Archives pour la catégorie roman étranger

DJ Bambi d’Audur Ava Olafsdottir. Zulma. 🟩🟩🟩🟩◼️

Dj Bambi

Audur Ava Olafsdottir

Zulma

Traduction : Eric Boury

ISBN :  979-1-03870-393-3 Septembre 2025

256 pages

DJ Bambi est l’histoire d’un homme né soixante ans plus tôt qui s’est toujours senti femme. Elle a choisi le prénom de Logn qui signifie en islandais : absence de vent ou calme plat. Suite à son divorce et à un traitement hormonal, Logn attend d’être opérée du bas (quelle pudeur) afin d’avoir un corps qui lui corresponde vraiment.

À terme, elle souhaite prendre le prénom de sa grand-mère, Grudidur. Seul son jumeau Trausti la soutient, au contraire de sa famille qui la rejette.

Cette réalité, Logn, l’a tenue enfouie et a mis des années à l’accepter.

Après le rouge vif de la rhubarbe, c’est le deuxième roman d’Audur Olafsdottir que je lis. J’ai retrouvé la même poésie et la même empathie pour ces personnages. des personnages différents aux proies avec la reconnaissance.

Choisir le sujet transgenre n’est pas le sujet le plus simple à aborder. Pour le rendre quotidien et ancré dans la réalité Audur Olafsdottir nomme à l’infini les noms des rues, des plages, des caps, des lieux de Reykjavik, nous englobe dans le ciel, les étoiles et au plus près des goélands.

Pour déposer le sujet, elle choisit un personnage appelée Audur T. (étonnant !) qui interview Logn et veut en faire un livre.

J’ai ressenti durant cette lecture la difficulté qu’il y avait à traiter du transgenre et la difficulté de parler et de comprendre ce chemin de transition. Cela a été accentué par la réalisation ou non du livre d’Audur T. et d’un événement final.

Reste qu’Agustina dans le Rouge vif de la rhubarbe ou Logn dans DJ Bambi sont des personnes qui se tiennent droites, éminemment humaines. Il faut se rappeler qu’au départ Bambi parle de l’ostracisme fait aux juifs.

Logn, Agustina différents.

Auður Ava Ólafsdóttir est sans conteste la reine des lettres islandaises ! Depuis Rosa candida, le charme inimitable de ses romans tient peut-être à son talent sans pareil pour nous faire explorer les troublantes drôleries de l’inconstance humaine avec une poésie et un humour d’une grâce inégalable. Elle a reçu notamment les plus hautes distinctions nordiques, et le Prix Médicis étranger pour Miss Islande.

« Révélée au public français grâce à Rosa candida, l’Islandaise Auður Ava Ólafsdóttir possède l’art de dire les choses compliquées avec des mots simples. Celui aussi de suggérer l’émerveillement devant le miracle quotidien de l’existence. » – Elena Balzamo, Le Monde des Livres.

Le rouge vif de la rhubarbe d’Audur Ava Olafsdottir. Zulma. 🟩🟩🟩🟩◼️

Le rouge vif de la rhubarbe

Audur Ava Olafsdottir

Zulma

Traduction : Catherine Eyjolfsson

ISBN : 978-2-843-04756 -5 Islande 1998 – France 09/2016

156 pages

Le rouge vif de la rhubarbe est un court roman, sensible, délicat et poétique se déroulant sur les terres islandaises.

Agustina a été conçue dans un champ rouge vif de rhubarbe. Un père de passage lors de l’escale d’un navire et absent à jamais. Une mère, scientifique de la migration des oiseaux, toujours aux quatre coins de la terre et qui n’existe que par des lettres.

Agustina vit auprès de Nina, une amie de sa mère.

Agustina est née avec des jambes de coton qui ne peuvent la porter et des béquilles sont ses meilleures amies.

Agustina a une vie horizontale, elle ne peut grimper, ou entamer des randonnées dans les paysages escarpés de son île. Elle a néanmoins un lien vertical avec les nuages, le ciel et Dieu.

Agustina a un rêve : atteindre le sommet de la Montagne, 844 mètres, afin de voir le monde de haut et de s’englober dans un paysage.

A partir des scènes du quotidien, autour de la cuisine, de la pêche, des rencontres, Audur Aya Olafsdottir va instiller une poésie et une tendresse autour d’Agustina, sirène ou ange.

Quand l’ordinaire de la vie et le handicap confèrent au merveilleux.

Auður Ava Ólafsdóttir est sans conteste la reine des lettres islandaises ! Depuis Rosa candida, le charme inimitable de ses romans tient peut-être à son talent sans pareil pour nous faire explorer les troublantes drôleries de l’inconstance humaine avec une poésie et un humour d’une grâce inégalable. Elle a reçu notamment les plus hautes distinctions nordiques, et le Prix Médicis étranger pour Miss Islande.

« Révélée au public français grâce à Rosa candida, l’Islandaise Auður Ava Ólafsdóttir possède l’art de dire les choses compliquées avec des mots simples. Celui aussi de suggérer l’émerveillement devant le miracle quotidien de l’existence. » – Elena Balzamo, Le Monde des Livres.

Les remplaçants de Bernardo Carvhalo. Métailié . 🟩🟩◼️◼️◼️

Les remplaçants

Bernardo Carvalho

Editions Métailié

ISBN : 979-1-02261-454-2 Août 2025

208 pages

La couverture du dernier roman de Bernardo Carvalho représente un bimoteur au lever du jour ou au crépuscule survolant une masse à contrejour qui pourrait être une représentation de la forêt amazonienne.

Dans cet avion, un père et son fils de 11 ans. Tout au long du roman, il s’agira du père et du fils. Pas de prénom, pas d’affectif. C’est pareil pour tous les personnages du roman qui sont caractérisés par leur fonction : le directeur du théâtre, le banquier véreux, le médecin, l’Indien, le militaire.

Le père se livre à des transactions obscures en lien avec les militaires et in fine avec la dictature brésilienne. Dans cet avion, le fils lit un livre de science-fiction, où, après la fin de notre planète, un groupe d’humains explore l’espace. la lecture de cet ouvrage.

Le roman est aussi traversé par la vie de l’enfant 30 ans plus tard. de fait le temps est découpé et les souvenirs et la réalité s’entremêlent.

Et nous sommes un peu perdus, dans un flou comme le père et le fils au milieu des nuages et de la brume amazonienne.

On ressent que c’est un roman ambitieux voulant traiter du Brésil du 20ᵉ siècle et des relations inversées entre père et fils.

Malheureusement je n’ai pas adhéré au style de Bernardo Carvalho, et j’ai eu beaucoup de mal à suivre et comprendre l’entremêlement des situations.

Bernardo Teixeira de Carvalho, plus connu sous le nom de Bernardo Carvalho, né le 5 septembre 1960 à Rio de Janeiro, est un écrivain et journaliste brésilien. Il a été l’éditeur du supplément culturel Folhetim, et correspondant de la Folha de S.Paulo à Paris et New York.

Les prénoms de Florence Knapp. JC LaTTES. 🟩🟩◼️◼️◼️

Les prénoms

Florence Knapp

JC Lattès

Traduction : Carole d’Yvoire

ISBN 978-2-7096-7449-2 Octobre 2025

352 pages

Les prénoms est le premier roman de Florence Knapp. Il semble au vu de la couverture que ce livre est encensé :

Le meilleur premier roman depuis longtemps (Sunday Times).

Éblouissant (The Washington Post)

Incontournable (Elle)

La définition du best-seller (The Times)

Follement original (The Observer)

Un roman d’une grande tendresse (The Guardian)

Une lecture déchirante et compulsive (Daily Mail)

Beaucoup de louanges, trop peut-être, trop sûrement.

À la suite de cette lecture, je ne souscris pas au meilleur premier roman depuis longtemps, qui serait éblouissant, incontournable, original, tendre et déchirant.

L’idée de départ est intéressante. Faire que le changement de prénom change notre vie.

Cora, mariée à Gordon, médecin, a une fille de 9 ans, Maia, et Cora donne naissance à un petit garçon. Elle doit aller à l’état civil pour déclarer le prénom de ce petit garçon. Gordon souhaite que son fils s’appelle Gordon comme lui et son grand-père.

Cora qui vit sous la coupe violente de son mari voudrait pouvoir donner un autre prénom à son enfant.

À partir de là, l’autrice va développer trois scénarios.

Premier scénario : Cora donne le prénom Bear à son enfant, prénom que propose sa soeur Maia.

Deuxième scénario : Cora donne le prénom Julian, un prénom qui veut dire « ciel et père » et qui devrait ne pas trop déplaire au père.

Troisième scénario : Cora suit la demande du père et appelle son fils Gordon.

Florence Knapp va construire son roman autour de ces trois scénarios avec des étapes tous les sept ans, le tout jusqu’aux 35 ans de l’enfant.

À chaque fois un chapitre sur Bear, Julian, Gordon et de nouveau le même procédé sept ans après.

Le même procédé de 4 3 2 1 de Paul Auster, mais de façon plus laborieuse. Je n’ai trouvé aucune empathie et tendresse dans la lecture, plutôt un style informatif, qui analyse les situations qu’a mises en place l’autrice.

Chaque scénario semble créatif mais en définitive reste très classique et les sauts de sept ans permettent des raccourcis et des facilités. Pourtant le sujet de la violence conjugale vue par les yeux du même enfant avec trois profils psychologiques était original tout comme la recherche d’identité.

Il faut toujours se méfier d’une couverture dithyrambique.

Florence Knapp a déjà écrit un ouvrage documentaire sur une méthode séculaire de fabrication de courtepointes et a contribué à un ouvrage pour le Victoria and Albert Museum, intitulé Patchwork & Quilting. Elle vit près de Londres avec son mari et leur chienne, Nell. Leurs deux enfants ont maintenant quitté le nid. « The Names » est le premier roman de Knapp et sera traduit en plus de vingt langues. ( traduit de Penguin Random)

Les fleuves du ciel d’Elif Shafak . Flammarion. 🟩🟩🟩🟩🟩

Les fleuves du ciel

Elif Shafak

Flammarion

Traduction: Dominique Goy-Blanquet

ISBN : 978-2-08045-987-9 Août 2025

512 pages

C’est avec un plaisir mille fois renouvelé que l’on se plonge dans le nouveau roman d’Elif Shafak Les fleuves du ciel.

Elif Shafak nous avait laissé il y a trois ans entre Londres et Chypre auprès d’un figuier déraciné et replanté à Londres.

Pour ce nouveau roman, Londres est toujours présent et plus particulièrement la Tamise.

À 180 ans d’écart vivent deux des personnages importants du roman. D’abord Arthur, qui naît dans la pauvreté sur les bords nauséabonds de la Tamise en 1850. Puis, près de deux siècles plus tard en 2018, Zaleekhah, hydrologue fascinée par la mémoire de l’eau, emménage dans une péniche afin de fuir la faillite de son mariage.

Arthur, baptisé Rois des égouts et des taudis, est engagé dans une imprimerie où il découvre le livre L’épopée de Gilgamesh, un récit épique de la Mésopotamie et l’une des oeuvres les plus anciennes de l’humanité. Cette oeuvre a été écrite en caractères cunéiformes sur des tablettes d’argile. En 1850, de nombreuses tablettes restent un mystère pour la traduction. L’écriture cunéiforme représentant des syllabes et non une lettre.

Zaleekhah en 2018 a comme propriétaire de sa pénicheune jeune femme Nen qui est tatoueuse et qui ne tatoue que des motifs cunéiformes rappelant la Mésopotamie, Ninive et son fleuve le Tigre.

Au bord de ce fleuve, en 2014, vit une famille yézidie autour de Grand-Mama et de sa petite-fille Naryn, 9 ans. Celle-ci doit être baptisée et cette famille décide de rejoindre la vallée sacrée de Lalesh.

Chacun des personnages, Arthur, Zaleekha, Naryn vaudrait à lui seul un roman. Elis Shafak se fait conteuse pour entrelacer ces trois histoires et les relier au cours imprévisible de l’eau.

La goutte d’eau, les fleuves, une mémoire de l’humanité.

Elif Shafak s’appuie sur une documentation nourrie mais qui laisse la place au roman.

À travers ce voyage incessant entre 1850 et 2018, entre la Tamise et le Tigre, Elif Shafak nous rappelle les affres du dérèglement climatique, du pillage des vestiges historiques, de la cruauté faite aux Yézidis, mais aussi la grandeur humaine de certains dans le partage, l’empathie.

M. Bradbury, Grand-mama, Leila, Nene sont des êtres de bienveillance, de culture, de spiritualité qui révéleront à eux-mêmes Arthur, Naryn et Zaleekha.

Un roman magistral auquel il faut joindre les derniers mots des remerciements d’Elif Shafak : « On dit qu’un romancier ne doit pas tomber amoureux de son sujet, mais même si j’admire les dons intellectuels et apprécie le domaine des idées, je ne crois pas qu’on puisse écrire un roman avec son seul esprit rationnel. le coeur doit s’y mettre aussi et une fois que le coeur y est, allez savoir où il vous entraînera.

Ce roman est le lieu où m’a entraîné mon coeur.

Ce roman est mon chant d’amour aux fleuves : ceux qui vivent encore et ceux qui ont disparu depuis longtemps. »

Elif Şafak, ou Elif Shafak (nom de plume d’Elif Bilgin), née le 25 octobre 1971 à Strasbourg, est une écrivaine turque. Elle vit et travaille à Londres.

Primée et best-seller en Turquie, Elif Şafak écrit ses romans aussi bien en turc qu’en anglais. Elle mêle dans ses romans les traditions romanesques occidentale et orientale, donnant naissance à une œuvre à la fois « locale » et universelle. Féministe engagée, cosmopolitehumaniste et imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, Elif Şafak s’attaque dans ses écrits à toute forme de bigoterie et de xénophobie.

Trois enterrements de Anders Lustgarten. Actes Sud. 🟩🟩🟩🟩◼️

Trois enterrements

Anders Lustgarten

Actes Sud

Traduction de Caro

ISBN : 978-2-33020-883-7 Septembre 2025

304 pages

Trois enterrements est un récit à plusieurs voix, tragique et sans illusion sur le monde et la brutalité des politiques migratoires.

Sept exilés ou migrants veulent quitter les côtes françaises pour rejoindre l’Angleterre. Parmi ces migrants, il y a Omar, jeune homme de 18 ans, sportif qui veut rejoindre Asha en Angleterre. Asha, 17 ans, son amoureuse. Il garde précieusement sa photo dans son blouson.

Avec Omar et Asha, le roman donne voix à Andy Jakubialk, policier enrôlé dans une milice raciste menée par Baratt et Cherry, infirmière qui, après une nuit de garde, est confrontée à la dépouille d’un jeune homme sur une plage anglaise.

Par des chapitres alternés entre chacun de ses personnages, Anders Lustgarten d’une écriture précise, tendue, trouve une justesse remarquable dans la brutalité quotidienne, la loyauté ou le refus d’agir. L’auteur dans les remerciements nous dit qu’il écrit vite. Cela se ressent. Il y a une urgence dans l’écriture, entre classicisme et oralité. Il y a aussi la volonté de dire les préoccupations sociales et les prises de conscience politique à venir.

La dernière phrase du roman nous ramène à la situation initiale : « Ils s’élancent dans l’avenir. »

Le roman nous détaille cet avenir ou ces avenirs selon les personnages. Et l’on peut imaginer que tous les jours des jeunes migrants s’élancent dans l’avenir, tout comme ceux qui les aident, ceux qui les refusent, ceux qui les aiment, ceux qui les politisent. Ils s’élancent dans l’avenir qui est le nôtre. Cet avenir est-il l’un des trois enterrements ? Poser la question vaut réponse.

Livre lu dans le cadre du jury du Livre 2025 de la librairie Au bord du jour à Voiron-Isère.

Anders Lustgarten est un dramaturge britannique résidant à Londres.

C’est en 2007 qu’il se tourne vers l’écriture dramatique ; ses premières pièces sont produites au Finborough Theatre.

Il a notamment remporté le Harold Pinter Playwrights Award, commandé par la Royal Court, en 2011.

Il travaille actuellement sur deux séries radiophoniques pour BBC Radio Four et sur un pilote d’émission de télévision pour Channel Four.

Parallèlement à son activité d’écrivain, Lustgarten milite politiquement à travers le monde, se concentrant sur les actions des multinationales dans les pays en développement.

Eclaircie de Carys Davies. La table ronde. 🟩🟩🟩◼️◼️

Eclaircie

Carys Davies

La Table Ronde

Traduction : David Fauquemberg

ISBN : 979 – 1 – 03711 – 469 – 3

192 pages

En 1843 le pasteur John Ferguson est envoyé sur une île septentrionale des Shetland pour
expulser le seul habitant : Ivar. John Ferguson va faire une chute depuis une falaise et va être
recueilli par Ivar.
John Ferguson est sur l’île pour le déplacement forcé d’Ivar. En manque d’argent il a accepté
cette mission car en tant que pasteur, il a fait scission avec l’Eglise presbytérienne afin de
développer la Nouvelle Eglise. À la suite de sa chute de la falaise, il a été recueilli par Ivar. Va
naître en eux une communauté faite de deux langues et d’un troisième personnage : Mary. Mary
est la femme de John Ferguson. Elle est restée en Ecosse. Mais lors de la chute de la falaise Ivar
a récupéré le portrait de Mary dans un cadre en cuir.
John et Ivar vont peu à peu s’apprivoiser autour de la langue norne, ancienne langue des
Shetland. Depuis la mort de sa grand-mère et de sa mère Ivar vit seul avec ses bêtes et son
rouet. Voir un autre humain est un bouleversement, un miroir. Rencontre inattendue de deux
inconnus
J’ai apprécié la lecture de ce roman du fait de sa concision. Concision des mots, des lieux, des
sentiments. L’autrice s’est servie de deux événements réels pour mettre en présence deux
personnages qui vont se découvrir petit à petit. Malgré la diƯérence de la langue, la raison de la
présence de John, chacun va accepter une éclaircie, une brève amélioration, une brève détente.
Des paysages durs et humides, des conditions de vie spartiates ne vont pas empêcher la
rencontre et la compréhension de l’autre. Une véritable éclaircie clôturera ce roman. Tout en
discrétion.

Lu dans le cadre du Prix 2025 de la librairie Au bord du jour à Voiron- 38. (Jury)

Carys Davies est l’auteur de deux recueils de nouvelles, qui lui ont valu d’être récompensée par le Frank O’Connor Award en 2015. Elle vit dans le nord-ouest de l’Angleterre.

Les hommes de Shetland de Malachy Tallack. Buchet Chastel.🟩🟩🟩◼️◼️

Les hommes de Shetland

Malachy Tallack

Buchet-Chastel

Traduction : Anne Pouzargues

ISBN : 978 – 2 – 28303 – 980 – 9 Août 2025

288 pages

Jack est un sexagénaire qui vit dans une des Iles Shetland. Il vit seul dans un cottage bercé par la musique country et l’écriture. On peut dire qu’il est un peu introverti et très sensible.
Le cottage dans lequel il vit est celui de ses parents : Sonny et Kathleen Paton.
L’histoire de ce roman va se dérouler, lentement, au rythme des vies quotidiennes des personnages. En oscillant entre les années de jeunesse de Sonny et Kathleen et celles actuelles de la vie de Jack.
Cette oscillation sera marquée aussi par la présence d’un chaton Loretta ,d’une petite fille en quête d’amitié et de la musique country.
Il ne faut pas rechercher dans ce roman des événements extraordinaires.
C’est une vie tranquille qui se déploie devant nous, simple et attachante.
Les hommes de Shetland est le premier roman de Malachy Tallack écrivain, journaliste et musicien.
Il accompagne son roman d’un bar code renvoyant aux musiques et textes qu’il a écrit pour ce livre. Cela concourt à cette simplicité et lenteur. le côté îlien.
Reste que cette simplicité et celle lenteur peuvent engendrer un ennui. Mais l’ennui n’est il pas aussi synonyme de vie îlienne ?
Reste un livre de rien qui se lit sans déplaisir, à l’ombre de quelques musiques country.

Né en 1980 dans les Shetland, Malachy Tallack est écrivain, journaliste et musicien. Il est l’auteur de plusieurs essais remarqués (« Sixty Degrees North », « The Un-Discovered Islandsc») et d’un premier roman – non traduit – salué par la critique (« The Valley at the Centre of the World »)

La Valse Atlantique

Je valsais sur les vagues

J’étais fou, j’étais brave

Je faisais de mon mieux

Quand j’ai baissé la garde, la mer m’a frappé fort

Et elle m’a emporté comme un morceau de bois

Refrain

Elle te bercera, elle te secouera

Elle essayera de te contrôler

Elle te fera tournoyer et tourbillonner jusqu’à ce qu’un jour

Tu apprennes a rester en mesure avec ce rythme de sel

Cette magnifique valse atlantique

Comme une giroflée flétrie

Aux dernières heures de la nuit

Au bord de cette atlantique ,infinie piste de danse

Trop tard je suis rentré, j’ai commencé à tourner

J’ai été avalé et recraché encore.

Refrain

Nage libre de Jessica Anthony. Le Cherche Midi. 🟩🟩🟩◼️◼️

Nage libre

Jessica Anthony

Traduction Claro

ISBN : 978-2-7491-8194-3 janvier 2025

139 pages

Dans une résidence américaine en novembre 1957, Kathleen Beckett refuse d’accompagner son mari et ses deux enfants à l’office dominical. Elle préfère aller nager dans la piscine de la résidence. Et plus que cela, elle ne quittera pas la piscine jusqu’à nouvel.

Avec ce court roman Nage libreJessica Anthony a écrit un roman intrigant, un peu grinçant. En 139 pages, à travers le couple formé par Kathleen et Virgil, elle va nous faire découvrir leurs secrets intimes et la réalité de l’American way of life avec, surtout, la femme au foyer abandonnant ses rêves.

Spoutnik 2 avec son chien Laika tourne autour de la terre, Kathleen refuse de sortir d’une piscine, les mensonges et adultères se révèlent peu à peu. Tout le monde se cache derrière les apparences. Il ne se passe pas grand-chose dans cette journée qui soutient le roman. Mais ce pas grand-chose cristallise les reproches et les frustrations des uns et des autres. Kathleen est sa frustration tennistique. Virgil est son culte pour Charlie Parker

Dans cette piscine, la nage va t’-elle devenir libre ?

 Jessica Anthony est une écrivaine américaine. Son premier roman Le convalescent est paru au Cherche Midi en 2016. Nage libre est son quatrième ouvrage.

quarante jours dans la jungle de Mat Youkee. Marchialy. 🟩🟩🟩🟩◼️

Quarante jours dans la jungle

Mat Youkee

Traduction Charles Bonnot

ISBN : 978-2-38134-060-9 Mars 2025

282 pages.

Qui a encore en mémoire les infos du 9 juin 2023 ? Ce jour-là, les chaînes d’infos nous apprirent que quatre enfants âgés de 13 à 1 ans avaient été retrouvés au fin fond de la jungle colombienne. Cela faisait 40 jours qu’on les recherchait suite au crash du Cessna qui les transportait avec leur mère et deux autres personnes. L’avion avait été retrouvé ainsi que les corps des adultes, mais pas de présence des enfants.

C’est cet événement que Matt Youkee, journaliste d’investigation britannique, a décidé de mettre en récit.

C’est un récit passionnant de bout en bout, doublé d’une réflexion et des interrogations que porte une telle histoire dans un pays où ont sévi l’armée, la guérilla des FARC, les cartels de la drogue et où vivent de nombreuses ethnies autochtones au milieu de la forêt amazonienne.

Magdalena est une femme indienne uitoto, mère des quatre enfants : Lesly, Soleiny, Tien et Cristin. Ces enfants sont issus de deux pères différents. Quand elle monte dans le vol HK-2803, elle souhaite quitter la jungle (pour de multiples raisons à découvrir). Elle veut se rendre dans les quartiers de la banlieue de Bogota.

Mat Youkee, comme tout journaliste d’investigation, va nous raconter son enquête et ses rencontres afin de comprendre ce qui a pu arriver et comment quatre enfants mineurs et en bas âge ont pu survivre dans la jungle colombienne. Cependant, il va entourer son enquête de facettes différentes concernant la société colombienne et indienne. Et c’est ce parti-pris qui illumine ce récit.

Au fur et à mesure du récit, on est confronté la réalité de la Colombie :

Pourquoi Magdalena, indienne, quitte la jungle ? Quelle place pour les ethnies indiennes ?

Quand est-il du patriarcat dans les ethnies indiennes ?

Comment faire des recherches dans une jungle aux mains des trafiquants et de la guérilla ?

Les enfants n’ont-ils pas été enlevés par la guérilla pour devenir des enfants soldats ?

Quel rôle joue l’armée et la présidence de la République ?

Que fait-on des chamans, des dieux et de la spiritualité dans la recherche des enfants ?

Toutes ces interrogations vont se télescoper durant le récit pour former une idée kaléidoscopique de la Colombie.

De ce récit, ce qui restera au fond de nous, ce sont ces quatre enfants livrés à eux-mêmes et qui auront en Lesly « une âme liane » pour les protéger. Ces enfants sont aujourd’hui « protégés » par la société dans les hôpitaux et dans des maisons d’enfants. Leur parcours reste difficile.

Ils veulent juste rentrer à la maison.

Mat Youkee est un journaliste d’investigation britannique basé en Colombie depuis plus de dix ans. Il collabore régulièrement à des journaux de renommée internationale tels que The GuardianThe Economist ou The Financial TimesQuarante jours dans la jungle est son premier livre.