cela est acquis , c’est un grand bonheur de lecture de retrouver Clara , Horacio , Bernardo , Walter , Irving , Joel , Fabio et Liuba.
Poussière dans le vent est un roman de l’amitié, de l’amour , de la fidélité le tout sur fond d’exil, de perte.
La force de ce roman vient aussi de la façon dont est traité Cuba et son régime politique. Rien n’est dit frontalement. Jamais le nom de Fidel Castro n’est prononcé ( Juste une fois le prénom !). On comprend les liens forts avec l’Union Soviétique, on a vent de la chute du mur de Berlin. Une peur certaine des indics espions et délateurs parcourt le roman.
Cette chape enveloppe chaque personnage est dicte en partie leurs actions.
Tout cubain est viscéralement attaché à son île .Mais les pénuries alimentaires, économiques et le besoin de liberté font que chaque cubain devient candidat à l’exil et avec des bouts de ficelle il fait une vie.
Ce roman est aussi celui de la diaspora cubaine à travers les Etats Unis , l’Argentine et l’Espagne .
L’amour, la fidélité à une terre , des paysages, des familles
Mais laisse t -on son pays ?
Poussière dans le vent ?
Leonardo Padura à la double nationalité cubaine et espagnole ».
Quand il est interrogé sur cette double nationalité il répond qu’il a une double citoyenneté : espagnole et cubaine mais qu’il n’a qu’une nationalité et elle est cubaine.
Leornado Padura vit à Cuba.
 » Clara fouilla dans son sac, sortit les clés, ouvrit la porte et entra dans la maison où l’accueillirent la solitude, le silence et ses souvenirs. La coquille de Clara. « 


Leonardo Padura: «J'ai besoin de Cuba pour écrire» - Le Temps

Leonardo PADURA
Cuba
 BIOGRAPHIE
Leonardo PADURA est né à La Havane en 1955 où il vit. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et scénariste pour le cinéma. Traduit dans 15 pays, best-seller en Espagne et en Amérique latine, il fait partie des grands noms de la littérature mondiale.
Pour l’ensemble de son œuvre, il a reçu le prix Raymond Chandler en 2009, le Prix national de littérature cubain en 2012, et le prestigieux prix Princesse des Asturies en 2015.

Le titre du roman est tiré d’une chanson du groupe Kansas :

Poussière dans le vent datant de 1975.

Poussière dans le vent,
Ils ne sont que poussière dans le vent

La même vieille chanson, juste une goutte d’eau en mer infinie
Tout que nous faisons,
s’effondre par terre, bien que nous refusions de voir

Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent

Ne t’accroche pas,
rien ne dure pour toujours, sauf la terre et le ciel
Ca t’échappe
et tout ton argent ne pourra acheter une autre minute

Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent
Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent

Le dernier enfant de Philippe Besson. Julliard. 💛💛💛💛

Le dernier enfant par Besson

Nous sommes un week end de fin d’été. La rentrée universitaire approche.
Anne Marie et Patrick mariés depuis 30 ans voit partir le dernier enfant.
Situation classique d’une famille dont les enfants les uns après les autres quittent le nid.
Il y a d’abord eu Julien , puis Laura et enfin aujourd’hui Théo.
Situation classique et ordinaire pour des répercussions psychologiques et sociales qui ne le sont pas.
Comme à son habitude Philippe Besson dissèquent les situations.
Autour de huit chapitres bien ancrés dans le temps du week end , Philippe Besson nous rapporte le mal être d’Anne Marie.
Rien de sensationnel. Que de la réalité. Réalité que la plupart des parents ont vécu.
Le déchirement du départ du dernier enfant – la peur de la perte – la vie qui roule sur une nouvelle pente.
Philippe Besson a l’art, en quelques mots précis, de faire comprendre le vertige qui peut envahir ces personnages même sile père est un taiseux.
Nous sommes au coeur d’une famille lambda , le père et la mère travaillant au Leclerc du coin, nous sommes au coeur de sentiments et émotions connus.
Rien que du banal , du quotidien.
Mais ce banal, ce quotidien vous imprègne.
le départ d’un enfant – la séparation . Des moments de vie qui s’estompent, des relations fils mères qui vont s’étioler.
Un enfant qui s’en va , un au revoir.
Jusqu’où sommes nous touchés par ce départ. Remet il notre vie en cause ?
Rien que la vie.
Philippe Besson est passé maitre pour nous dire que la vie est sentiments, émotions , mouvements, gestes , non dits et silence.
Impressions délicates.
Le tableau de la vie.

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PHILIPPE BESSON - Alina Gurdiel et Associés
Philippe Besson, né le 29 janvier 1967 à Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente), est un écrivaindramaturge et scénariste français, anciennement directeur des ressources humaines en entreprise. Il a été également critique littéraire et animateur de télévision.
Il se fait connaître en tant qu’écrivain avec le roman En l’absence des hommes en 2001, qui reçoit plusieurs prix. En 2017, il totalise 18 romans, dont plusieurs ont été adaptés pour le cinéma ou le théâtre, et il a participé à l’écriture du scénario de plusieurs téléfilms

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La félicité du loup de Paolo Cognetti. Stock. 💛💛💛💛

La félicité du loup par Cognetti

Que dire de l’importance d’une couverture et d’un titre. La félicité du loup ? Difficile de faire plus antinomique.
Une tête de loup couleur ciel détourant deux montagnes.
Le tour est joué.
Et le roman donne raison à la couverture.
Ce roman est un petit bijou de 200 pages.
Son auteur Paolo Cognetti , italien, vit dans le Val d’Aoste , dans une vallée reculée dominé par le massif du Mont Rose.
De cette vallée il est à 2 heures de route de Milan et depuis les sommets de la vallée il peut apercevoir les Appenins Ligure et la Méditerranée.
C’est dans ce décor que se situe le roman La félicité du loup.
Fontana Fredda est un petit village de montagne qui l’hiver devient petite station de ski.
Alors que l’hiver commence Fausto, quarante ans, écrivain en mal d’écriture a trouver un job de cuisinier dans l’unique restaurant du village. dans ce restaurant il y a Silvia , 27 ans , serveuse.
Ils se rapprochent doucement.
Deux êtres sur une crête, dans un entre deux. on sait peu de leur vie antérieure, on le devine et l’on comprend que ce village de montagne peut être un refuge, une réflexion , propice à une découverte.
ils se rapprochent doucement mais ne se promettent rien .
La vie est simple dans ce village et cette vallée entre les pisteurs , les forestiers ,Babette qui tient le resto , Gemma la vieille femme et Santorso qui ne vit que pour la nature, les coqs de bruyère et les tétras-lyres.
C’est la force du livre de Paolo Cognetti : la simplicité, la rusticité au service de l’amour, l’amitié et la nature.
Ce sont des gens de peu , des montagnards , des gens de confiance, de fraternité.
Et tout est rehaussé par la montagne grandiose, la faune et la flore.
Le chant d’amour inclus les hommes , la nature et la félicité du loup.
Lumineux.

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Photos de Paolo Cognetti - Babelio.com
Paolo Cognetti suit des études universitaires en mathématiques, qu’il abandonne très vite pour des études de cinéma, afin dit-il, « d’apprendre à raconter des histoires ». En 1999, il sort diplômé de la Civica Scuola di Cinema « Luchino Visconti », école de cinéma de Milan et fonde, avec Giorgio Carella, une société de production indépendante (CameraCar).
Il débute l’écriture en 2004 en participant à un recueil de nouvelles rassemblant les nouvelles plumes italiennes, un véritable « manifeste générationnel » proposé par les éditions minimumfax sous le titre La qualità dell’aria. Dans les années suivantes, il publie deux recueils de nouvelles Manuale per ragazze di successo (2004) et Una cosa piccola che sta per esplodere (2007), ainsi que le « roman à nouvelles », forme hybride entre le roman et le recueil, intitulé Sofia si veste sempre di nero (2012).
Le 8 novembre 2016 paraît Les Huit Montagnes (Le otto montagne), qui reçoit le prix Strega puis est traduit dans une trentaine de pays1 et dont la traduction française obtient le prix Médicis étranger en 20172.
Désireux de faire vivre la montagne en dehors des pistes de ski, il monte, en été 2017, avec son association Gli urogalli un festival consacré à la littérature, aux arts et aux nouveaux et nouvelles montagnardes baptisés Il richiamo della foresta (L’Appel de la forêt) en hommage à Jack London.

Mur Méditerranée de Louis Philippe Dalembert SAbine Weispieser Editeur . 💛💛💛💛💛

Mur Méditerranée par Dalembert

Quand la réalité télescope la lecture d’un roman.
Alors que j’étais dans la lecture de Mur Méditerranée de Louis Philippe Dalembert , une embarcation de migrants sombrée dans la Mer du Nord au large de Calais. Une trentaine de morts.
Mais peut on dire que Mur Méditerranée est un roman ?
C’est une longue psalmodie sur la route des migrants qui tentent d’arriver en Europe via Lampedusa.
Louis Philippe Dalembert s’est emparé d’un naufrage qui a eu lieu au large de Lampedusa en 2014. 700 migrants sur un chalutier. 500 rescapés récupérés par un pétrolier danois et déposés au port de Messine en Sicile.
Mur Méditerranée raconte l’histoire de trois femmes. Trois vies. Trois parcours.
Chochana est nigériane. Elle est de famille juive. Elle est jeune. Elle veut quitter le Nigéria. Pas d’avenir. La présence de Boko Haram. Sa judéité pourrait lui donner envie d’un retour en Israël. Ce sera non. Elle est attirée par l’Europe. Elle partira avec Rachel , direction Sabratha en Lybie.
Semhar est Erythréenne. Chrétienne orthodoxe. Son pays est en proie à la dictature et aux bons vouloirs des militaires. Hommes et femmes sont obligés à un service militaire sans date de fin . Aux bons vouloirs de la dictature. le départ s’impose. Direction Sabratha et la Lybie.
Dima est syrienne. Elle est mariée avec Hakim . Ils ont deux filles. Ils sont issus de la bourgeoisie Syrienne, vivaient à Alep, qu’ils ont du quitter pour rejoindre Damas lors de l’avancée de Daesh et de la guerre civile. Ne trouvant pas d’avenir à Damas ils se résolvent au départ pour retrouver de la famille en Grande Bretagne. Direction Sabratha en Lybie.
Chochana et Semhar se retrouverons à Sabratha dans l’attente d’un départ pour l’Europe
Elles rencontrerons Dima sur le chalutier.
Louis Philippe Dalembert nous livre un roman poignant , au creuset de l’humanité , de la cruauté et de l’indicible..
D’abord la route de l’exil , un long chemin d’humiliation orchestré par les passeurs. Humiliation physique , sexuelle. Violence exacerbée , recherche des dollars salvateurs afin d’avancer vers cette mer Méditerranée.
Et puis l’attente en Lybie jusqu’à un an .Accepter toutes les humiliations afin qu’un jour un passeur vous dise  » C’est bon .Vous partez « 
Embarquement sur un zodiac. Accrochés aux uns aux autres. S’accrocher à un bras , une fesse, ne pas tomber.
Et puis la cale du chalutier . les uns sur les autres . l’obscurité, le mal de mer , les vagues qui tapent.
Dans la cale , l’humanité souffrante. Sur le pont ceux qui ont payé plus cher ou qui socialement se situe mieux.
Et que pensez vous qu’il advienne ? L’homme reste un homme. Pourquoi la cale et pas le pont ? pourquoi accepter que ceux qui sont dans la cale puissent voir la lumière et respirer un air un peu pur ?
L’humanité est glaçante.
Nous en prenons notre part .Mur Méditerranée. Comment dressé ce mur devant ces migrants dont les souffrances acceptées sont pourtant moins importantes que le besoin de quitter un pays .
Louis Philippe Dalembert a le don d’ausculter notre humanité et nos peurs et faiblesses.
Que ce soit dans Milwaukee Blues ou Mur Méditerranée , il met notre regard et notre coeur au sein de cette humanité
Cela n’est pas s’en rappeler le magnifique roman de Laurent Gaudé : Eldorado
Toujours les migrants , Lampedusa et la prise de conscience du capitaine d’un bateau qui transporte les migrants
Des livres brûlants mais diablement nécessaires

Fils d’une institutrice et d’un directeur d’école, Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince le 8 décembre 1962. Le décès de son père, quelques mois après sa naissance, a des conséquences dramatiques sur la situation matérielle de la famille. Les premières années de son enfance, il grandit ainsi au Bel-Air, un quartier populaire de la capitale, dans un univers entouré de femmes : les cousines de sa mère, qui s’absente la semaine pour enseigner en province, sa sœur aînée, ses grand-tantes et sa grand-mère maternelle. Cette dernière mène son petit monde à la baguette, dans un Port-au-Prince que dirige d’une poigne de fer François Duvalier. À l’âge de six ans, il connaît la première grande séparation de sa vie : la famille laisse le quartier pour s’installer ailleurs. Il en tirera plus tard un roman intitulé Le crayon du bon Dieu n’a pas de gomme, trace d’une enfance très religieuse placée sous le signe du sabbat.
De formation littéraire et journalistique, Dalembert travaille comme journaliste d’abord dans son pays natal avant de partir en 1986 en France poursuivre des études qu’il achève à l’université Paris 3 – Sorbonne-Nouvelle par un doctorat en littérature comparée sur l’écrivain cubain Alejo Carpentier, et un diplôme de journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris.
Louis-Philippe Dalembert a enseigné dans plusieurs universités aux États-Unis et en Europe : Université Wisconsin-Milwaukee, Scripps College (USA), Freie Universität (Berlin, Allemagne), Bern Universität (Suisse) et Sciences Po Paris, en tant que titulaire de la Chaire d’écrivain en résidence (2021).
Depuis son premier départ d’Haïti, ce polyglotte a vécu tour à tour à NancyParisRomeJérusalemBerlinMilwaukee, etc. Les traces de ce vagabondage sont visibles dans son œuvre qui met souvent en dialogue deux, voire plusieurs lieux, et parfois aussi deux temps. Dalembert vit aujourd’hui entre Paris, Port-au-Prince, l’Italie et ailleurs.

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La porte du voyage sans retour de David Diop . Seuil . 💛💛💛

La porte du voyage sans retour par Diop

C’est avec plaisir et délectation que je me lançais dans la lecture de la porte du voyage sans retour de David Diop.
J’avais beaucoup aimé le roman précédent de David Diop Frère. d’Âme.
Le titre du roman est évocateur : La porte du voyage sans retour. Pour ce qui connaisse Gorée au Sénégal , le titre ne peut être plus évocateur. Cette porte qui donne directement sur l’immensité de l’Océan Atlantique et sur l’inconnu. Des millions d’Africain ont passé cette porte pour le voyage de l’esclavagisme.
Pour nous emmener dans ce terrible voyage , David Diop a convoqué Michel Adanson ,botaniste dans les années 1750, sa fille Aglaé, Maram jeune africaine promise à l’esclavage.
Dans un carnet que retrouve Aglaé après la mort de son père , celui ci a consigné ses souvenirs , secrets et mystères lors de son séjour au Sénégal entre 1749 et 1754.
A la sortie de cette lecture , je n’ai pas réussi à m’attacher au livre , je suis resté à distance.
J’ai lu nombre de criques sur Babélio qui encense le livre . Je les comprends . J’ai ressenti comme ces Babéliotes l’âme et l’envoûtement que portent Maram et le Sénégal. J’ai été sensible aux rabs , aux griots et à la monstrueuse peau de boa.
J’ai été conquis par les nuits et les ciels sénégalais.
Et pourtant je n’ai pas accroché à l’histoire.
Peut être en attendais je trop , peut être étais je encore dans le souffle de Frère d’âme.
J’attendais un livre sur le départ , l’exil , l’esclavagisme au sens large , pas une histoire d’amour fût elle poignante.
Reste un livre agréable mais qui ne restera pas gravé dans ma mémoire.

David Diop
David Diop, né le 24 février 1966 à Paris, est un enseignant-chercheur et écrivain français. Spécialiste de littérature du xviiie siècle, il est lauréat du prix Goncourt des lycéens en 2018 et du prix international Man-Booker en 2021 pour son roman Frère d’âme.