
Je voulais vivre
Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Editions Grasset
Prix Renaudot 2025
ISBN :978-2-246-83166-2 Août 2025
475 pages
Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas, Athos, Porthos, Aramis, D’Artagnan et Milady de Winter. Que ce soit par la lecture ou le cinéma, nous avons tous aimé la bravoure des Mousquetaires et la félonie de Milady de Winter.
Tout comme l’autrice, Adélaïde de Clermont-Tonnerre. C’est ce qu’elle nous confirme à la fin de son livre Je voulais vivre. Mais depuis des années, un murmure insistant est venu parasiter ses pensées : Milady de Winter est-elle réellement la femme qu’on a couverte de tous les maux ? Est-elle l’idéale coupable en tant que femme désirante et désirée, femme diablesse, tentatrice et putain ?
Ce murmure est devenu envahissant et l’autrice a décidé d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Milady, femme de fiction, méritait un roman afin que l’on connaisse sa vérité.
Adélaïde de Clermont-Tonnerre s’est insinuée dans les blancs, les failles, les interstices de quatre romans de Dumas (Les trois mousquetaires, Vingt ans après, le vicomte de Braguelonne, La jeunesse des mousquetaires) afin de nous restituer Anne de Breuil, la comtesse De La Fère, Charlotte Backston, Milady de Winter.
L’autrice fait le portrait d’une femme libre, vivant dangereusement dans un monde dominé par les intrigues et les hommes. Nous traverserons le 17ᵉᵉ siècle aux côtés de figures bien connues mais au plus près d’Anne du Breuil.
À travers les voix de d’Artagnan,de James de Winter, d’Olivier de la Fère ou du Père Lamandre, Milady nous apparait sous un autre jour, se battant contre son destin et sa condition de jeune femme.
Servi par une écriture et un souffle romanesque, le roman se lit à l’aune des trois Mousquetaires, et nous permet de mieux cerner Milady, femme double, victime mais aussi maitre de sa destinée.
Une réussite.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre, ancienne élève de l’École normale supérieure, est journaliste et romancière. Fourrure (Stock) a été récompensé par cinq prix littéraires, dont le prix des Maisons de la Presse et le prix Sagan, suivi par Le Dernier des nôtres (Grasset), Grand Prix du roman de l’Académie française 2016, traduit en dix langues. Et enfin, Les Jours heureux (Grasset, 2021), prix Cabourg du roman.
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