Les Editions du Cerf m’ont envoyĂ© deux essais parlant de la littĂ©rature.
Je les en remercie vivement. Les thĂšmes Ă©tant trĂšs proches, j’en ai fait un seul article afin que ces chroniques soient rassemblĂ©es.

LittĂ©rature. Chemin vers l’invisible.
Paul Valadier
Editions Loyola – Editions du Cerf.
ISBN : 978-2-20417-757-3 Mars 2026
128 pages.
LittĂ©rature, chemin vers l’invisible est un essai de Paul Valadier. En introduction, Paul Valadier cite Mikhail Chichkine : « Un livre, c’est une lettre adressĂ©e Ă quelqu’un qui, peut-ĂȘtre, n’est pas encore nĂ©. » Mais elle doit absolument ĂȘtre Ă©crite, car seules les lettres non Ă©crites n’arrivent pas Ă leur destinataire. »
Ă travers cet essai, Paul Valadier nous pose la question : est-ce que la littĂ©rature nous aide Ă respirer quand le monde devient illisible ? le roman, la fiction, l’autobiographie ne sont-elles pas des Ă©chappĂ©es hors du rĂ©el ?
Pour aborder l’ensemble de ces questionnements, Paul Valadier va proposer cinq chapitres :
fictions et imaginations.
littérature, la mal-aimée
une littérature chrétienne ?
littérature est engagement
les confessions.
Un des chapitres s’appelle littĂ©rature chrĂ©tienne et c’est lĂ que l’analyse de Paul Valadier trouve ses limites. En tant que jĂ©suite, Paul Valadier circonscrit sa rĂ©flexion au monde chrĂ©tien.
Cela reste pour moi partial et partiel. Une ouverture d’esprit loin d’ĂȘtre importante et qui agace par son parti pris.

La littĂ©rature d’ameublement
Mathieu Terence
Les Editions du Cerf
978-2-20417-480-0 Mars 2026
94 pages.
» L’Ă©crivain ne communique pas. C’est bien pour cela qu’il Ă©crit. le livreur communique autant qu’il n’a rien Ă Ă©crire. beaucoup »
Ce passage de la page 69 de l’essai de Mathieu Terence, La LittĂ©rature d’ameublement rĂ©sume bien le fond de cet essai.
Mathieu Terence n’a pas assez de mots pour dĂ©noncer la machine industrielle et commerciale du livre. Tous les auteurs ne peuvent ĂȘtre Ă©crivains, ils sont seulement « livreurs » et leurs livres font partie de l’Entreprise Editoriale qui fait que ces livres terminent sur une table basse : la littĂ©rature d’ameublement. Pour bien enfoncer le clou, Mathieu TĂ©rence a mis en exergue une phrase d’Erik Satie : « La musique d’ameublement satisfait les besoins utiles. L’art n’entre pas dans ces besoins ». Idem pour la littĂ©rature dans l’esprit de Mathieu TĂ©rence.
Il ne s’agit pas simplement d’un essai mais aussi d’un pamphlet. Et comme tout pamphlet, il y a exagĂ©ration dans la critique et l’impression que l’auteur est au-dessus de tout cela. Mathieu TĂ©rence a l’Ă©lĂ©gance de consacrer le chapitre 26 Ă sa situation : « J’ai publiĂ© plus de livres que je n’ai de lecteurs. » Cette dose d’humeur permet de nuancer le propos et de donner de la force Ă cette rĂ©flexion sur ce qu’est la littĂ©rature, l’Ă©crivain, la rentrĂ©e littĂ©raire et « lĂ©nouveatĂ©s »
Une piqure de rappel opportune.

Paul Valadier, nĂ© le 13 janvier 1933[1] à  Saint-Ătienne, est un prĂȘtre jĂ©suite et un philosophe français, spĂ©cialiste de Friedrich Nietzsche et de la philosophie politique. Il est docteur en thĂ©ologie et en philosophie.

Mathieu Terence, Mathieu Oyhenart Ă l’Ă©tat civil, nĂ© en 1972 à  Saint-Germain-en-Laye, est un écrivain, poĂšte et essayiste français. Mathieu Terence dĂ©clare avoir passĂ© son enfance Ă Â Biarritz et suivi des Ă©tudes de psychologie Ă Â Bordeaux, avant de se consacrer Ă l’Ă©criture
En 2000 il obtient le prix François-Mauriac de l’AcadĂ©mie française pour son roman Journal dâun cĆur sec. Il est laurĂ©at de la bourse Cioran en 2012