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Stupeur de Zeruya Shalev. Gallimard. 💛💛

Stupeur est un roman dans lequel se superpose deux époques de l’Etat d’Israël. Ces époques sont servies par deux personnages féminins, Rachel et Atara qui se répondent tout au long du livre.

Première période vers 1948. La Palestine Mandataire, occupée par les Anglais, devient Israël. Cette période est racontée par Rachel. Elle faisait partie d’une organisation clandestine, sioniste, qui fomentait des attentats contre l’occupant anglais.  Dans cette clandestinité elle a rencontré Menahem Rubin dit Mano. Ce fut son premier amour. Un amour solaire. Ils se marièrent et un an plus tard Mano interrompra cette relation et disparaitra.

Deuxième période, de nos jours. Mano, chercheur reconnu, se meurt à l’aube de ses quatre vingt douze ans. Lors d’une visite à son père, Atara découvre que celui-ci l’appelle Rachel et lui dit :

« Que tu es belle, ma compagne, que tu es belle ! tes yeux sont ceux d’une colombe derrière ton voile, la chevelure est comme un troupeau de chèvres dévalant du Mont Galaad. (Cantique des Cantiques) Je ne t’ai pas trahie, Rachel, je n’ai pas eu d’autres femmes, j’ai tenu ma promesse « 

Atara va vouloir à tout prix rencontrer Rachel pour connaitre le passé et comprendre la difficile relation avec son père.

Cette recherche va nous permettre de découvrir, par bribes, la vie de Rachel et Mano et nous faire entrer plus intimement dans la vie actuelle d’Atara.

Je n’ai pas réussi a adhérer à cette recherche. Le roman m’est apparu lent, fastidieux dans la lecture, voire confus parfois. La psychologie des personnages est approfondie à l’extrême, revenant plusieurs fois sur le même sujet par des facettes différentes.

Contrairement à ce que laisse penser la quatrième de couverture, l’histoire d’Israël est survolée. Reste donc une déception.


Zeruya Shalev est née au kibboutz Kinneret où est également née la poétesse Rahel. Elle grandit à Bet Berl, près de Kfar Saba, avant de venir étudier la Bible à l’université hébraïque de Jérusalem. Sa famille compte plusieurs écrivains[Lesquels ?], et elle a baigné dans une atmosphère où l’écrit et la littérature étaient valorisés au plus haut point[réf. souhaitée]. Son père, Mordehai Shalev, est un critique littéraire renommé. Son oncle est le poète Itshak Shalev et son cousin l’écrivain Meir Shalev. Elle est mariée avec l’écrivain Eyal Megged, fils de l’écrivain Aharon Megged. Le 29 janvier 2004 , elle est victime d’un attentat suicide tout en conduisant à la suite de l’explosion d’un bus à Jérusalem alors qu’elle est sur la rédaction du roman Thèra. Dix personnes sont mortes dans l’attentat. Zeruya Shalev en réchappe mais est grièvement blessée et doit rester immobilisée plusieurs mois.

Dans une interview, elle dit en parlant de son écriture : « J’ai l’impression d’écrire comme un poète, en refusant de trop planifier, en portant une grande attention au rythme, aux métaphores, à la musique de la phrase… »

L’enfant dans le taxi de Sylvain Prudhomme. Editions de Minuit.💛💛💛💛

Une histoire d’amour dans une ferme allemande au bord du lac de Constance. Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale. Une histoire d’amour entre la fermière et un soldat français.

C’est le narrateur, Simon, qui nous parle de cet amour. Qu’en connait-il réellement ? Le fantasme-t-il ? Simon est écrivain. Il a déjà écrit cette histoire.  Fiction ou secret de famille ?

De nos jours, l’enterrement du grand-père, la présence d’un oncle d’origine allemande vont révéler l’existence d’un enfant, d’un fils vivant au bord du lac de Constance.

Simon en instance de divorce, va essayer de reconstituer tout ce puzzle et de tirer les fils de ce secret. Simon en déconstruction familiale, va partir en quête des origines

Le tout avec tendresse et douceur.

L’écriture de Sylvain Prudhomme est faite souvent de longues phrases. Une phrase pouvant être un paragraphe, voire un chapitre. Ecriture pour dire les bouleversements que vit Simon.

Sylvain Prudhomme termine son roman par un mot : « Entre « 

Une ouverture

Un espoir

Une bienveillance

Tout ce qu’est ce court roman.


Sylvain Prudhomme, né en 1979 à La Seyne-sur-Mer, est un écrivain français.

Il est l’auteur de romans et de reportages, dont plusieurs ont pour cadre l’Afrique contemporaine, où il a vécu et travaillé. Sylvain Prudhomme a passé son enfance dans différents pays d’Afrique (Cameroun, Burundi, Niger, île Maurice) avant de venir étudier les Lettres à Paris, puis de diriger de 2010 à 2012 l’Alliance franco sénégalaise de Ziguinchor, au Sénégal. Il est agrégé de lettres modernes.

Sylvain Prudhomme vit à Arles. Ses livres sont traduits dans plusieurs langues. Il collabore chaque mois, depuis 2015, à la chronique « Écritures » du quotidien Libération 9.

Sylvain Prudhomme est le lauréat 2019 du prix Femina et du prix Landerneau des lecteurs pour son roman Par les routes10.


Et moi, je me contentais de t’aimer .Rosella Postorino. Albin Michel. 💛💛💛💛

Sarajevo 1992. La guerre des Balkans. La guerre en Europe. L’éclatement de la Yougoslavie. Il y a 30 ans.
Le siège de Sarajevo a fait 12 000 victimes dont plus de 1 500 enfants.
C’est lors de siège que Rosella Postorino démarre son roman.
Omar, 10 ans marche avec sa mère quand une explosion survient.
Cours, cours lui dit elle. Et Omar court. Seul. Sa mère a disparu.
Il se retrouve à l’orphelinat avec son frère Senadin. Au fond de lui la certitude que sa mère est toujours vivante.
A l’orphelinat il rencontrera Nada, qui arrivera à l’apaiser. Nada a un frère, Ivo qui est à la guerre.
Omar rencontrera aussi Danilo.
Omar, Nada, Danilo se promettront des jours d’avenir heureux.
Quelque temps plus tard un bus humanitaire emmènera tous les enfants de l’orphelinat vers l’Italie. Une protection loin de la guerre , mais aussi des séparations et des exils. Des instituts, des familles d’accueil, voire des adoptions.
On retrouve dans ce roman la talent évocateur et l’empathie que porte l’auteure à ces personnages comme dans son roman précédent La goûteuse d’Hitler.
Nous allons suivre Omar, Nada, Senadin, Danilo, Ivo sur une vingtaine d’années. Chacun avec son désespoir, ses espoirs. Rejet, intégration ou besoin de retour.
L’auteure ne prend pas partie, ne juge pas. Elle pose le constat.
Comment grandir sans racines ? Peut -on perdre un amour originel ?
Une saine réflexion teintée de beaucoup d’émotion sur le départ, l’exil, l’abandon, la perte, la renaissance, la résilience.
Blessures et espoirs.

Née à Reggio de Calabre en 1978, Rosella Postorino a grandi à San Lorenzo al Mare, en Ligurie. En 2002, elle a déménagé à Rome. En 2004, elle a publié sa première nouvelle In una capsula dans l’anthologie Ragazze che dovresti conoscere, et en 2007, elle a publié son premier roman La stanza di sopra3.

Elle a traduit et édité quelque œuvres de Marguerite Duras.

Avec le roman Le assaggiatrici (Feltrinelli 2018) (La goûteuse d’Hitler), elle remporte la 56e édition du prix Campiello4, le prix Luigi Russo5, le prix Rapallo-Carige6 et le prix Vigevano Lucio Mastronardi. La traduction française de son roman a remporté le 25e Prix Jean Monnet lors du LEC Festival 20197

Croix de Cendre d’Antoine Sénanque. Grasset. 💛💛💛💛💛

Parlons d’abord de l’auteur avant de parler du roman .
Quelle maestria d’Antoine Sénanque pour nous conter Croix de cendre.
La bibliographie à la fin du roman est courte : 4 livres. Comme on dit ce n’est pas la quantité qui fait la qualité.
Et là la qualité est présente à chaque page . Un travail documentaire, historique, religieux, spirituel de haute volée.
Car Antoine Sénanque n’a pas choisi une période simple pour son roman : le Moyen âge religieux. On aurait vite fait de se perdre aux confins des années 1350.
La peste a envahi l’Europe. Depuis peu des ordres religieux viennent de naître. Les Dominicains et les Franciscains courent les routes et les chemins entre prédication et pauvreté. La papauté est installée en Avignon avec Jean XXII. L’empereur Frédéric Barberousse règne sur l’Allemagne , la Thuringe et le Nord de l’Europe. le pouvoir papal et le pouvoir politique se disputent Dieu. L’Inquisition s’installe. Elle s’attaque aux Albigeois, aux Cathares, aux Templiers mais aussi aux béguinages ou encore aux Dominicains qui s’écartent de la ligne tel Maitre Eckhart qui professe le Libre Esprit. L’hérésie gagne le monde
Epoque semble-t-il confuse où les pouvoirs terrestres et célestes sont prêts à toutes les turpitudes.
Et de ce maelstrom , Antoine Sénanque en fait un polar médiéval. Bluffant.
En voici la trame.
Près de Toulouse dans le monastère de Verfeil, Antonin fils de médecin est dominicain. Il connait les plantes qui soignent. Il a comme ami, Robert, fils de valet de ferme et moine peu cultivé.
Le prieur du monastère, Guillaume, leur demande de se rendre à Toulouse afin de récupérer un vélin afin de fabriquer un parchemin. Parchemin d’importance car Guillaume souhaite y écrire une confession.
A leur retour , Antonin écoutera les confessions de Guillaume et les couchera sur le parchemin.
Alors plus jeune Guillaume a connu et accompagné Maitre Eckhart sur les routes de l’Europe. Celui-ci écrivant et professant des sermons provocants et dangereux. Il accompagna Eckhart à la Sorbonne, à Strasbourg mais aussi par dessus les mers jusqu’en Crimée.
Les révélations que pourraient faire Guillaume inquiète l’Inquisiteur général Louis de Charnes.
La suite est le plaisir de la lecture et de l’écriture. de religieux et politique, le roman devient polar. Il se savoure avec délectation.
Si en plus vous mettez dans vos oreilles quelques chants grégoriens , ou chorale de moines , le poème du Long Désir de Mathilde, béguine de Ruhl, en exergue du livre vous transportera.
Magnifique coup de cœur de cette rentrée littéraire.


Antoine Sénanque est né en 1959, à Neuilly sur Seine. De sa carrière d’interne chef de clinique, il tire un premier roman coup de poing, « Blouse », brûlot acéré contre la médecine qui lui vaudra la reconnaissance du public autant que les foudres de ses pairs.

En 2007, il reçoit le prix Jean Bernard pour son second ouvrage, « La Grande Garde ». Neurologue expérimenté, il parvient à rendre palpable la tension d’un service de chirurgie et dépeint les rapports de pouvoirs au sein du monde hospitalier. L’écriture de Sénanque est chirurgicale, précise, brutale et sans concession, pleine d’humeur et d’humour, toujours.

En 2006-2007, Antoine Sénanque change de cap pour passer sur le tard une licence d’histoire à la Sorbonne, expérience qui lui inspirera « L’ami de Jeunesse », sorti en 2008 et pour lequel il reçoit le prix Découverte Figaro. D’Histoire, il est aussi question avec « L’Homme mouillé », récit singulier où s’entremêlent mythologies anciennes et esprit scientifique, suivant les aventures de son anti-héros, Pal Vadas. Une percée dans les aspirations spirituelles d’Antoine Sénanque qui se poursuit avec son nouveau roman paru en mai 2012, « Salut Marie ». L’auteur y fait jaillir de sa plume truculente le questionnement insolent et subtil d’un personnage ordinaire et morose confronté à l’apparition de la Vierge Marie.


La Foudre de Pierric Bailly. P.O.L 💛💛💛💛

La foudre est ma première rencontre avec l’univers de Pierric Bailly. Cette première rencontre fut un grand moment d’émotion et de plaisir.
La foudre est un roman à l’ancrage social et géographique très fort. La comparaison avec les livres de Nicolas Mathieu ancré en Lorraine est évident.
Avec Pierric Bailly nous sommes à la frontière franco-suisse dans le Haut Jura. Entre Valserine, Vallée de Joux et hauts pâturages Julien vit une vie simple. L’été il est berger sur les flancs du Col de la Faucille. Il vit avec un troupeau de 300 brebis, ces 2 chiens , Mistral et Flash et ces deux patous. L’hiver il est saisonnier à la station des Rousses.
Toute sa famille est originaire de ce creuset jurassien. Il a une une dévotion particulière pour son grand père John , mémoire des alpages , des personnes et des alpages.
D’ailleurs Julien est plus connu par son surnom : John.
Il a comme compagne Héloïse , qui est professeur d’anglais dans la vallée.
Celle-ci vient d’accepter une nouvelle affectation à La Réunion. Julien-John finit donc sa dernière de berger dans les Alpages, ensuite direction l’Océan Indien.
Dans le chalet d’alpage, il y a des vieux journaux et son regard est accroché par un article. Alexandre Perrin, vétérinaire, vivant dans le Rhône a tué à coup de planches un jeune homme. le journal date d’il y a un an.
Alexandre Perrin est un ancien copain de lycée de John. Rien ne le prédisposait à cet acte.
John va faire des recherches et trouver les coordonnées de la femme d’Alexandre, Nadia.
Il envoie un SMS à Nadia pour lui dire sa stupéfaction
Longtemps il n’y aura pas de réponse et puis un jour Nadia rentrera en contact avec John.
L’histoire est en place. Pierrick Bailly convoque les hautes terres jurassiennes, des personnages issus de la classe moyenne , des personnages et des générations issus de ce creuset jurassien. Tous se connaissent. Ils ont maintenant la petite quarantaine mais ils ont les souvenirs communs du collège, du lycée , du ski, des alpages.
Et dans ce creuset commun , arrive l’intrusion , l’imposture, la force du lien , l’amour peut être l’impossible amour.
Le style de Pierrick Bailly est faussement simple. le présent de l’indicatif constamment présent cache les souvenirs et les détails qui donnent vie à ce roman.
De cette proximité naît les émotions et le plaisir intense de la lecture.
Mais La foudre va frapper !


Pierric Bailly passe son enfance à La Frasnée, à Poids-de-Fiole et à Lons-le-Saunier1. Après des études secondaires à Lons, il s’installe à Montpellier où il suit des cours de cinéma à l’université Paul-Valéry. Il revient ensuite dans le Jura où il travaille en usine, vit quelque temps en région parisienne, à Grenoble et à Nîmes, avant de se fixer à Lyon.

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Veiller sur elle de Jean Baptiste Andrea. L’Iconoclaste. 💛💛💛💛

Le roman s’ouvre en 1986 au cœur d’un monastère où des moines veillent sur les derniers instants d’un vieux monsieur ayant vécu reclus quarante ans dans cette abbaye italienne.
Ce vieil homme s’appelle Mimo et sera le narrateur du roman.
Il va nous raconter par petites touches sa vie qui aura tourné autour de deux grandes passions : sa relation avec Viola , son métier de sculpteur et son œuvre majeure cachée au monde par le Vatican.
Mimo s’appelle Michelangelo Vitaliani. Il est né en 1904. Il a perdu son père. Mimo est atteint de nanisme . Il est confié à son oncle sculpteur en Ligurie vers Pietra d’Alba. Oncle sculpteur sans beaucoup de talent et un penchant alcoolique.
Durant cette enfance peu heureuse, Mimo va rencontrer Viola qui vit dans une grande maison bourgeoise sur les hauteurs de Pietra d’Alba. Viola comme Mimo est née en 1904. Elle est l’une des enfants de la famille Orsini, famille introduite dans les cercles de l’aristocratie et des pouvoirs. Viola a deux frères : Stefano et Francisco. Stefano sera attiré par les chemises noires et Mussolini. Francesco se tournera vers la foi, l’Eglise et le Vatican.
Mimo et Viola sont des jumeaux cosmiques, des âmes soeurs qui souhaitent briser leur carapace. Viola par anticonformisme et Mimo en sculptant grand en réponse à son nanisme.
L’intensité émotionnelle et romanesque est servie par les paysages, les odeurs de l’Italie et son histoire contemporaine avec la montée du fascisme et la place de l’Eglise.
C’est un roman touché par la grâce et à postériori le titre du roman Veiller sur elle prend toute sa lumière. Qui veille sur qui ? Qui veille sur quoi ?
C’est poignant, bouleversant. Mimo et Viola ont des failles, des espoirs. Ils croient en leur différence dans cette Italie tellement corsetée. Viola au travers de son féminisme, Mimo au travers de son handicap.
Veiller sur elle tient du mystère, de la beauté, de l’amour.
Bien que totalement différent des trois romans précédents de Jean Baptiste Andrea, on ressort de celui – ci comme des trois précédents avec des étoiles dans les yeux avec des bouffées d’émotion à n’en plus finir.


Jean-Baptiste Andrea, né le 4 avril 1971 à Saint-Germain-en-Laye, est un écrivainscénariste et réalisateur français.

Jean-Baptiste Andrea grandit à Cannes, où il est élève de l’Institut Stanislas et fait ses premières expériences de scène, d’écriture et de réalisation.

Il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’ESCP.

Il écrit ses premiers films en anglais et reçoit plusieurs prix pour son film Dead End réalisé avec Fabrice Canepa.

Son premier roman, Ma reine, reçoit entre autres le prix Femina des lycéens, le prix du premier roman, le prix Alain-Fournier, le prix de la Fondation Jacqueline de Romilly.

Son troisième roman, Des diables et des saints (éditions de l’Iconoclaste), reçoit en mars 2021 le Grand prix RTL-Lire1, et en mai 2021 le prix Ouest-France/Étonnants Voyageurs2.

Tasmania de Paolo Giordano. Le Bruit du Monde. 💛💛

J’ai terminé la lecture de Tasmania de Paolo Giordano depuis plusieurs jours et j’ai voulu attendre avant d’écrire cette chronique.
Mon sentiment à la sortie de la lecture du roman était mitigé. Intéressé par l’histoire, les sujets abordés mais pas de ressenti et d’attachement aux différents personnages.
J’ai laissé décanter, comme pour un vin.
Pas d’arômes intéressants dès le vin en verre. Mais peut être ensuite en bouche, il y aura du mieux….
Malheureusement je reste sur ma première impression. Ce roman ne fera pas un vin de garde. Il est bon à boire et à lire mais pas de longueur en bouche. Pas de typicité.
Notre narrateur ( dont les initiales sont les mêmes que l’écrivain PG ) vient de couvrir un sommet sur le climat à Paris. Il est scientifique et auteur de publications dans les journaux dont le Corriere della Sera. Nous sommes juste après les attentas de 2015.
Il vit avec Lorenza qui a un foils Eugénio. le couple est en crise
Notre narrateur cultive les amitiés masculines.
D’abord Giulio connu à la Fac. Celui-ci est marié avec Cobalt. Ils ont un enfant, Adriano. Cobalt souhaiterait avoir la garde exclusive de son fils. Giulio va demander l’aide du narrateur pour conserver la garde de son fils.
Novelli est un autre ami. Il est expert du changement climatique et des nuages. Les propos de Novelli lors d’une conférence mettront à mal cette amitié.
Enfin Karol, prêtre qui vient de tomber amoureux d’une jeune fille.
Autour de ces personnages en crise, notre narrateur doit publier un livre sur la catastrophe d’Hiroshima.
Le roman oscille entre la crise climatique, la crise de l’amitié et la crise de couple.
Le foisonnement des thèmes, de l’universel à l’intime paraît vain et provoque malheureusement un peu d’ennui.
Seules les pages autour d’Hiroshima et de Nagasaki apportent sentiments et émotion..

Paolo Giordano (né le 19 décembre 1982 à Turin) est un écrivain italien contemporain. En 2008, le prestigieux prix Strega lui est attribué pour son premier roman, La Solitude des nombres premiers, dont il est le plus jeune lauréat. Paolo Giordano vit seul à San Mauro Torinese dont il est originaire. Son père est gynécologue et sa mère enseignante d’anglais. Diplômé au lycée public scientifique « Gino Segré », à Turin, il présente une thèse en physique des interactions fondamentales à l’université de Turin, où il étudie les propriétés des quark bottom.

Le Romantique de William Boyd. Seuil. 💛💛💛💛💛

Dans le cimetière de l’Isola di San Michele à Venise , sur le mur délimitant le côté Nord Ouest de celui-ci est apposé une plaque :Cashel Greville Ross 1799- 1882.
William Boyd nous dit avoir été en possession de l’autobiographie inachevée de Cashel Greville Ross. Des documents, des liasses de lettres, des esquisses , des cartes, des photos…..
Un sage a écrit : Toute biographie est une oeuvre de fiction mais une fiction qui doit coller aux faits documentés.
Et William Boyd de nous avertir : « Plutôt que de m’escrimer à rédiger une biographie de Cashel Greville Ross, j’ai considérer que l’histoire de sa vie, de sa vraie vie, serait bien mieux servie si on l’écrivait ouvertement, sciemment, honnêtement sous la forme d’un roman. »
C’est ainsi que se termine le prologue du livre de William Boyd.
Ainsi débute le parcours tumultueux, pétulant de Cashel Greville Ross.
Un début de vie à la Barry Lyndon. Famille pauvre d’Irlande. Elevé par une tante suite à la disparition de ses parents lors d’un voyage en bateau entre l’Angleterre et l’Irlande.
Une jeunesse rapidement rattrapée par un engagement dans le 99ème régiment du Hampshire en tant que tambour.
Et voilà Cashel Greville Ross en 1805 sur le champ de bataille à Nivelles. Bataille plus connue sous le nom de Waterloo.
C’est le début des aventures de Cashel Greville Ross. On le retrouvera en Indes dans un nouveau régiment , puis en Italie , en France, en Nouvelle Angleterre à Boston , ou en encore en Afrique à la découverte des sources du Nil.
Il sera tour à tour écrivain, brasseur, explorateur et même ambassadeur.
Il croisera Lord Byron , Mary Shelley, les explorateurs Speke et Burton mais aussi des inconnus qui l’heure venue sauront être des alliés dans les pérégrinations de Cashel Greville Ross
Il croisera surtout en Italie Raffaella, l’amour de sa vie . Les tumultes de celles ci feront que cet amour sera pour le moins chimérique et romantique.
500 pages d’un récit haletant et endiablé, sans temps mort, digne des grands feuilletonistes du 19ème siècle.
Haletant et endiablé comme cette société qui évolue à vitesse grande V. Une société au prise avec les nouvelles industries mais aussi la guerre de Crimée, la Guerre de Sécession.
En conclusion un roman magnifique qui nous laisse épaté de la capacité d’invention et d’écriture de William Boyd.


William Boyd, né le 7 mars 1952 à Accra au Ghana, est un écrivain, scénariste et réalisateur britannique.

William Andrew Murray Boyd fait ses études à l’université de Glasgow, à l’université de Nice, à la Gordonstoun School de Moray en Écosse, et à Oxford au Jesus College. Après ses études, il enseigne la littérature à l’université d’Oxford. C’est à cette époque qu’il publie son premier roman Un Anglais sous les tropiques.

Il fut critique télé pour le magazine New Statesman, de 1981 à 1983, et il a également écrit de nombreux scénarios de téléfilms.

Il est depuis 1983 membre de la Société royale de littérature.

Il est marié et partage sa vie entre le Sud-Ouest de la France (Dordogne) et Londres.


Les vertueux de Yasmina Khadra. Mialet Barrault. 💛💛💛💛

Yacine Cheraga vit très modestement avec sa famille dans un douar algérien dont le caid et chef est Gaid Brahim. Nous sommes en 1914.
Le caid Gaid Brahim va proposer un marché à Yacine. Il lui demande de remplacer son fils pour aller combattre en France dans la Grande Guerre. En retour la famille de Yacine bénéficiera de privilèges et lui, lors de son retour, se verra offrir une maison et des terres.
Comme le dira plus tard l’homme politique Henri Queuille : « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent « 
A son retour de la guerre, la famille de Yacine a disparu et le caid Gaid Brahim le rejette violemment.
Un souffle romanesque enveloppe cette épopée faite d’amour, d’amitié, de solidarité mais aussi faite de souffrance et de trahison.
C’est un récit rude , âpre qui court de 1914 jusqu’à l’avant veille de la deuxième guerre mondiale. Yacine va croiser et recroiser les personnages qu’il aura connu durant la guerre et que l’on nomme les Turcos. Ligne de conduite faite d’empathie, de dfoiture et d’honnêteté.
Dans cette épopée ou odyssée, chaque rencontre est l’occasion d’obstacle à dépasser, de moments initiatiques, de découvertes. Des rencontres d’amitiés avec Sid, des rencontres de ressentiment avec Zorg Er Rouge, des rencontres d’émotion avec Alba la guerrière et la femme amazone.
Yasmina Khadra nous parle d’une Algérie sombre en début du 20 ème siècle qui nous ouivre sur le colonalisme, la guerre d’Algérie et le terrorisme.
Une fresque magnifique faite de guerre, d’amitié mais aussi d’injustice, de souffrance et de trahison. le tout avec des personnages complexes au milieu de situations sociales, humaines, politiques et affectives de forte intensité.
Yasmina Khadra n’est jamais aussi juste que lorsqu’il parle de l’Algérie.

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Mohammed Moulessehoul est né à Kenadsa (actuelle wilaya de Béchar) le 10 janvier 1955. Son père, officier de l’ALN, est blessé en 1958. En 1964, il envoie Mohammed (alors âgé de neuf ans) à l’école des cadets de la Révolution d’El Mechouar à Tlemcen afin de le former au grade d’officier. À 23 ans, il sort sous-lieutenant de l’Académie militaire de Cherchell, avant de servir comme officier dans l’armée algérienne pendant vingt-cinq ans. Durant la guerre civile algérienne, dans les années 1990, il est l’un des principaux responsables de la lutte contre l’AIS puis le GIA, en particulier en Oranie. Il atteint le grade de commandant1,2.

Il fait valoir ses droits à la retraite et quitte l’armée algérienne en 2000 pour se consacrer à l’écriture.

 Il écrit pendant onze ans sous différents pseudonymes et collabore à plusieurs journaux algériens et étrangers pour défendre les écrivains algériens. En 1997 paraît en France, chez l’éditeur parisien Baleine, Morituri qui le révèle au grand public, sous le pseudonyme Yasmina Khadra1.

Il opte définitivement pour ce pseudonyme, qui sont les deux prénoms de son épouse3, laquelle en porte un troisième, Amel en hommage à Amel Eldjazaïri, petite-fille de l’émir Abdelkader. En réalité, sa femme s’appelle Yamina et c’est son éditeur qui a rajouté un « s », pensant corriger une erreur4. Mohammed Moulessehoul explique ce choix :

« Mon épouse m’a soutenu et m’a permis de surmonter toutes les épreuves qui ont jalonné ma vie. En portant ses prénoms comme des lauriers, c’est ma façon de lui rester redevable. Sans elle, j’aurais abandonné. C’est elle qui m’a donné le courage de transgresser les interdits. Lorsque je lui ai parlé de la censure militaire, elle s’est portée volontaire pour signer à ma place mes contrats d’édition et m’a dit cette phrase qui restera biblique pour moi : “Tu m’as donné ton nom pour la vie. Je te donne le mien pour la postérité”5. »

Dans un monde aussi conservateur que le monde arabo-musulman, porter un pseudonyme féminin, pour un homme, est une véritable révolution. Yasmina Khadra n’est pas seulement un nom de romancier, il est aussi un engagement indéfectible pour l’émancipation de la femme musulmane. Il dit à ce propos :

« Le malheur déploie sa patrie là où la femme est bafouée6. »